ITW
ITW - Lionel Marie: «Il n'y a pas de raison que Froome n'y arrive pas» Photo : @YallaIsraelSUN / @LionelMarie / Sirotti

ITW - Lionel Marie: «Il n'y a pas de raison que Froome n'y arrive pas»

Ce sera forcément l'une des équipes à suivre en 2021 ! Pour sa deuxième saison dans le WorldTour, la formation Israel Start-Up Nation présentera un effectif bien différent par rapport à cette année après le recrutement de neuf coureurs, dont Chris Froome (INEOS Grenadiers), Michael Woods et Sep Vanmarcke (EF Pro Cycling), Daryl Impey (Mitchelton-SCOTT) ou encore Alessandro De Marchi (CCC Team). Bien décidée à concurrencer à terme les meilleures équipes du monde, Israel Start-Up Nation veut franchir un cap dès 2021, ce que nous a confirmé Lionel Marie, le directeur sportif français de la structure israélienne. Au micro de Cyclism'Actu, ce dernier est longuement revenu sur l'exercice 2020 réalisé par ses coureurs, avant de se projeter sur une année 2021 qui promet d'être intense et de se confier sur le fonctionnement interne d'Israel Start-Up Nation.

Vidéo - Lionel Marie au micro de Cyclism'Actu

 

Le bilan 2020 : "Vu de l'intérieur de l'équipe, c'est très concluant"

Pour sa première année en WorldTour, Israel Start-Up Nation, avec dix victoires au compteur, aura réussi son examen de passage. Surtout qu'elle s'est imposée sur deux des trois Grands Tours auxquels elle a participé - Alex Dowsett au Giro et Dan Martin sur La Vuelta - et qu'elle peut se targuer également d'avoir pris la quatrième place du Tour d'Espagne avec son grimpeur irlandais. "En termes de résultats et vu les circonstances, on a été présent. On n’a pas eu trop de chance sur le Tour de France puisque Dan Martin avait chuté lourdement sur le Dauphiné et qu’il a donc pris le départ du Tour avec un léger trait de fracture au niveau du sacrum. Par contre, gagner une étape sur le Tour d’Italie et le Tour d’Espagne, c’est plutôt pas mal. Pour une première année en WorldTour, et donc une participation à chacun des trois Grands Tours, on a performé sur deux d’entre eux, donc c’est plutôt concluant", nous explique Lionel Marie.

"Il ne faut pas oublier qu’on avait en 2019 une équipe constituée pour le niveau ProTeam, avant d’avoir cette possibilité de monter en WorldTour en fin de saison dernière. Mais les recrutements étaient déjà faits, donc il a fallu composer avec cela, ce qui me fait dire qu’on ne s’est pas trop mal débrouillé vu la situation. On a su performer assez tôt avec Rudy Barbier en Argentine, où il a montré des capacités de sprinteur. Et il y a eu ensuite Hugo Hofstetter puis d’autres coureurs, avant que Dan Martin ne conclue la saison de fort belle manière sur La Vuelta en remportant une étape et en finissant quatrième du classement général. Mais c’est surtout le comportement de l’équipe qui nous a fait plaisir. Sur le papier, l’équipe n’était pas au niveau de la Jumbo-Visma ou d’INEOS, mais on a su tirer 100% de chaque coureur, et notamment sur le Tour d’Espagne où cinq coureurs n’avaient jamais disputé un Grand Tour. On a su tirer le meilleur de chacun pour performer aux côtés de Dan Martin donc, vu de l’intérieur de l’équipe, c’est très concluant."

 

Dan Martin et Nils Politt : "Le confinement a complètement arrêté Politt"

Construite autour de deux leaders arrivés dans l'équipe au début de la saison 2020, à savoir Dan Martin et Nils Politt, la formation israélienne a connu des fortunes diverses avec l'Irlandais et l'Allemand. "C’est évident que Dan Martin était déçu de son Tour de France. Mais vu la chute qu’il avait subie quelques jours avant le départ, il y avait déjà un point d’interrogation sur sa participation. Le voir prendre le départ était déjà un miracle, donc il n’en fallait pas attendre plus que ça. Ce qui est bien, c’est qu’il a pu terminer le Tour, ce qui lui a permis de se reconstruire et d’arriver sur les Ardennaises en forme, puis de conclure sur le Tour d’Espagne. Concernant Nils, il était vraiment bien sur Paris-Nice, mais il n’a jamais pu remettre en route après le confinement. C’est un garçon qui a beaucoup de qualités et qui devrait performer sur une saison pleine. En outre, il est très agréable et constructif dans une équipe. Malheureusement, ça n’a pas fonctionné cette année. Le confinement l’a complètement arrêté", confie Lionel Marie au sujet de celui qui évoluera chez BORA-hansgrohe en 2021.

 

Rudy Barbier, Hugo Hofstetter et Alexis Renard : "On est plutôt satisfaits de nos Français"

Très internationale, l'équipe Israel Start-Up Nation peut notamment compter sur trois coureurs français : Rudy Barbier, Hugo Hofstetter et Alexis Renard. Si les deux premiers ont levé les bras cette saison - Barbier sur le Tour de San Juan et le Tour de Slovaquie, Hofstetter sur Le Samyn - Alexis Renard découvrait pour sa part le monde professionnel en cette année 2020. "On est plutôt satisfaits de nos Français. Rudy Barbier a gagné deux courses, il va très vite. Il a pris le départ de son premier Grand Tour en participant au Giro, qui n’était pas une course facile et qui lui a permis d’avoir du recul sur le travail qu’il lui reste à accomplir pour pouvoir être performant de manière plus régulière. Il sait qu’il a des petites lacunes lorsqu’il s’agit de monter pendant plus de 5-6 kilomètres. Il va devoir prendre ses responsabilités par rapport à ça."

"Hugo Hofstetter a été performant sur le Tour de France, il a fait beaucoup de top 10. C’est un garçon qui n’a pas forcément besoin d’un train, qui sait se placer et qui a la rage de vaincre. Il va falloir peaufiner encore quelques petites choses car je pense qu’il peut gagner beaucoup de courses. Son style me fait penser à celui de Robbie McEwen, il sait passer les bosses et peut aller très vite. Enfin, Alexis Renard a aussi été une satisfaction. Il n’a pas eu de chance sur La Vuelta puisqu’il a contracté un virus au bout de deux semaines de course qui l’a obligé à abandonner. Mais avant cela, il avait été présent tous les jours pour entourer Dan Martin et il s’est même permis de faire sixième d’une étape au sprint. Il a vraiment fait l’unanimité."

 

Le recrutement 2021 : "Des coureurs expérimentés et qui savent où aller"

Comme précisé précédemment, Israel Start-Up Nation a entrepris un recrutement ambitieux en vue de la saison 2021. Ayant opté pour des coureurs expérimentés afin que leur équipe soit rapidement compétitif, les dirigeants vont désormais s'atteler à ce que toutes les recrues s'intègrent parfaitement et soient tournées vers les mêmes objectifs. "Face à la nouvelle génération, c’est un challenge intéressant de permettre à Chris Froome de revenir sur le devant de la scène", détaille l'ancien directeur sportif de la Cofidis. "C’est un garçon qui a eu un accident très grave et se reconstruire après ça n’est vraiment pas évident. Avec Daryl Impey ou Sep Vanmarcke, il aura autour de lui des coureurs expérimentés et qui savent où aller."

"Tous ces coureurs vont trouver une autre approche, certainement très différente de ce qu’ils ont vécu par le passé. Le côté humain dans l’équipe est important, ce qui peut faire un plus avec leur professionnalisme. Il va tout d’abord falloir qu’on apprenne à se connaître, qu’on soit sur la même longueur d’ondes pour pouvoir réaliser les objectifs. Ils vont devoir également faire connaissance avec la philosophie de l’équipe, qui va peut-être les surprendre au départ. Lorsqu’on part en stage en Israël, on ne fait pas que du vélo, on y va aussi pour s’imprégner de la culture du pays. Quand on va visiter le musée de la Shoah ou quand on écoute des histoires sur les Justes, c’est quand même quelque chose de marquant."

 

L'arrivée de Chris Froome : "Il va amener énormément à l’équipe"

Si nombre de bons coureurs vont rejoindre Dan Martin, Rudy Barbier ou André Greipel, il y en a un qui retient fatalement toute l'attention, Chris Froome. Après onze ans de collaboration avec le Team Sky - et ses appellations suivantes - le quadruple vainqueur du Tour de France s'est lancé un dernier défi à 35 ans. Très attendu par toute une équipe, le Britannique va tenter de retrouver son meilleur niveau et de mettre ses qualités hors du commun au service de sa nouvelle entité. "On ne se connaît pas encore avec Chris mais ce que j’ai pu voir, c’est qu’il a la rage de vaincre, la rage de revenir sur le devant de la scène", précise Lionel Marie.

 

"Il n’a pas hésité à mouiller le maillot pour son équipe durant le dernier Tour d’Espagne. C’est un multiple vainqueur du Tour de France et il s’est mis sans rechigner au service de son équipe pour faire des efforts et en allant au bout de lui-même. Il a une grosse volonté et il sait par où il faut passer. Il va amener énormément à l’équipe et on espère pouvoir répondre présent pour qu’il puisse performer et atteindre ses objectifs. Il n’y a pas de raison qu’il n’y arrive pas. Effectivement, la jeunesse arrive, mais c’était lors d’une saison particulière. On verra avec un calendrier complet si l’expérience et la force dues aux années vont pouvoir reprendre leur place par rapport à la fraîcheur physique et l’explosivité des jeunes coureurs."

"Les objectifs de Chris Froome ? On n’a pas encore parlé de ça mais il est évident que le Tour de France lui tient à cœur. On ne peut pas avoir son palmarès et ne pas envisager un cinquième Tour. Mais c’est aussi un garçon intelligent et il saura se mettre au service d’un co-leader selon les circonstances et comme il a pu le faire pour Richard Carapaz sur le Tour d’Espagne. Je pense aussi que ça fait partie de son plan", assure l'homme de 55 ans.

 

Rik Verbrugghe dans le staff : "Ça va apporter un plus à l’équipe"

Outre le recrutement de neuf coureurs - ce qui porte son total à 32 - Israel Start-Up Nation a également solidifié son staff technique. Constitué de dix directeurs sportifs - dont Lionel Marie, mais aussi Dirk Demol, Nicki Sörensen, Oscar Guerrero ou encore Cherie Pridham, la première femme à occuper un tel rôle au sein d'une équipe masculine WorldTour - il sera guidé par un manager sportif bien connu dans le monde du cyclisme, Rik Verbrugghe. Ayant déjà collaboré avec le Belge par le passé, Lionel Marie se réjouit de pouvoir travailler de nouveau avec lui.

"C’est un peu particulier avec Rik puisque je l’ai eu comme coureur lorsque j’étais directeur sportif chez Cofidis, puis on s’est retrouvés quelques années plus tard chez IAM Cycling, où il occupait le poste qu’il va occuper cette année chez Israel Start-Up Nation. Il va être le catalyseur des directeurs sportifs, organisera les calendriers de courses et sera présent sur certaines épreuves. Il a d’ailleurs déjà commencé à prendre des renseignements. C’est quelqu’un qui est très ouvert à la communication, donc ça ne devrait pas trop mal marcher. Ça va apporter un plus à l’équipe."

 

Sylvan Adams : "C’est peut-être le premier coureur de l’équipe..."

Co-propriétaire d'Israel Start-Up Nation avec Ron Baron, Sylvan Adams est un personnage incontournable du projet israélien. Désireux de faire du cyclisme un sport majeur en Israël, l'homme d'afffaires israélo-canadien se démène pour cela. Ayant eu l'occasion de le côtoyer à de nombreuses reprises, Lionel Marie s'est confié sur la personnalité de cet homme "très proche de ses coureurs."


"C’est un passionné. C’est peut-être le premier coureur de l’équipe et lui, il a fait les trois Grands Tours (rires). Il a fait une bonne partie de quelques étapes à vélo et j’ai d’ailleurs eu la chance de l’accompagner sur deux étapes du Tour de France. C’est un vrai passionné. Il a construit un vélodrome à Tel-Aviv, il a une chambre hyperbare chez lui pour simuler l’altitude… C’est vraiment quelqu’un qui aime le vélo et connaît tout de ce sport. Et il a également la compétition dans le sang. C’est un gagneur dans le business, donc c’est certain qu’il veut faire de même dans le sport."

 

Le renouveau du cyclisme : "Les jeunes coureurs savent communiquer leur joie"

Implanté depuis de très nombreuses années dans le cyclisme professionnel et passé par des équipes comme la Cofidis, la Garmin, Orica GreenEDGE ou encore IAM Cycling, Lionel Marie a traversé les époques et vu de nombreux champions à l'oeuvre. Interrogé sur la nouvelle vague qui s'est installée très rapidement au sommet du cyclisme mondial - les deux meilleurs exemples étant Egan Bernal et Tadej Pogacar, victorieux du Tour de France à 22 et 21 ans - le Manchois s'exalte devant les performances et l'attitude de l'ensemble de ces jeunes coureurs.

"Je trouve ça super, c’est très rafraîchissant. Quand on voit des coureurs comme Tao Geoghegan Hart, Benoît Cosnefroy ou Julian Alaphilippe, on voit qu’ils ont du peps et qu’ils ne sont surtout pas obnubilés par leurs watts et leur compteur. Il faut redonner ses lettres de noblesse au punch, au plaisir. C’est un sport qui est très difficile et voir ce côté champagne chez les jeunes coureurs me plaît bien. Ils savent se servir des nouveaux outils pour atteindre un point de performance, mais ils sont capables dans le feu de l’action de laisser place à leur imagination et à leurs sensations. C’est ce qui fait du bien actuellement, tout comme de les voir monter sur le podium avec le sourire et la joie de gagner. On a vu trop de coureurs, même des Français, qui n’exprimaient rien. C’est tellement dur comme sport qu’il ne faut pas cacher son plaisir. Ils savent communiquer leur joie", conclut celui qui sera avec tout le staff technique d'Israel Start-Up Nation à Gérone (Espagne) du 12 au 17 décembre prochain afin de préparer la saison 2021.

Vous avez aimé cet article, partagez le ! 

Publié le par Nicolas GAUTHIER

Vos pronostics et vos paris cyclistes c'est ici

Ces pronostics sont donnés à titre indicatif. Vous ne saurez engager la responsabilité de l'auteur quant aux résultats des courses. Les cotes sont susceptibles de changer jusqu'au départ. «  Jouer comporte des risques : endettement, dépendance… Appelez le 09 74 75 13 13 (appel non surtaxé) »

Publicité



News

Transferts

Publicité

Sondage

Quelle équipe du WorldTour a le plus beau maillot en 2021 ?



















Partenaires

Publicité
Publicité