+ de Brèves

  Brèves

  défiler les infos cyclisme  défiler les infos cyclisme
Tennis Actu
Boutique CA by ONDA
Vous Ici?
Vous Ici? 2
Eurosport Vuelta 300x125

Interview

Lionel Marie :

Interview - Lionel Marie : "Travailler à la Garmin ce n'est pas la mine"

Par Sébastien Warègne
Publiée le 14/06/2011 à 20:24

Peu connu médiatiquement, certes, Lionel Marie est pourtant un élément important et déterminant de l’équipe Garmin-Cervélo, managée par Jonathan Vaughters. Il en est tout simplement le Directeur sportif. A 45 ans, le Français appartient à la formation Garmin depuis ses débuts dans le peloton, il y a quatre ans, devant gérer des coureurs comme Thor Hushovd, Tyler Farrar, David Millar ou encore son compatriote Christophe Le Mével. Alors comment ça marche chez la Garmin-Cervélo ? Lionel Marie s’est confié à Cyclism’Actu.

Nous approchons du Tour de France, la pression monte, quelles sont les choses à préparer pour le Directeur sportif de la Garmin-Cervélo  que vous êtes ?

Actuellement, le plus difficile à faire c’est la sélection. Car il faut que l’on décide avec Jonathan quels coureurs vont faire partie de l’équipe mais pour cela il faut d’abord décider quelles seront les ambitions de l’équipe. Pour l’instant, on en a parlé comme ça sans plus. On aimerait cependant remporter le contre-la-montre par équipes ainsi que des victoires d’étapes. Donc c’est assez compliqué à mettre en place. Il faut trouver le bon compromis entre rouleurs et des garçons pour emmener les sprints. Ce sont vraiment les deux trois courses qui arrivent qui nous permetteront de faire la sélection. Tout se joue sur le Tour de Suisse, le Ster Elektrotoer et les deux ou trois autres petites épreuves annexes. Cela va, par exemple, nous permettre de voir si Tyler Farrar a retrouvé sa vitesse car il a quand même mis entre parenthèse son métier pendant le Tour d’Italie. On a donc pu le voir un peu court ces dernières semaines. Il est présent mais il lui manque de la force pour passer la vitesse supérieure. Pour Farrar, ce sont les courses qui arrivent qui vont permettre de se régler. Il y a aussi Thor Hushovd qui aura sans doute des ambitions sachant qu’il peut gagner des étapes. Tout cela, c’est une discussion continuelle. Pour vous donner un exemple de mon boulot avant le Tour, avant que vous ne m’appeliez, j’étais en train de préparer les cartes du Tour. Savoir par où l’on passe, les moments clés, cela servira au briefing.

"Travailler à la Garmin ce n’est pas la mine"

Ce boulot n’est donc pas de tout repos avant le plus grand évènement de la saison ?

Ça me gêne un peu de dire que j’ai beaucoup de boulot, ça fait partie du travail de préparer ces choses-là. Ce qui prend le plus de temps c’est de faire la sélection de l’équipe. Mais ne vous inquiétez pas, il y a pire comme métier. Cela me gêne vraiment quand on me parle de la masse de travail. C’est sûr, il y en a mais vous savez, travailler à la Garmin, ce n’est pas la mine. J’ai de la chance d’être directeur sportif chez Garmin-Cervélo.

Comment fait-on pour gérer autant de personnalités dans une équipe ?

Disons que les coureurs sont assez professionnels et matures, ils connaissent leur rôle au sein de l’équipe. Ils se positionnent directement dès le briefing. Il faut que les choses y soient claires pour que, lorsque l’on descend du bus, chacun sache ce que l’on veut et quelle est la stratégie. Il ne faut pas qu’on leurs disent « bon les mecs vous gérez tous seuls, vous verrez comment cela se passe pendant la course ! ». Bien sûr, on peut changer en cours de route mais cela doit toujours être de manière concertée. S’il n’y a pas de consensus entre les coureurs dans le bus, par exemple, à ce moment-là, on dit cette étape est pour tel ou tel coureur. Ils ont tellement d’expérience. En fonction du profil de l’épreuve, ils argumentent, on doit aussi argumenter et on tombe rapidement d’accord sur une stratégie. C’est un sport professionnel. Les coureurs connaissent leurs limites et leurs qualités.

Quel a été votre parcours avant d’arriver chez Garmin pour s’y sentir aussi bien alors qu'elle est plutôt anglophone?

J’ai commencé par travailler à la fédération avant de passer au Crédit Agricole espoir, ensuite chez Cofidis et me voilà chez Garmin. Maintenant chez Garmin c’est vrai que c’est différent.  L’une des grosses différences pour moi c’est la décontraction générale et l’ambiance qui se traduit aussi par une énorme concentration pendant la course. Avant la course, parfois on a l’impression qu’on ne va pas faire une course de vélo. On a l’impression qu’on est tous ensemble, qu’on va passer un bon moment ensemble et sans plus. Mais une fois que le briefing arrive, on discute, tout le monde adhère et on rentre vraiment dans la course. On est tous concentrés pour aller gagner. Par contre, une fois la course passée, gagnée ou pas gagnée, tant que la stratégie a été suivie, on retourne dans la décontraction et on ne s’occupe pas du reste. C’est là qu’est la différence. On ne parle pas des histoires du peloton, des rumeurs ou autres. Dans l’équipe Garmin, on n’est pas, on ne fait pas comme les équipes françaises, du moins à mon sens. On fait notre travail. On est ensemble et les autres, ils font ce qu’ils veulent, ce n’est pas notre problème.

"Un cas de dopage et l’équipe Garmin s’arrête"

L'équipe Garmin a la réputation d'être très transparente sur le dopage alors quelles sont les mesures prises par l'équipe pour éviter les problèmes ?

Dès que l’équipe a commencé, tous les coureurs étaient joignables tout moment par téléphone. Des contrôles internes importants ont été aussi mis en place avec un budget spécifique pour ce domaine. Il y a aussi pleins de petites choses concrètes comme, par exemple, l’UCI qui interdit la récupération depuis le Giro. Nous appliquons déjà cela depuis le début dans l’équipe, il y a 4 ans. Il y a aussi, et surtout, le discours très ferme du manager qui dit « regardez-vous les yeux dans les yeux car s’il y a un contrôle positif ou une histoire dans l’équipe ce n’est pas à la fin de saison qu’elle s’arrête mais le lendemain, vous êtes donc responsables des 50 personnes qui vous entourent ». D’ailleurs je suis persuadé que, si demain l’équipe Garmin a un problème, Jonathan Vaughters nous l’a toujours répété, l’équipe s’arrête et tout de suite. Un cas de dopage et l’équipe Garmin s’arrête. C’est une responsabilité de chacun dans l’équipe. Tout le monde doit être responsable et adulte. C’est comme ça qu’on voit le cyclisme chez Garmin.

Quelques mots sur le Giro où nous avons vu les Garmin-Cervélo au plus haut niveau, êtes-vous satisfait ?

Je suis content de vous l’entendre dire car nous nous sommes contents à plus d’un titre et malgré l’incident tragique avec Wouter Weylandt que l’on n’oubliera jamais. Cette tragédie restera marqué à tout jamais dans nos mémoires et dans les mémoires de tous les participants. C’était un moment très difficile mais il a fallu se re-concentrer après sur la course et on a plutôt bien géré cela. On a pris le maillot rose avec David Millar et puis on était dans la course pour le maillot aussi avec Christophe le Mevel. C’était très important pour lui de bien figurer car c’était la première fois qu’il avait toute une équipe vouée à sa cause. Il a tenté et avec un peu plus de chance, il aurait pu prendre le rose mais comme il a été actif, on n’a rien à regretter. Enfin, il y a eu la victoire de David sur le dernier jour donc c’est plutôt bien.

Ne trouvez-vous pas que Christophe le Mevel ait été trop fougueux sur ce Giro ?

On lui avait demandé de se canaliser pour atteindre son objectif d’être dans les 10 premiers au classement général final. Après ce sont les circonstances de course. Il avait à cœur de prendre le maillot rose, on lui a laissé le choix et il a essayé. Au final, c’est tout de même une bonne chose pour nous car qui se souviendra du 10ème du Tour d’Italie ? Alors que s’il s’était emparé du maillot rose, s’il avait remporté une étape, ça aurait été encore plus marquant pour lui. On ne pouvait l’empêcher d’avoir de l’ambition. Cela lui aura aussi permis d’apprendre et de voir qu’on ne peut courir plusieurs lièvres à la fois. Maintenant, il sait pour les prochaines fois que, s’il ambitionne un général sur un grand tour très difficile comme ce Giro, il faut se réserver et se cacher un peu plus.

"Pourquoi ne pas sortir un coureur du chapeau qui pourrait faire un top 10"

Avez-vous déjà une idée des coureurs qui seront présents lors du Tour de France?

Oui et non. On a une base avec Tyler Farrar et Thor Hushovd, tout comme Hesjedal, Millar et Vandevelde. Après il faut construire autour de ces 5 coureurs là. Il faut des coureurs qui soient capables de suivre déjà ces mecs là dans le chrono, par exemple. Il y aura aussi certainement Zabriskie. Mais rien n’est encore décidé car il faut faire les bons choix pour avoir des coureurs capables de rouler derrière des échappées ou de se glisser dedans. Même si le chrono par équipe est notre objectif, c’est seulement une étape donc c’est assez casse-tête.

Pour Hesjedal et Vandevelde quelles seront leurs ambitions ?

Comme chaque année, on espère, en plus du reste, faire un top 10 au classement général. Jusqu’à présent, cela nous a pas mal réussi. On a fait deux fois quatrième et une fois septième. On aimerait rééditer cette performance. On a eu Vandevelde, Wiggins et puis Hesjedal donc pourquoi ne pas sortir un coureur du chapeau qui pourrait faire un top 10.

Qui pourrait être ce coureur ?

Pour l’instant, c’est un peu difficile à dire car nous n’avons pas fait la sélection mais cela pourrait très bien être un coureur comme Dan Martin ou alors Andrew Talansky.

Pour ce qui est des sprints, comment allez-vous faire pour gérer Thor Hushovd, Tyler Farrar et peut être Heinrich Haussler ?

Heinrich ne sera pas au tour ! Par contre, si on parle de sprint ou de vitesse pure, il n’y a que Tyler Farrar qui peut y arriver donc c’est assez clair. Si les sprints sont en puissance ou en légère montée, Thor Hushovd a plus de force. Il sera donc protégé un peu comme un Philippe Gilbert. De manière naturelle, Thor Hushovd se mettra au service de Tyler sur les sprints plats et Tyler Farrar au service de Thor sur les sprints en puissance.

Enfin, le cas Contador sur le Tour, cela vous évoque quoi ?

Je me pose des questions. Il sera sur le Tour, ok. On voit un assez gros décalage entre le principe sportif c’est-à-dire les valeurs du sport tel qu’on l’entend et le sport professionnel ainsi qu’avec la justice. Les décisions devraient être prises avant des courses. Cela permettrait de ne pas discréditer une course comme le Tour de France. C’est un peu dommage que tout cela n’aille pas ensemble vers une meilleure coordination pour que l’on puisse avoir des décisions plus rapides et réfléchies.

Photos : Lionel Marie / Sirotti

REGARDEZ LE MEILLEUR DU CYCLISME SUR EUROSPORT PLAYER

CLIQUEZ ICI !


 

Ekoï Vous Ici? Eurosport Vuelta 125x125 Velo Identity

 

Vos Commentaires

 

Très belle interview ! La compo pour le Tour : Farrar, Hushvod, Hesjedal, Millar, Vandevelde, Zabriskie, Dean, Talansky, Martin.

0 0
Max : il y a 1171 jours

 

@Colin Après le Giro, Le Mével ne fera sûrement pas partie de l'effectif de la Garmin. Il n'a quasiment aucune chance de figurer dans les 10 sur ce TDF, et je dirais au mieux dans les 20, même si j'aurais préferé le contraire ! La Garmin va s'appuyer sur Hesjedal et Vandevelde pour le général.

0 0
Windsor : il y a 1171 jours

 

Très intéressante comme interview... on découvre, on apprécie !

0 0
chipsue : il y a 1171 jours

 

Que cette interview est agréable à lire ! J'espère que Tyler remportera une victoire pour son ami Wouter. Thor mérite aussi de s'illustrer sur le Tour.

0 0
Chouchouduvélo : il y a 1171 jours

 

bel esprit et belle équipe. exemple à suivre je leur souhaite quelques succès d'étape car pour le général, ça va être dur.

0 0
LAB78 : il y a 1171 jours

 

Après son super tour d'Italie, Christophe Le Mével a sa place sur le Tour de France. Il a le potentiel pour gagner une étape, voire refaire un top-10. J'espère vivement qu'il fera partie de l'équipe retenue pour le TdF !

0 0
Colin : il y a 1171 jours

 

SI ON SAIS LIRE ENTRE LES LIGNES? LE MEVEL NE SERA PAS AU DEPART DU TDF

0 0
TOTO RINO : il y a 1171 jours

 

On peut sentir que tout dépend du niveau de farrar dans les prochains jours

0 0
Thomas : il y a 1171 jours

 

D'après ses dires on peut déduire quelques noms pour le Tour à partir de ses propos : Farrar, Hushovd, Hesjedal, Millar, Vandevelde certains d'y être. Zabriskie et VanSummeren ont été annoncé. Martin et Talansky sont cités. Voilà 9 noms et une chouette équipe. Peut-être Julian Dean à la place de Talansky pour les sprints.

0 0
Nico : il y a 1172 jours

 

Excellente entrevue de Lionel Marie tiens il s'appelle comme moi Lionel. Je trouve la vision des choses très juste et l'analyse des qualités de l'équipe instructive en vue du Tour de France.

0 0
Nicoportal : il y a 1172 jours

 

 

Réagissez à cet article

Pour pouvoir réagir à cet article, vous devez vous identifier ou créer votre compte utilisateur. Il s'agit du même compte que vous utilisez pour le forum.

 

Je m'identifie

*

*

 

Je créé mon compte

Pour créer votre compte utilisateur que vous pourrez utiliser partout sur le site, merci de vous rendre sur le formulaire d'inscription du forum en cliquant ici

Pour poster un commentaire, il vous suffira de fermer la fenêtre ou l'onglet qui va s'ouvrir puis de recharger cette page.