Bernard Hinault : «Seixas... à sa place je ne ferais pas le Tour de France»
RouteÀC'est la question qui concentre l'attention des observateurs du peloton professionnel et cristallise les prises de position : à seulement 19 ans, Paul Seixas (Decathlon CMA CGM) doit-il participer à son premier Tour de France dès cet été ? À cette interrogation, les déclarations se multiplient et les opinions divergent. Bernard Hinault, dernier vainqueur Français du Tour de France (en 1985), a toujours estimé que ce serait prématuré de lancer le jeune prodige sur la Grande Boucle, au vu des attentes et de la "pression", tant médiatique que sportive. Il justifie son point de vue dans une interview accordée à Ouest-France, 5 mois après sa déclaration sur le sujet à notre micro.
Bernard Hinault, au micro de Cyclism'Actu fin 2025
"Trop tôt pour dire s'il va gagner le Tour"
Bernard Hinault, s'il ne nie pas le talent exceptionnel de Seixas, se montre tout de même mesuré quant à son éventuelle participation au Tour de France. Pour lui, on attend trop du jeune Français dès cette année : "On lui met une pression de dingue… Tout le monde le voit déjà gagner le Tour, et en face de lui s’il y participe il n’aura pas un manchot ! Présenté comme ça, le risque, pour Seixas, c’est qu’il ne gagne pas le Tour. Et y aller pour apprendre, vu son tempérament, je n’y crois pas trop… Donc si j’étais à sa place, j’irais plutôt faire un autre Tour pour commencer, pour me tester, et pour tenter pourquoi pas de le gagner".
Dès lors, "Le Blaireau" verrait bien Paul Seixas sur la Vuelta, réputée moins difficile, et à la startlist généralement moins relevée que le Tour ou le Giro. Paul Seixas pourrait même "essayer de la gagner", dès sa première participation. Comme l'indique RMC, procéder ainsi serait suivre les traces de Tadej Pogacar et Isaac Del Toro (UAE Team Emirates XRG) qui ont tous deux participé à la Vuelta pour leur premier Grand Tour, repectivement en 2019 et 2024. "Ne lui mettons pas trop de pression" demande Bernard Hinault. Même s'il apprécie le côté "attaquant" du Lyonnais, il préfère ne pas le désigner comme son successeur certain. "J’aimerais que ça soit lui, car quarante ans sans victoire ce n’est pas normal. Mais c’est encore trop tôt pour dire qu’il va gagner le Tour", conclut-il.