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Johan Le Bon: «Ce message n’est pas un débat mais une alerte»

GP Gilbert-Bousquet
Mis à jour le par Esteban DA COSTA
Photo : Facebook - Johan Le Bon

Ce samedi 28 mars, une course cycliste amateur aurait bien pu virer au drame. En effet, nous sommes à Landivisiau, commune du département du Finistère, en région Bretagne, où se disputait la 50e édition du Grand Prix Gilbert-Bousquet, une course réunissant des coureurs de niveau national. La course a été longuement neutralisée après un accident impliquant deux véhicules entrés sur le parcours alors que les coureurs arrivaient, ainsi que deux coureurs, qui ont tous les deux heurté la moto d’un juge-arbitre venue faire barrage entre ces deux véhicules et le peloton. Sur place, la situation est vite devenue compliquée : la course a été neutralisée puisqu’un hélicoptère a dû se poser en urgence pour procéder aux évacuations. Les jours des deux coureurs impliqués dans la chute ne sont pas en danger. Cette situation a évidemment mis en colère le patron de l’épreuve et ancien coureur professionnel, Johan Le Bon, qui s’est indigné sur ses réseaux sociaux du manque de sécurité troublant dans les courses amateurs. Malgré tout... c'est Louka Lesueur (VC Rouen 76) qui a remporté, ce samedi, la 50e édition du Landivisiau Grand Prix Gilbert-Bousquet (Élite Nationale), disputée sur 75 kilomètres autour de Landivisiau (Finistère). Il a devancé son coéquipier Jean-Louis Ny et Florian Gaillard (Mayenne-Monbana-Rapido). Louka Lesueur succède à l'Australien Matthew Fox au palmarès.

 

Le coup de gueule de Johan Le Bon...

"Ce samedi 28 mars à Landivisiau, un grave accident a failli virer au drame. Aujourd’hui, en tant que président de l’organisation du GP Gilbert Bousquet, 50ᵉ édition, il est impossible de se taire. Une quinzaine de bénévoles ont travaillé sans relâche ces six derniers mois et 150 bénévoles étaient mobilisés sur le terrain ces 24 dernières heures. Un arrêté préfectoral avait été délivré pour un usage exclusif temporaire de la chaussée. Et malgré tout cela, seulement deux gendarmes et 25 motards civils étaient présents pour sécuriser une course avec un peloton de 100 coureurs lancé à plus de 45 km/h. Au km 14, deux véhicules refusent d’attendre quelques minutes, forcent le passage malgré les signaux d’un bénévole en gilet jaune et s’insèrent entre la voiture ouvreuse et le peloton. Un motard commissaire tente d’éviter le pire, mais il est trop tard : une chute massive se produit, avec plusieurs coureurs au sol. Les secours interviennent en urgence — pompiers, ambulance, hélicoptère — et la course reste immobilisée pendant près de deux heures. Le plus choquant reste que les deux véhicules impliqués ont pris la fuite sans s’arrêter.


On parle ici de vies humaines, de bénévoles engagés, de passionnés venus pratiquer leur sport, et non d’un simple fait de course. Aujourd’hui, une réalité doit être dite clairement : nos organisations reposent sur des moyens dérisoires face aux risques réels. Nous demandons aux bénévoles de gérer des situations que même les autorités ont du mal à maîtriser, dans une société de plus en plus impatiente qui refuse d’attendre, même quelques minutes. Alors posons la vraie question : faut-il attendre un mort pour que les moyens suivent enfin ? Dans d’autres situations nécessitant un encadrement important, les dispositifs sont largement renforcés. Pourquoi, pour des événements sportifs encadrés, autorisés et organisés dans les règles, devons-nous nous contenter du minimum ? Pourquoi la sécurité de nos coureurs, de nos amis, de nos enfants et de nos bénévoles repose-t-elle sur si peu de moyens ? Et surtout, sans courses amateurs, il n’y a pas de cyclisme de haut niveau.

Sans vivier amateur, il n’y aura plus de coureurs au Tour de France demain. Le Tour de France fait partie de notre patrimoine national, mais ce patrimoine commence ici, sur nos routes, avec nos bénévoles, nos clubs et nos jeunes. Nous demandons aujourd’hui des mesures concrètes : un minimum de moyens humains adaptés, une meilleure reconnaissance du risque réel, une prise de responsabilité collective et des sanctions exemplaires pour les comportements dangereux. Le cyclisme amateur n’est pas un détail, c’est un pilier du sport français, un vivier et une école de vie. Ce message n’est pas un débat, c’est une alerte, avant qu’un drame irréversible ne survienne. Respect à nos bénévoles, merci aux secours et pensées aux blessés", conclut Johan Le Bon dans un long message sur les réseaux sociaux.

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