Tour de France
Tour de France - Mangeas : 'Une occasion pour Pinot et Bardet' Photo : @Cyclismactu / CyclismActu.net

Tour de France - Mangeas : "Une occasion pour Pinot et Bardet"

À quelques jours du Grand Départ du Tour de France (6-28 juillet), passage en revue des forces en présence avec Daniel Mangeas. Le speaker emblématique de l'épreuve livre ses impressions sur les principaux favoris à la succession de Geraint Thomas (Team INEOS), parmi lesquels les Français Romain Bardet (AG2R La Mondiale) et Thibaut Pinot (Groupama-FDJ). Le Normand évoque également ses attentes à l'égard de Julian Alaphilippe (Deceuninck-Quick Step), Guillaume Martin (Wanty-Gobert) ou encore Warren Barguil (Arkéa-Samsic).

Le bilan de Romain Bardet à l'issue du Dauphiné

 

Daniel, qui est votre favori pour ce Tour de France ?

Pour moi, ça va être très ouvert. J'ai envie qu'un Français gagne mais aujourd'hui, sur le papier, j'ai tendance à faire de Bernal le favori, comme beaucoup d'observateurs. Sa fracture a été un mal pour un bien, elle va lui permettre d'arriver avec beaucoup de fraîcheur au départ du Tour. Il a gagné au Tour de Suisse, il est en forme, il n'y a aucun doute là-dessus. Cependant, on va peut-être avoir une course un peu plus ouverte que les années précédentes du fait de l'absence de Froome, Dumoulin et Roglic, entre autres. Comme on dit en football, il peut y avoir des espaces, et il faudra s'y infiltrer.

 

Avant de prétendre à gagner le Tour, Bernal devra montrer qu'il est meilleur que son coéquipier Geraint Thomas. Comment imaginez-vous le partage du leadership de l'équipe INEOS entre eux ?

Tout dépend comment Geraint Thomas va commencer ce Tour de France. Dans quel état physique sera-t-il après sa chûte ? Pour lui, le plus difficile reste peut-être le début de Tour. Après, s'il est dans l'allure, on devine aisément qu'il va aller en progressant, au fur et à mesure que les jours vont passer. Je pense que le vrai test sera au début pour Thomas. Mais c'est vrai que Bernal paraît au top pour faire un très grand Tour. La formation INEOS sera l'équipe à battre, même sans Froome.

 

Il y a quelques jours, L'Equipe fait sa Une en annonçant que c'était l'année ou jamais pour les Français. Vous êtes d'accord ?

On ne peut jamais dire que c'est l'année ou jamais. C'est vrai qu'il y a une opportunité. Thibaut Pinot me paraît bien avant ce Tour de France. Concernant Romain Bardet, on l'a vu faire deuxième au sommet du Mont Ventoux, après huit jours d'un Dauphiné éprouvant. Il a eu presque trois semaines de récupération donc je pense qu'il va être là. C'est une bonne opportunité cette année mais même s'ils ne gagnent pas, la porte ne sera pas définitivement fermée. Je me rappelle que Raymond Poulidor avait été enterré par la presse après son Tour 1975. Il était revenu en 1976 pour prouver qu'il n'avait pas fait le Tour de trop... et il avait terminé troisième !

 

Thibaut Pinot semble un cran au-dessus de Romain Bardet pour l'instant. Vous avez cette impression ?

Thibaut est en forme, c'est indéniable. Romain a une belle expérience du Tour donc à partir de là, je pense qu'ils vont tous les deux jouer les premiers rôles. Aujourd'hui, c'est vrai qu'on a tendance à donner un petit avantage à Thibaut Pinot, qui a déjà lui aussi connu le podium et qui semble arriver sereinement au départ du Tour. Mais le verdict aura lieu à la fin du mois de juillet. Romain reste un client et il fera peut-être mentir ceux qui auraient aujourd'hui tendance à douter.

 

Jakob Fuglsang est dans la forme de sa vie et vient de remporter le Dauphiné. Où le situez-vous dans la lutte pour le maillot jaune ?

Il a une solide expérience, il marche depuis le début de l'année. Il fait toute la période des classiques et il est resté en condition lors de sa reprise au Critérium du Dauphiné. Aura-t-il un petit coup de mou au mois de juillet ? On peut se poser la question. Sur le Tour de France, beaucoup d'éléments peuvent intervenir, au-delà des qualités propres des coureurs, comme la météo. Quand on voit la canicule qu'on a aujourd'hui, si on a un Tour de France très chaud en juillet, on peut avoir des surprises. Ce Tour me paraît très ouvert.

 

La formation Movistar part avec deux leaders : Nairo Quintana et Mikel Landa. Qui prendra le dessus selon vous ? 

On a déjà vu ça dans certaines équipes, où la hiérarchie se dessine au fur et à mesure que les étapes passent, une sorte de navigation à vue. Entre les deux, je dirais que Landa a peut-être plus d'atouts. Il prendra certainement plus de risques que Quintana. Dans sa manière de courir, il est un peu plus porté vers l'offensive. Il ne faut pas non plus oublier Valverde dans cette équipe, même s'il ne sera pas là pour gagner le Tour. Je l'ai vu gagner la Route d'Occitanie, il a défendu son maillot de leader avec panache. Il a une force mentale et physique impressionnante.

 

Julian Alaphilippe avait marqué le Tour de son empreinte en 2018. Qu'attendez-vous de lui cette année ?

Il va viser les étapes. S'il nous fait un Tour à l'image de celui qu'il a fait l'année dernière, ce serait absolument génial. C'est un battant, un coureur de tempérament et de grande classe. Il m'étonnerait fort qu'il finisse le Tour sans aller chercher une victoire d'étape ou réussir des exploits. Il a une relation fusionnelle avec le public, il a envie de bien faire et je pense qu'il fera bien. Toutes ses performances cette année confirment son talent. Il a bien géré sa saison à mon avis et il sera opérationnel pour le Tour.

 

Qu'en est-il de Guillaume Martin ? Doit-il donner sa priorité à une victoire d'étape ou au classement général ?

S'il peut aller chercher une victoire d'étape, je pense qu'il ne se privera pas. Il est passé très près en terminant deuxième lors du Dauphiné. Concernant le général, quand on a terminé 23e et 21e, on a envie d'intégrer le top 20. Il est régulier, il a une belle régularité dans les courses par étapes, ce qui lui apporte une certaine confiance. Je pense aussi à Warren Barguil, qui devrait être bien en troisième semaine. Il sera peut-être un peu juste dans la première partie du Tour mais il devrait être là dans la dernière semaine. Quand on regarde sa carrière, il a souvent bien terminé le Tour de France. Ce sont deux coureurs qui peuvent s'illustrer en montagne. Dans un autre registre, je suivrai avec beaucoup d'intérêt le premier Tour de Benoît Cosnefroy avec AG2R La Mondiale. Il sent remarquablement bien la course.

 

Concernant les sprinteurs, Dylan Groenewegen sera l'homme à battre ?

Je l'ai vu aux 4 Jours de Dunkerque, où il a gagné trois étapes. Il va très vite. Il a déjà gagné sur les Champs-Elysées donc c'est un candidat très sérieux au maillot vert. Il me paraît actuellement le plus fort parmi les sprinteurs annoncés sur le Tour.

 

Nacer Bouhanni sera pour sa part encore une fois absent. Un mot sur la mauvaise passe du sprinteur vosgien ?

Mentalement, la situation ne doit pas être facile à gérer. Malgré ça, je l'ai vu aller chercher de bons résultats en Belgique, où il a terminé sixième et deuxième. Mais quand on prend le départ du Tour de France, il faut avoir une absence totale de soucis et de tracas, il faut être libéré. Sinon, ça joue sur le mental, qui joue sur le physique, et ça ne peut pas fonctionner.

 

Philippe Gilbert n'a pas été sélectionné par son équipe. Cela vous a surpris ?

Oui, ça m'a étonné. Son équipe se passe d'un maillon important car au-delà de ses qualités de gagneur, il a une science de la course. C'est une star en Belgique, et il est très attaché au Tour de France. C'était les 50 ans de la victoire d'Eddy Merckx. Philippe Gilbert incarne aujourd'hui le cyclisme belge de par ses performances et sa carrière exceptionnelle. Pour le public belge, il manquera un personnage important. C'est un peu dommage de se priver d'un tel talent cette année.

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Publié le par Quentin BALLUE

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