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VIDÉO - L'adieu de Daniel Mangeas à Raymond Poulidor ! Photo : Photo : Sirotti / @LCL

VIDÉO - L'adieu de Daniel Mangeas à Raymond Poulidor !

Alain Darbon, le maire de la commune de Saint-Léonard-de-Noblat (Haute-Vienne) et Daniel Mangeas aux obsèques de Raymond Poulidor mardi dans la collégiale Saint-Léonard du village adoptif de Poupou. De nombreuses personnalités se sont donnés rendez-vous pour cette occasion, et de nombreux anonymes se sont également manifester afin de rendre un dernier hommage à l'un des chouchous du public français. Pour rappel, Raymond Poulidor, qui était hospitalisé depuis quelques semaines en raison d'une grande fatigue, est décédé la semaine dernière dans la nuit de mardi à mercredi à l'âge de 83 ans.

L'hommage de Daniel Mangeas à son ami Raymond Poulidor

 

Daniel Mangeas : "Poulidor, c'est 45 ans de ma vie"

La nouvelle de la mort de Raymond Poulidor a bouleversé le monde du cyclisme. Des plus anciens aux plus jeunes, ils sont très nombreux à avoir rendu hommage à Poupou l'éternel second, qui restera sans doute le coureur le plus populaire auprès des Français. Notre chroniqueur Daniel Mangeas a eu la chance et l'honneur de le côtoyer pendant et après sa carrière, devenant un de ses proches amis. C'est donc tout naturellement qu'il a voulu lui rendre un vibrant hommage en racontant de nombreuses anecdotes de la vie de Poulidor.

 

Poulidor, c'était l'une des idoles de mon enfance et je suis ensuite devenu un proche

Poulidor, c'est 45 ans de ma vie. J'ai commenté les Tour de France qu'il a courus en 1974, 75 et 76 et évidemment toutes les autres courses. Et c'est quand il a arrêté sa carrière qu'on est devenus encore plus proches. Comme il était dans les relations publiques, sur toutes les courses on était ensemble. On a eu des moments de complicité énormes, surtout en début de saison : sur l'Étoile de Bessèges, sur La Marseillaise, au Tour du Haut-Var ou au Tour de La Provence, on passait un mois ensemble. On disait toujours que c'était notre rentrée des classes. Et on voyageait ensemble. Pour moi c'était exceptionnel parce que c'était l'une des idoles de mon enfance, et je suis ensuite devenu un proche.

 

Il me disait : "Ma vie n'a été que du bonheur"

Un jour j'étais en voiture avec lui, et Raymond me disait : "on dit que j'ai été malchanceux, mais au contraire j'ai eu de la chance. Si j'avais gagné le Tour de France je ne serais peut-être pas autant populaire que je ne le suis là. Mes parents étaient très modestes, ils étaient métayers, alors d'où je viens c'est que du bonheur. Ma vie n'a été que du bonheur". Il avait toujours la même passion, il n'était jamais critique face à la jeune génération. Il avait toujours la même admiration pour les coureurs cyclistes qu'un gamin de 15 ans aurait pu avoir. Et je me souviens de sa joie quand son petit-fils Mathieu van der Poel gagnait une course. C'était l'amour fusionnel entre un papi et son petit-fils. D'ailleurs souvent, on ne le voyait pas sur la dernière étape de l'Étoile de Bessèges parce qu'il y avait les championnats du monde de cyclo-cross en même temps à la télé.

Il était très populaire, et il rendait cette popularité. Il était proche des gens. Il aimait rencontrer les gens et il avait besoin de ça, ça faisait partie de lui. C'était son essence, son oxygène d'avoir cette popularité. En 1974, lorsque je remplace le speaker officiel du Tour au pied levé, c'est Poulidor qui gagne l'étape à Saint-Lary-Soulan. Et 40 ans après, la ville de Saint-Lary nous a honorés en 2014 pour mon dernier Tour. On avait passé un super moment, il y a même une photo collector où on joue de la guitare tous les deux. C'était quelqu'un de très joyeux, mais aussi très compétiteur. Il se battait autant pour gagner un concours de belote que pour gagner un maillot de champion de France. Il faisait tout à fond, mais il avait toujours besoin d'avoir du monde autour de lui et il avait toujours une bonne histoire à raconter, ça faisait partie du personnage.

Il va nous manquer, quand on va attaquer la saison sans lui... Il avait fait toutes les éditions de l'Étoile des Bessèges et il aurait dû être là, pour la 50e édition. Ça va faire bizarre sans lui. On était heureux de le voir et c'était un bonheur partagé. Il s'adressait à tous les spectateurs, que ce soit le président de la République ou le quidam du coin, chacun avait le respect de Raymond. Il me disait toujours : "dès que je suis dans le milieu du cyclisme, je suis heureux. je ne rendrai jamais au vélo tout ce qu'il m'a donné".

 

Il était fier d'avoir partagé la Une avec Georges Pompidou

Il était toujours fier quand un gamin de 10 ans venait lui demander un autographe. Il me disait : "tu te rends compte Daniel, ça fait 40 ans que je ne cours plus et pourtant le gamin vient me demander un autographe". Il était aussi fier d'une autre chose, c'est d'avoir partager la une de France Soir avec Pompidou. La une était coupée en deux avec sur la moitié gauche Poulidor et moitié droite Pompidou. Pour lui, c'était un symbole de réussite d'avoir partagé cette une avec Georges Pompidou. Il me parlait souvent de ses souvenirs de jeunesse, et il m'avait dit qu'il avait été marqué par le titre mondial de Marcel Cerdan. C'est pour ça qu'il est resté très proche de Marcel Cerdan Jr. Et il a aussi été très marqué par la mort de Marcel Cerdan. Il m'a dit qu'il avait pleuré toute la nuit quand il avait appris son décès, ça l'avait très marqué et il me le rappelait régulièrement.

 

Je suis de la génération Anquetil-Poulidor, et maintenant je me sens orphelin

Je l'avais senti faiblir il y a quelques mois, même si tant qu'il y a de la vie il y a de l'espoir... Je me sens un peu orphelin. Je suis de la génération Anquetil-Poulidor, et les deux sont partis. Deux monstres sacrés de notre cyclisme qui sont partis, et là c'est un peu un pan de l'histoire du vélo qui se tourne. J'ai eu la chance d'être de la génération Anquetil-Poulidor, et j'ai eu le bonheur après leur carrière de partager leurs souvenirs. Ils se sont haïs sur le vélo, mais après ils sont devenus deux superbes amis qui se respectaient énormément. Je me rappelle de la tristesse de Raymond lorsque Jacques était malade. Un jour, Anquetil avait dit à Poulidor : "tu te rends compte, ma fille a dit Poupou avant de dire papa", et ça Raymond ça l'avait marqué.

En 1964, j'avais 14 ans lors de leur duel au Puy-de-Dôme, et 20 ans après je suis avec les deux au petit-déjeûner qui se racontent des souvenirs. Et à l'époque on ne parlait pas de gauche ou de droite aux repas de famille, on était soit anquetiliste soit poulidoriste. Ils alimentaient toutes les conversations. Un jour, alors qu'il racontait une anecdote avec Poulidor, Anquetil m'a demandé pour lequel des deux j'étais lorsque j'avais 14 ans. "Ça vous ne le saurez jamais", j'avais répondu. Anquetil et Poulidor ont rendu un grand service au vélo, ils faisaient de notre le sport sûrement le sport numéro un.

 

La France se reconnaissait en Poulidor

La France des années 60, la France rurale se reconnaissait en lui. Et la popularité est venue rapidement. En 1962 il prend le départ de son premier Tour de France avec le bras dans le plâtre et il va faire troisième à Paris. Et en France on a toujours eu plus un penchant pour le deuxième que pour le premier, pour le perdant magnifique. Tout le monde attendait la victoire de Poulidor sur le Tour, mais ce n'est jamais arrivé, et il n'a jamais porté le maillot jaune. Tout le monde ressent un peu un sentiment d'injustice car il aurait mérité de porter au moins un jour ce maillot jaune. Quand on voit le rôle qu'il a tenu sur le Tour de France, en terminant huit fois sur le podium. Mais c'est quelqu'un qui ne nourrissait pas de regret, il regardait devant. Là il se projetait vers son petit-fils qui a envie d'être champion olympique de VTT en 2020, il était toujours en osmose avec son sport. C'est un personnage qui a compté dans la vie de tous ceux qui aiment le vélo. Le monde du cyclisme perd l'une de ses idoles, et beaucoup perdent un ami. Dont moi.

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Publié le par Nicolas GAUTHIER

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