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ITW - Mangeas : 'J'espère et je pense que le Tour de France se fera' Photo : @Cyclismactu / CyclismActu.net

ITW - Mangeas : "J'espère et je pense que le Tour de France se fera"

Le monde du cyclisme est aujourd'hui confronté à une situation inédite. De nombreux pays se retrouvent au ralenti, voire paralysés, à cause du coronavirus. Parmi ces pays, la France, la Belgique, l'Espagne et l'Italie, où devaient se dérouler la plupart des courses du calendrier en mars et en avril. La liste des courses reportées ou annulées s'allonge de jour en jour, plongeant coureurs, équipes, organisateurs et suiveurs dans l'incertitude. Notre chroniqueur Daniel Mangeas livre son regard sur les conséquences de cette crise sanitaire pour la petite reine.

Le Mag - Daniel Mangeas et le peloton face au coronavirus

 

Daniel, le peloton est aujourd'hui dans une situation inédite. Personnellement, en quoi êtes-vous impacté ?

C'est une situation jamais vue, jamais connue. Et espérons ne jamais la revoir non plus. A titre personnel, je devais faire toutes les manches de Coupe de France, c'est-à-dire Grand Prix de Denain, Nantes-Segré, Classic Loire Atlantique, Cholet-Pays de la Loire, Paris-Camembert, Route Adélie de Vitré, Roue Tourangelle, Circuit de la Sarthe, Tro Bro Leon... Et nous sommes déjà dans l'inquiétude pour les courses de mai et juin. C'est la première fois que je vais passer autant de temps à la maison ! J'ai eu tous les organisateurs au téléphone, ils m'ont épaté par leur envie de rebondir. Ils étaient déçus évidemment, chaque organisateur considère que sa course est son bébé, donc il a envie de l'organiser. Il y avait une déception mais je n'ai pas trouvé des organisateurs abattus, j'ai trouvé des organisateurs plutôt fatalistes et qui se disaient qu'il y aura des jours meilleurs.

Je suis très triste de ne pas pouvoir faire ces courses parce que depuis 40 ans que j'anime tous ces rendez-vous, il y a des relations amicales, certes avec les organisateurs, mais également avec tous les bénévoles. C'est un petit peu comme des réunions de famille que tu as l'habitude de faire et qui s'annulent. Moi, j'ai plaisir à les rencontrer, ils ont plaisir à me rencontrer, il y a un échange, un lien social qui se fait entre tous et qui là, ça va faire bizarre d'attendre un an de plus pour les voir. On se connaît depuis tellement longtemps. On a plaisir à se rencontrer sur l'événement, assister à une belle course, et aussi passer une soirée conviviale ensemble. Ça, ça ne va pas avoir lieu, ça me fait bizarre et je pense que ça va leur faire bizarre aussi.

 

Ces organisateurs se montraient quand même confiants malgré la problématique économique ?

Le plus frustrant je crois, c'est d'avoir le sentiment d'avoir travaillé pour rien. Parce que les courses que je viens de citer en mars et en avril, elles étaient prêtes, tout était ficelé, elles étaient prêtes à partir. Finalement, c'est le sentiment d'avoir travaillé un an pour rien. J'imagine leur déception, mais ils ont envie de remettre sur rail leur épreuve dès que possible. Cette année, ce sera compliqué mais ils ont tous bel et bien envie d'être sur la ligne de départ en 2021. Si l'économie tourne au ralenti, il est toutefois possible que des entreprises privées qui parrainent des épreuves cyclistes n'aient pas la trésorerie nécessaire pour s'engager auprès des organisateurs. On peut crainde un ralentissement au niveau des partenaires financiers.

 

Il y a eu un débat autour de la tenue de Paris-Nice alors que dans le même temps, presque tous les autres événements sportifs étaient annulés. Une partie des gens était d'avis que la course aurait dû s'arrêter plus tôt. Qu'en pensez-vous ?

C'est très difficile. Quand on est organisateur, on a bien sûr envie que la course aille à son terme. Mais d'un côté, on a senti que beaucoup de coureurs avaient envie que ça se termine au plus tôt. Mais c'est une décision qui n'est pas facile à prendre, dès lors que l'épreuve partait, c'est sûr que l'organisateur avait envie qu'elle aille à son terme. Je souhaitais pour eux que les soucis précédant le départ de l'épreuve laissent place au plaisir, mais hélas cela n'a pas été possible. Quand tu es dans un événement et que tu es passionné, tu es dans tu bulle, tu as l'impression que la planète tourne autour de nous, mais quand tu es en dehors, tu t'aperçois que la réalité de la vie est toute autre.

 

 

Pour les coureurs, cela va être très compliqué de gérer cette période d’incertitude, de se préparer sans savoir quel sera le calendrier.

Exactement, c'est déjà l'une des disciplines qui demande le plus d'entraînement, et s'entraîner au quotidien sans savoir où est le prochain objectif, sur quelle ligne de départ on va être la prochaine fois, c'est un peu comme être dans un brouillard où on ne voit pas plus loin qu'à 2,50 mètres. C'est le flou le plus total. Ils ne savent pas à quel moment ils vont revenir en compétition, ça doit être très difficile à vivre. Cela doit être une situation pas facile à gérer, ni physiquement, ni mentalement.

 

On attendait beaucoup de Romain Bardet sur le Giro. Malheureusement, la course est reportée et elle n'aura peut-être pas lieu.

C'est vrai. Je l'avais d'ailleurs trouvé très détendu quand je l'avais vu sur le Tour du Var et des Alpes-Maritimes. On le sentait serein. C'est sûr que là, tous les plans des différentes équipes, du coureur individuel mais aussi de toute l'équipe, vont être à refondre. Ça va être un casse-tête chinois.

 

C'est un vrai casse-tête justement pour les équipes puisque certains coureurs risquent de ne pas beaucoup courir. Avec le peu de courses qu’il reste à l’heure actuelle, il faudra faire des choix et donner la priorité à certains...

Tout est amputé, la saison est complètement décapitée. Quand j'énumérais tout à l'heure les épreuves de Coupe de France que je devais faire, elles n'auront pas lieu, elles vont avoir du mal à trouver une place de remplacement au niveau du calendrier. Cette saison est à peine commencée qu'on a l'impression que c'est un peu la symphonie inachevée. Je suis admiratif des coureurs mais aussi des organisateurs qui remettent l'ouvrage sur le métier pour rebondir, mais c'est vrai que ce virus nous ramène aux choses essentielles de la vie. Chacun pense surtout à ne pas tomber malade.

 

Vous êtes inquiet pour la tenue du Tour de France ?

Je pense et j'espère que le Tour de France se fera. Reste à savoir dans quelles conditions les coureurs auront eu la possibilité de le préparer. Si la saison cycliste n'est amputée que de mars et avril, c'est jouable. En revanche, si le calendrier du mois de mai disparaît et que celui du mois de juin est également amputé, ça va être extrêmement difficile d'avoir des coureurs opérationnels au moment du départ du Tour. Il y a l'inquiétude des équipes, des coureurs et des organisateurs. C'est encore assez loin, il y a encore près de 100 jours. Je ne pense pas que ça va durer jusque-là. Le Tour d'Italie disparaît déjà, souhaitons pour le cyclisme que le Tour de France soit là, car son absence serait dramatique pour notre sport, et que le deuxième volet de la saison puisse se dérouler. 

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Publié le par Quentin BALLUE

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