ITW - Tony Gallopin : «Ça faisait longtemps que je n'avais pas dit ça»
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Photo : @Cyclismactu / CyclismActu.net

ITW - Tony Gallopin : «Ça faisait longtemps que je n'avais pas dit ça»

Tony Gallopin (AG2R Citroën) a connu deux dernières saisons difficiles, poncutées notamment de plusieurs blessures dont une fracture du poignet survenue après une chute sur le Tour d'Italie l'an passé. Le Giro, Gallopin va le retrouver ce samedi, et il aborde la course avec confiance en espérant que tous ces pépins soient derrière lui. "Ça va très bien, j'espère être en plein forme. En tout cas je me sens bien, assez confiant. Ça fait longtemps que je n'ai pas dit des choses comme ça, donc c'est sur la bonne voie", a-t-il expliqué à Cyclism'Actu.

Vidéo - Tony Gallopin : "Je ne me prends pas la tête"

 

Tony, comment abordez-vous ce Giro ?

Honnêtement, je ne me prends pas la tête, je n'ai même pas étudié le parcours comme il faut pour l'instant. Je sais juste qu'il y a un chrono demain (samedi), un chrono le dernier jour, qu'il y a le Zoncolan et que le jour de mon anniversaire le 24 mai c'est très, très dur. Donc voilà, je ne me prends pas trop la tête. J'ai fait ce qu'il fallait pour arriver en forme ici, c'est vrai qu'il n'y a pas eu trop de réussite sur le Giro même si je n'étais pas passé loin d'une victoire d'étape il y a deux ans, mais à chaque fois j'ai eu des ennuis de santé après des chutes. Donc là, j'espère que ce sera un bon Tour d'Italie.

 

Vous avez gagné une étape sur le Tour de France, une sur la Vuelta, l'objectif c'est donc d'en gagner une sur le Giro ?

C'est un rêve que j'ai depuis pas mal de temps. Maintenant, il faut être réaliste et garder les pieds sur terre. Je suis en manque de résultats depuis pas mal de temps, j'ai eu beaucoup de petits soucis. Ça fait partie du sport, mais je garde la confiance, j'ai travaillé dur. Si je suis capable de faire des places et d'être dans le coup, c'est que je suis capable d'aller gagner une étape.

 

Comment avez-vous réussi à garder le cap durant ces deux dernières années difficiles ?

Ça n'a pas toujours été simple, il y a eu des moments difficiles. Mais de toute façon, qu'on soit sportif ou pas, au bout d'un moment il y a une remise en question. Il y a eu les chutes, mais il n'y a pas eu que ça. Plus on vieillit, plus il faut être sérieux parce que le vélo est devenu tellement professionnel qu'on le paie cash quand on laisse les moindres petites choses de côté. Maintenant, je suis vraiment confiant, depuis deux mois j'ai fait le maximum. Mais c'est clair qu'il faut toujours se relever et toujours se remettre en question.

 

Qu'est-ce qui vous attire sur le Tour d'Italie ?

Pendant des années, le Giro n'a jamais été une course qui m'a attiré. Jusqu'à il y a deux ou trois ans, pour moi c'était le Tour de France et rien d'autre. Mais maintenant, le Tour m'attire beaucoup moins, même si je sais que ça reste la plus grande course du monde et que c'est le rêve de tous les coureurs. Honnêtement, je ne prenais plus aucun plaisir sur le Tour, donc j'ai décidé de faire autre chose. Et voilà, le Tour d'Italie est venu, et j'y ai pris du plaisir, je m'amuse. Ici, on est une bonne bande de copains, on s'entend bien, et depuis que je suis arrivé je suis vraiment heureux d'être là. C'est vraiment important.

 

Est-ce que ça veut dire qu'on a peu de chances de vous revoir un jour sur le Tour de France ?

Oui. Les grosses courses françaises comme le Tour, Paris-Nice ou le Dauphiné, je les ai beaucoup faites et j'ai vécu des grands moments dessus. Mais à l'heure qu'il est... Je ne dis pas que je n'y reviendrai pas car on peut toujours changer d'avis, mais déjà sportivement je ne suis pas sûr d'avoir ma place, et dans l'environnement ce ne sont pas des courses qui me donnent vraiment envie.

 

Avez-vous en tête l'étape de Cortina du 24 mai, le jour de votre anniversaire ?

C'est sûr que ce serait beau d'aller la chercher, mais elle est dure, vraiment dure, même si normalement je peux plutôt bien m'en sortir sur des étapes de montagne. Au Tour des Alpes, j'étais agréablement surpris car je sentais que ça allait bien. Je connais mes limites en montagne, mais on sait comment ça se passe dans la troisième semaine d'un Grand Tour, ça se joue plus sur la fraîcheur, et en prenant une échappée il y a toujours une possibilité. Et le fait que l'arrivée ne soit pas au sommet mais en bas, c'est plutôt une bonne chose.

 

Quel est votre rôle au sein de l'équipe AG2R Citroën ?

Je suis plus un grand frère qu'un capitaine de route. C'est la première fois que je vais être le plus âgé de l'équipe sur un Grand Tour, on a une équipe assez jeune, mais au niveau de l'état d'esprit, je m'éclate. Physiquement, je sens parfois que j'ai un petit peu vieilli, mais mentalement, je suis un gamin et je suis vraiment épanoui quand je suis dans une équipe comme ça. Je me fais un petit peu charrier maintenant, mais je le prends vraiment bien. Franchement c'est cool.

 

Avez-vous des craintes avant d'aborder ce Tour d'Italie ?

Avec l'expérience, on sait qu'il peut y avoir des mauvais moments, mais il y a aussi des choses contre lesquelles on ne peut pas lutter : une fracture, une maladie... Des mauvaises journées, on sait qu'il y en a sur un Grand Tour, ça fait partie du sport, et ce n'est pas un souci de savoir gérer ces mauvaises journées. Par contre, tomber malade, ou se casser le poignet comme ça m'est arrivé l'an passé, ce sont des choses contre lesquelles on ne peut pas lutter. Aujourd'hui, il y a même le Covid, l'équipe peut se retrouver "par terre" si un coureur est positif.

 

Justement, comment vivez-vous cette période avec le Covid ?

Ça change beaucoup de choses, dans le bon et le mauvais côté. Le bon côté, c'est qu'il y a beaucoup moins de choses à gérer, mais il y a toujours ces tests qui ne sont pas agréables. Hier, j'ai éternué deux fois dans la pièce lors de la présentation de l'équipe, et là trente personnes se sont retournées avec les gros yeux. C'est assez stressant. Et tous les tests, j'en suis déjà à une trentaine depuis le début de la saison, encore plus l'année dernière, c'est quelque chose qui n'est pas agréable et qui amène une petite pointe d'inquiétude.

 

Avez-vous quelques étapes en ligne de mire sur ce Giro, ou vous n'avez vraiment pas regardé le parcours ?

Honnêtement je n'ai vraiment pas regardé. Je l'ai trop fait par le passé, en me mettant de la pression sur certaines étapes, et c'est le genre d'étapes où on passe à côté. Maintenant, je me dis que chaque jour est une opportunité. Bien sûr, je vais regarder avant de prendre le départ, mais ça ne sert à rien de se prendre la tête. Je prends les jours comme ils viennent.

 

Pour conclure, peut-on dire que Tony Gallopin est de retour ?

On pourra faire le point dans trois semaines. Je pense qu'il y a encore du chemin à faire, mais en tout cas je suis confiant et j'ai vraiment hâte, non pas de prouver des choses sur le vélo, mais de me prouver des choses à moi-même. Je veux me faire plaisir.

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Publié le par François BONNEFOY

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