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ITW - Les Caubin et leur Route d'Occitanie : «Une grosse pression» Photo : @RouteOccitanie

ITW - Les Caubin et leur Route d'Occitanie : «Une grosse pression»

Très attendue par les passionnés de cyclisme, la reprise des compétitions officielles en France se fera le 1er août prochain dans le Sud de l’Hexagone puisque c’est la Route d’Occitanie qui ouvrira le bal. Traditionnelle épreuve préparatoire du Tour de France, l’épreuve occitane gérée par la famille CaubinPierre, directeur de la course, est accompagné par ses deux fils Romain et Mathieu, membres du comité d’organisation – devrait ainsi avoir tous les yeux braqués sur elle dans quelques semaines. Contacté par Cyclism’Actu, Mathieu Caubin a fait le point sur les différents sujets liés à cette 44e Route d’Occitanie, qu'il qualifie de "gros challenge". Entretien.

Vidéo - Le Mag - Avec Mathieu Caubin de la Route d'Occitanie

 

"La Route d'Occitanie, un gros challenge !"

Mathieu, la Route d’Occitanie 2020 aura donc lieu du 1er au 4 août. Peut-on dire que c’est une position idéale pour votre épreuve ?

Oui, c’est une bonne position mais on a déjà une position idéale en temps normal en étant placé deux semaines avant le Tour de France. Cette année, on va rester une course de préparation au Tour et avec des dates estivales. On se trouve quand même devant un gros challenge puisqu’on serait la première épreuve du calendrier, l’emploi du conditionnel étant nécessaire puisque le calendrier était une première étape et qu’il reste encore de nombreuses inconnues à lever par rapport à la situation sanitaire, à nos prochaines réunions avec les préfectures et à tout ce que nous demanderont nos villes hôtes.

Mais pour en revenir à notre position, elle est donc idéale mais on va être extrêmement scruté du fait qu’on serait le premier évènement sportif d’envergure internationale à se disputer en France. Il y aura donc une grosse pression médiatique et une attention particulière sur la façon dont on va gérer les choses. On imagine qu’on aura également un plateau un peu plus étoffé que les années précédentes, sachant qu’on a déjà habituellement un très beau plateau pour une course de catégorie 2.1. L’attention de la presse vélo devrait donc être plus importante qu’à l’accoutumée, à laquelle il faudra certainement ajouter la présence de la presse généraliste qui voudra voir comment les choses se déroulent dans ce contexte.

 

"Froome, Bernal ou Thomas sur la Route d'Occitanie, ce serait fantastique pour nous"

Comment se sont passées les négociations avec la Ligue nationale de cyclisme (LNC) pour déterminer ce nouveau calendrier, et donc votre positionnement au sein de celui-ci ?

Plusieurs discussions ont eu lieu entre la LNC et le Rassemblement des organisateurs de courses cyclistes (ROCC) afin d’évoquer les difficultés des organisateurs. Il a en fait suffi de quelques réunions pour réorganiser le calendrier, chacun donnant son point de vue sur l’épreuve qu’il dirige et sur ce qu’il était possible de faire ou de ne pas faire. Et il y a eu un effort collectif assez intéressant sur ces points-là. Nous concernant, la question de notre position avant ou après le Tour de France ne s’est pas vraiment posée puisque c’est dans notre ADN d’être une préparation au Tour. On avait évoqué en interne la possibilité que la Route d’Occitanie soit organisée après, mais une place s’est libérée pour nous en août, et donc la question ne s’est pas posée.

 

Cinq équipes WorldTour étaient présentes sur l’édition 2019 (Groupama-FDJ, Movistar, Team INEOS, AG2R La Mondiale et EF Education First). Peut-on imaginer qu’il y ait plus de formations WorldTour sur l’édition 2020 au détriment d’équipes de niveaux inférieurs ?

Vis-à-vis des équipes, on s’était déjà engagé cet hiver sur un plateau de 18 équipes et ces dernières seront présentes. Elles ont leur place assurée même si nous recevons des propositions de formations WorldTour. Si on a des demandes, ce sera donc éventuellement en plus des équipes déjà engagées et non au détriment d’une ProTeam ou d’une Continentale. Nous avons d’excellentes relations avec des équipes Continentales, que l’on prend soin de sélectionner sur des critères sportifs, et on restera sur le format des années précédentes. On ne peut pas encore communiquer sur les formations qui seront présentes mais le plateau 2020 ressemblera beaucoup à celui de 2019.

 

Ce qui signifie que le Team INEOS devrait être présent, et avec pourquoi pas l’un ou plusieurs de ses leaders pour le Tour de France, à savoir Egan Bernal, Geraint Thomas et Chris Froome ?

Le Team INEOS – et anciennement Team Sky - est effectivement sur la Route d’Occitanie depuis quelques années, c’est l’un de nos fidèles. On attend néanmoins la confirmation de leur présence puisque les programmes ont été chamboulés. Mais s’ils pouvaient venir et nous amener l’un des derniers vainqueurs du Tour de France, ce serait fantastique pour nous. On ne le sait pas encore mais ce n’est pas à exclure.

 

"On sait que toutes les mesures à prendre seront un énorme surcoût pour nous"

Les villes étapes ont été confirmées mercredi. Avez-vous pensé à modifier le parcours au vu de la situation, et notamment à raccourcir le kilométrage des étapes ?

Pour le moment, non. On ne s’est pas encore posé la question sur le plan sportif. Les coureurs auront besoin de faire des kilomètres. La question d’un changement de parcours se posera peut-être après les discussions que l’on aura avec les villes que la course traversera puisque nous sommes locataires de l’espace public et donc dépendants des décisions prises par les villes présentes sur le parcours.

 

Les rassemblements de plus de 5 000 personnes sont interdits jusqu’à la fin du mois d’août. Comment comptez-vous vous adapter à cet aspect ?

C’est un peu le flou pour nous à ce niveau-là. Des discussions ont lieu sur ce sujet du côté de l’UCI, de la LNC et des organisateurs de courses. Je pense qu’il est urgent d’attendre sur la question de ce qu’il faudra mettre en place. On envisage déjà de notre côté un certain nombre de choses et on essayera aussi d’appliquer les directives indiquées par nos institutions et les autorités. En ce qui concerne la jauge des 5 000 personnes à un même endroit, la Route d’Occitanie, de par sa dimension, ne devrait pas être concernée par cela.

On devra cependant assurer que nos dispositifs sur les zones privatives, qui ne le sont pas vraiment habituellement, seront bien délimités et que l’accès à ces zones sera limité. On fournira également des masques et des gels hydroalcooliques à toutes les personnes présentes sur l’épreuve. On réfléchit dans le même temps à la façon dont nous pourrons protéger les coureurs, tout en attendant les préconisations de l’UCI et en regardant ce qui pourrait se faire sur les courses par étapes qui auront lieu après la nôtre. On se tient prêt dans tous les cas et on sait que ce sera un énorme surcoût pour nous.

 

"On devrait être capable d'en dire plus sur la tenue de l'épreuve d'ici le 15 juin"

Et par rapport à ce volet financier, avez-vous déjà une idée de la façon dont seront répartis ces coûts supplémentaires ?

Il faut savoir qu’une grande partie du budget de la Route d’Occitanie provient des collectivités publiques. La région Occitanie est notre premier partenaire, certains départements de la région sont également nos partenaires, ce qui fait que l’on a peu de partenaires privés. Mais cette année, au vu des conditions actuelles, on se rend compte que cet inconvénient est devenu notre principal avantage puisque les quelques partenaires privés que l’on avait ont dû revoir leur budget à la baisse ou même annuler leur participation, alors que tous nos partenaires publics sont à fond derrière nous. On avait tablé sur une légère augmentation de notre budget cette année, ce qui va nous permettre, on l’espère, d’absorber la hausse de charges prévue.

Après, tout dépendra de la position du curseur. C’est sûr que si on a besoin de deux kilomètres de barrière sur chaque site, de personnes pour les installer, d’agents de sécurité et autres, ça pourrait rapidement être très compliqué pour une organisation comme nous qui fonctionne à 100 % sur le bénévolat. Le surcoût sera vraiment difficile à absorber. Ça fera donc parties des inconnues qui seront à lever lorsque nous connaîtrons les mesures qui seront à respecter et le prix de celles-ci. Aura-t-on les ressources pour organiser notre épreuve dans de bonnes conditions ? C’est l’une des questions que l’on se pose et ce qui pourrait nous faire renoncer à l’organisation si jamais ce n’est pas le cas.

 

À quelle date comptez-vous prendre une décision officielle pour l’organisation ou non de la Route d’Occitanie 2020 ?

Tout va dépendre des annonces gouvernementales sur les premiers résultats du déconfinement. On imagine qu’une partie des décisions sera réservée à l’évènementiel, ce qui devrait nous permettre ensuite de passer aux réunions avec les préfectures, en sachant que la Route d’Occitanie traverse cette année neuf départements, donc autant de réunions préfectures à organiser. C’est à ce moment-là que l’on verra si le plan avec lequel on se présentera à ces réunions sera réalisable ou non. Ce sera le gros filtre à passer pour nous. Mais sans m’engager à 100 %, je pense que d’ici le 15 juin, on devrait être capable d’en dire plus.

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Publié le par Nicolas GAUTHIER

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