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ITW - Jean-René Bernaudeau : «Mes coureurs sont jugés injustement» Photo : Sirotti

ITW - Jean-René Bernaudeau : «Mes coureurs sont jugés injustement»

Meilleure équipe Continental Pro en 2019, la formation Total Direct Energie a vécu un exercice 2020 beaucoup plus compliqué avec seulement trois victoires à son actif, un total bien en-dessous des années précédentes. Jean-René Bernaudeau, le manager général de l'équipe français, a répondu aux questions de Cyclism'Actu et est revenu sur cette année particulière marquée par la crise sanitaire. Une chose est sûre, il compte bien rebondir l'an prochain ! 

Vidéo - Bernaudeau : "On n'a jamais déçu sur le Tour de France"

 

Jean-René, cette année 2020 a été très difficile pour votre équipe Total Direct Energie. Quel bilan tirez-vous de cette saison ?

L'année 2020 n'est pas une année de référence, c'est une année de Covid. On avait bâti un groupe très fort pour les Flandriennes puisqu'on n'avait pas les moyens d'avoir une équipe faite pour les Grands Tours. On a fait un bon démarrage et on a obtenu quelques bons résultats, comme une victoire sur Paris-Nice avec Niccolo Bonifazio ou une quatrième place sur le Tour des Flandres avec Anthony Turgis. Je ne veux pas accabler mes coureurs, c'était une année très compliquée. Ce n'est pas une année où je peux faire facilement le bilan, les bilans ne se font pas sur des exercices un peu particuliers, et 2020 était un exercice particulier.

 

Vos leaders Liljan Calmejane et Niki Terpstra ont aussi connu une année sans...

Lilian avait une équipe pour travailler pour lui en montagne, notamment avec Romain Sicard, mais il a chuté sur la Route d'Occitanie et le Tour du Limousin et il s'est vite retrouvé en-dessous de ses possibilités. Notre chance aurait été d'avoir un grand Calmejane sur le Tour de France, mais ça n'a donc pas pu être le cas. Et puis concernant Niki, on ne peut juger aucun coureur du peloton qui a subi trois fractures en deux ans. D'ailleurs, Niki est admirable dans son sérieux pour revenir. Mais du coup, tout ça additionné fait que j'ai hâte qu'on soit en 2021, j'ai vraiment hâte.

 

En parlant de 2021, vous avez recruté plusieurs coureurs de renom comme Pierre Latour, Alexis Vuillermoz, Alexandre Geniez ou Edvald Boasson Hagen. C'est le signe d'une ambition retrouvée ?

Dans le passé, on a fait les choses bien dans la mesure de nos possibilités. On a construit une grosse équipe pour les Flandriennes, et on l'a toujours, mais pour 2021, on a axé tout le développement de la Total Direct Energie sur les Grands Tours en recrutant Pierre Latour, Alexandre Geniez, Fabien Doubey, Alexis Vuillermoz, Victor de la Parte et même Edvald Boasson Hagen, c'est quelque chose d'assez fort. On a aussi signé Chris Lawless pour les courses d'un jour et les Classiques flandriennes. Donc on s'est un peu renforcés pour les Flandriennes et énormément pour les courses par étapes. L'an prochain, on aura une équipe d'un niveau mondial très correct.

 

Contrairement à cette année, vous ne pourrez pas participer aux courses WorldTour de votre choix et vous devrez bénéficier d'invitations de la part des organisateurs. Craignez-vous de ne pas recevoir de wild card pour le Tour de France ?

Non, je ne suis pas inquiet. On ne s'occupe pas de ça, on s'occupe de la qualité de l'équipe et ensuite les organisateurs organisent. Je n'ai pas à être inquiet, j'ai une très belle équipe et on n'a jamais déçu sur le Tour. On a gagné il y a trois ans sur le Tour, on a une histoire avec le Tour et le haut niveau et la mondialisation du cyclisme font qu'on ne peut pas juger une équipe tous les ans par rapport aux années précédentes. Notamment cette année, on savait qu'en 2020 c'était un Tour de grands montagnards, et on n'avait pas de montagnards. Alors qu'en 2021, on aura un départ pour puncheurs en Bretagne, et il faut rappeler que Latour et Vuillermoz sont les deux meilleurs Français lors des deux dernières arrivées du Tour à Mûr-de-Bretagne (Vuillermoz vainqueur en 2015, Latour 2e en 2018, ndlr). De plus, Pierre Latour est le meilleur rouleur français et il y aura un chrono dès la 5e étape. Donc à nous de faire nos preuves, mais de notre côté, on ne court pas après la sélection. La sélection doit découler d'une logique sportive, comme le WorldTour sur lequel j'ai beaucoup de choses à dire.

 

Qu'avez-vous à dire sur le WorldTour ?

La sélection du Tour doit se faire sportivement, mais ça devrait être pareil pour l'attribution des licences WorldTour. Quand le WorldTour a été créé, il y avait le sport, l'éthique et les finances, mais aujourd'hui, on achète et on vend des licences, ce n'est pas le cyclisme que j'aime. Pour moi, le WorldTour, c'est le haut niveau, et le haut niveau, ça se mérite. Ça doit aller se chercher avec les victoires, pas s'acheter. Donc tout ça fait qu'on reste concentrés sur ce qu'on a à faire, on va rester très professionnels avec une équipe qui s'est aussi beaucoup renforcée dans le staff puisqu'on a élargi le pôle performance. Je suis très impatient de débuter l'année prochaine, en espérant que le Covid nous permette de faire une saison correcte, mais on a vu qu'on pouvait faire du vélo avec le Covid.

 

Vous pourrez compter sur une équipe de revanchards pour rebondir l'an prochain...

 Non, pas de revanchards, on a été la meilleure équipe Continental Pro l'an passé et on se retrouve jugés injustement. Mes coureurs sont jugés injustement, et ce n'est pas bien. Comme je l'ai dit précédemment, l'année 2020 n'est pas une année référence pour le sport, elle a été très compliquée.  En tout cas, j'ai totalement confiance en mes coureurs, je sais qu'au fond d'eux ils auront envie de répondre aux détracteurs qui pensent injustement qu'on a fait une année catastrophique. Ce n'était pas une bonne année, mais pas catastrophique non plus, loin de là. Beaucoup aimeraient gagner en WorldTour, et nous on l'a fait en gagnant sur Paris-Nice.

 

Pour conclure, qu'est-ce qu'on peut vous souhaiter pour 2021 ?

On sait où on va, on est sûrs de nos forces. On souhaite que Niki Terpstra ne se recasse pas la figure, on souhaite que Pierre Latour, qui a lui aussi eu une série de malchance assez importante, soit en pleine santé et en pleine possession de ses moyens, et si tout va bien, on a une très, très belle équipe. Je ne cherche pas mieux que de préserver la santé de mes coureurs. Il faut aller chercher la réussite, mais on ne peut pas lutter contre la malchance comme celle de Niki Terpstra par le passé. Ensuite, les victoires viendront logiquement, et on a toujours gagné beaucoup.

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Publié le par François BONNEFOY

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