Tour de France - Julian Alaphilippe : juillet à la folie !
Tour de France
Photo : Sirotti

Tour de France - Julian Alaphilippe : juillet à la folie !

C'est un tube de l'été qui déborde largement la simple période estivale. Un phénomène dont la simple apparition suscite l'attente. Julian Alaphilippe a enthousiasmé les foules et enflammé le Tour de France lors des trois dernières semaines. Le feu follet de la formation Deceuninck-Quick Step s'est imposé comme le porte-drapeau du cyclisme tricolore en remportant deux étapes et en conservant le maillot jaune durant 14 journées. Du jamais vu pour un coureur français depuis 1981, année où Bernard Hinault avait été leader du général pendant 19 jours. Encore maillot jaune à trois jours de l'arrivée à Paris, Alaphilippe a finalement pris la cinquième place. L'essentiel est ailleurs. Le numéro 1 mondial a fait rêver les fans et franchi un nouveau palier, dans la lignée d'une trajectoire ascendante.

Vidéo - La joie de Julian Alaphilippe sur les Champs-Elysées

 

Le cyclo-cross et l'Armée de Terre avant de devenir professionnel

Comme tant d'autres, Julian Alaphilippe est passé par l'école du cyclo-cross. Médaillé d'argent aux Championnats du monde chez les juniors à Tabor (2010), il a été sacré champion de France espoirs en 2012 et 2013. Une discipline dont il a tiré un sens de l'équilibre et un punch qui font aujourd'hui des merveilles sur la route. Après avoir porté le maillot de l'Armée de Terre, il intègre la réserve de la formation Quick-Step en 2013 et convainc rapidement ses dirigeants de l'intégrer dans l'équipe WorldTour. Victoire d'étape sur le Tour de l'Avenir, top 5 aux Championnats d'Europe espoirs et top 10 aux Championnats du monde : les résultats sont prometteurs. 

Loulou franchit les marches les unes après les autres. En 2014, il ouvre son compteur chez les pros en remportant une étape du Tour de l'Ain, devant Dan Martin (Garmin). Il se met également en évidence lors de la RideLondon-Surrey Classic (3e) et du Grand Prix de Plouay (5e). L'année suivante, il découvre la Flèche Wallonne et Liège-Bastogne-Liège. Deux courses exigeantes sur lesquelles il brille en prenant la deuxième place, à chaque fois derrière le maître des lieux Alejandro Valverde. Avant de s'offrir l'étape reine du relevé Tour de Californie, en solitaire au Mont Baldy, et de se classer deuxième du général. Le prodige se révèle. La France tient là un coureur au potentiel énorme. Il ne décevra pas...

 

Une ascension progressive

Le Montluçonnais s'adjuge le Tour de Californie en 2016 et inscrit la première course par étapes de sa carrière à son tableau de chasse. Le reste de sa saison est fait de frustrations. Il bute de nouveau sur Valverde lors de la Flèche Wallonne (2e) au printemps, et sur Peter Sagan aux Championnats d'Europe de Plumelec (2e). Il prend le départ du Tour de France pour la première fois et séduit par son tempérament offensif. Il ne parvient cependant pas à remporter une étape - deuxième à Cherbourg, quatrième à Morzine, cinquième à Culoz. Il échoue aussi au pied du podium des Jeux Olympiques à Rio (4e). Malgré une sixième place prometteuse au classement général du Critérium du Dauphiné, Alaphilippe en veut plus. Se débarrasser d'une étiquette de perdant magnifique qui commence à lui coller à la peau. Montrer qu'il est un gagneur. Lever les bras sur les plus grandes courses. 

L'année 2017 confirme sa montée en puissance. Il remporte le contre-la-montre du Mont Brouilly sur Paris-Nice, limite la casse en montagne et termine cinquième du général. Dans la foulée, il monte sur le podium de Milan-San Remo (3e) après être sorti du peloton en compagnie de Peter Sagan et Michal Kwiatkowski. La saison commence sur les chapeaux de roue. Sauf qu'Alaphilippe est brisé dans son élan par une chute lors du Tour du Pays basque. Touché au genou, il doit renoncer aux Ardennaises mais aussi au Tour de France. Un crève-cœur. Il rebondit toutefois en levant les bras sur la Vuelta puis en se classant deuxième du Tour de Lombardie derrière un Vincenzo Nibali intouchable. Les prémices de l'explosion, qui intervient en 2018.

 

Les débuts de la "Loulou-mania"

Julian Alaphilippe débute sa saison sur la Colombia Oro y Paz. Avec succès puisqu'il y obtient une victoire d'étape. Il en ajoute deux autres lors du Tour du Pays basque. Avant de décrocher la première classique de sa carrière : la Flèche Wallonne. Le Mur de Huy sourit enfin au Français. Alejandro Valverde, deuxième, cède son trône. Le protégé de Patrick Lefevere a de la dynamite dans les jambes. Il en donne la confirmation lors du Critérium du Dauphiné. Il s'impose en costaud à Lans-en-Vercors, au nez et à la barbe des favoris du général. Alaphilippe débute le Tour de France avec cinq victoires au compteur, et la ferme ambition d'effacer sa frustration de l'été 2016. Ce qu'il réussit de manière magistrale.

Le grand public découvre un coureur flamboyant, vainqueur au Grand-Bornand puis à Bagnères-de-Luchon. Il couronne son chef d'oeuvre du maillot à pois. Sur sa lancée, il remporte la Clasica San Sebastian, réalise une tournée de critériums triomphale dans l'Hexagone et ajoute le Tour de Grande-Bretagne ainsi que le Tour de Slovaquie à son tableau de chasse. La France se met à rêver de voir son maillot à pois revêtir le maillot arc-en-ciel. Présenté comme le grand favori sur le tracé d'Innsbruck, il cale dans le final face à la pente du Höttinger Höll. Alaphilippe termine huitième de la course. Une déception qui ne viendra toutefois pas entacher le bilan d'une saison exceptionnelle. Le Montluçonnais fait désormais partie des cadors du peloton, et le meilleur est encore à venir.

 

Julian, coeur de lion

Julian Alaphilippe confirme sa mue en 2019. Le puncheur souvent placé mais rarement gagnant s'est transformé en une machine à engranger les succès. Le Français est insatiable. L'arrêter relève du casse-tête. Le pensionnaire de l'équipe Deceuninck-Quick Step constitue une équation quasiment insoluble quand ses jambes lui obéissent. Le Français gagne partout où il passe. Le Tour de San Juan ? Deux étapes. Le Tour Colombia ? Une étape. Les Strade Bianche ? Dans le mille. Tirreno-Adriatico ? Deux étapes (ainsi qu'une sixième place au général). Milan-San Remo ? Là encore, Alaphilippe monte sur la plus haute marche du podium. Son premier Monument. Comme un ouragan, Alaphilippe renverse tout sur son passage.

Après une victoire d'étape au Pays basque et un deuxième succès sur la Flèche Wallonne, il continue sur sa lancée lors du Critérium du Dauphiné : septième du contre-la-montre de Roanne puis troisième à Voiron, le Français l'emporte à Saint-Michel-de-Maurienne. Vient ensuite le Tour de France. Dès la troisième étape, tous les regards sont braqués sur lui. Alaphilippe répond présent en faisant coup double à Epernay : en plus de gagner l'étape, il endosse le maillot jaune. Un moment fort. Les trois semaines qui suivront seront du même acabit. Le Français se bat pour conserver son maillot dans la Planche des Belles Filles. Il échoue pour six secondes. Vexé, il le récupère à la suite d'un superbe numéro dans le final vers Saint-Etienne. Avant de frapper fort à Pau, où il s'offre Geraint Thomas sur un chrono de 27 kilomètres. Ses adversaires ne peuvent que s'incliner.

Excellent deuxième au sommet du Tourmalet, Alaphilippe montre ensuite ses limites lors du dernier volet pyrénéen. Il s'arrache dans les Alpes. Met ses tripes sur la table. Repousse ses limites. Insuffisant pour résister aux purs grimpeurs, mais Loulou garde son sourire. Le contrat initial est plus que rempli. Celui de l'année prochaine mettra peut-être la barre un peu plus haut au regard de ce que le coureur de 27 ans a prouvé cet été. La France du cyclisme tient là sa nouvelle coqueluche et le monde du cyclisme commence à s'interroger : quelles sont ses limites ? Jusqu'où peut-il aller ? Julian Alaphilippe lui-même l'ignore. Une chose est sûre : le coureur de Saint-Amand-Montrond n'a pas fini de faire vibrer les amoureux de la petite reine.

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Publié le par Quentin BALLUE

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