ITW - Vincent Lavenu : «Bardet ? Il n'y a pas de pincement au coeur»
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Photo : Yves Perret / www.ypmedias.com

ITW - Vincent Lavenu : «Bardet ? Il n'y a pas de pincement au coeur»

À quelques jours du grand départ du Tour d'ItalieCyclism'Actu s'est entretenu avec Vincent Lavenu, le manager général d'AG2R Citroën. Il a évoqué les objectifs de sa formation sur ce Giro, avec notamment une victoire d'étape en ligne de mire, et il a aussi fait un bilan de la première partie de saison de son équipe, qui n'a levé les bras qu'à une reprise au GP La Marseillaise. Enfin, il a également parlé de son ancien coureur Romain Bardet, qui va découvrir le Tour d'Italie avec sa nouvelle écurie, le Team DSM.

Vidéo - Lavenu : "Il y a un manque de victoires, c'est évident"

 

Vincent, quels sont les objectifs de votre équipe sur le Giro ?

On y va avec deux objectifs. Un objectif au classement général, parce que sur un Grand Tour c'est toujours intéressant de rester concentré sur le général. On aura deux coureurs pour ça, Clément Champoussin et Geoffrey Bouchard, qui a montré de belles dispositions ces derniers mois. Ensuite, on aura des garçons qui vont briguer des étapes, comme Tony Gallopin et Andrea Vendrame. On va sur ce Giro avec ambition, c'est important, c'est un Grand Tour.

 

Parlez-nous de Clément Champoussin, qu'attendez-vous de lui ?

On savait que ce garçon avait du talent. C'est un garçon qui a terminé 4e et 5e du Tour de l'Avenir, et l'année où il termine 4e, c'est Pogacar qui gagne, et il était capable de le suivre jusqu'à un certain niveau. Ça veut dire qu'il a de belles dispositions. Il manquait de maturité, il avait besoin d'apprentissage, c'est pour ça qu'il est resté une année supplémentaire au centre de formation. On avait décidé de le faire passer pro en avril 2020, malheureusement il y a eu le confinement, donc sa rentrée a été retardée. Malgré tout, on lui a fait faire la Vuelta, et il y a montré de belles choses. On savait que ce garçon avait du talent, et quand on a un garçon qui a du talent, on s'attend toujours à voir de belles surprises. Son début de saison a été encourageant avec une belle 2e place sur la Classic de l'Ardèche derrière David Gaudu, qui est peut-être aujourd'hui le meilleur Français. Il a aussi fait une belle place sur le Trophée Laigueglia, et on a vu de belles choses sur le Tour de Romandie. Il doit monter en puissance, mais il a encore besoin d'apprentissage au plus haut niveau.

 

Quel bilan faites-vous de votre première partie de saison ?

En début de saison, on se doit de viser haut, puis arrive la saison, et il se passe des événements, positifs et négatifs. Effectivement, on espérait un petit peu mieux que ce qu'on a eu, mais il y a tout de même eu de belles choses qui ont été réalisées. Greg Van Avermaet a terminé sur le podium du Tour des Flandres, ce qui ne nous était pas arrivé depuis la création de l'équipe. Aurélien Paret-Peintre avait bien entamé la saison avec sa victoire sur le GP La Marseillaise, et il a confirmé sur Paris-Nice en rentrant dans le top 10 au général. À côté de ça, on a été touché par beaucoup de pépins physiques, notamment sur des leaders comme Benoît Cosnefroy, qui a été embêté avec son genou en début de saison. Il n'a pas pu accumuler les kilomètres nécessaires pour arriver en forme sur les Ardennaises. Bob Jungels était un petit peu en difficulté en début de saison et il a subi une grosse chute sur l'Amstel, Lilian Calmejane a été blessé deux fois... Voilà, on a été assez pénalisé sur des coureurs importants. Il y a un manque de victoires, c'est évident, une seule victoire ce n'est pas suffisant, mais l'équipe est 10e au classement mondial, ça démontre que le niveau global de l'équipe n'est pas si mauvais que ça, surtout si l'on tient compte des pépins physiques. On attend toujours mieux, néanmoins il y a de belles sources de satisfaction, notamment avec les jeunes coureurs.

 

Avez-vous déjà une composition d'équipe en tête pour le Tour de France qui débute dans un mois et demi ?

On a annoncé quatre coureurs en début d'année : Greg Van Avermaet, Oliver Naesen, Bob Jungels et Benoît Cosnefroy. Derrière, on a une short list, on a déjà une idée des coureurs qui vont les accompagner, mais on annoncera ça plus tard. On attend des épreuves importantes qui vont se dérouler bientôt, notamment le Critérium du Dauphiné et le Tour de Suisse qui permettront d'affiner la sélection. Mais vous pouvez compter sur nous pour amener une équipe compétitive et prête à en découdre au plus haut niveau.

 

Il y a quelques jours, Bernard Hinault nous confiait qu'il fallait que les Français ne visent plus le classement général sur les Grands Tours, mais les étapes. Qu'en pensez-vous ?

Bernard Hinault a toujours des avis très tranchés, c'est un champion respecté et respectable. Il a toujours des avis très sévères avec les jeunes coureurs. Certaines années, les Français ont gagné beaucoup d'étapes sur le Tour. En France, on a la chance d'avoir un beau porte-drapeau avec Julian Alaphilippe, un champion du monde qui gagne régulièrement des étapes. En ce qui nous concerne, on a quand même souvent gagné des étapes sur le Tour, on est certainement l'équipe française qui a le plus gagné sur le Tour ces dernières années et on en est très fier. Depuis que l'équipe existe, on a 18 victoires sur le Tour de France. On sait que c'est un moment majeur de la saison, et quand une équipe ne gagne pas d'étape, on a l'impression qu'elle est passée un peu à côté de sa saison. Donc on connaît l'importance de ces victoires-là, et on aura des arguments cette année avec des puncheurs comme Cosnefroy et Van Avermaet. En tout cas, on fera tout ce qu'il faudra pour donner raison à Bernard Hinault en allant chercher des victoires d'étapes.

 

Aujourd'hui, il y a des très jeunes coureurs comme Egan Bernal et Tadej Pogacar qui gagnent le Tour de France. Pourquoi n'a-t-on pas ces "pépites" en France ?

Ce discours, on l'entend depuis longtemps. Le cyclisme français attend un vainqueur du Tour depuis plus de 30 ans, donc je comprends bien les impatiences de tout le monde. Malgré tout, on n'est pas passé loin, en ce qui nous concerne on a terminé deux fois deuxième du Tour avec Péraud et Bardet, on a fait troisième une autre année. Tout le monde s'était mis à rêver d'une victoire de Romain Bardet. Chacun travaille de son côté pour arriver à satisfaire les attentes. Mais aujourd'hui, le cyclisme est mondial, l'Australie et l'Amérique du Sud apportent beaucoup de champions, la Slovénie aussi. Le cyclisme français n'est pas en reste, ces dernières années il y eu des Pinot et des Bardet qui jouaient les premiers rôles. Aujourd'hui, Gaudu est un coureur de talent qui monte en puissance, et chaque équipe espère trouver un champion qui pourra briller sur le Tour de France. Nous, on a le centre de formation, c'est un travail de fond qui marche très bien depuis 20 ans, on s'attache à faire grandir des pépites tout en respectant leur parcours scolaire. Ça marche très bien, on va continuer dans ce sens-là, la formation est notre point fort.

 

L'an passé, Romain Bardet devait découvrir le Tour d'Italie avec votre équipe, mais la situation sanitaire en a décidé autrement. Cette année, il sera au départ avec le Team DSM. Quel est votre sentiment ?

C'est la vie. L'an dernier, c'était prévu qu'il participe au Giro, malheureusement les événements en ont voulu autrement. Je sais que Romain apprécie beaucoup les courses en Italie donc je pense qu'il a bien préparé son affaire. Il a été très patient, il va arriver préparé à 100% avec une équipe à son service. Après, la concurrence sera forte, mais effectivement Romain arrive à réaliser ce qu'il a toujours voulu faire depuis de nombreuses années. Les circonstances avec nous n'ont pas toujours été favorables, même si on avait décidé qu'il participerait à ce Giro. Mais voilà, tant mieux pour lui, il va essayer de briller sur cet objectif qui lui tient à coeur depuis longtemps. En tout cas, il n'y a pas de pincement au coeur, c'est la vie tout simplement. Romain a passé neuf ans avec nous, il a voulu découvrir une autre équipe avec une autre façon de faire, c'est tout à fait respectable. On se salue toujours amicalement, il n'y a aucun souci avec ça. Je lui souhaite bonne chance, mais en ce qui nous concerne, on va se battre à notre niveau pour amener de beaux succès sur ce Giro.

 

Pensez-vous que Romain Bardet soit capable de jouer la victoire ?

Je ne connais pas exactement son niveau de forme, même s'il était à un très bon niveau sur le Tour des Alpes. Je pense qu'il monte en puissance. C'est un garçon qui se connaît bien donc je pense qu'il va arriver au départ du Giro avec 100% de ses moyens, et on sait qu'un Romain Bardet à 100% de ses moyens joue avec les meilleurs. Après, pour gagner un Grand Tour, il faut aussi des circonstances favorables, il faut ne pas avoir de pépin, que l'équipe soit solide. Est-ce qu'il aura tout ça, je ne sais pas, mais je suis sûr que Romain arrivera au départ du Giro en ayant très bien préparé son affaire.

 

Qu'est-ce que serait un Giro réussi pour votre équipe AG2R Citroën ?

Une victoire d'étape, c'est le sésame qui délivre beaucoup de choses. On ne va pas mettre de pression particulière sur Bouchard ou Champoussin pour le général, on va faire en sorte qu'ils restent concentrés, qu'ils évitent les pièges... Ça va être un apprentissage pour ces deux coureurs-là, mais je pense qu'ils peuvent être une bonne surprise pour le classement général. On peut aussi parler de Tony Gallopin, une étape sur le Giro c'est une ligne qui manque à son palmarès, il a déjà gagné sur le Tour et la Vuelta. Il a déjà fait deuxième sur une étape du Giro, mais il n'a jamais gagné. Je lui souhaite car depuis deux ans, il a eu beaucoup de pépins, donc il mérite de retrouver de la sérénité, et son engagement est là. Je lui souhaite le meilleur, et gagner une étape sur le Giro serait une belle récompense pour lui, et pour l'équipe.

 

Pour conclure, quel est votre favori pour ce Tour d'Italie ?

Pour Egan Bernal, la question est de savoir comment va son dos, mais s'il retrouve tous ses moyens, avec une équipe INEOS Grenadiers très puissante à ses côtés, je le vois favori numéro un.

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Publié le par François BONNEFOY

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