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ITW - Romain Cardis et sa fin de contrat : «J'ai encore la niaque» Photo : @Cyclismactu / CyclismActu.net

ITW - Romain Cardis et sa fin de contrat : «J'ai encore la niaque»

Membre de l'équipe Total Direct Energie depuis ses débuts professionnels en 2016, Romain Cardis est en fin de contrat avec la formation de Jean-René Bernaudeau. Pour lui, cette fin de saison est donc très importante, et il espère bien se montrer afin de taper dans l'oeil d'une ou plusieurs autres écuries. Ça a bien commencé avec une 2e place au GP d'Isbergues dimanche dernier derrière Nacer Bouhanni (Arkéa-Samsic), en attendant peut-être une participation au Tour d'Espagne. Romain Cardis s'est confié à Cyclism'Actu sur sa situation, ses ambitions et ses projets pour la suite de sa carrière. Entretien...  

Vidéo - Le Mag - Romain Cardis : "Le Tour, c'est le but ultime"

 

Romain, vous venez de terminer 2e du GP d'Isbergues derrière Nacer Bouhanni, c'est votre plus belle perf de 2020 ? 

Oui, même si j'avais déjà fait 2e sur une étape du Tour du Rwanda cette saison. Mais là, c'était sur une course d'un jour, et c'était quand même Nacer Bouhanni devant... Ça prouve que les sensations sont bonnes depuis un certain temps et ça fait plaisir. Le final était un peu compliqué, Nacer avait trois coéquipiers à 1,5 kilomètre de l'arrivée alors que moi je me suis débrouillé tout seul à partir des 2 kilomètres, donc il a fallu se battre pour prendre la roue de Nacer. J'avais déjà lâché un peu de jus avant le sprint, mais le principal c'était de pouvoir être là. Si Nacer avait été un peu moins bon, ça aurait pu le faire, mais c'était du grand Nacer, donc pas de regrets.

 

Quel est votre programme dans les jours et les semaines à venir ? 

Je reprends au BinckBank Tour mardi prochain, une course World Tour ce cinq jours, c'est intéressant pour moi. Il y aura du niveau afin de se tester et d'aller chercher encore quelques résultats avant la fin de saison. Ensuite ce sera Paris-Tours (11 octobre), et l'objectif ce sera de faire la Vuelta (2à octobre - 8 novembre), même si ce n'est pas encore sûr. Il faut voir avec l'équipe, mais en tout cas je me prépare pour.

 

L'enjeu est important pour vous en cette fin de saison car vous êtes en fin de contrat et en recherche d'équipe pour 2021...

Comme je suis en fin de contrat, la fin de saison va jouer. C'est important de faire des résultats pour que les managers le voient, car la saison a été compliquée avec le Covid. Parfois, il manque le petit déclic pour que les managers proposent un contrat, donc là c'est un petit moment crucial. Si je fais une belle performance au BinckBank Tour par exemple, ça aiderait bien.

 

Vous êtes dans votre cinquième année chez les pros, qu'avez-vous retenu depuis vos débuts ? 

J'ai été mis dans le bain très rapidement avec les Classiques, j'ai fait ma première Vuelta la première année. J'ai eu une grosse première année et j'ai peut-être eu un peu de mal à m'en remettre, surtout de cette Vuelta où c'était trois semaines très difficiles, en particulier pour moi qui ne suis pas un grimpeur. C'était très dur mentalement, je me suis accroché tous les jours et je l'ai finie, mais c'est vrai que ça a été dur par la suite. C'est des courses qu'on a envie de faire quand on est jeune, mais pendant un ou deux ans je ne voulais plus aller sur la Vuelta.

Ensuite, durant ma troisième année, il y a eu un petit déclic avec ma victoire sur le Tour de Wallonie, mon statut a un petit peu changé dans l'équipe, mais au final, j'ai très peu eu ma chance durant ma quatrième année. Niccolo Bonifazio est arrivé et j'avais très peu ma chance lors des sprints, donc j'étais un peu frustré de cette quatrième année. Et en 2020 je devais pouvoir faire un peu plus de sprints mais le Covid en a décidé autrement. Donc il y a un peu de frustration parce que j'ai progressé sur ces quatre années, je suis de mieux en mieux, je passe mieux les bosses et j'arrive à être de plus en plus souvent là dans le final. Je sais que je pourrais être utile dans un train pour un gros sprinteur ou même pour sprinter sur des courses de la Coupe de France par exemple.

 

À 28 ans, vous avez envie de découvrir enfin le Tour de France ?

C'est sûr que c'est le rêve de tout cycliste, c'est le but ultime. Ça fait cinq ans que je suis chez les pros et j'ai envie de continuer. J'ai encore la niaque et j'ai envie de me faire plaisir, si je sentais que je me faisais taper dessus tous les week-ends sur le vélo, je n'aurais pas envie de continuer. Mais là je sais que je peux encore faire de belles choses, et c'est ça qui me motive pour faire la fin de saison à bloc afin de chercher un contrat pour la saison prochaine.

 

Comment avez-vous vécu le Tour 2020, avec votre équipe Total Direct Energie qui a eu du mal ?

Ça a été un Tour un peu compliqué. On savait que le profil était très montagneux et l'équipe a quelques lacunes de ce côté-là. Avec en plus un Lilian Calmejane qui est tombé pluseiurs fois avant le Tour et qui a abandonné au bout d'une semaine, ça ne présageait pas grand-chose de bon. Donc ça a été un Tour un peu compliqué et avec le Covid, tous les leaders étaient préparés pour le Tour parce que l'avenir est un peu incertain. Donc le niveau était très, très relevé. Il n'y avait pas beaucoup d'attaques entre les leaders à cause du rouleau compresseur de la Jumbo-Visma, le but était de s'accrocher et de ne pas avoir de défaillances. C'était vraiment un Tour assez compliqué.

 

Quand vous voyez Pogacar qui gagne le Tour à 22 ans devant Roglic, 30 ans, vous vous dites que tout est possible ?

Il y en a qui éclosent plus tôt que d'autres. L'an passé il y a déjà eu Bernal, cette année Pogacar, l'an prochain peut-être Evenepoel... D'un autre côté, on a vu un coureur comme Jean-Christophe Péraud qui est arrivé très tard chez les pros et qui a fait un podium sur le Tour. Voilà, on n'est pas tous pareil. En ce qui me concerne, je sais que j'arrive à maturité, même s'il y a des jeunes cracks derrière. Mais heureusement, le peloton n'est pas fait que de cracks non plus. Il y a quelques coureurs qui sortent du lot, mais il y en beaucoup d'autres à côté.

 

Pour finir, est-ce que vous avez un message à faire passer aux directeurs sportifs et aux managers d'équipes qui pourraient vous recruter ? 

Je suis très motivé pour la suite, j'ai envie de faire gagner mon équipe ou de gagner moi-même, peu importe ce qu'on me demandera. J'ai envie d'être dans les pelotons en 2021, de profiter un maximum et d'aller chercher des victoires avec l'équipe, tout simplement.

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Publié le par François BONNEFOY

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