ITW - Jérôme Pineau : «Victor Koretzky sera très vite très haut... »
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Photo : @Cyclismactu / Facebook KMC ORBEA

ITW - Jérôme Pineau : «Victor Koretzky sera très vite très haut... »

Cyclism'Actu s'est entretenu avec Jérôme Pineau, le patron de l'équipe B&B Hotels p/b KTM. Il a fait le bilan de la saison 2021, une saison difficile pour sa formation avec seulement six victoires et des leaders comme Bryan Coquard qui n'ont pas apporté les résultats espérés. Mais il y a aussi eu quelques satisfactions, comme Alan Boileau et Franck Bonnamour, et Jérôme Pineau aborde la prochaine saison avec ambition, malgré les départs de Coquard ou Quentin Pacher, et avec une incertitude quant à la participation de son équipe au Tour de France en 2022.

Vidéo - Jérôme Pineau : "Un bilan mitigé en 2021"

 

"En terme de chiffres, ce n'est pas un grand bilan"

Jérôme, quel bilan faites-vous de la saison 2021 de votre équipe ?

C'est un bilan mitigé on va dire, avec peu de victoires finalement, mais des victoires avec des garçons très jeunes, prometteurs, c'est important. Il ne faut pas non plus oublier le contexte de la saison avec beaucoup de courses annulées et reportées à cause de la pandémie, mais c'est comme ça, on a dû s'adapter. Ça a relevé le niveau sur un certain nombre d'épreuves, et on a aussi eu pas mal de coureurs blessés ou malades. On a aussi un déficit de victoires dû au fait que Bryan Coquard a beaucoup chuté cette année. Donc voilà, en termes de chiffres, ce n'est pas un grand bilan, en revanche sur le comportement et l'envie des garçons, notamment sur le Tour de France et l'après-Tour, on n'a pas à rougir. On est encore en progression, pour une jeune équipe comme la nôtre c'est plutôt encourageant pour les années à venir.

 

Bryan Coquard avait remporté huit succès en 2019, mais seulement un en 2020 et zéro cette année. Comment vous expliquez cette méforme ?

2020 était une année particulière, la saison a été largement tronquée. Puis cette année, il y a eu un certain nombre de choses. Sur Kuurne-Bruxelles-Kuurne, il était dans le groupe pour la gagne et il crève dans les trois derniers kilomètres alors qu'il avait de très fortes chances de finir au moins sur le podium. Ça l'a coupé dans son élan. Il était malade sur Paris-Nice, il a chuté, il a eu de nombreux pépins qui l'ont arrêté, notamment sur le Tour. Il est tout de même revenu à un haut niveau, il aurait dû gagner le Grand Prix du Morbihan sans une petite erreur d'inattention, mais c'est comme ça. Peut-être que son futur départ l'a un peu perturbé et l'a empêché de performer au plus haut niveau. Mais on ne peut pas lui en vouloir, il a porté l'équipe, notamment en 2019 avec 8 victoires. Depuis, il a moins gagné, c'est comme ça, on ne peut pas lui en vouloir. Il a manqué de réussite cette saison, ça arrive.

 

Son départ était-t-il inéluctable ou avez-vous essayé de le garder ?

On a essayé de le conserver, bien sûr. Quand on a un top coureur mondial dans son équipe, on essaie de le conserver. Maintenant, il a certainement voulu voir ailleurs, avoir l'assurance d'un calendrier d'une équipe WorldTour, c'est la loi du marché. Aujourd'hui, il rejoint une équipe qui a plus de moyens que la nôtre, qui est dans le WorldTour et qui peut lui assurer une participation à certaines courses. Bryan a fait ce choix-là, peut-être qu'il reviendra, mais parfois c'est bien aussi d'aller voir ailleurs si l'hebre est plus verte. Comme je l'ai dit, on ne peut pas lui en vouloir, il a beaucoup porté l'équipe. C'est comme ça avec les contrats à courte durée, si on avait pu avoir les moyens de le garder sur quatre ou cinq ans, on l'aurait fait, mais on ne pouvait pas. il a souhaité aller ailleurs et on lui souhaite bon courage.

 

"Alan Boileau a les dents longues et est très talentueux"

Du côté des satisfactions, il y a Alan Boileau, qui a remporté quatre victoires cette saison dont trois sur le Tour du Rwanda. Parlez-nous de ce jeune coureur de 22 ans, jusqu'où il est capable d'aller selon vous ?

Je ne sais pas jusqu'où il peut aller, et au contraire on aime ne pas savoir. Alan est tout jeune. Il est passé professionnel dans des conditions compliquées. Il devait passer pro le 1er août 2020, mais il n'y avait pas de courses, donc il est passé pro cette année. Il a les dents longues, il est très ambitieux et très talentueux. Il a montré sur le Tour du Rwanda que les arrivées en côte pour puncheurs étaient pour lui. Il a été très solide là-bas, il était entouré d'anciens comme Pierre Rolland, Quentin Pacher et Cyril Gautier et il a pris ses responsabilités, c'est très bien. Jusqu'où il peut aller ? Je ne sais pas. Il peut s'inspirer d'un coureur comme Jonathan Hivert qui a un peu les mêmes caractéristiques que lui, mais je pense qu'Alan est plus talentueux.

Bien sûr, on l'imagine plus briller sur les parcours bretons et ardennais que sur les flandriens, mais on va le laisser faire. L'an prochain, il aura une place encore plus importante dans l'équipe et on va lui faire confiance sur un certain nombre de courses pour qu'il puisse continuer à progresser et assouvir sa soif de victoires. C'est aussi notre ADN, de laisser la chance aux jeunes et de ne pas laisser sa place au temps. Il n'y a pas d'âge pour le talent, donc il faut laisser aux jeunes la possibilités de s'épanouir. C'est ce qu'on fait avec Alan Boileau, mais aussi Maxime Chevalier.

 

L'autre grande satisfaction de la saison s'appelle Franck Bonnamour. Vous attendiez-vous à ce qu'il crève l'écran à ce point ?

Non, ce serait mentir de dire qu'on s'attendait à un tel niveau. Maintenant, on savait en le recrutant qu'il en avait les capacités. On s'attendait à ce qu'il soit performant car on s'attendait à ce qu'il soit très heureux chez nous, et ça a été le cas. Donc à partir du moment où il s'est senti entouré, considéré, concerné, acccompagné et soutenu, il a été fabuleux, depuis le Tour du Finistère jusqu'à Paris-Tours. Bien sûr il y a eu le Tour de France, dont il a été le super combatif en étant échappé quasiment tous les jours et en étant tout proche de décrocher la timbale. Mais il a aussi fait 6e à Plouay et 2e à Paris-Tours, c'est un coureur qui a un énorme panel et il s'est affiché cette année comme un très bon coureur. L'an prochain, il sera l'une des grandes têtes d'affiche de notre équipe.

 

"Bonnamour va être encore plus incontournable l'an prochain"

Son statut au sein de l'équipe va-t-il changer avec les départs de Bryan Coquard et Quentin Pacher ?

Cette année, il est devenu très vite incontournable, et il va être encore plus incontournable l'an prochain avec un rôle de leader sur de nombreuses courses. On va essayer de lui faire une programmation qui va lui permettre de prendre ce rôle-là, sans lui mettre une pression énorme non plus. On a une équipe construite autour de lui aussi, on a des garçons capables de briller comme il a brillé. Par exemple, j'espère qu'Alexis Gougeard sera le Franck Bonnamour de 2022. Certes, Franck n'a pas gagné cette année, mais il est une des grandes révélations. C'est aussi notre rôle : on ne peut pas promettre une participation à toutes les grandes épreuves, on n'a pas le budget pour recruter des énormes coureurs, mais on sait faire avec des garçons qui ont envie et qui ont du talent. C'est un peu notre ADN.

 

"L'invitation pour le Tour de France ? On n'est pas inquiets"

Vous dites que vous ne pouvez pas promettre une participation à toutes les grandes épreuves. Justement, avez-vous peur de ne pas recevoir d'invitation pour le Tour de France l'an prochain ?

Non, on n'est pas inquiets, on se dit qu'on a été à la hauteur des deux dernières invitations. Certes, on n'a pas été chercher une qualification d'office sur le terrain comme l'a fait Alpecin-Fenix, mais on n'a pas les mêmes budgets, on n'est pas dans la même cour. Si Qhubeka devait disparaître, Arkéa-Samsic serait aussi qualifiée, mais là encore ce n'est pas la même équipe que nous, c'est d'autres moyens. Après, on n'est pas inquiets, car on sait qu'on fait du bien sur le Tour. Cette année, on a été la seule équipe française sur le podium, le seul Français sur le podium à Paris avec Bonnamour super combatif.

Certes, ce n'est pas les trois premières marches, mais c'est un rôle important, c'est aussi ça qu'on attend de nous quand on nous invite, d'être les trublions, d'aller de l'avant, de provoquer des échappées et des mouvements de course. On a fait ça. Maintenant, on est toujours inquiet quand il y a une belle fête qui se prépare et qu'on n'est pas sûr d'y être, mais on va faire en sorte de se préparer comme si on était invité, tout en donnant envie dès janvier aux organisateurs de nous faire confiance une nouvelle fois.

 

Pour conclure, qu'est-ce qu'on peut vous souhaiter en 2022 ?

Déjà, que la pandémie nous laisse tranquille, ce n'est pas encore gagné. Ensuite, une belle saison avec beaucoup de victoires, pas de pépins, la santé pour mes coureurs. On a la naïveté de croire que le recrutement a été très bon malgré les départs de certains, notamment de Bryan et de Quentin. On a Luca Mozzato qui sera capable de faire oublier Bryan, on va lui faire la place maintenant. On a recruté Pierre Barbier qui va très vite, Victor Koretzky qui est numéro un mondial en VTT. Je suis assez surpris et parfois interloqué du peu de considération qu'on a pour ce recrutement alors que s'il s'appelait Schurter ou Van der Poel ce ne serait pas la même chose. Je suis persuadé que Victor sera très vite très haut dans la hiérarchie du cyclisme sur la route.

Et bien sûr on va continuer de miser sur nos jeunes, on a Miguel Heidemann qui arrive chez nous et qui a beaucoup de talent, Jordi Warlop arrive aussi. On a également des coureurs qui auront à coeur de se rattraper après une saison ratée, comme Jens Debusschere, Pierre Rolland et Cyril Gautier, qui ont fait des saisons moyennes et qui ont envie de montrer qu'ils sont toujours là. Souhaitons nous de gagner un peu plus de courses, de briller en Bretagne chez nous et qu'on continue à progresser, car 2022 sera seulement notre cinquième saison, peu d'équipes arrivent à ce niveau-là en si peu de temps. On continue gentiment notre progression, sans se prendre pour d'autres, en espérant que la pandémie nous laisse tranquille et que ça débouche sur une envie pour certaines entreprises de venir dans le cyclisme pour continuer à nourrir ce sport magnifique.

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Publié le par François BONNEFOY

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