Damien Touzé : «J'ai dit à ma femme... je vais mourir !»
RouteDeux mois après sa lourde chute sur le Tour d’Oman, Damien Touzé est toujours éloigné des pelotons. Le coureur français de Cofidis, installé à Ploegsteert en Belgique, a été victime d’un grave accident lors de la 4e étape, avec des blessures importantes : déchirure de la rate, polytraumatisme à la jambe et perforation de l’intestin. Il entame désormais une longue phase de rééducation, avec le sentiment d’avoir échappé au pire. Dans un entretien accordé à L’Équipe, Touzé revient sur la violence de l’épisode et la peur de mourir.
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"Mes organes se trouvaient juste sous la peau..."
"Le doc a été honnête avec moi, je n’allais peut-être pas me réveiller", a expliqué Touzé. "J’étais en pleurs à l’hôpital. J’étais dans le déni." Il raconte aussi ce moment où il a dû prévenir sa compagne : "Je ne voulais pas appeler Sofia, mais le doc’ a insisté : 'Tu ne lui parleras peut-être plus jamais.' Je lui ai dit : 'Je vais mourir, dis à notre enfant que je l’aime.'"
Le Français décrit également des conditions de prise en charge très difficiles dans un premier hôpital à Oman. "Ils ne pouvaient rien faire d’autre que me poser quelques points de suture à la cuisse. Je voyais les médecins courir dans tous les sens et je comprenais que c’était grave, mais la douleur me désorientait. J’avais peur, dans un pays que je ne connaissais pas." Transféré ensuite dans un autre établissement, la situation ne s’améliore pas immédiatement. "J’étais allongé à côté des poubelles, avec des mouches partout, quelqu’un se promenait avec de l’insecticide – c’était surréaliste", raconte-t-il. Il est finalement pris en charge dans une clinique privée, où sa compagne le rejoint et organise son suivi médical avec un spécialiste en Belgique. "Là-bas, ils ont découvert que les médecins d’Oman n’avaient pas refermé ma paroi abdominale. Mes organes se trouvaient juste sous la peau."
Aujourd’hui, Damien Touzé fait face à une convalescence estimée à au moins neuf mois, sans garantie sur la suite de sa carrière. "Je veux remonter sur mon vélo et voir ce qu’il est possible de faire. Mais soyons honnêtes : une année sans courses…"