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ITW - Pierre-Luc Périchon : «Allez, lance toi, tu n'as rien à perdre» Photo : Sirotti

ITW - Pierre-Luc Périchon : «Allez, lance toi, tu n'as rien à perdre»

Membre de l'équipe Cofidis depuis la saison dernière, Pierre-Luc Périchon se confie pour Cyclism'Actu. Vainqueur de la Polynormande en 2018 et deuxième de Paris-Camembert en 2019, le coureur de 33 an s'exprime sur son état d'esprit pendant le confinement, le Tour de France, son rôle au sein de la formation dirigée par Cédric Vasseur ainsi que son avenir.

Vidéo - Périchon : "Mon rôle c'est d'abord de faire gagner l'équipe"

 

Comment vivez-vous le confinement ?

Franchement, pas mal. C'est dur, je ne dis pas que c'est facile, mais je suis confiné avec ma conjointe dans notre appartement. C'est une période où je suis normalement beaucoup parti avec les Ardennaises, le Circuit de la Sarthe, toutes les courses qu'il y a en mars, avril et début mai. Ça nous a permis de nous retrouver un petit peu sur une période où on n'avait pas l'habitude de se voir. On aurait tous voulu être dehors avec la météo qu'il a fait mais franchement, j'ai trouvé que c'est passé assez vite. J'ai eu des journées assez remplies depuis le début du confinement donc je n'ai pas eu le temps de m'ennuyer. Je souhaite en sortir rapidement maintenant, en plus on a la date du 11 mai, mais je trouve que c'est quand même passé relativement vite. La situation n'est convenable pour personne mais c'est une nécessité. Dans une vidéo pour Cofidis au début du confinement, j'avais dit : "Prenez soin de vous et profitez de ces moments avec vos proches". J'ai vraiment mis en application ça, et je ne l'ai pas mal vécu.

 

Au moment de l'interruption, vous aviez 13 jours de course dans les jambes. Vous faîtes partie des coureurs qui s'en sortent le mieux à ce niveau-là.

Je n'ai pas fait les comptes mais c'est vrai qu'avec la Tropicale Amissa Bongo, le Tour de la Provence, Drôme-Ardèche, si j'avais fait Paris-Nice, je pense que j'aurais été l'un des coureurs qui auraient le plus couru en début de saison. Maintenant, de toute façon, j'aurais pu faire 30 jours de course en deux mois, ça n'aurait pas changé grand chose puisque là, ça va faire six semaines sans sortir. Le home-trainer, c'est bien, ça nous permet de maintenir un peu la condition physique et la forme, mais ça ne nous permet pas de nous maintenir physiquement parlant. Je pense que ce que j'ai fait en début de saison, ça ne va pas du tout impacter les performances de la suite. Malheureusement, je pense que le 11 mai, on va tous repartir à zéro. Dans les pays limitrophes où le confinement n'était pas aussi strict qu'en France, ils ont pu rouler, ça leur a fait du bien mentalement de ne pas avoir à faire autant de home-trainer que nous, même si je pense que je fais partie de ceux qui en ont le moins fait, mais je ne pense pas que ces six semaines-là à rouler dehors auront permis de créer l'écart vu le temps qu'il nous reste maintenant pour nous préparer jusqu'aux prochaines compétitions.

 

Vous dîtes que vous faites certainement partie de ceux qui ont fait le moins de home-trainer. C'est parce que vous vouliez garder de la fraîcheur physique et mentale ?

Oui, en fait je ne voulais pas m'imposer de contraintes. Je n'avais pas envie d'être contraint pendant cette période de confinement, sachant qu'à l'époque, on pensait que tout se passerait bien à partir du 1er juillet, qu'il allait y avoir la reprise des compétitions, on était un petit peu optimiste. Je ne sais pas ce qu'il va devenir avec l'annonce d'Edouard Philippe comme quoi les rassemblement de plus de dix personnes sont interdits jusqu'au 1er septembre. Je ne sais pas comment ça va s'organiser pour les courses, je ne vois pas comment on peut partir directement sur le Tour de France au mois de septembre. On est encore un peu dans l'inconnu aujourd'hui, donc c'est aussi pour ça que je n'ai pas voulu en faire trop.

On ne savait déjà pas où on allait, c'était déjà une période assez anxiogène à ce niveau-là, alors s'imposer des grosses séances de home-trainer, je ne voyais pas trop l'intérêt. Derrière, on avait déjà au moins deux mois et demi pour se préparer, donc toute la fin du mois de mai, juin et juillet puisque la reprise devait normalement s'opérer au Tour de l'Ain début août. Finalement, ce ne sera même pas début août, sauf si dérogation. Mais voilà, deux mois de remise en forme, c'est largement suffisant pour se repréparer. Partant de là, je voulais être disponible à 100% à partir de la reprise et pour moi, ça impliquait de ne pas sacrifier de capital mental pendant le confinement.

 

Vous évoluez dans une équipe WorldTour pour la première fois de votre carrière cette saison. Cela change-t-il quelque chose pour vous en tant que coureur ?

J'aurais préféré que la première saison en WorldTour se passe différemment, j'aurais bien aimé courir un peu plus (rires) ! Après, en tant que coureur, ça ne change pas énormément, hormis le fait qu'on ait pu établir d'entrée un programme de courses qui permet d'être assez serein en termes de préparation. Malheureusement, le confinement et le coronavirus ont un peu chamboulé les plans. Je pense que ça va amener un petit peu plus de stress, mais ça va être la même chose pour tout le monde.

La seule chose que ça change, c'est une garantie de programme de courses d'entrée de jeu, on n'est pas dans l'attente d'une sélection pour le Tour, le Giro ou la Vuelta, on est sûr de faire les trois. Ça permet d'avoir une répartition des coureurs avec toutes les épreuves WorldTour pour que chacun puisse avoir un programme et savoir où il va courir. Personnellement, ça ne change pas grand-chose puisque j'avais la chance d'avoir la confiance de l'équipe et du manager, et d'avoir les sélections pour les grandes courses. L'année dernière, pour ma première année chez Cofidis, j'ai fait toutes les classiques ardennaises, le Tour de France, Paris-Nice. D'un point de vue personnel, je n'ai pas eu le temps de voir une grande différence. Je l'aurais peut-être vue sur Paris-Nice mais malheureusement, je suis tombé malade quelques jours avant et j'ai préféré ne pas participer pour ne pas mettre en péril les performances de l'équipe, et les miennes également. 

 

Qu'est-ce qui était prévu pour vous initialement en termes de programme ?

Normalement, au sein de l'équipe, je faisais plutôt partie du groupe Tour de France mais ça, c'était au mois de décembre, en stage à Calpe. La restructuration du calendrier 2020 par l'UCI va certainement changer beaucoup de choses. Pour l'instant, j'étais vu seulement sur le Tour de France donc je pense que j'avais une forte probabilité d'y participer. Maintenant, la restructuration du calendrier va certainement empêcher beaucoup de coureurs de doubler Tour et Vuelta ou Tour et Giro. Donc je pense que ça ne va être que des participations uniques et dans ces conditions, je n'ai pas la certitude d'être présent sur le Tour de France. En revanche, je pense que le fait de participer aux trois Grands Tours et qu'ils soient aussi condensés, s'ils ont lieu, devrait me garantir la participation à au moins l'un des trois.

 

A priori, vous devriez donc avoir l'opportunité de retourner sur le Tour de France, ou alors de découvrir un nouveau Grand Tour.

Exactement. Pour l'instant, mon seul Grand Tour, c'est le Tour de France. Je ne suis pas contre, loin de là, l'idée de participer au Giro ou à la Vuelta. Le Tour reste le Tour mais en tant que coureur cycliste professionnel et avec l'expérience que j'ai aujourd'hui, je n'ai pas de "préférence". Ma seule volonté est de participer à un Grand Tour dans la saison puisque pour avoir connu des saisons sans en faire, je vois vraiment la différence. A la reprise, quand on a fait un Grand Tour dans la saison, je trouve qu'on est tout de suite disponible, on revient plus vite en forme. 

 

Le Tour de France reste un objectif pour vous, d'autant plus avec cette étape à Bourg-en-Bresse, votre ville natale ? 

Oui, complètement. Courir à domicile et avoir des gens qu'on connaît qui viennent nous voir, c'est toujours plaisant. Après, le Tour de France reste le Tour de France. Effectivement, même si une étape à Bourg-en-Bresse c'est très sympathique, il y a quand même 20 autres étapes qui ne seront pas sur Bourg-en-Bresse. J'ai déjà fait une étape sur Bourg-en-Bresse, je suis natif de Bourg et c'est plaisant de courir devant son public, mais pas au détriment de l'équipe. Si je fais partie des plans, c'est qu'il y aura une stratégie dont je ferai partie. Je ne veux pas être à tout prix sur le Tour de France pour être au départ de l'étape de Bourg si derrière je ne suis pas impliqué dans une stratégie collective. Oui, ça me ferait vraiment plaisir d'être là mais voilà, sur mes quatre Tours de France, j'ai déjà fait un départ à Nantua et un départ à Bourg, j'ai déjà beaucoup couru dans la région, donc ce n'est pas une fin en soi.

 

Le calendrier n'est pas figé mais l'objectif de la saison reste pour vous de lever les bras sous ce maillot Cofidis, ce que vous n'avez pas encore réussi à faire depuis votre arrivé ?

Oui, c'est vrai que ce n'est pas passé loin l'an dernière sur Paris-Camembert (2e). J'ai fait deux, trois belles performances, dont une sur le Tour avec l'arrivée à Gap, où j'ai longtemps été deuxième dans l'ascension du dernier col, je pensais pouvoir faire une petite performance ce jour-là et malheureusement ça ne s'est pas fait. Personnellement, oui, si je peux lever les bras, j'en serai très content et ce sera une satisfaction, certes, mais depuis que je suis arrivé chez Cofidis et depuis quelques années maintenant, personnellement, je ne me suis jamais fixé d'être performant au détriment de l'équipe. Donc si je gagne une course d'ici la fin de l'année sous les couleurs Cofidis, ce sera avec grand plaisir et je serai très satisfait, mais mon but premier et mon rôle en tant que capitaine de route c'est d'abord de faire gagner l'équipe. Si c'est avec moi, tant mieux, mais si c'est avec un autre, je suis très content également. J'accorde autant d'importance à mon rôle d'équipier qu'à un rôle de potentiel vainqueur de course.

 

Cédric Vasseur avait parlé de ce rôle de capitaine de route dès votre signature. Comment ça se passe à ce niveau-là pour vous ?

C'est assez limpide. J'ai beaucoup couru avec les jeunes, je pense qu'ils apprécient mes remarques, mes conseils. Je prends vraiment beaucoup de plaisir dans ce rôle-là, j'essaie de partager mon expérience, même si ce n'est pas toujours évident. L'équipe joue le jeu, les jeunes jouent le jeu, du coup j'ai d'autant plus envie de m'impliquer dans ce rôle et de jouer le jeu à 200%.

 

Un mot plus précisément sur Attilio Viviani, que vous aviez déjà côtoyé en septembre dernier sur les courses italiennes et que vous avez retrouvé cette année au Gabon, où il a gagné ?

Attilio, je l'ai côtoyé en septembre l'an dernier sur des courses qui n'étaient pas vraiment de son profil. C'était deux courses plutôt escarpées. Attilio est un coureur qui va très vite, très rapide au sprint, mais qui pour l'instant a quelques lacunes au niveau des bosses et des cols. Au Gabon, la première étape lui convenait vraiment bien et il a montré tout de suite qu'il était dans le jeu. D'ailleurs, l'an dernier il avait tout de suite montré qu'il était dans le jeu aussi en gagnant une course sous le maillot de Cofidis en tant que stagiaire. Je pense qu'il a vraiment les capacités d'être un scoreur important. Avec son frère, ils vont se compléter, ça va leur permettre d'avoir une présence permanente sur les courses. Je pense que c'est un bon coureur, qui a une bonne lecture de la course. Souvent, on dit des coureurs qui vont vite que c'est forcément des sprinteurs. Pour moi, sprinteur, c'est pas seulement une pointe de vitesse, c'est aussi une approche du sprint, un placement, une vision de la chose, et je pense qu'Attilio a toutes ces compétences-là. Je pense que c'est un coureur qui mérite l'attention et le statut qu'on lui a donné cette année. 

 

Vous avez 33 ans et vous êtes en fin de contrat : vous serez toujours dans le peloton en 2021 ? 

Ça c'est une bonne question (rires). Je le souhaite, je le souhaite de tout coeur. Je pense que l'épidémie de Covid-19 va bouleverser pas mal les choses. D'un côté, je pense que l'équipe est assez satisfaite de mes performances et de mon rôle au sein de Cofidis. Maintenant, on entend et on lit beaucoup de choses sur de potentiels arrêts d'équipes WorldTour, ça va forcément mettre du monde sur le marché des transferts et à ce petit jeu-là, on n'est jamais sûr de rien. Des coureurs peuvent avoir les mêmes compétences physiques et tactiques que moi, mais plus jeunes, ou moins chers, peuvent peut-être prendre ma place. On n'est jamais à l'abri de rien malheureusement, mais je souhaite de tout coeur être au sein du peloton en 2021. C'est un petit peu tôt encore, je n'ai pas discuté de ça avec Cédric et quand il me dira qu'il ne me prolonge pas, à ce moment-là, peut-être que j'irai démarcher d'autres équipes. Pour l'instant, ma volonté est de rester chez Cofidis. Je ne suis pas le genre de personnes qui changent d'équipe tous les ans. En tout cas, pas si j'ai le choix. J'ai fait six ans chez Fortuneo, j'aimerais faire au moins autant chez Cofidis avant de devoir changer ! Je ne suis pas seul décideur dans cette situation, on verra. J'espère avoir ma chance l'année prochaine mais je ne peux pas me prononcer seul en ce moment.

 

Si vous faîtes six ans chez Cofidis, ça veut dire que vous serez encore dans le peloton à 37-38 ans ! 

Oui, c'est ça ! Je ne sais pas si ce sera le cas, pour l'instant je suis encore motivé, j'ai encore envie de courir. C'est ce que je disais à mon entraîneur il y a quelques jours, il me demandait si j'étais encore motivé. Le confinement, c'est compliqué. La motivation sur home-trainer, ce n'est pas le même. Mais je n'ai qu'une hâte, c'est raccrocher un dossard. Tant qu'on a envie d'accrocher un dossard, c'est qu'on est motivé, c'est qu'on est un coursier dans l'âme. Tant que j'aurai envie d'accrocher un dossard, je continuerai. J'ai toujours souhaité m'arrêter avant qu'il soit trop tard. Le jour où je n'aurai plus envie d'accrocher de dossard, où il y aura une certaine lassitude, ou que je ne serai plus motivé à m'entraîner, ce qui voudrait dire ne plus être performant le week-end, à ce moment-là, je saurai être intelligent et m'arrêter de moi-même. Je n'ai pas envie de subir ma carrière. Jusqu'à maintenant, j'en ai été acteur, je n'ai pas envie d'être spectateur.

Si on me donne l'opportunité, je continuerai jusqu'à cette date, voire plus si c'est possible, on verra (rires). Mais je ne me projette pas trop loin, je vis chaque année les unes après les autres. Cela fait plusieurs années que j'enchaîne les contrats d'un an, ça me convient bien puisqu'au moins, ça permet d'honorer son contrat pour les deux parties. Si au bout de quelques mois, l'une des deux parties n'est pas satisfaite de l'autre, ça nous permet de nous laisser libres. Quand je suis passé pro, je me suis toujours donné une ligne de conduite : mon but, c'est de me faire plaisir sur le vélo. Pour moi, la performance passe par le plaisir. Le jour où il n'y a plus de plaisir, il faut savoir s'arrêter puisque de toute façon, on se fait arrêter à un moment donné si on n'est plus performant. Je me projette vraiment à court terme, une année après l'autre. Tant que ça dure, je continue, et le jour où ça devra s'arrêter, c'est que, j'espère, je l'aurai choisi. Ma vraie hantise est de faire l'année de trop et de partir aigri, de faire une année pas motivé, de ne pas être performant. Partir sur une mauvaise saison, c'est peut-être ce qui me fait le plus peur. Pour l'instant, je ne pense pas à ça, je me concentre sur les années comme elles viennent et j'essaie d'être performant au jour le jour.

 

Vous êtes arrivé chez Cofidis après être longtemps resté chez Fortuneo. Le fait de changer d'équipe et d'environnement vous a apporté un plus en termes de motivation ? 

Oui, c'est le challenge qui me motive. Au sein de Fortuneo, j'avais un statut, ils m'ont quand même fait faire trois Tours de France donc ça veut dire qu'ils me considéraient comme un des piliers de l'équipe. Mais à un moment donné, je pense qu'on a considéré, et Emmanuel Hubert et moi, d'avoir fait le tour de la question. Je ne progressais plus non plus énormément en tant que coureur, je stagnais un petit peu. Le programme de courses de l'équipe n'évoluait pas non plus comme je l'aurais souhaité. Il y a eu le projet Cofidis, avec des bruits qui couraient déjà à l'époque, comme quoi Cofidis souhaitait accéder au WorldTour. Au vu des résultats et des conditions d'accession au WorldTour, l'équipe Cofidis offrait plus d'opportunités à cette accession. Je ne regrette pas mes choix.

Je suis très content d'être chez Cofidis et je suis très content de voir que Fortuneo [désormais Arkea-Samsic, ndlr] a continué à progresser. Cette année, ils ont vraiment passé un gros cap, mais en aucun cas je ne regrette mes choix. Je profite de chaque instant et peut-être que de toute façon, j'avais besoin de sortir de cette routine chez Fortuneo. Si on tombe dans la routine, on n'est plus performant à un moment. J'avais besoin de me relancer, il y a eu l'opportunité Cofidis, je me suis dit pourquoi pas. D'entrée de jeu, quand un manager vous appelle et qu'il vous a déjà attribué un rôle, c'est qu'il vous a projeté un peu dans sa stratégie d'équipe, c'est un peu ça qui m'a touché. C'est ça qui m'a décidé aussi à me dire : "Allez, lance toi, tu n'as rien à perdre". Aujourd'hui, je ne regrette pas mes choix.

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Publié le par Quentin BALLUE

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