Tour d'Italie
Tour d'Italie - Daniel Mangeas : «Mon favori, c'est Dumoulin» Photo : @Cyclismactu / CyclismActu.net

Tour d'Italie - Daniel Mangeas : «Mon favori, c'est Dumoulin»

Le Giro, premier Grand Tour de la saison, débute samedi à BologneTom Dumoulin (Sunweb), Simon Yates (Mitchelton-Scott), Primoz Roglic (Jumbo-Visma), Vincenzo Nibali (Bahrain-Merida) et Miguel Angel Lopez (Astana) font figure de favoris à la victoire finale. Daniel Mangeas, ancien speaker du Tour de France, livre son analyse sur la course au maillot rose. Le Normand confie également ses attentes concernant les principaux Français engagés, d'Arnaud Démare à Tony Gallopin, en passant par Alexis Vuillermoz et Valentin Madouas.

Vidéo - Arnaud Démare est de retour sur le Giro d'Italia !

 

Daniel, qui est votre favori pour ce Giro ?

Je mettrais Dumoulin. Nibali est toujours très bon, mais je pense que le meilleur Nibali est derrière nous. Il marche bien, il a le coffre et l'expérience, mais je mettrais quand même Dumoulin en favori. Il a une affection particulière pour cette course, il a une attirance pour l'Italie et pour le maillot rose. Un coureur n'est jamais aussi bon que lorsqu'il se sent bien lors d'un événement. On a l'impression qu'il y a une osmose entre le Giro et lui. Mais ce sera un Giro très ouvert, très intéressant. Il y a des leaders qui ne pourront pas s'installer dans le confort car la vérité du jour ne sera pas obligatoirement celle du lendemain. On a hâte de suivre cette course.

 

Comment voyez-vous Primoz Roglic ?

Avant, les grimpeurs n'étaient que grimpeurs, et les rouleurs n'étaient que rouleurs. Mais le cyclisme a évolué, et il est indispensable d'avoir les deux qualités pour espérer s'imposer sur une course de trois semaines. C'est le cas pour Roglic. Il est impressionnant depuis le début de la saison. Il a pris du volume, il est dans une phase ascendante. D'autres coureurs un peu plus âgés que lui ont peut-être atteint leur sommet il y a quelques mois. C'est comme quand deux ascenseurs se croisent, pendant que l'un monte, l'autre descend ou reste stable.

 

L'année dernière, Simon Yates avait tout perdu à 2 jours de l'arrivée. Un an après, il semble très serein. Quel regard vous portez sur son évolution depuis le Giro 2018 ?

Je pense qu'il sera présent, et en même temps revanchard, même si les coureurs n'aiment pas trop utiliser cette expression. Il y aura certainement un peu de ça car il est passé tellement près de la victoire qu'il va obligatoirement commencer avec l'ambition et le désir de s'imposer. Il va peser sur la course. Sa trajectoire est intéressante, y compris dans ses capacités en chrono. Yates avait une petite carence au niveau des contre-la-montre, il a beaucoup travaillé, ça a payé lors de Paris-Nice et ça lui a permis de se constituer un capital confiance. Il me rappelle un peu Poulidor, qui était dominé dans les contre-la-montre au début de sa carrière, avant de faire jeu égal avec Jacques Anquetil. 

 

Le Team INEOS sera sans son leader Egan Bernal, qu'attendez-vous de cette équipe ? 

Déjà, je me dis que l'absence de Bernal sur le Giro ne va pas faire les affaires de tout le monde. Il faudra le surveiller comme le lait sur le feu lors du Tour de France. Quant à l'équipe qui sera sur le Tour d'Italie, je suis avec beaucoup d'intérêt Pavel Sivakov, j'ai commenté avec son père Alexey et j'ai une affection particulière pour lui parce qu'il avait couru la Poly Normande chez les cadets. Lors de la Roue Tourangelle, Frédéric Moncassin me disait qu'il allait bientôt en gagner une belle, et il a remporté le Tour des Alpes. Il a un vrai talent. L'équipe INEOS se retrouve dans la position de challenger, avec deux jeunes coureurs très prometteurs, on va voir comment ils gèrent cette situation nouvelle pour eux.

 

Parmi les sprinteurs, Elia Viviani, Arnaud Démare, Pascal Ackermann, Fernando Gaviria et Caleb Ewan seront notamment présents. Vous voyez un homme nettement supérieur aux autres dans cette liste ?

C'est difficile à dire. On devrait avoir de beaux sprints, ce sont des sprinteurs complètement différents mais tous très bons. En tant que Français, on va regarder Arnaud Démare. Il n'a pas encore gagné sur le Giro, il a envie d'y lever les bras. Mais attention à Viviani, sur ses terres. Il a un sacré CV, il est champion olympique, vainqueur plusieurs fois sur le Giro, et il a envie de briller chez lui. Il a le maillot de champion d'Italie, donc ça va ajouter à sa motivation. Gagner en Italie pour un Italien, c'est quelque chose de fort. 

 

Vous pensez qu'Arnaud Démare peut rivaliser avec ces coureurs, malgré son début de saison décevant, sans aucune victoire ?

Il ne réalise pas sa meilleure saison, c'est indéniable. Mais il peut avoir un déclic à un moment donné. Pour se remettre en confiance, il a besoin de gagner. Un coureur de classe reste un coureur de classe. Même s'il y a un passage à vide, ces coureurs finissent toujours par rebondir. S'il obtient une victoire, ce sera assurément une belle victoire car il aura face à lui des adversaires qui vont très vite.

 

Quelles sont vos attentes pour le premier Grand Tour de Valentin Madouas ?

C'est un coureur de classe, de caractère. Je pense qu'il va faire de belles choses. Sa saison 2019 est remarquable, je pense qu'il va partir avec l'idée de remporter une étape. Mais rien n'exclut qu'il ne vise pas un bon classement général, et pourquoi pas le maillot de meilleur jeune... Il a toutes les qualités pour y parvenir. Il court bien, il prend des risques, il a du panache et il a une bonne lecture de la course. Il va découvrir un Grand Tour, il est là pour apprendre, mais comme l'élève est doué et qu'il apprend vite, il peut sauter une classe !

 

L'équipe AG2R La Mondiale s'aligne derrière Alexis Vuillermoz et Tony Gallopin. Que pensez-vous de cet attelage ?

Alexis Vuillermoz a souvent brillé en Italie. Il est déjà venu sur le Giro et a obtenu de bons classements. Tony Gallopin est un peu dans le même cas de figure qu'Arnaud Démare, c'est un coureur de classe qui ne peut pas ne pas jouer les premiers rôles. Il a la science de la course et comme il a gagné sur les deux autres Grands Tours, il a envie de lever les bras. C'est un beau ticket pour l'équipe AG2R La Mondiale.

 

Le cyclisme italien apparaît en difficulté au niveau de ses équipes, il n'est plus représenté en World Tour. Quel regard portez-vous sur cette situation ?

C'est vrai que c'est surprenant. L'Italie est une nation qui a toujours pesé lourd, elle a produit des champions emblématiques. On est un peu déçus du manque d'équipes italiennes au plus haut niveau. Si on compare avec la France, il y a deux équipes World Tour, et beaucoup d'autres qui sont candidates au World Tour pour 2020. Le cyclisme italien est assez pauvre si on regarde ses équipes. Peut-être que l'émergence d'un ou deux jeunes pourra permettre d'attirer des partenaires et créer une belle équipe italienne.

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Publié le par Quentin BALLUE

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