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Fred Grappe : « Lance Armstrong est un oxymore »

Interview - Fred Grappe : « Lance Armstrong est un oxymore »

Par Alexandre Mignot
Publiée le 16/11/2012 à 18:33

Entraîneur au sein de l'équipe française FDJ depuis une dizaine d'années, Fred Grappe connait désormais le monde de la petite reine dans ses moindres détails. Observateur attentif de l'actualité cycliste, celui qui officie également en tant qu'enseignant-chercheur au sein de l'Université de Franche-Comté n'est évidemment pas passé à côté des dernières révélations qui ont mis à mal le cyclisme professionnel. Entre autres, l'affaire Lance Armstrong, l'affaire Michele Ferrari ou bien même l'Omerta. Auprès de Cyclism'Actu, et à l'occasion de ce premier volet d'un long entretien - qui comprendra trois épisodes -, Grappe revient très en détails sur les points cités précédemment. S'il condamne fermement les actes de Lance Armstrong, le scientifique qu'il est, trouve toutefois quelques aspects positifs à tirer de la carrière de l'Américain, pour rappel déchu de ses sept titres sur le Tour de France. Scandalisé par l'affaire Ferrari, le coach de l'équipe du Trèfle s'inquiète également du retour dans les pelotons et à des fonctions dirigeantes, des bannis et des dopés. Tout en donnant son opinion sur ces différents points, Fred Grappe n'en oublie pas de proposer quelques solutions, qui mériteraient d'être étudiées... Une interview de fond, et sans langue de bois. 

Fred, pour vous, quels sont les points essentiels à retenir de l'affaire Armstrong ?

Le premier point, c'est simplement qu'aujourd'hui, on peut être rattrapé par la lutte antidopage, non pas pendant ses années de compétiteur, mais après. Je pense que c'est le gros point à retenir. La première à qui c'est arrivé, et ça n'a pas été assez dit, c'est Marion Jones. À ma connaissance, c'est la seule athlète à avoir été reconnue coupable, sans avoir été prise. Elle n'a jamais été contrôlée positive. C'est seulement après qu'elle a été démasquée. Quelque part, elle précède Armstrong. De plus, c'est aussi l'USADA qui l'avait fait plonger. Elle est même partie en prison. Il y a donc eu un précédent avant Armstrong qui n'est donc pas le premier. Mais Armstrong, ce n'est pas fini, puisque ça vient de commencer. Il va être jugé, et on ne sait pas ce qui va se passer. S'il y a parjure, on entre dans le pénal ... Quoiqu'il en soit, la chose essentielle à retenir, c'est qu'un coureur qui n'est pas pris durant sa carrière de sportif, n'est pas pour autant invulnérable.

« Celui qui a envie de se doper, il a intérêt à faire ça tout seul »

ArmstrongLe deuxième point, c'est que même s'il n'a jamais été officiellement contrôlé positif, la parole des "petits copains" lui est retombée dessus. Cela veut dire qu'aujourd'hui, celui qui a envie de se doper, il a intérêt à faire ça tout seul, dans un coin, et avec personne. Donc ça va devenir très compliqué. Le troisième point concerne ce qui a été mis en place pour la lutte antidopage. D'un côté, on ne peut pas dire que ça ne marche pas, car c'est sûr que les outils comme le passeport biologique et ADAMS, ça freine. On le voit dans les résultats. Mais il n'empêche qu'à un moment, il faut bien faire comprendre que ce n'est pas parce que l'on n'a jamais été contrôlé positif sur une analyse biologique, que l'on n'est pas un potentiel dopé en puissance. Ça suffit de faire croire ce genre de choses.

Alors, comment faire ? Personnellement, je réitère ce que je dis souvent, à savoir que tant que l'on se cantonnera à faire que des contrôles sanguins, on restera dans cette situation. On ne verra pas tout, ça c'est sûr. Les tricheurs auront toujours une longueur d'avance, on passera à côté d'éventuels dopés. Il faut donc coupler cela avec d'autres méthodes complémentaires ...

Suite à tout ce déballage, comment peut-on évaluer, situer et décrire Armstrong ?

Quitte à choquer, je vais pondérer un peu ce qui s'est dit. Tout le monde jette Armstrong à la fosse aux lions. Vu tout ce qui a été écrit, on observe manifestement qu’il est tombé dans un système assez incroyable. Mais il ne faut pas oublier une chose. Ce système-là, il ne l'a pas mis en place tout seul. Il y a eu des gens autour de lui pour le développer. Principalement un médecin et un manager qui ont optimisé le système. Il faut être conscient que sans tout cet entourage, il n'aurait jamais pu faire tout ça tout seul. On l'oublie trop souvent. Ok, Armstrong a tiré au plus loin les ficelles d'un système qui pouvait l'aider à être performant au niveau biologique. De fait, le jeter lui seul dans la fosse aux lions, quelque part, ce n'est pas honnête. Evidemment, il y a pris part à 100%, évidemment il l'a développé, mais il n'était pas tout seul. On l'a incité, on l'a mis dedans, on l'a aidé, et évidemment, il y a pris du plaisir. Indéniablement, il est le principal coupable, car il avait le droit de dire non. Mais tant qu'on ne punira que le coureur, dans un système de dopage organisé, la lutte contre le dopage n'avancera pas. Alors d'accord, on va dire que l'on suspend à vie le médecin, ou une autre personne. Mais tu as beau suspendre à vie un médecin, cela ne va pas l'empêcher de continuer à préparer un coureur. Cela ne va pas l'empêcher d'agir, on l'a vu avec Ferrari. Il n'a pas besoin qu'on lui dise tu es suspendu ou pas pour continuer à travailler. Par contre, un manager, ce n'est pas pareil. Un manager, il est responsable de son équipe, c'est le patron. A un moment donné, il doit y avoir des gardes fous dans l'équipe, et c'est à lui de les trouver pour qu'il n'y ait pas de dopage.

« Armstrong a fait progresser le vélo »

En revanche, j'aimerais avancer d’autres arguments sur Armstrong. Evidemment, l'homme est attaquable. Ce qu'il a fait est inacceptable. C'est clair et net. Par contre, je vais peut-être m'attirer des foudres avec ce qui suit, mais ce n'est pas grave. Je parle en tant que technicien et scientifique. Il est légitime d’avancer qu’il a fait progresser le vélo dans d’autres dimensions plus louables : au niveau technique, entraînement, matériel. Cela est indéniable. C'est ça qui est terrible. On le jette, et c'est normal, mais peut-être que plus tard, on se rendra compte qu’il a apporté des choses intéressantes au cyclisme. Pour moi, Armstrong est un oxymore. C'est à dire qu'il a développé une dimension complètement pervertie au niveau médical, et de l'autre côté, il a fait entrer le vélo dans une nouvelle aire très technologique, relativement intéressante mais qui n’a jamais intéressée grand monde. C'est une double personnalité finalement. Il a fait un gros travail de recherche au niveau de l'aérodynamisme avec Trek sur le matériel et Nike sur l’importance du textile. Je vais faire un raccourci. On sait aujourd’hui qu’en possédant un matériel et des vêtements optimisés, il est possible de gagner plusieurs secondes au kilomètre en contre-la-montre. Et ça, il faut le dire ! Lui l'a fait lors de ces années-là. Par rapport à l'entraînement, il a aussi apporté des choses intéressantes. Je vais peut-être me faire des ennemis mais ce n'est pas grave. Il a montré que lors d’efforts intenses dans les montées de cols ou dans des chronos, il était possible de tourner les jambes très rapidement. Beaucoup ont associé les cadences de pédalage élevées au dopage d'Armstrong. Mais c'est faux, je le dis haut et fort. Durant les années Armstrong, d'autres coureurs qui ont été pris par la patrouille, des vrais non-grimpeurs, roulaient avec des développements énormes, à 60 tours/min ! On va donc dire qu'Armstrong a gonflé son moteur par le dopage, mais il a optimisé la régulation de son moteur. C'est à dire qu'il ne s'est pas contenté de bourriner avec un moteur gonflé, il a optimisé la régulation de son moteur sur-gonflé. Voyez que je vais assez loin dans mon analyse. Aujourd'hui, ce n'est pas problème de rouler à des intensités élevées au seuil anaérobie, en tournant vite les jambes. D'ailleurs, on le voit aujourd'hui. Les Sky et plein d’autres coureurs, montent les cols et font des chronos en tournant très vite les jambes. Même un cyclotouriste peut le faire s'il s'entraîne. C'est de la technique de pédalage pure et simple, c'est de la coordination musculaire qui permet d'être plus économique à haute intensité.

Ensuite, on sait maintenant qu’il avait certes gonflé le moteur de tous ses équipiers, mais malgré tout, il a réussi à mettre en place un vrai système de stratégie de gestion de l'effort sur une étape. Armstrong faisait le moins d'efforts possibles sur 90% d'une étape, et sur les 10% qui restait, il donnait tout dans le dernier col. Qu'est-ce que font Sky et d'autres équipes aujourd’hui ? Exactement la même chose. Sauf que c'est Armstrong qui a mis en place le premier ce système et qui l’a porté à son paroxysme en écœurant tout le monde avec l’ajout des moteurs suralimentés de ses équipiers. Et le modèle marche très bien aujourd'hui, même sans gonfler les moteurs, car moins tu accélères et plus tu roules en linéaire, moins tu es coûteux. Armstrong avait plusieurs scooters devant lui. Il était tout le temps abrité. C'est ça qui est compliqué avec lui. C'est quelqu'un qui a triché, qui a gonflé son moteur, mais qui évoluait avec une grande intelligence pratique. Peu le disent, mais moi ça ne me dérange pas de le dire. Je ne suis pas là pour le défendre, mais pour analyser, de manière impartiale, le coureur qu’il a été. Mes propos peuvent choquer mais c’est la réalité que je pense.  

« Armstrong aurait pu aller encore plus vite »

Le troisième point est davantage scientifique. Certains vont dire que j'ai cautionné ses performances en montagne. Jamais je n'ai cautionné. Il faut se rappeler que des coureurs comme Marco Pantani, Iban Mayo et d'autres, étaient allés encore plus vite que lui. J'ai toujours dit qu'Armstrong était à la limite du potentiel humain. D’ailleurs, dans un article publié dans Vélo Magazine (septembre 2005) intitulé « Armstrong, une physiologie aux portes du surnaturel » j’explique l’évolution de son potentiel physiologique en relatant les résultats issus d’un article scientifique. Et j’insiste en disant « Avec Armstrong, nous sommes aux limites de la performance humaine ». Quand on regarde ses statistiques dans les montées de cols, il arrive à une limite de Vo2 Max qui est extrêmement élevée. Mais d’autres sont allés plus vite, il ne faut pas l'oublier. Ce que j'ai tendance à dire, c'est qu'à mon avis, il aurait pu aller encore plus vite, mais ça ne lui servait à rien. Il ne l'a pas fait, et il a encore eu cette intelligence. Il a été assez malin pour être à la limite maximale que ce peux exiger un potentiel humain. Sur ses grandes performances, on estime sa VO2max entre 85 et 90 ml/min/kg. Sachant que le maximum mesuré dans la littérature scientifique est de 92, on le savait à la limite. Cela a déjà été mesuré chez quelques sportifs dans le monde, mais pas beaucoup. Donc, il était estimé évoluer à ce niveau. Il était à la limite limite du système, mais il n'est jamais monté à des Vo2Max improbables. Et puis, ça lui servait à quoi d'aller gagner avec trop d'avance ? A part attirer encore plus les doutes ? Chez d'autres coureurs, on a estimé des VO2max proches de 95, voir 100 ml/min/kg. Là, on pouvait se dire non, ce n’est pas possible. Pourquoi Armstrong n'est-il pas monté jusque dans ces limites-là ?

Maintenant, avec le recul, on sait qu'il y a une variable importante qu’on ne maitrisait pas à l'époque, c'est la relation entre la puissance et le temps. Et je tiens à le dire aujourd'hui. Entre une montée de Verbier qui fait 20 minutes, et une montée du Tourmalet qui fait une heure, il y a quarante minutes d'écart. Cet écart de temps pèse significativement dans la puissance développée. On sait aujourd'hui (recherches qu’on effectue depuis quelques années au sein de mon laboratoire à Besançon) qu'on perd en moyenne un Watt toutes les minutes entre 20 et 60 minutes d’effort au seuil anaérobie. En d’autres termes, cela veut dire, pour les non-initiés, que tous les athlètes vont perdre entre 40 et 50 Watts entre une montée de Verbier et une montée du Tourmalet. On commence seulement à maitriser ce paramètre aujourd’hui. C'est pour cela qu'il faut faire attention à ne pas balancer des Watts n’importe comment sans tenir compte du temps de l’effort. La puissance est donc dépendante du temps, en montée. Pour être clair, si tu développes 400 Watts à Verbier, à bloc, tu seras aux alentours des 350-360 sur le Tourmalet. Donc Armstrong a pu aussi bénéficier de ce flou là au niveau scientifique, tout en restant sur des valeurs très élevées.

Donc, le fait que tous les sponsors lâchent Armstrong, c'est justifié ...

Quand tout va bien, tu as toujours du monde avec toi. Certains ont bénéficié de ce système-là, les sponsors notamment. La résonnance Armstrong est quelque chose de très fort au niveau international. Donc évidemment, tous ceux qui étaient reliés à sa personne en ont bénéficié. Mais le jour où l'image ne devient plus bonne du tout, et que la personne en question est jetée dans la fosse aux lions, les gens se retirent. Comme dans beaucoup de systèmes. Ils te lâchent, et ce n'est pas la première fois qu'on le voit.

« l'Omerta peut encore durer des années »

Comment un programme comme celui de l'US Postal a-t-il pu rester secret aussi longtemps ?

L'Omerta, tout simplement. Il suffit de regarder Vaughters, qui en a fait partie, mais qui ne l'a dénoncé qu’il y a peu de temps. Quand les gens sont ensemble, c'est l'euphorie. Tout se passe bien. C'est un microcosme le milieu du vélo. Et il faut bien s'imaginer que quand ils gonflent leur moteur sur une épreuve comme le Tour de France, ils ne vont pas aller en parler à gauche et à droite. Et puis, ils gagnaient des courses, de l'argent etc ...

Mais personne n'en a eu écho et aurait pu le dénoncer ?

C'est un peu sorti, via notamment Landis et d’autres coureurs par la suite. Mais souvenez-vous comment Landis a été traité lorsqu’il a dénoncé le système. Qui l’a soutenu ? Mais ensuite, les langues se sont déliées ; c'est sorti tout doucement. Mais l'Omerta peut durer des années, et certains sont encore dedans aujourd'hui et occupent des postes importants au niveau du cyclisme.

« Ferrari n'était ni plus ni moins qu'un médecin-dopeur. Et il le restera »

Si on passe au cas du docteur Ferrari. En tant qu'entraîneur, qu'en pensez-vous ?

Justement, la première chose que j'ai envie de dire, c'est qu'un médecin, ce n'est pas un entraîneur. Il faut arrêter de penser ça. D'ailleurs, les médecins honnêtes vous diront que dans leur formation médicale, il y a très peu de physiologie de l'exercice, et ils n'ont pas de cours sur l'entraînement sportif. C'est un métier d’entraîner. Pendant des années, on a utilisé et galvaudé le mot « entraîneur » en l’associant à certains médecins véreux alors qu’ils n’occupaient absolument pas cette fonction. C'est ça qui est terrible et grave. Et ça ne choquait personne… sauf bien évidemment les vrais entraîneurs. L'entraînement, c'est un vrai métier louable. L’entraîneur, c’est celui qui guide, qui essaie de comprendre le fonctionnement du sportif. Du coup, pour cacher le véritable système de dopage, certains ont accolé à coté de médecin, le mot entraîneur. Médecin-entraîneur, ça devait mieux passer ! Or, la réalité était tout autre puisque c'étaient davantage des médecins-dopeurs. D'ailleurs, Armstrong lui-même disait qu'il avait un entraîneur, qui n'était pas Ferrari. Quoiqu'il en soit, cela m'a toujours choqué. Un entraîneur n'est pas médecin. Et pour les entraîneurs, c'est une sorte d'usurpation de prérogatives. A moins que le médecin possède ses diplômes d'entraîneur... À vérifier. Quant aux programmes d'entraînement de Ferrari, on ne les a jamais vus, il ne les publie pas. Pourquoi ? Il a peur de quoi ? Moi qui suis entraîneur, et je ne suis pas le seul, je peux certifier qu'il n'y a rien de secret là-dedans. Le même programme d'entraînement que tu vas donner à deux athlètes différents n’apportera pas le même résultat, pas la même réponse. Il faut le savoir. Donc, les gens qui cachent, c'est louche. Evidemment, on peut ne pas tout dire, mais mettre cette étiquette d'entraîneur à Ferrari, c'est complètement incroyable. Il n'était ni plus ni moins qu'un médecin-dopeur. Et il le restera.

Tout ça parait si bien organisé, si massif, d'une telle envergure avec tous les coureurs qui ont été cités. Ça en deviendrait presque mafieux ...

C'est mafieux. C'est un système mafieux, tout à fait. Cela va même plus loin puisque, à priori, il y aurait des sociétés off-shore, du blanchiment d'argent. Cela s’assimile à du grand banditisme.

« Aucun respect pour ces gens-là »

Vous imaginiez tout ça ?

Franchement, qu'il y ait autant de coureurs d'équipes différentes reliés à ce système-là, ça fait peur quand même. Honnêtement, je ne pensais pas. Pourtant ... (il coupe). Non honnêtement, je ne pensais pas. Et là, tu te dis 'c'est grave'. Et moi je ne pardonne pas. Je suis désolé mais je ne pardonne pas. Je n'ai aucun respect pour ces gens-là. Pour moi, ça suffit. En 1998, on a eu l'affaire Festina. On a dit 'on arrête'. Et maintenant, il faut pardonner de nouveau ? Non, ça suffit. Dehors. Il y en a même certains qui devraient quitter leurs fonctions. Pour que le vélo aille mieux aujourd'hui, tous les gens qui ont été mouillés là-dedans devraient quitter le milieu la tête bien basse et ne plus jamais revenir. Qu'ils évacuent. Ils n'ont plus rien à y faire. Plus rien à apporter. Rien.

Face à tout ce déballage, il y a deux attitudes. Celle de Garmin, qui accepte les repentis, et celle du Team Sky, qui éjecte ses membres qui admettent le dopage. Quelle est la meilleure solution ?

Pour ce qui est de Vaughters, si je me souviens bien, il donnait des leçons à tout le monde il y a quelques années. Il disait, 'nous chez Garmin, on fait des prises de sang internes dans l'équipe. On est les seuls à le faire'. Et ça veut dire quoi ? Qu'il faut faire des prises de sang en interne dans une équipe pour être sûr qu’aucun coureur ne se dope ? Je dis stop. Il faut arrêter avec ces discours-là, qui ne font pas avancer les choses. Faire passer ce genre d’informations, ce n'est pas bien pour le vélo, car on est en train de faire croire aux gens que pour être sûr qu'un coureur ne se dope pas, il faut passer son temps à lui faire passer des prises de sang. Stop, c'est dangereux de dire ça, et c'est faux. Cela veut surtout dire qu'il n'a pas confiance en ses coureurs au point de les contrôler sans arrêt en interne. Lorsqu’on manque d’idées, il faut essayer de faire passer de l’information à tout prix pour montrer pattes blanches. Mais procéder ainsi n’est pas la meilleure façon de lutter efficacement contre le dopage.

Le but premier des équipes aujourd’hui devrait être de mettre en place un véritable système de suivi de l’activité des coureurs. Aujourd'hui, le cyclisme est le sport numéro 1 où on peut mesurer un maximum de variables physiologiques et biomécaniques. Et ça ne coûte pas cher. C’est même gratuit. Mais quelles sont les équipes qui optimisent un tel système aujourd’hui ? Quand on enregistre quotidiennement l’activité d’un coureur, quand on le suit au téléphone, quand on le voit en stage, quand on l’observe en compétition, on arrive à  le connaître parfaitement. Attention, on n’est jamais à l’abri qu’il se dope. Mais on se rapproche de la tolérance 0 tout de même. Cela il faut le dire haut et fort. Tous les entraîneurs associés à des médecins d’équipe qui font ce travail pourront le confirmer. Car à un moment donné, quand on fait un très bon suivi du coureur, on connait parfaitement ses réponses physiques aux charges de travail et sa qualité de récupération. Ce ne sont pas des réponses qui sont dues au hasard. Elles sont conséquentes à des grosses charges de travail, à du stress physique, à du stress psychologiques. Et quand on connait bien ça, il y a une logique de fonctionnement. A côté de ça, il y a ce qu'on appelle le profil de puissance, que nous effectuons nous depuis quelques années.

« Suivre et valider l'activité des coureurs »

Le profil de puissance, c'est établir les records de performance (puissance) du coureur, d’une seconde, jusqu'à plusieurs heures. Chaque coureur a un profil de puissance qui lui est propre, qui lui appartient et qui valide son potentiel physique intrinsèque. Certains vont dire, et ils ont raison, 'les records, on peut les battre'. Bien sûr qu'on peut les battre, mais quand on établit un profil de puissance depuis plusieurs années, je peux garantir que les records, on ne les bat pas tous les jours. A un moment donné, on atteint des limites physiologiques sur beaucoup de points, et on est toujours proche de ses limites, ou en-dessous de ses limites. Si demain, un coureur bat son record de 10%, il y a deux solutions. Soit la mesure n'est pas bonne, à cause d'un appareil mal calibré. Cela nous est déjà arrivé. Il faut vérifier. Soit, il y a un autre souci... Ça, c'est la réalité. C'est direct, mais ça marche. Aujourd'hui, on n'a pas besoin de faire des prises de sang toutes les semaines pour dire que les gars ne se dopent pas. Appliquons des principes simples et efficaces de suivi du coureur avec du bon sens

Attention à une chose importante. Le suivi n'implique pas pour autant de fliquer les coureurs. Le suivi, c'est faire le travail qui consiste à guider, orienter, conseiller, évaluer, programmer l’activité du coureur. C’est un métier à part entière qui devrait être réalisé dans toutes les équipes professionnelles. C'est avoir la capacité de valider l'activité du coureur. Quand quelqu'un travaille dans une entreprise, vous croyez que le patron va lui laisser faire ce qu'il veut ? Soit l'employé pointe, soit quand il est en déplacement, le patron le suit à distance. Alors que dans le cyclisme, certains managers ne savent même pas ce que font leurs coureurs. Je ne mets pas la faute sur les managers, mais sur le système. Je dis haut et fort qu'on est capable, si on le veut, de très bien suivre l'activité d'un coureur, et de la valider. C’est en plus travailler sur la probité sportive du coureur au cours de sa carrière. C'est le message que je veux faire passer. D’ailleurs, l’UCI devrait mettre l’accent sur ce point dans le cahier des charges relatif aux critères d’éthiques sportives. En plus, la mise en place d’un tel système de suivi ne coute pas très cher comparé à l’usine à gaz mise en place pour les contrôles sanguins. Aujourd’hui, nous avons  tous les outils qu'il faut pour le faire.

« La suspension de six mois seule ne suffit pas »

Mais alors, pour ou contre un grand nettoyage ?

Je ne sais pas si nettoyage est le bon mot à utiliser. Ce que j'ai compris, c'est que si on voulait faire parler les coureurs, il ne fallait pas les punir sur une trop longue durée. Il faut couper la poire en deux. Moi ce qui me gêne, et ce qu'il faut qu'on m'explique, c'est quel intérêt ont ces coureurs qui ont fauté à revenir dans le vélo ? J'entends ceux qui ont fauté après 1998, car à cette date, on était censé repartir à zéro et rebâtir un nouveau cyclisme. Et en 2020, on va dire pareil ? Bon, évidemment, ils ont parlé, on ne leur met que six mois de suspension. Mais qui va les reprendre pour courir ? Ils vont retrouver des équipes … Je me demande quels intérêts ont ces gens à continuer de courir, vu qu'ils ont fauté durant plusieurs années. Je ne comprends pas, à part le fait de gagner l'argent. On ne devrait plus revoir ces gens dans le vélo, dans un poste d'encadrement. Le problème est que la règle de l'UCI concernant ce point s’applique à partir de 2011. Doivent venir dans le milieu du vélo, des gens qui ont quelque chose de positif à apporter. Ceux dont on parle ont été dans le déni, dans la faute. Alors, ok, admettons qu'ils reviennent. Mais faudrait-il encore qu’ils payent une lourde amende, car ils ont volé des victoires et pris de l'argent à plein d’autres coureurs. J'espère haut et fort qu'ils vont verser de l'argent, et que cet argent servira à la formation des jeunes. Dans ce cas-là, je serais d'accord ... La suspension de six mois seule ne suffit pas.

« Un observatoire des performances »

Peut-on être certain qu'un système comme celui de Ferrari ou de l'US Postal n'existe plus aujourd'hui ?

On ne peut être certain de rien aujourd’hui quand on observe ce qu’était le système de l'US Postal. On l’espère ... Mais le problème, c'est que la suspicion sera encore toujours présente demain si on ne met pas en place de nouvelles choses. Pour moi, tant que l’on n’aura pas une validation de la probité sportive du coureur, ce sera compliqué. Pourquoi ? Parce qu’aujourd’hui, la plupart des gens ne croit plus possibles certaines performances qu’ils voient à la TV. Cela veut dire que même lorsqu’un coureur « négatif » réalisera une grande performance, des doutes seront émis à son sujet. Mais cette performance, elle vaudra quoi sur une échelle de classification ? Lorsque les sportifs font un 100m en athlétisme ou en natation, il y a des temps de référence pour classifier la performance réalisée. On sait où elle se situe. En cyclisme, il n’y a aucun référentiel pour classifier la performance. Imaginons une montée de col dans un Grand Tour. Une grande performance est établie avec panache par un coureur qui gagne. Mais qu'est-ce que vaut cette performance ? On n'en sait rien. Ainsi, il faudrait chaque fois que cela est possible, classifier les performances sur une échelle de valeur. Chacun pourrait ensuite porter un jugement valide. Cela, on peut le faire aujourd’hui. C'est ce que j'évoque depuis plusieurs années à partir de la création d’un observatoire des performances. On peut aujourd'hui classifier les performances, principalement celles réalisées lors des montées de cols. Sur les chronos, c'est plus compliqué, bien que l'on puisse y arriver un jour. Alors de deux choses l'une, soit on continue à avoir des doutes pendant dix ans, soit on utilise des modèles valides qui peuvent nous aider à classifier la performance. Aujourd'hui, dans une montée, on peut classifier une performance comme moyenne, élevée, excellente, sujette à caution et hors-limites... Cela permettrait d’éclaircir les choses, d’éviter les doutes ou suspicions injustifiées et de prouver aux gens que le vélo peut encore avoir un bel avenir. 

Propos recueillis par Alexandre MIGNOT

Photos : Cyclism'Actu / Fred Grappe / Flickr 


 

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Vos Commentaires

 

"On ne peut être certain de rien et la suspicion demeurera"... Cela a toujours été l'attraction du cyclisme dans sa globalité au cours de son histoire et, bien malin, celui qui changera quoi que ce soit pour le rendre plus crédible aux yeux du grand public!

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Al : il y a 738 jours

 

D'abord merci pour cette interview interessante d'un homme qui connait bien son métier. Hélas, il restera toujours quelques commentateurs qui se comportent comme des supporters et ont la prétention de se croire plus malins que les autres. En-dessous de cet article, ils sont heureusement minoritaires. C'est bien, cela prouve que le travail de cyclims'actu porte ses fruits et que les passionnés de cyclisme sont de plus en plus nombreux à savoir faire la part des choses. Vive le vélo !

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sweetvinyl : il y a 739 jours

 

beaucou pde fantasme dans certaines reponses! une chose et sur, il n'y a aucun controle positif ni aucune preuve d'aucune sorte de dopage ni chez Sky ni chez Europcar! alors que tous ceux qui accusent sans preuve arretent leur cinéma! d'autant que sont bien souvent les memes personnes qui defendent ceux qui ont été suspendu apres un controle positif ou une enquete officielle (genre USADA)

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henri : il y a 740 jours

 

En effet Armstrong avait mis TOUS les curseurs au max ... dans TOUS les secteurs pour une préparation maximum...............................

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W4O : il y a 740 jours

 

Il dit encore bien de belle chose le Fred,bravo!

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pouet-pouet : il y a 741 jours

 

@garin Tout à fait d'accord avec Toi et donc en désaccord avec plein d'autres ci-dessus. L'intervieuw de Grappe ne m'enthousiasme pas des masses, et quand tu regardes ses interventions dans Vélo Magazine dans les années 2000 et après, il n'y a pas de quoi se réjouir. Il a pas mal encensé LA alorsqu'il y en avait déjà pas mal qui le contestaient.

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mtrecout : il y a 741 jours

 

@garin le 17/11/2012 à 19h54, puisque tu parles de Vayer, il ne faut pas retenir que ce qui t'arrange mais tous les citer, comme dans l'article ci-dessous : "Des performances suspectes sur le Tour CYCLISME | lundi 23 juillet 2012 à 17h21 Antoine Vayer est revenu pour Le Monde.fr sur les performances notables de l'édition 2012 du Tour France. Le moins que l'on puisse dire est que certains résultats sont plus qu'inquiétants ! L'ancien entraîneur de l'équipe Festina et expert en performance, Antoine Vayer a fait des comparaisons des puissances des coureurs du Tour en watts. Il en relève quatre qu'il qualifie de "particulièrement frappantes". La première concerne le chouchou du public français, Thomas Voeckler, vainqueur du maillot à pois de meilleur grimpeur. Le coureur d'Europcar déjà dans la tourmente en début de Tour pour des suspicions de dopage au sein de l'équipe de Jean-René Bernaudeau, a grimpé le 18 juillet dernier quatre cols légendaires du Tour (Aubisque, Tourmalet, Aspin et Peyresourde) avec une puissance de "375-390" watts et a conclu l'étape en 5h 32min 2s à 35.59km/h de moyenne. En 1998, dans la même étape, Pantani avait offert la victoire à Massi en 5h 49min 40s à 33.72km/h c'est-à-dire "presque 2 km/h de moins que Voeckler" souligne Vayer. Et ce n'est pas fini pour l'ancien porteur du maillot jaune. Le lendemain, il a franchi le col de Menté avec une puissance de 442 watts ! L'ancien mentor de Richard Virenque, rapporte encore que les favoris du Tour étaient au-dessus des 410 watts de moyenne, seuil de détection du "poison", sur les derniers cols des étapes de haute montagne. Les deux meilleurs, Bradley Wiggins et Christopher Froome, étaient même capables de développer 470 watts dans la dernière montée de Peyragudes. Selon Vayer, le "Kényan blanc", deuxième du classement général, aurait pu s'il n'avait pas dû attendre son leader approcher la barre des 500 watts ! Enfin, il relève la performance du "repenti" Alejandro Valverde. L'Espagnol a gagné à Peyragudes en signant une performance équivalente à celle de Vinokourov sur le Tour en 2007. Le Kazakhe avait été exclu après cet exploit suite à un contrôle positif ! Antoine Vayer ne cache pas son inquiétude par rapport à l'évolution du cyclisme et au retour d'Alberto Contador, habitué à des performances très au-dessus de la moyenne et suspendu après un contrôle positif au clenbuterol en 2010. G. Mahieu" Source : http://www.rtbf.be/sport/cyclisme/tourdefrance/detail_des-performances-suspectes-sur-le-tour?id=7809343 D'ailleurs ce serait très intéressant de connaître l'avis de Fred Grappe sur ce chiffes.

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Chouchouduvélo : il y a 741 jours

 

De toute façon, que ce soit avec USPostal ou SKY, c'est le même cinéma: on voit des robots, et on s'emmerde !! Perso, je suis pas aveuglé par la haine, mais Walken, j'ai l'impression que de ton côté, c'est l'amour qui te rend aveugle !! Dans Joux-Plane au Dauphiné, dans le Glandon sur le Tour, ça t'a pas quand même fait un peu penser à la gabégie USPostal ?? Et quand tu as appris que le sulfureux Geert Leinkers travaillait avec SKY, du côté du Teide, ça t'as fait pas fait irrésistiblement fait penser au boulot d'Armstrong à Saint-Moritz...avec Ferrari ?? Désolé, mais pour moi, sans amour ni haine, Team Armstrong et Team SKY= même pantalonnade. Er concernant Fred Grappe, c'est pas lui qu'il faut lire. Y en a 2 qui sont un peu radicaux, et qui avaient vu juste dés le début, ce sont Fred Portoleau et Antoine Vayer. Quand tout le monde s'extasiait sur le numéro de Landis, en 2006, y avait Vayer, dans Libé, qui était le suel à crier à l'arnaque: il avait raison. Quand Fred Grappe, pendant 7 ans, nous expliquait dans Velo-Mag qu'Armstrong n'était pas si vilain que ça, Vayer et Grappe tranchaient dans le vif: Armstrong=Arnaque. Ils avaient encore raison. Et lors du dernier Tour, ils ont répété la même chose concernant les 2 grands maigrichons de SKY: encore et toujours des arnaques. Et ils ont raison, à mon avis.

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garin : il y a 741 jours

 

@ptit vélo : c'est bien ce que je disais, complètement aveuglé parce que tu n'aimes pas cette équipe, tu prends un fait mineur pour en faire une "montagne", et tu veux y voir une équipe qui fait "mieux" que l'US Postal, alors que ça n'a rien à voir !!! Sur cette étape, il y a eu une très grosse échappée, près de 30 coureurs ! Et pas des "petits coureurs", mais plusieurs coureurs qui auraient pu viser un top 15 sur le tour, qui auraient dû être dans le groupe des favoris, mais ont eu des blessures, des problèmes divers, et se retrouvaient loin au général. Normalement, les Sky n'auraient jamais dû laisser partir un tel groupe, trop dangereux. Ils ont essayé de revenir, mais sans succès, et ont dû prendre le risque de laisser filer. Et ils n'ont jamais pu revenir sur Rolland. Sur les 8 qui restaient à un moment donné, il y avait 4 Sky encore frais, puisqu'ils n'avaient quasiment pas travaillé (c'étaient Hagen et Knees qui faisaient le tempo, et pas un tempo monstrueux, devant, Kern, à lui tout seul, menait le groupe pour Rolland et leur prenait chaque fois du temps). A un moment, ça a accéléré, ils se sont retrouvés 8 dans le groupe des favoris, avec les 4 meilleurs Sky en montagne : Wiggins, Froome, Porte, Rogers. Et rappelons, encore une fois, que la grande majorité des meilleurs grimpeurs du peloton n'étaient pas sur ce tour, ou ont dû abandonner avant la montagne. Ca n'a pas duré des plombes non plus, des coureurs sont revenus de l'arrière, et Porte et Rogers ont dû décrocher, ils n'ont même pas pu aider leurs deux leaders dans la dernière montée, ils étaient, comme à chaque fois, cuits en bas du dernier col. Rien à voir avec l'US Postal qui, elle, avait systématiquement ou presque 3 à 5 hommes capables, avant qu'Armstrong lâche tout le monde, de mener un train d'enfer dans le dernier col, sur chaque étape de montagne, après avoir fait un boulot considérable auparavant.

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Walken : il y a 741 jours

 

@Walken : arguments fallacieux 4 coureurs dans la même équipe dans un groupe de 8-9 coureurs (ascencion du Glandon) c'est pas assez pour faire mieux que l'US Postal?

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ptit vélo : il y a 741 jours

 

Merci pour cette excellente interview, des propos très justes de Fred Grappe, qui changent de tous les avis à l'emporte-pièce qu'on peut lire trop souvent de la part des internautes (ici ou ailleurs). Par exemple, ce que dit garin ici, qui ne voit absolument pas la grande différence, pourtant évidente, entre Sky et US Postal. 1. Les Sky avaient avec eux le meilleur sprinter du peloton, Cav. S'ils étaient les "machines surdopées" que certains veulent imaginer, ils auraient roulé pendant les étapes de plaine, au minimum une sur deux. Mais non ! Ils n'ont quasiment jamais roulé en tête de peloton en plaine. Ce qui prouve bien qu'ils avaient besoin de s'économiser un maximum, de ne rouler que lorsque c'était vraiment nécessaire, et de se concentrer sur la victoire finale, ne pas se disperser. Rien à voir, par exemple, avec les Telekom d'antan qui roulaient pour Zabel en plaine, puis pour Ullrich en montagne. Rien à voir avec les US Postal qu'on voyait souvent faire le tempo en plaine, assumant le rôle de patron. 2. Non seulement ils ne roulaient pas pour Cav, mais ils l'utilisaient pour Wiggins ! S'ils avaient eu une équipe de "machines surdopées", ils n'auraient jamais eu besoin de demander à leur champion du monde, et meilleur sprinter du peloton, de rouler sur le plat en début d'étapes de montagne (ou dans une ou deux montées pour faire un tout petit tempo), ni de l'utiliser comme porte-bidons ! Ils auraient pu laisser un "équiper surdopé" faire ce travail. 3. Du temps de l'US Postal, dans l'ascension du dernier col, on avait régulièrement 3 à 5 équipiers d'Armstrong qui menaient à un train d'enfer et faisaient exploser le peloton, après avoir bossé une grande partie de la journée et escaladé plusieurs cols, et refaire ça chaque étape de montagne. Absolument rien à voir avec Sky ! Au pied de chaque dernière montée, les Sky étaient cuits, il ne restait que Froome, qui était "abrité" jusque-là, les Porte, Rogers, Knees ou Hagen avaient sauté avant. Parce qu'ils avaient roulé à une allure stupéfiante jusque-là ? Même pas ! Sur toutes les étapes de montagne, ce sont des échappés qui se sont disputés la victoire, jamais les favoris. Alors que du temps de l'US Postal, le peloton revenait le plus souvent sur les échappés. Il n'y a eu qu'une seule exception sur ce tour 2012, à la Planche des Belles Filles. Où là, Sky a en effet fait une démonstration de force. Mais c'était la première étape de montagne (et encore, une "petite étape de montagne"), avec une dernière ascension très brève, et les Sky n'avaient pas roulé en première semaine, ils étaient frais, et ont ainsi pu faire exploser le peloton. 4. Tu dis que ce sont ces "méthodes" qu'on ne veut plus voir dans le cyclisme. mais faut te faire à l'idée, c'est inévitable, et ce n'est pas forcément lié au dopage ! C'est même assez logique comme façon de faire si un leader n'est pas chargé comme une mule, il a besoin d'une équipe forte pour contrôler un maximum et le laisser seul le plus tard possible. C'est pas une question de dopage, c'est une question de moyens financiers. Il y a de grosses équipes, comme Sky, qui ont comme équipiers des coureurs qui pourraient être leaders dans des équipes moins fortes. Et qui ont un effectif très dense, ce qui permettait, par exemple, à Sky de ne pas utiliser sur le Tour des équipiers qui ont fait le Giro, mais d'avoir une équipe préparée spécifiquement pour le tour, où tous arrivaient au top de leur forme, avec pas trop de jours de course dans les jambes (Cav avait aussi fait le Giro, mais pour un sprinter, ce n'est pas la même chose, cumuler Giro-TDF est beaucoup moins difficile que pour un équipier sollicité en montagne). C'est ainsi que les Sky ont pu se priver de leurs deux très bons grimpeurs colombiens, Uran et Henao, sur le tour, leur laissant le Giro et la Vuelta. Car rien n'est laissé au hasard chez Sky, tout est étudié avec intelligence, les pourcentages des cols du tour étant moins élevés, ils avaient plus besoin de rouleurs-grimpeurs style Rogers, Porte ou Knees pour assurer le train. 5. La concurrence sur le tour était assez faible, Sky n'a pas eu à rouler contre les meilleurs grimpeurs de la planète, ils étaient presque tous absents ! Certains victimes de grosses chutes en première semaine et qui ont dû abandonner avant les étapes de montagne (Sanchez, Hesjedal), ou qui ont souffert des conséquences de leur chute et n'ont pas été à un bon niveau (les Rabobank). Les trois meilleurs grimpeurs au monde n'étaient pas là, Andy Schleck forfait, Contador pour les raisons que l'on sait, Rodriguez qui a opté pour le Giro et la Vuelta, comme la plupart des vrais grimpeurs, ce tour n'étant pas vraiment fait pour eux, trop de chronos, pas assez d'étapes de montagnes avec de gros pourcentages et arrivées au sommet. Sans parler de F. Schleck viré du tour... Je ne dis pas que les Sky ne sont pas dopés, je pense qu'ils le sont comme le sont la majorité des coureurs, mais il n'y a RIEN qui prouve qu'ils étaient "mieux" dopés que les autres, et ce qu'ils ont fait n'a rien à voir avec l'US Postal. mais pour le voir, encore faut-il essayer de regarder objectivement les choses (comme le fait Grappe avec Armstrong), et ne pas se laisser aveugler par sa haine contre telle équipe ou tel coureur...

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Walken : il y a 741 jours

 

GENIAL, merci cyclism actu!

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zoncolan : il y a 741 jours

 

Voilà une interview très intéressante !

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pat : il y a 741 jours

 

Trés interessant , bravo !

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Ludov35 : il y a 741 jours

 

Simplement : BRAVO ! Bravo et merci. C'est clair, net, précis, sans langue de bois.

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Chris : il y a 741 jours

 

Des choses intéressantes, mais on sent vraiment que ce gars n'a pas beaucoup transpiré sur un vélo. J'halluccine en lisant sa comparaison de puissance entre Verbier et Tourmalet !! Il a attendu 2012 pour comprendre que les coureurs n'adoptaient pas le même mode d'escalade sur un col de 20' et sur un col d'1 h ?? Mais s'il connaissait de plus prés le sport cycliste, il saurait que ça a toujours été le cas !! Il croyait quoi, Fred Grappe ?? Que Contador aurait pu escalader le Ventoux en faisant péter les mêmes watts que sur Verbier ?? Et lorsqu'il évoque la gestion des efforts "intelligents" de l'USPostal ( peu d'efforts pendant 90°/° de l'étape, et effort intense dans le dernier col ) , qui seraient copiés par la Sky, il oublie de dire que c'est justement de genre de course en mode "rouleau-compresseur" qui a fait tant de mal au cyclisme...et aux autres coureurs !! Je me souviens de cette réflexion de Simoni, en 2004 : " Ils imposent un rythme qui parait facile pour eux, et qui met tout le peloton à l'agonie. Au bas du dernier col, lorsqu'il e reste que 25 ou 30 coureurs, il reste encore 5 ou 6 équipiers d'Armstrong, malgré tout le boulot effectué avant !!" C'est facile d'adopter ce genre de tactique d'étouffement, quand on est aussi bien "soignés" que ces types. Lorsqu'on est plus fort que les autres, car mieux chargés, on est souvent impeccables sur le plan tactique !! Mr Grappe, c'est justement cette méthode Armstrong qu'on ne veut plus voir dans le cyclisme. Voir une équipe et son leader en gestion facile pendant toute une étape de montagne, avant d'augmenter la cadence dans le final, c'est tout ce qui fait fuir les passionnés de cyclisme !! Et c'est malheureusement ce qu'on a encore vu sur le Tour 2012: Geert Leinkers serait-il à SKY ce qu'était Ferrari pour Armstrong ?? Fred Grappe devrait se poser la question..

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garin : il y a 742 jours

 

Ça, c'est une interview de professionnel, Alexandre Mignot, mes sincères félicitations! Maintenant, il ne reste plus que changer le système des discussions et Cyclism'actu sera prêt pour affronter l'avenir! Bonne journée à vous tous.

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.es : il y a 742 jours

 

Merci à Cyclism Actu pour cette interwiew! C'est ce genre d'intervention que l'on attend vous. AaaH, si cette interwiew était traduite dans la langue de tous les pays membres de l'UNI, et leur serait envoyée, bien évidemment à leurs fédérations respectives.

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claudio 68 : il y a 742 jours

 

Tres bien cette article, tres bonne idée le réferentiel pour classer les performances, car on peut le faire aujpurd'hui !

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gilou : il y a 742 jours

 

Merci pour cet article.*Manifestement il existe des gens qui travaillent et pensent à comment accompagner un sportif de haut niveau vers SES propres performances avec SES propres moyens. Alors pourquoi, aujourd'hui, un discours comme celui de Freg Grappe n'est pas plus soutenu ? alors même qu'il nous explique cette approche serait nettement moins coûteuse ? Devons-nous comprendre qu'il existe encore trop d'enjeux financiers liés au dopage dans différentes organisations ? Nous sommes sur la bonne voie, pourvu qu'ça dure !

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amateur de cyclisme : il y a 742 jours

 

Longue interview très intéressante de Fred Grappe ! Ça nous change des "blabla" qui font souvent de la com et rien sur le fond. Là au moins il y a matière, des arguments, des chiffres... et des propositions qui peuvent tenir la route. Hâte de prendre connaissance des 2 autres volets !

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Chouchouduvélo : il y a 742 jours

 

D'accord avec lui sur de nombreux points et très instructif en plus. Hâte de lire les deux prochains épisodes !

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Sim' : il y a 742 jours

 

Passionnant

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CANDIDE : il y a 742 jours

 

précision sur marion Jones, elle a été + à l'EPO ( contrôle inopiné entraînement ) mais échantillon B négatif

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moustic : il y a 742 jours

 

 

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