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Route - Christophe Manin voyait Armstrong «Président des États-Unis» Photo : Sirotti / @CyclismActu

Route - Christophe Manin voyait Armstrong «Président des États-Unis»

Depuis 2017, Christophe Manin est le Directeur Technique Nationale de la Fédération Française de Cyclisme. Mais l'homme de 53 ans a aussi été coureur professionnel entre 1989 et 1995, et il a notamment porté les couleurs de l'équipe Motorola en 1993 où il a côtoyé un certain Lance Armstrong. L'Américain fait beaucoup parler de lui ces derniers jours suite à la diffusion sur ESPN de la première partie du documentaire qui lui est consacré, dans lequel il dévoile "sa" vérité. Armstrong a notamment révélé qu'il avait commencé à se doper "probablement à l'âge de 21 ans", c'est-à-dire à ses débuts chez les pros en 1992. L'année d'après, il était donc coéquipier de Christophe Manin, qui se souvient bien de sa cohabitation avec l'Américain.

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"En 1993, j'ai vu un mec que je trouvais exceptionnel"

"J’ai fait plein de courses avec lui, j’ai été souvent en chambre avec lui, j’ai fait des stages avec lui, on mangeait au resto ensemble… On se connaissait bien, à l’époque. Je crois pouvoir dire que cette année-là, j’ai eu une relation privilégiée avec lui, oui", explique Manin à nos confrères de Ouest France. "Le premier souvenir que j’ai de lui, c’est lors d’une réunion d’équipe, dans l’hiver précédant la saison 1993, à Chicago. Armstrong, c’était encore un jeune pro, et notre leader de l’époque s’appelait Andrew Hampsten, il avait gagné le Giro quelques années avant (en 1988). Mais j’ai tout de suite vu que ce mec de 22 ans serait en fait notre leader cette année-là. Hampsten était gentil, talentueux, mais introverti, il ne faisait pas de bruit. Armstrong, lui, était déjà charismatique, ambitieux, il disait qu’il voulait aller tout en haut. Je l’ai vu monter en puissance rapidement cette année-là, et il y a eu une sorte de passation de pouvoir entre eux deux au sein de l’équipe. À ce moment-là, honnêtement, j’ai vu un mec que je trouvais exceptionnel. Avec un mental, une volonté… Sa force, c’est qu’il disait ce qu’il allait faire, et il y arrivait toujours."

 

"À l'époque, je n'avais pas de doute sur lui"

À l'époque, malgré les performances déjà très bonnes d'Armstrong - victoire d'étape sur le Tour de France, champion du monde - Christophe Manin assure qu'il n'avait aucun doute sur son coéquipier américain : "Je n’avais pas de doute sur lui. Moi, j’arrivais d’une équipe française (RMO) et j’avais signé chez Motorola. Honnêtement, j’avais l’impression que c’était le jour et la nuit par rapport à ce que je voyais en France dans certaines équipes à cette époque niveau dopage. Pour moi, tout était clean chez Motorola. Dans l’équipe, je m’en souviens, on me faisait même des réflexions en me disant qu’en France tout le monde tournait aux corticoïdes, etc...", explique Manin

 

"J'ai cru en lui, oui, naïvement avec le recul"

Mais les doutes sont finalement apparus après : "Tout ça pour vous dire, donc, que je n’ai jamais eu de doute sur Armstrong ni sur cette équipe en 1993. Autant après, dans les années EPO, quand je le voyais faire ce qu’il faisait, je n’avais pas trop de doute le concernant… Mais là, au début des années 90, avant que l’EPO n’apparaisse, je croyais qu’Armstrong était clean. J’ai cru en lui, oui, naïvement avec le recul. C’est pour cela qu’aujourd’hui je suis surpris et déçu de ses révélations. Parce qu’au moment où je courais avec lui, j’avais de l’admiration pour lui car comme je vous le disais, il m’impressionnait. J’étais souvent dans la même chambre que lui, mais je n’ai rien vu de louche et je n’ai rien suspecté… Après, je pense quand même qu’à cette époque, Armstrong n’avait, entre guillemets, pas mis en place la grosse artillerie… Et je veux croire, quand même, qu’il ne tournait pas à ça tout le temps à cette époque-là", déclare Manin.

L'actuel DTN conclut en se rappelant la dernière fois où il a croisé Armstrong. C'était en 2003, dix ans après qu'ils aient été coéquipiers chez Motorola : "Je l’ai recroisé un jour, en 2003, sur le Tour de France. Il m’a reconnu, on a discuté un peu, il m’avait présenté Sheryl Crow (sa compagne d’alors), il m’avait signé une photo… C’était l’époque où il était au sommet. Il n’était pas inquiété, et moi, vu son charisme en plus, j’étais persuadé qu’il finirait président des États-Unis."

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Publié le par François BONNEFOY

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