Paul Seixas : «Gagner le jour de l’anniversaire de mon père»
Faun Ardèche ClassicQuelle scénario exceptionnel nous a réservé cette Faun-Ardèche Classic 2026 ! Parti à plus de 40 kilomètres de l'arrivée, Paul Seixas (Decathlon CMA CGM) a éblouit de son talent la course où s'affrontaient pourtant certains des meilleurs puncheurs et grimpeurs du peloton mondial. Après un long travail d'usure de ses coéquipiers, le jeune Lyonnais s'est envolé dans la côte de Saint-Romain-de-Lerps, lâchant les autres favoris. Après avoir résisté un certain temps, Matteo Jorgenson (Team Visma | Lease a Bike) a, lui-aussi, baissé pavillon devant le grimpeur Français, déjà vainqueur cette année sur le Tour d'Algarve. Il s'agit donc là de sa deuxième victoire de la saison et chez les professionnels.
Paul Seixas en interview à l'arrivée de cette Faun Ardèche Classic
"Tout s'est déroulé à merveille"
Paul Seixas est revenu sur cette magnifique journée pour lui et son équipe: "C'était incroyable j'avais des sensations de dingue, toute la journée j'étais vraiment bien dans les montées je faisais le minimum d'efforts. L'équipe m'a placé et Jordan m'a très bien lancé. Je me suis gelé à un rythme qui me convenait. J'avais de très bonnes jambes donc je pouvais toujours en remettre. Quand j'ai vu qu'il y avait que Jorgenson dans la partie raide qui arrivait à me suivre, je m'étais dit que pour le plan, ça allait être compliqué. On avait prévu qu'il y ait 3 à 5 coureurs dans ma roue pour qu'on puisse collaborer pour la suite. Je me suis dit que dans un grand, un très grand jour je pouvais tenter un raid solitaire mais franchement je n'y croyais pas trop. Après, je suis monté à mon train, j'ai vu que Jorgenson ne passait pas trop. Je pensais alors qu'il bluffait au début donc dans la partie roulante j'ai pris la majorité des relais mais je ne me suis pas mis à fond. Puis dans la partie raide, à nouveau, j'ai remis les gaz, un tempo qui me convenait. J'ai vu que Jorgenson n'arrivait pas à me suivre donc j'ai continué mon effort. Je me sentais bien, j'avais de la force. Ensuite, j'ai pris la descente de Saint-Romain-de-Lerps pour essayer de respirer un peu même si j'ai vraiment bien appuyé pour garder l'écart. Quand j'ai vu qu'il y avait 40 secondes je me suis : "Je tente le reste solo, on verra bien si ça tient". J'ai réussi à bien gérer, à bien m'alimenter, bien boire. J'ai suivi un peu les écarts; dans ma tête, je m'étais imaginé un tempo qui me permettrait de garder l'écart. Je savais exactement ce que j'avais à faire en termes de puissance donc voilà, tout s'est déroulé à merveille et je suis super content de cette victoire."
"C'est tout le travail d'une équipe qui paie"
Le jeune Français, à seulement 19 ans, coche déjà les objectifs qu'il s'est fixé : "C'est incroyable. Avec toute l'équipe, on a fait un stage qui était très dur en Sierra Nevada. Mon entraîneur m'a préparé parfaitemement. L'hiver s'est très bien passé, donc ça m'a permis de passer un bon cap. Aujourd'hui encore, je sens que je monte en puissance Je me sens vraiment très bien. Après c'est aussi tout le travail d'une équipe qui pait. C'est pas seulement un coureur c'est tout une équipe derrière et c'est ça qu'il faut voir." Si son équipe l'a bien aidé, aujourd'hui, Paul Seixas pouvait également compter sur le soutien indéfectible de sa famille. Ses parents, notamment, étaient là, et il a voulu leur rendre hommage par cette victoire : "Il y avaient mes parents et ma copine. Aujourd'hui c'est l'anniversaire de mon père donc j'avais vraiment à coeur de me donner à 200%. Quand je souffrais dans le Val d'Enfer à chaque tour je pensais à lui, à ma copine, mes parents... C'était incroyablement dur mais cette victoire vaut toutes les peines du monde aujourd'hui !"
"Première course en France, première victoire en France, les sensations étaient exceptionnelles... Le boulot de l'équipe a été parfait: Jordan m'a lancé parfaitement et Noah a fait un gros travail de placement avant. C'est juste la conclusion d'un travail d'équipe", a-t-il ajouté. Par rapport à Tadej Pogacar (UAE Team Emirates-XRG), il rappelle que, "ce qu'il fait, c'est d'un autre niveau. Là ce n'était pas du WorldTour. Mais j'essaye de m'inspirer de ce genre de coureur." Interrogé sur la suite de la saison et sa forme, le jeune Français indique : "J'avais dans l'esprit que si j'arrivais à faire ça aujourd'hui ce serait une bonne préparation pour la semaine prochaine. Bon ce sera quand même différent, il y aura Pogacar, ce sera un cran au-dessus. Ce sera une course à rebondissements. La forme est là, la réussite aussi. Il y a une très bonne cohésion dans l'équipe. Déjà 7 victoires, ce n'est pas rien. L'ardèche est presque ma seconde maison, ces terres me sont favorables ! Pour la suite, il faut que j'arrive à bien récupérer, on verra avec l'équipe comment ça se passera."