Tour d'Italie
Tour d'Italie - Mangeas : «Madouas prend rendez-vous» Photo : @Cyclismactu / CyclismActu.net

Tour d'Italie - Mangeas : «Madouas prend rendez-vous»

Considéré comme un outsider au départ de Bologne, Richard Carapaz (Movistar) a déjoué les pronostics en montant sur la plus haute marche du podium du Tour d'Italie dimanche. Le natif de Tulcan entre dans l'histoire en devenant le premier coureur équatorien à remporter l'épreuve, et seulement le deuxième sud-américain, après Nairo Quintana (2014). Daniel Mangeas revient sur cette 102e édition du Giro, livrant son ressenti sur les principaux acteurs de la course. Avec une mention spéciale pour Valentin Madouas (Groupama-FDJ), auteur d'un premier Tour d'Italie prometteur, conclu à la 13e place.

Vidéo - Richard Carapaz : "C'est mon plus grand triomphe"

 

Ce Tour d'Italie a été remporté par Richard Carapaz. C'était clairement le meilleur cette année ?

Oui, il était impressionnant. Il avait une solide équipe avec Landa qui finit quatrième et des coureurs comme Amador. La Movistar a une vraie expérience des Grands Tours. Carapaz était un leader confiant et son équipe avait confiance en lui. La cohabitation avec Landa s'est bien passée au final. Carapaz a tellement montré de gages quant à sa condition qu'il était normal de lui faire totalement confiance pour aller chercher cette victoire. Il a fait un sans-faute pour moi. Quand on parle de la mondialisation du vélo, on est complètement dedans puisqu'il est Equatorien. On l'a vu déjà faire de belles choses, et il semble bien gérer les situations, donc il a tout pour être un leader, il n'a que 26 ans. Il a transformé l'essai et je pense que le coup de maître qu'il a réalisé ne sera pas sans lendemain. C'est peut-être le début d'une série pour lui.

 

Vincenzo Nibali termine deuxième. Pensez-vous qu'il puisse regagner un Grand Tour d'ici la fin de sa carrière ?

Il est capable de jouer un rôle important. Quand on ne finit qu'à 1'05" au général, on peut se dire qu'on est capable de gagner. Pour le Tour de France, ce sera compliqué à mon avis. Ça fait déjà cinq ans qu'il a gagné son Tour. En revanche, je pense tout à fait qu'il peut regagner un Tour d'Italie. Il y a la motivation d'évoluer sur ses terres et quand on regarde son classement général, le maillot rose n'était pas si loin.

 

Au-delà de Nibali, c'est un Giro réussi pour les coureurs italiens avec les performances de Giulio Ciccone, Valerio Conti, Fausto Masnada...

C'est vrai, ils ont été au rendez-vous avec la deuxième place de Nibali, les victoires d'étapes, le maillot bleu de Ciccone... Il y a un amour des tifosi pour les coureurs transalpins, qui ont toujours à coeur de réussir leur Giro, comme les Français ont toujours envie de briller sur le Tour de France. Un Italien qui gagne une étape du Giro, c'est fort. Ciccone a par exemple pris une autre dimension en étant offensif, en allant chercher sa victoire, et à partir de là, il entre dans l'histoire du cyclisme italien. Pour un Italien, c'est très important de remporter une étape sur le Giro.

 

En revanche, Simon Yates a largement déçu, en finissant très loin du maillot rose. 

Les années se suivent et ne se ressemblent pas obligatoirement. Il termine huitième à près de 8 minutes, ce n'est pas ce qu'il espérait. Ce n'est pas catastrophique, mais il a davantage subi la course qu'il ne l'a imposée. Finalement, et contrairement à ce qu'il avait pu annoncer, il n'est peut-être pas à son niveau de 2018.

 

À seulement 21 ans, Pavel Sivakov s'est révélé en se classant neuvième. Il s'affirme comme un futur grand ?

Il y a quelques semaines, au mois d'avril, j'étais avec Maxence Moncassin, qui est pro chez Amore & Vita-Prodir, et il m'avait dit : "Tu vas voir, l'une des révélations de l'année sera Pavel Sivakov". Le Tour d'Italie lui a donné raison, d'autant plus après sa victoire sur le Tour des Alpes. C'est un vrai talent. J'avais été fier de l'accueillir à la Poly Normande, qu'il avait courue en cadets. J'imagine le bonheur de son père Alexei, qui a fait une carrière exemplaire au service de ses différents leaders. À 21 ans, réussir à entrer dans les dix premiers, c'est une très belle performance. Cela relève de l'exploit, et ce ne sera pas sans suite !

 

Quel bilan tirez-vous du Giro d'Arnaud Démare, qui a fini sur une note amère en perdant le maillot cyclamen ?

C'est dommage qu'Arnaud Démare n'ait pas pu garder le maillot du classement par points. Il a réussi cette année ce qu’il n’avait pas obtenu précédemment : la victoire, et avec celle-ci l’objectif est atteint. La cerise sur le gateau aurait été le maillot par points. Il était bien présent, il repart avec une victoire mais s'il avait eu le maillot, je pense que ça aurait été pour lui un Tour d'Italie vraiment abouti. Cette 18e étape était compliquée à gérer. Il faut prendre la décision très vite, avec le stress ça donne des situations difficiles à maîtriser totalement. Il a dû laisser ce maillot à Ackermann, mais il sort tout de même de ce Tour d'Italie avec une expérience renforcée, ça lui servira pour la suite. 

 

Son coéquipier Valentin Madouas a quant à lui crevé l'écran avec un top 15 au général. Quel regard portez-vous sur sa performance ?

C'est super ! Il termine 13e au classement général, il n'a pas hésité à se glisser dans des échappées. Il n'a que 22 ans, on savait que c'était un vrai talent. Il va sortir confiant de ce Giro, certainement impatient quant à ce qui l'attend pour le deuxième volet de la saison ou même pour 2020. Il prend rendez-vous pour l'avenir. Il a été présent pendant trois semaines, et ce n'est pas évident pour un coureur de son âge. Cette performance ne sera pas sans lendemain.

 

Nans Peters s'est lui aussi illustré côté français en gagnant à Antholz. De manière globale, les jeunes français ont été à la hauteur sur ce Giro.

Nans Peters aura été remarquable, que ce soit par sa victoire d'étape mais aussi par son abnégation, qui lui a permis de porter le maillot blanc. C'est un battant. Les coureurs entreprenants ont été récompensés. De très bons coureurs hésitent parfois à prendre leur responsabilité et là, Nans Peters n'a pas hésité à tenter de belles choses. Dans cette équipe AG2R, François Bidard a bouclé son troisième Tour d'Italie, il améliore son classement tous les ans. Il a eu un début difficile mais il a bien fini, en allant prendre une belle place d'honneur sur une étape. Chapeau également à Hubert Dupont, l'un des doyens du peloton français, qui boucle une nouvelle fois un Tour d'Italie. Il est égal à lui-même, tout pour l'équipe. 

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Publié le par Quentin BALLUE

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