ITW - Maxime Chevalier : «Je sais à quoi m'attendre maintenant... »
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Photo : B&B Hotels-Vital Concept/Franz-Renan Joly

ITW - Maxime Chevalier : «Je sais à quoi m'attendre maintenant... »

Malgré un contexte très particulier et un calendrier bouleversé, Maxime Chevalier (B&B Hotels-Vital Concept) a vécu un rêve éveillé en 2020. Passé professionnel en février dernier - au lieu du mois d'août -  afin de compenser le départ contraint et forcé de Jimmy Turgis, le jeune coureur de 21 ans a eu l'honneur de découvrir le Tour de France à la fin de l'été. Benjamin de la 107e Grande Boucle, le quatrième du Tour de la Vallée d'Aoste 2019 est parvenu à terminer son premier Tour et ne rêve que d'une chose, "y retourner". Cyclism'Actu s'est entretenu avec l'une des grandes promesses du cyclisme français, dont l'apprentissage du plus haut niveau s'est fait en accéléré. 

Vidéo - Maxime Chevalier : "Ça a été rapide pour moi"

 

"Je me sentais prêt et très excité à l'idée de devenir professionnel"

Maxime, l'année 2020 a marqué vos débuts officiels dans les rangs professionnels. Racontez-nous comment cela s'est passé pour vous ?

J'ai vécu une première saison qui s'est vraiment enchaînée très vite. Je peux dire que ça a été rapide pour moi. Je ne m'attendais pas à débuter sur le Tour de France pour ma première année professionnelle, donc ça a été une sacrée surprise pour moi et une superbe opportunité.

 

Vous êtes passé professionnel plus rapidement que prévu après les soucis de santé de Jimmy Turgis. Vous-sentiez vous prêt physiquement et mentalement à faire le grand saut si tôt dans la saison ?

C'est vrai que dans ma tête, j'étais plutôt préparé à passer professionnel au mois d'août puisque c'est ce qui était convenu normalement. Mais j'avais eu la chance d'être stagiaire au sein de l'équipe l'année précédente, ce qui me permettait de déjà bien connaître les gars de l'équipe, et j'avais également fait tous les stages en Espagne l'hiver dernier et suivi le même programme. On peut donc dire que j'étais préparé. Et c'est d'ailleurs pour ça que Jérôme Pineau et les directeurs sportifs m'ont choisi. La transition s'est faite vraiment rapidement puisque Jérôme m'avait appelé en début de semaine et le week-end suivant, j'étais déjà sur ma première course professionnelle (la Faun Ardèche Classic, ndlr). Mais je me sentais prêt et très excité à l'idée de devenir professionnel.

 

"Une chance pour moi d'avoir participer à certaines des meilleures courses"

Comment avez-vous vécu le confinement en mars dernier et l'interruption des courses qui en a découlé ?

Ça a été un moment particulier pour nous tous. Personnellement, je pense que je peux m'estimer heureux car je suis passé professionnel deux semaines avant le confinement, ce qui a été une source de motivation. Même si ce n'était pas forcément marrant de monter sur le home-trainer, je me levais tous les jours en me disant que cycliste professionnel était désormais mon métier et qu'il fallait que je m'entraîne pour pouvoir performer dans le futur. Pour ma part, je n'ai donc pas coupé. J'ai bien travaillé et j'en ai profité pour faire des efforts au seuil et un peu plus typé chrono. Cette phase a vraiment été utile pour moi, même si ça a été compliqué mentalement, il ne faut pas se le cacher. 

 

Strade Bianche, Tour de France, Paris-Tours... Votre programme de courses a été très solide. Pensez-vous que disputer des grosses courses d'entrée de jeu est un avantage ou alors auriez-vous préférer débuter votre carrière par des compétitions plus abordables et plus adaptées aux néo-pros ?

Je pense que c'est une chance pour moi d'avoir participer à certaines des meilleures courses. Certes, ça n'a pas toujours été simple pour moi, mais je pense que c'était la meilleure façon de commencer. Je suis directement dans le grand bain et je sais à quoi m'attendre maintenant. C'est certain que ça me servira pour les prochaines années. Ça m'a prouvé aussi que l'équipe comptait sur moi et ça m'a encore plus motivé pour leur démontrer qu'ils avaient eu raison de me prendre. J'espère maintenant confirmer et faire de mieux en mieux à partir de l'année prochaine.

 

"Je suis satisfait de ce que j'ai fait"

L'ensemble du peloton s'est montré unanime pour dire que ça a roulé très vite dès la reprise de la saison. C'est quelque chose qui a dû rendre votre apprentissage encore un peu plus difficile ?

C'est un peu compliqué pour moi de pouvoir comparer aux années précédentes, mais quand j'entendais des Pierre Rolland ou Cyril Gautier dire que c'était un cran au-dessus et que le niveau avait grimpé, c'était plutôt rassurant. Cette phase de confinement a changé les habitudes et a fait que ça n'a pas été le Tour de France le plus simple pour moi, même si ça a été une superbe expérience et qu'elle me sera bénéfique pour les prochaines années.

 

Comment vous-êtes vous senti au sein du peloton ? Sentiez-vous que vous aviez le niveau sur les grandes courses auxquelles vous avez participé ?

Je ne peux pas dire que j'avais le niveau. Quand je vois les coureurs de la Jumbo-Visma ou d'autres équipes, je me dis que c'est clairement au-dessus, qu'il y a franchement de belles différences de niveau et que j'ai clairement encore beaucoup de travail. Après, pour une première année professionnelle, je n'avais pas non plus besoin d'espérer beaucoup mieux. J'étais là pour découvrir, prendre de la caisse et surtout essayer d'aider du mieux possible mes coéquipiers. Je suis satisfait de ce que j'ai fait et je ne m'attendais pas à mieux à vrai dire. 

 

"Après le Tour, j'ai senti que j'avais gagné en force et en puissance"

L'un des faits marquants de votre année a bien sûr été cette première participation au Tour de France. Qu'avez-vous ressenti quand Jérôme Pineau vous a fait part de sa décision de vous emmener sur le Tour ?

Ça a été un mélange de peur, d'anxiété et d'excitation. Ça a tout d'abord été une grande surprise pour moi. Je pense que le travail que j'ai effectué pendant le confinement a bien joué en ma faveur. Ça a été ensuite le choix de l'équipe, à qui je fais entièrement confiance. J'y suis donc allé les yeux fermés, même si c'était tout nouveau pour moi. Il y a donc eu un peu d'anxiété car c'est clairement la course la plus dure au monde et que passer des amateurs au top niveau mondial en cyclisme, il y a une grande marche. Mais il y avait également beaucoup d'excitation à l'idée de découvrir ce niveau. Avec le recul, je suis juste hyper content et hyper fier d'avoir pu vivre cette expérience. Je n'ai maintenant qu'une seule envie, c'est d'y retourner.

 

Comment êtes-vous sorti de votre premier Tour de France ? Avec le sentiment d'avoir franchi un cap ?

Je suis sorti fatigué de ce Tour 2020, mais pas plus fatigué qu'en fin de deuxième semaine par exemple. J'ai eu un pic de fatigue à ce moment-là mais ça ne s'est jamais aggravé. Au contraire, je trouve même que j'ai plutôt bien fini le Tour. Il y a eu fatalement un petit contrecoup après puisqu'on relâche la pression et l'entraînement, mais j'ai senti que j'avais gagné en force et en puissance. J'avais remarqué que ce qu'il me manquait en début de saison et à la reprise, c'était de la force et de la puissance dans les relances sur le plat, et j'ai senti une belle différence par rapport à ça après le Tour de France. Un Grand Tour ne peut apporter que des bénéfices de toute façon, et j'espère en tirer profit l'année prochaine.

 

"En 2021, je veux continuer mon apprentissage et essayer de tirer les bénéfices de cette année"

Jérôme Pineau disait en juin dernier que vous aviez des "qualités physiques hors normes". Est-ce que vous vous sentez très attendu au sein de votre équipe et de la part de vos dirigeants ?

On a toujours tous à prouver quelque chose. Pour ma part, j'essaye de continuer, de m'entraîner, d'écouter les consignes et d'apprendre au maximum. Je sais ce que j'ai à faire et je sais qu'il faut toujours prouver et performer. J'ai cette chance que Jérôme et les directeurs sportifs me font confiance, et c'est à moi de leur montrer qu'ils ont raison.

 

Fabien Rabeau (le responsable performance de B&B Hotels-Vital Concept) disait que vous aviez un profil à la Pierre Rolland. Êtes-vous d'accord avec cela ?

Je ne sais pas (rires). J'ai du mal à me comparer avec d'autres coureurs. Ce qui est sûr, c'est que c'est un modèle pour moi. Mais quand je vois la "braquasse" qu'il emmène, je me dis qu'on n'a pas les mêmes qualités.

 

Et justement, au niveau de votre profil, comment vous définiriez-vous ?

Plutôt grimpeur-rouleur. J'aime bien rouler. À ce niveau-là, c'est difficile de se définir. J'ai des qualités de grimpeur mais vous dire si je suis un grand grimpeur, on verra dans quelques années.

 

Quand vous regardez l'ensemble du calendrier, quelles sont les courses qui vous inspirent le plus ou sur lesquelles vous pensez pouvoir briller dans le futur ?

J'aime bien les courses par étapes montagneuses, des courses comme le Tour de l'Ain par exemple. Les courses par étapes avec un contre-la-montre peuvent également me convenir, je pense.

 

Quels seront vos objectifs en 2021 ?

Continuer mon apprentissage et essayer de tirer les bénéfices de cette année. Je ne me suis pas fixé d'objectifs en termes de résultats ou de performances, mais après avoir effectué une première année, je vais essayer de performer, de me faire plaisir et d'aller chercher des petites places sur certaines courses. Pour les objectifs plus concrets, je vais attendre de voir comment se passe l'hiver, mais j'ai bien appris cette année et j'aimerais désormais confirmer tout cela.

 

"Le Tour de France 2021 me fait vraiment rêver et je vais tout faire pour être au départ"

Certaines courses ont été annulées, d'autres vont peut-être subir le même sort. Comment appréhendez-vous cette intersaison ?

J'essaye clairement de me dire que les stages et les courses auront lieu, de positiver au maximum. Si on se met dans la tête qu'il n'y aura pas de courses, qu'il n'y aura pas de stages, on peut vite perdre le moral et aller s'entraîner deviendrait alors difficile. C'est pour cela que je pars du principe que ça va se calmer et que ça va aller mieux.

 

Collectivement parlant, quel bilan de la saison a été fait chez B&B Hotels-Vital Concept ?

L'équipe est contente de cette saison 2020. Tout le monde a été sérieux pendant le confinement et à la reprise, ce qui nous a permis de tirer des bénéfices d'entrée de jeu avec la victoire de Bryan Coquard (lors de la première étape de la Route d'Occitanie, ndlr). Et puis, on a surtout vu une belle équipe B&B Hotels-Vital Concept sur le Tour de France. On a vraiment pu montrer le maillot et performer avec de nombreux top 10, même s'il nous a manqué la victoire. L'équipe a prouvé qu'elle avait sa place sur cette course et on espère tous y être l'année prochaine, surtout avec ce départ en Bretagne.

 

Comment jugez-vous le parcours du Tour de France 2021 ?

Il semble moins dur sur le papier que celui de l'année dernière, avec des étapes un peu plus ouvertes. Personnellement, avec les quatre étapes en Bretagne dont une qui passe tout près de chez moi (il est originaire de Loire-Atlantique, ndlr), ce Tour de France me fait vraiment rêver et je vais tout faire pour être au départ l'année prochaine.

 

On a appris cette semaine que Vital Concept prenait du recul. Est-ce que vous avez senti une quelconque inquiétude au sein de l'équipe ces dernières semaines ?

Non, pas du tout. Étant coureur, je n'ai pas trop suivi cette affaire, mais il n'y a pas à s'inquiéter, l'équipe gère au mieux.

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Publié le par Nicolas GAUTHIER

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