Tour de France
Tour de France - Vasseur : 'Un Tour en 2020 ? Obligé de le repousser' Photo : Sirotti / @CyclismActu

Tour de France - Vasseur : "Un Tour en 2020 ? Obligé de le repousser"

Cédric Vasseur, aujourd'ui manager de l'équipe Cofidis, s'est exprimé au micro de Cyclism'Actu pour nous raconter son Tour de France 1997, actuellement rediffusé sur La Chaine L'Equipe. Ce samedi, c'était la 10e étape, celle où il a laissé son maillot jaune à l'Allemand Jan Ullrich au terme de l'arrivée à Andorre-Arcalis dans les Pyrénées, non sans avoir défendu son bien avec courage et panache. Cédric Vasseur est revenu avec émotion sur cette journée spéciale.

Cédric Vasseur : son Tour 1997 et sur le Tour de France 2020

 

"Si ce n'est pas quelque chose d'important, on n'en reparle plus" 

"Ça fait 23 ans, il y a plein de trucs dont je ne me souvenais plus", débute Vasseur. "Ce qui impressionne, c'est déjà le chronomètre au moment où Jan Ullrich coupe la ligne, 7h45, on n'en voit plus beaucoup d'étapes aussi longues. Maintenant, j'ai un peu un regard de manager, alors même si on a vu François Simon m'aider dans le final, je trouve que j'étais un peu isolé (rires). On voit que pour briller sur le Tour, il faut une force collective. On voit que les Telekom, les Festina étaient costauds. Mais surtout, on voit la force du Tour de France, parce que 23 ans après, si ce n'est pas quelque chose d'important, on n'en reparle plus, mais je pense qu'on vibre quand même devant l'attaque d'Ullrich, devant Pantani, Virenque, Jalabert qui est un moment en tête de l'étape et qui termine je crois à 13 ou 14 minutes, c'est de la folie."

 

"Avec le recul, on se rend compte de l'importance de l'épreuve"

"Le Tour de France fabrique des champions et quand on a la chance d'en avoir fait partie... Je pense qu'avec un peu de recul, on se rend compte de l'importance de l'épreuve", continue-t-il. "Quand on est dedans, on ne s'en rend pas compte. Quand j'ai disputé cette étape d'Arcalis, je n'imaginais pas que 23 ans après on serait en train d'en reparler au téléphone. Mais voilà, j'ai reçu plein de messages hier et aujourd'hui pour m'en parler. J'ai l'impression d'avoir tout donner ce jour-là, je ne pouvais pas faire beaucoup plus, mais quand on est dans l'action, les coureurs doivent être conscients qu'il ne faut pas avoir de regrets le soir, parce qu'après, le temps passe et on ne peut pas refaire la course."

"Ce qui me choque aussi un peu, c'est le braquet qu'on utilisait. On avait vraiment des braquets de malade en fait. Et ce que je retiens également, c'est qu'à cette époque il y avait déjà deux coureurs avant-gardistes et précurseurs, c'était Ullrich et Bjarne Riis, c'était les deux coureurs qui avaient des roues en carbone. On était tous avec des roues en aluminium, sauf eux. Le fait de revoir ça comme ça, plus de 20 ans après, ça donne plein d'enseignements aussi pour la façon de diriger et de manager une équipe", ajoute Vasseur.

 

"Il fallait tenter un coup de poker et honorer le maillot jaune une dernière fois"

Vasseur parle ensuite du final de cette 10e étape où, alors qu'il avait fait l'élastique toute la journée, il a décidé d'attaquer avant la montée finale juste après être revenu sur le groupe des favoris. "Au moment où j'attaque, je sais que je ne vais pas gagner l'étape. Je ne savais même pas qu'il y avait Jean-Philippe (Dojwa) devant, d'ailleurs je me souviens que le lendemain il m'avait dit "tu fais c.... d'avoir attaquer derrière moi", mais j'avais fait l'élastique toute la journée donc quand je rentre sur le groupe Ullrich, je ne sais pas qu'il est devant. Moi, à ce moment-là, j'ai vite fait les comptes. Je suis complètement cuit, j'avais des brûlures partout, et je sais qu'il y a la montée d'Arcalis devant nous, donc je n'ai pas d'autre alternative que de tenter un coup de poker et d'honorer le maillot jaune une dernière fois. Et s'il fallait refaire la même chose je referais exactement la même chose", assure Vasseur.

"On voit la différence de niveau entre ceux qui vont jouer le podium du Tour et moi, et si j'étais resté dans le groupe Ullrich, on aurait annoncé le maillot jaune distancé à un moment donné", ajoute-t-il. "Alors que là, on entend les commentateurs Patrick Chêne et Bernard Thévenet se demander ce que je fais, si je suis fou. C'est aussi un peu notre rôle, de faire vibrer les amateurs de vélo et de donner un peu de bonheur, et j'ai vite compris en rentrant sur le groupe qu'il fallait tenter quelque chose parce que la route me le permettait encore, et aujourd'hui c'est ce que je conseillerais de faire à n'importe quel coureur, surtout quand on porte le maillot jaune. Mais on voit quand même que, quand on porte le maillot jaune, on ne se comporte pas pareil. Je me suis battu jusqu'au bout, et le soir, quand on perd le maillot et qu'on rentre à l'hôtel, on a l'impression d'être dépouillé de toutes ses forces. Le maillot jaune vous permet d'oublier ces douleurs, et quand on le perd, c'est une autre histoire. En tout cas aujourd'hui, quand je revois ces images, je me dis que j'ai vécu une aventure formidable."

 

"Le Tour de France 2020 ? Il est trop tôt pour statuer, mais je pense que s'il devait se tenir, ce ne sera pas aux dates prévues"

Après avoir évoqué ses souvenirs du Tour de France 1997, Cédric Vasseur s'est exprimé sur l'édition 2020. Pour l'instant, la Grande Boucle est maintenue malgré l'épidémie de coronavirus, mais l'incertitude demeure. Faut-il que le Tour de France ait lieu ? "Il est trop tôt pour statuer", déclaré Vasseur. "J'ai à la fois un message d'espoir et d'inquiétude. L'inquiétude, c'est que quand on voit que les Jeux Olympiques ou Wimbledon sont annulés, on se dit que ça ne parait pas raisonnable d'imaginer un Tour de France. Maintenant, je pense qu'il faut laisser les mois d'avril et mai, il faut attendre de voir ce que les gouvernements de chaque pays vont décider par rapport au confinement, par rapport à l'évolution de l'épidémie. Ce n'est pas le pouvoir sportif qui va décider de la tenue du Tour, c'est l'aspect sanitaire, mais si le Tour peut avoir lieu cette année, ce serait formidable parce qu'on traverse une période difficile. C'est un choc, le coronavirus est un choc pour la société, pour l'économie, pour le sport et pour le cyclisme, et la seule façon de passer ce choc serait de faire le Tour de France. Mais encore une fois, je pense qu'il est trop tôt pour se prononcer. Nous, on espère, on se tient prêt, on maintient nos coureurs sous pression en sachant quand même que la saison ne devrait pas reprendre avant début juillet."

"De toute façon, je pense que si le Tour devait se tenir, ce ne sera pas aux dates prévues", poursuit le manager de l'équipe Cofidis. "On serait obligés de le repousser le plus tard possible, et pour moi le plus tard possible ce serait une fin de Tour à Paris juste avant la rentrée de septembre. Maintenant, est-ce que c'est réalisable sur le terrain d'un point de vue logistique, est-ce que l'épidémie aura reculé à ce moment-là, et est-ce qu'on aura suffisamment eu le temps de donner un peu de préparation à nos athlètes ? On ne peut pas reprendre la saison avec le Tour de France, on en est tous conscients. On le voit encore aujourd'hui sur les rétrospectives, le Tour, c'est un truc de malade, ça demande une dépense physique incroyable et je pense qu'il faut au minimum trois semaines de compétition avant. Le compte à rebours a commencé et je ne sais pas si on sera dans les temps. Je croise les doigts, comme tous ceux qui aiment et qui suivent le vélo chaque année, j'espère, mais je pense que la décision ne nous appartient pas, et ce qui est important aujourd'hui, c'est la santé des citoyens avant tout", a-t-il conclu.

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Publié le par François BONNEFOY

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