+
A LA UNE

Marc Fayet : «C’est en vrac que je vais aborder cette chronique...»

Chronique
Mis à jour le par Cyclism'Actu
Photo : DR

Vous aimez les billets d'humeur de Marc Fayet, alors on remet ça pour cette saison 2026 ! Vous avez pu le découvrir et le lire sur Cyclism'Actu depuis quelques temps déjà avec sa chronique et/ou plutôt sa rubrique "Les carnets secrets". Pour rappel, Marc Fayet, né en 1961, est un homme du théâtre et de la scène. Acteur et metteur en scène, mais aussi passionné de vélo, Marc s'est toujours investi : il écrit, commente, agit autant qu'il le peut dans le cyclisme, notamment sur le Tour du Finistère dont il est aujourd'hui et depuis 2021, le président du comité d'organisationMarc Fayet et "ses" carnets secrets, ça continue toute cette saison sur Cyclism'Actu. Bonne lecture.

 

"Je me souviens d’ailleurs que lors de son unique Tour de France en 2009"

En vrac on finit certaines courses ou certaines journées. En vrac quand on est traversés par des dizaines d’émotions contrastées. En vrac quand on jette des idées éparses sans une seule idée directive parce qu’on a trop de choses à exprimer. Alors c’est en vrac que je vais aborder cette chronique. Tout d’abord parce que les nouvelles ne sont pas bonnes pour le vélo et la première c’est la tristesse d’apprendre la disparition de Saïd Haddou, un de ces coureurs éminemment sympathique, de ces personnalités avec lesquelles on a tout de suite envie de sympathiser. S’il fut ce qu’on appelle un coureur modeste, n’appartenant pas à la catégorie des stars, il était pourtant inoubliable avec sa grande taille et son sourire malicieux qui annonçait qu’il y avait toujours moyen d’un trait d’humour à venir. Quelque chose de généreux aussi, de spontané, de sincère. Ce sont toutes ces choses dont il va falloir se passer à l’approche du Tour de France car il en représente un de ces sans-grades qui acceptent leur sort et leur anonymat. Je me souviens d’ailleurs que lors de son unique Tour de France en 2009 alors que j’étais sur le bord de route en Ardèche et le voyant passer avec quelques attardés je l’encourageais d’un « Allez Saïd ! »

Surpris d’entendre son prénom, il marqua une grande surprise s’arrêtant presque de pédaler et se retourna pour voir qui pouvait bien le connaître dans cette région où il n’avait pas le souvenir d’y avoir de la famille. Cet effet de surprise me prouvait son humilité et dès ce moment j’ai toujours adoré ce garçon qu’il soit coureur ou qu’il ne le fut plus. Sa présence sur le Tour et sur d’autres épreuves en tant que pilote étaient la marque de l’excellente réputation qui fut toujours la sienne. Alors oui il y a de quoi être en vrac quand on apprend qu’on ne le verra pas, qu’on ne le verra plus, parce qu’il va manquer, il restait le lien avec le vélo d’une autre époque. Un vélo plus humain, c’est presque un lieu commun de le dire, mais c’est la vérité. Tant de choses ont changé, comme certaines formules qui nous permettaient de lire de manière rationnelle sur un classement « Leader après la première étape… Ou Leader après la deuxième étape… etc » Désormais il faudra prendre l’habitude suivante concernant le coureur dont il est inutile d’écrire le nom et qui a inventé la posture de « Leader avant la première étape ». 

 

"Sans jamais oublier le sourire de Saïd... "

A la différence de Saïd qui faisait partie des anonymes au milieu de dizaines d’autres ayant un statut de vedettes, il est celui qui tout seul réduit tous les autres à l’anonymat. Il y a bien quelques-uns qui arrivent à faire surgir leurs prénoms, un Paul et puis un autre Paul qui tous deux représentent l’avenir Français mais il faut maintenant qu’ils réussissent à se faire un nom. Il y a bien un Lenny qui aurait voulu y croire un peu l’autre jour et rendre hommage à ses origines Espagnoles dont les frontières n’étaient pas si lointaines, mais c’est pour l’instant peine perdue, comme sera celle de Jonas du Danemark qui se frisait le duvet de sa moustache au Giro mais qui risque de perdre quelques cheveux dès son départ de Barcelone. Seule petite jolie image née consécutivement à une vilaine sur la route d’Occitanie où après de très longues dizaines de minutes le jury des commissaires a retiré la victoire à Noa nous permettant d’admirer jusqu’à satiété les vues de la ville de Saint Gaudens.

Mais alors qu’on commençait à se lasser de la ville et de ses environs en se disant que finalement on n’y viendra pas en vacances, voici que les caméras nous proposaient le doux visage de Ronan comme réponse à nos interrogations. Une chose nous apparaissait alors, la fraîcheur d’un jeune coureur qui se révélait aux yeux tous et offrant un joli sourire comme ceux qui font envie et nous font croire à la vie, à l’envie, à l’ambition et qui nous permettront d’atténuer nos douleurs et nos doutes mais sans jamais oublier le sourire de Saïd.  

Vous avez aimé cet article, partagez le ! 

A LIRE AUSSI

CHRONIQUE

Cyrille Guimard : "Remco Evenepoel ? Visiblement, il se cherche..."

CHRONIQUE

Cyrille Guimard : "Paul Seixas aura à cœur de briller..."

 

A la Une