ITW - Samuel Sanchez : «Le rêve des Jeux Olympiques est devenu réalité»
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Photo : @Orbea / EFE

ITW - Samuel Sanchez : «Le rêve des Jeux Olympiques est devenu réalité»

Année olympique oblige, Cyclism'Actu vous propose de vous accompagner jusqu'aux Jeux de Tokyo avec des athlètes ayant participé à ce rendez-vous quadriennal incontournable. En route vers Tokyo, épisode 1, avec Samuel Sanchez, médaillé d'or à Pékin devant Davide Rebellin (déclassé par la suite) et Fabian Cancellara. Le natif d'Oviedo est entré dans l'histoire le 9 août 2008 en devenant le premier champion olympique sur route espagnol - et encore le seul à ce jour. L'ancien leader d'Euskaltel Euskadi, retraité depuis 2017, revient sur son expérience et sur son rapport aux Jeux.

Vidéo - Jeux Olympiques - Le sacre de Samuel Sanchez à Pékin 2008

 

Vous auriez pu disputer vos premiers Jeux Olympiques en 2004 puisque vous aviez obtenu de très bons résultats sur le Tour d'Andalousie (3e), Liège-Bastogne-Liège (4e) ou encore le Tour du Pays basque (8e). Cependant, vous n'aviez pas été sélectionné. C'était une déception pour vous ?

2004 a été une grande année, mais je pense que je n'étais pas encore prêt à prendre la responsabilité d'une course aussi importante. Je pense qu'il y avait des coureurs mieux préparés que moi dans mon pays à cette époque. Ma maturité en tant que cycliste est arrivée plus tard, avec plus d'expérience et des résultats qui m'ont donné plus de confiance et de crédibilité.

 

Quelle a été votre réaction en apprenant votre sélection pour les Jeux en 2008 ?

C'était une merveilleuse nouvelle. J'étais très fier de participer à des Jeux Olympiques. J'avais mérité cette place grâce à de bonnes performances tout au long de l'année 2008 et au cours des saisons précédentes. Avant le Tour, on m'a informé de ma sélection et ça a été une motivation supplémentaire pour faire un bon Tour de France [ndlr, il s'est classé 2e de l'étape de l'Alpe d'Huez et a terminé 6e du général].

 

Comment aviez-vous appréhendé cette course ? 

Je me souviens que j'étais très nerveux parce que les Jeux Olympiques sont une course différente à cause de tout ce qui se passe autour. Médiatiquement, cela dépassait tout ce que j'avais connu et l'Espagne était l'une des nations favorites pour remporter l'or. Nous ne pouvions pas profiter de la cérémonie parce que le lendemain, nous étions en compétition le matin.

 

Quel était votre objectif au départ ?

J'étais la deuxième carte espagnole. Alejandro Valverde était notre principale option. L'Italie avait aussi Bettini et Rebellin, qui était mon homme à surveiller dans la dernière partie de la course. J'avais donc moi aussi la possibilité de faire la course selon le moment.

 

Vous ressentiez de la pression ?

Juste en étant à Pékin, tu sens déjà une forme de pression puisque tu es l'un des cinq choisis pour participer à une course qui a lieu tous les quatre ans. En plus, j'étais un élément clé de l'équipe et je devais remplir ma mission. 

 

Vous avez couru avec Oscar Freire, Alejandro Valverde, Alberto Valverde ou encore Carlos Sastre. Il n'y a pas eu de problèmes d'ego ?

Pas du tout. Dès le premier instant, l'équipe a eu une très bonne compréhension et je pense que c'est ce qui a été à la base du succès. Nous avons tous eu un rôle très clair et Sastre a été notre capitaine à tout moment, apportant sérénité et expérience au groupe. Tout s'est très bien passé pour nous, dans une bonne ambiance.

 

Quel était le plan établi par l'entraîneur pour la course ?

Depuis le début, nous savions que partout où se trouvait l'Italie, nous y serions aussi, et surtout qu'il n'y aurait pas d'échappée dangereuse. Une fois sur le circuit final, nous avons dû rendre la course plus difficile pour écarter d'éventuels rivaux. Contador et Sastre se sont tous les deux sacrifiés pour Alejandro et moi. Freire a dû abandonner à cause de problèmes gastriques. Valverde devait surveiller Bettini, et moi Rebellin et Schleck.

 

Vous avez réussi à apprivoiser les conditions climatiques, avec la chaleur et l'humidité ?

Cette année-là, il faisait très chaud sur le Tour et en France, nous nous étions déjà habitués à la chaleur. Mais à Pékin, je me souviens que l'humidité était incroyable et j'ai bu environ 10 litres d'eau. Heureusement, je me suis assez bien adapté.

 

Dans le final, vous n'avez pas été inquiet de voir revenir Fabian Cancellara ?

C'était une surprise de le voir arriver avec Rogers et Kolobnev, personne ne s'y attendait. Cela m'a fait reconsidérer les choses pour le sprint final, puisque nous étions 6 pour 3 médailles. Mais celui que je craignais le plus, c'était Rebellin.

 

Comment gère-t-on l'approche d'un sprint aussi important ?

Je pense que la clé était d'avoir le sang froid et de bien savoir lire la situation finale. Rogers et Cancellara venaient de faire un effort supplémentaire pour revenir dans notre groupe et j'ai tenu compte de cela. A partir de ce moment, mon rival le plus direct était Rebellin.

 

A quel moment réalisez-vous que vous êtes champion olympique ?

Seulement quand j'ai passé la ligne d'arrivée en premier. Je n'y croyais pas, je pensais que c'était un rêve. Mais le rêve est devenu réalité.

 

Comment s'est passé l'après-course ?

Ce fut une journée inoubliable, une journée de grande joie pour nous tous. La soirée l'après-midi fut intense avec la réception des princes des Asturies et d'autres fonctionnaires dans la Casa de España qui se trouvait au centre de Pékin.

 

Vous êtes revenu de Pékin avec un tatouage représentant les anneaux olympiques, le lieu et la date des Jeux. Comment cette idée est-elle apparue ?

Lors de ma préparation pour le Tour 2008 et les Jeux, j'ai rencontré Joan Llaneras et j'ai vu son tatouage de Sydney au dos. Il a fait un pari avec moi, que je me ferais tatouer les anneaux et la date si je gagnais l'or et qu'il le ferait également s'il gagnait en cyclisme sur piste. Voilà comment est arrivé le tatouage. J'ai tenu ma promesse.

 

Cette victoire vous a valu une statue à Oviedo. Comment avez-vous réagi quand vous avez appris ce projet ?

Être prophète dans son pays est une tâche très difficile, voire impossible. Pour moi, c'est une fierté et un honneur de pouvoir avoir une rue à mon nom et une statue du moment où je présentais la médaille.

 

C'est une fierté de vous dire que vous avez marqué l'histoire, non seulement du cyclisme espagnol, mais aussi du sport espagnol ?

Bien sûr. C'est un honneur d'être le champion olympique de cyclisme sur route car c'est un sport qui a une tradition dans mon pays et qui est médiatisé dans le monde entier.

 

Cette victoire a marqué un tournant dans votre carrière ?

Sur le plan personnel, j'ai toujours été le même, mais sur le plan sportif, ça vous change, surtout dans les premiers jours après la victoire. Les Jeux Olympiques m'ont marqué pour le reste de ma vie, mais toujours sur un plan positif en termes de reconnaissance sociale et sportive.

 

Où situez-vous cette victoire parmi toutes celles de votre carrière ? Est-ce la plus belle ?

Toutes les victoires sont spéciales et vous profitez de chacune d'entre elles sur le moment, mais c'est certain que ma victoire aux Jeux Olympiques est la plus marquante et la plus épique.

 

Qu'est-que ça représentait pour vous de courir par la suite avec les liserets dorés sur votre maillot ?

C'est une grande fierté de gagner et de pouvoir porter cette distinction toute sa vie. Pour un sportif, les Jeux sont l'événement le plus important au niveau médiatique dans son pays d'origine.

 

Qu'avez-vous fait de la médaille d'or ?

Elle est chez moi, je le garde dans une boîte en verre transparent et elle est exposée dans un endroit très spécial.

 

Quatre jours après la course en ligne, vous finissez 6e du chrono. Vous avez réussi à vous reconcentrer après votre médaille d'or ?

Je voulais vraiment obtenir une autre médaille honnêtement, mais ce n'était pas possible de battre les grands spécialistes. C'était quand même un super résultat et une bonne manière de conclure les Jeux.

 

En 2012, vous deviez participer aux Jeux mais vous avez dû déclarer forfait. Sans vos chutes, pensez-vous que vous auriez pu jouer un rôle important dans la course à Londres ?

Cette année-là, une chute sur le Tour m'a empêché d'aller à Londres, la récupération a été longue et je n'ai pas pu y aller pour des raisons évidentes. C'est toujours difficile à dire, mais avec mon expérience et en bonne forme, les chances de jouer un bon rôle auraient certainement été importantes.

 

Finalement, vous n'avez participé qu'à une seule édition des Jeux olympiques dans votre carrière.

J'aurais été fier d'avoir l'opportunité de représenter à nouveau ce même maillot qui m'a amené à la gloire. En tant qu'athlète, c'est la meilleure expérience de ma vie. À Londres, je n'ai pas pu être là à cause des conséquences d'une chute, et à Rio à cause de la décision de l'entraîneur.

 

Avec Miguel Indurain, vainqueur du contre-la-montre en 1996, vous êtes le seul Espagnol à avoir remporté un titre olympique en cyclisme sur route. Y accordez-vous de l'importance ?

Oui, c'est important à mes yeux parce que Miguel a été l'une de mes idoles. C'est lui qui m'a fait devenir cycliste professionnel. C'est une immense légende.

 

Pour conclure, que pensez-vous des chances espagnoles aux Jeux cette année ?

L'Espagne fait toujours partie des favorites aux Mondiaux et aux Jeux Olympiques. Tout dépendra de l'état dans lequel arriveront les coureurs choisis par le sélectionneur. Mais je suis sûr que Valverde sera parmi les premiers.

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Publié le par Quentin BALLUE

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