ITW - Baugé : «Je n'ai pas ressenti un manque de la compétition...»
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Photo : @Cyclismactu / CyclismActu.net

ITW - Baugé : «Je n'ai pas ressenti un manque de la compétition...»

Qui mieux que Grégory Baugé pour évoquer l’actualité du cyclisme sur piste ? Nonuple champion du monde, quadruple médaillé aux Jeux olympiques, ancien lauréat de la Coupe du monde de vitesse individuelle… "Le Tigre" fait partie des légendes de la piste française. Retraité depuis janvier dernier, le natif de Maisons-Laffitte demeure un spectateur attentif des performances de ses jeunes compatriotes (Sébastien Vigier, Rayan Helal, Florian Grengbo) médaillés de bronze par équipes à Tokyo. L’ancien pistard livre son regard sur cette nouvelle génération, évoque sa vie hors des vélodromes et apporte son expertise sur les Mondiaux qui auront lieu à Roubaix du 20 au 24 octobre. Entretien.

Vidéo - Le Mag - Cyclism'Actu avec Grégory Baugé avant les Mondiaux

 

"Je ne suis pas resté à rien faire, à me tourner les pouces..."

Grégory, question toute simple pour commencer. On vous a peu entendu depuis l’annonce de votre retraite en janvier dernier. Comment se passe votre vie hors des vélodromes ?

Ça se passe bien (rires)… Je m’attendais à avoir un petit coup de blues par rapport à l’arrêt de ma carrière puisque ça faisait 20 ans que je faisais cela mais je n’ai pas eu ce sentiment. Ça fait trois ans que j’entraîne à l’US Créteil, notamment Marie Patouillet, une cycliste handisport qui a remporté une médaille à Tokyo. Donc je ne suis pas resté à rien faire, à me tourner les pouces...

Avez-vous ressenti un manque de la compétition ?

Non vraiment pas… Comme je l’avais dit lors de l’annonce de l’arrêt de ma carrière, j’estimais que je ne pouvais plus donner 100% de moi-même et que ma conception du sport de haut niveau, d'être capable de se donner à fond tous les jours, n’était plus en adéquation. J’ai senti que ça ne pouvait plus être le cas, tout simplement.

Malgré l’arrêt de votre carrière, est-ce que vous restez un spectateur attentif du cyclisme sur piste ?

Bien entendu, le fait d'entraîner Marie Patouillet me permet de rester dans les vélodromes et puis forcément j'ai toujours des liens avec des coureurs de l'équipe de France que ce soit dans la préparation des Jeux olympiques, l'événement en lui-même, les Coupes du monde... Je regarde toujours ce qui se fait, évidemment.

 

"J'essaye d'amener de la sérénité et de la confiance à ces jeunes pistards"

Quel est votre rôle auprès de cette nouvelle génération ?

Je les conseille, j'essaye d'amener de la sérénité et de la confiance à ces jeunes pistards. Je le faisais déjà lorsque j'étais athlète. C'est sûr qu'ils me voient moins souvent maintenant, mais ça n'a pas changé. J'ai toujours eu le même comportement vis-à-vis des coureurs.

Quelle analyse faites-vous des récentes performances des pistards français (Sébastien Vigier, Rayan Helal, Florian Grengbo) qui ont notamment obtenu une médaille de bronze olympique en vitesse par équipes ?

On était conscient que la meilleure chance de médaille pour les sprinteurs masculins tricolores demeurait la vitesse par équipes. Lorsque j'ai décidé d'arrêter, on avait dit que ça allait être plus difficile pour aller obtenir une breloque. Ce qui nous a permis de décrocher cette médaille, c'est que le groupe était soudé. J'avais envoyé un message à l'un des coureurs en lui disant "que vous ne pouvez pas perdre". Dans un tournoi olympique, il faut oublier la fatigue, appuyer sur les pédales et serrer les dents. Et ils l'ont fait. J'étais très fier d'eux et content si j'ai pu "œuvrer" à cette belle réussite.

On attendait cette équipe lors des Jeux olympiques de Paris, dans trois ans. Êtes-vous surpris que cette médaille soit arrivée un peu plus tôt ?

Pas forcément, c'était l'objectif en sachant que cette épreuve était pratiquement notre seule chance d'obtenir une médaille en sprint. L'équipe a été homogène du démarreur au finisseur, en passant par le relayeur. C'est une nouvelle équipe qui découvrait pour la plupart un grand rendez-vous international. Ils étaient motivés pour obtenir une breloque.

 

"Ils sont encore jeunes, même s'ils sont là depuis un moment..."

Un mot sur Florian Grengbo (21 ans) qui vous a succédé au poste de démarreur dans le trio français...

Je sais que ça n'a pas été évident pour lui... Je pense qu'on lui a mis énormément de pression et il s'en est mis également. Avec ce poste de démarreur, aux Jeux olympiques, il savait qu'il serait attendu. Pour avoir échangé avec lui après l'épreuve, Florian était un peu dégouté par rapport à son temps. Huit mois avant, il ne faisait pas partie du collectif olympique donc ce qu'il a fait en si peu temps, avec un manque de préparation, reste acceptable.

Contrairement à cette belle performance par équipes, les pistards brillent moins en individuel. Comment expliquez-vous cela ?

C'est un ensemble ! Je pense qu'il y a un manque de confiance parce qu'en étant très lucide les résultats depuis 2018 sont un peu moins bons. On va chercher une petite médaille de bronze, des places en petite finale... La performance est l'addition de plein de choses. Il ne faut pas se leurrer aussi, mais avec la Covid-19, le manque de compétition... Ce n'est pas facile pour eux. Ils sont encore jeunes, même s'ils sont là depuis un moment. On a un peu perdu de notre aura parce que la concurrence est de plus en plus forte. Il faut qu'ils retrouvent de la confiance surtout avec les Jeux de 2024 à Paris. Il faut regarder vers l'avant.

 

"Ce n'est pas parce que les Mondiaux se déroulent en France, qu'on va décrocher tous les titres..."

Les championnats du monde à Roubaix vont débuter mercredi (20-24 octobre). Qu’attendez-vous de ce nouveau rendez-vous international ?

J'espère voir du beau spectacle comme lors des Jeux olympiques ou des championnats d'Europe. Côté français, j'attends de l'engagement dont ce qu'ils peuvent dégager sur la piste et de la détermination pendant la compétition, en souhaitant de bonnes performances lors des épreuves individuelles. J'espère qu'ils vont mouiller le maillot et représenter la France au mieux. Mais encore une fois, il n'y a pas de miracle. Ce n'est pas parce que les Mondiaux se déroulent en France, qu'on va décrocher tous les titres même si je l'espère...

La dernière fois que les Mondiaux se sont disputés sur le territoire en 2015 au vélodrome de Saint-Quentin-en-Yvelines, vous étiez présent et vous avez remporté deux titres (vitesse individuelle et par équipes). Quels conseils donneriez-vous à vos compatriotes ?

Se faire plaisir, ne pas se rajouter trop de pression et avoir le couteau entre les dents ! Par rapport à 2015, les coureurs sont plus jeunes et ont moins d'expérience que nous à l'époque. Il faut qu'ils aient confiance en eux-même. Après, tout peut aller très vite dans le vélo. Il y a des échéances importantes qui vont arriver dans les prochaines années et ça commence par les championnats du monde à la maison. C'est spécial d'accueillir des Mondiaux dans notre pays.

Justement , est-ce que les championnats du monde 2015 en France font partie de vos plus beaux souvenirs ?

J'avais déjà eu l'occasion de faire les Mondiaux à Bordeaux en 2006. Sincèrement, ça reste un très beau souvenir. Ce n'est pas le plus beau, mais ça en fait partie. Le fait d'être en France, devant sa famille et d'être encouragé par le public tricolore, on se sent porté. J'espère que les coureurs français pourront connaître la même atmosphère à Roubaix.

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Publié le par Clement LABAT-GEST

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