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ITW - Jacques Monclar : «Le sport a été maltraité et mal traité» Photo : @Cyclismactu / CyclismActu.net

ITW - Jacques Monclar : «Le sport a été maltraité et mal traité»

Consultant vedette de la NBA sur beIN Sports, Jacques Monclar est également un grand fan de cyclisme. Régulièrement présent sur les routes du Tour de France, l'ancien international français de basket suit assidûment l'actualité de la "petite reine". En attendant une éventuelle reprise de la NBA, elle aussi à l'arrêt à cause du coronavirus, Jacques Monclar s'est exprimé au micro de Cyclism'Actu en abordant différents sujets tels que Lance Armstrong, Chris Froome, le Tour de France mais aussi la place du sport en France durant la pandémie.

Monclar : "ASO et Prudhomme ont géré de main de maître... !"

 

Sur Lance Armstrong

Lance Armstrong, il représente tout ce que je déteste dans le sport. J'aimerais préciser quelque chose : je lis ici ou là des gens qui disent que c'est bien, qu'il a eu le courage d'avouer, que c'est un repenti... Non, il a avoué quand il a été devant le fait de devoir passer sous serment aux États-Unis, et si on ment sous serment, c'est directement la prison, comme Marion Jones il y a quelques années. Armstrong représente non seulement un athlète dopé, mais c'est surtout l'institutionnalisation des choses que je trouve douloureuse, c'est sa main de fer sur le peloton que je trouve inadmissible, c'est tout ça. Les victoires qu'il a volées à des champions, les athlètes qu'il a tués comme Bassons... Il y a trop de dégâts. Donc je me moque un peu de ce qu'il dit.

 

Sur le Tour de France

Il faut aller vers le côté raisonnable des gens. Qu'ils ne se sautent pas dessus, qu'ils ne soient pas trop les uns sur les autres. Il faut peut-être qu'il y ait un peu de surveillance, mais c'est surtout l'intelligence des gens qui fera que le Tour de France pourra bien se passer. Après, d'un point de vue sportif, beaucoup ont fait du home trainer pour se maintenir en forme, mais ce n'est pas le même effort. J'avais été surpris quand certains avaient dit que cette pause pouvait faire du bien aux athlètes, que ce n'était pas grave. En y réfléchissant, je me dis que peut-être certains ne retrouveront jamais leur niveau d'avant, ça peut arriver. Je me dis que Thibaut Pinot pourrait ne jamais retrouver son niveau de l'an passé, que Julian Alaphilippe pourrait avoir perdu son coup de pédale... Certains athlètes ont sans doute vécu cette situation mieux que d'autres. Je pense qu'on peut avoir une des courses les plus incertaines depuis des années. Il y a pas mal de questions autour de la reprise d'un point de vue sportif pur, au-delà des intérêts économiques, au-delà d'un huis clos.

D'ailleurs, le Tour de France à huis clos, c'est quand même l'une des plus belles âneries qu'on ait entendue de l'année. Le Tour de France, c'est une fête populaire, et j'avais beaucoup aimé quand Cyrille Guimard, Marc Madiot et d'autres faisaient remarquer que le Tour de France pourrait être le symbole d'un retour au sport de la France, car le Tour de France appartient aux Français. Et je trouve ça très bien. Le Tour de France a été très sage, mais quand les instances dirigeantes ont parlé de huis clos, la réponse a été cinglante de la part d'ASO. Si je peux me permettre, on ne déconne pas avec le Tour de France, c'est le patrimoine. Et s'il y a moyen d'organiser du sport, ce serait un formidable signal envoyé au pays, même s'il n'y aura pas le côté fête populaire de l'été puisque ce sera en septembre. Avant ça, on pourra avoir une idée de comment ça pourrait se passer avec le Dauphiné, même si ce n'est pas la même fréquentation, et avec les autres courses du mois d'août. On va observer, bien évidemment il ne faut pas prendre de risque avec la pandémie, il faudra protéger les coureurs, les suiveurs et le public, mais j'ai envie d'y croire. Globalement, j'y crois.

 

Sur la place du sport en France avec la pandémie

On n'est pas un pays sportif. Déjà, je n'ai entendu aucun message de la part du Président ou des ministres pour soutenir les athlètes olympiques qui ont vu leurs objectifs repoussés d'un an. Pas un mot non plus pour soutenir les clubs de handball, de volley, de basket... tous les petits clubs qui vont se retrouver étranglés. Je trouve que le sport, on n'en a parlé juste pour dire "On arrête !" et pour dire "on ne reprend pas". Je ne veux pas comparer avec l'Allemagne, parce que l'impact de la pandémie y a été bien moindre que chez nous, mais quand je vois l'Italie, l'Espagne, l'Angleterre qui se préparent à reprendre, je me pose des questions. En France, on a entendu qu'on reprendrait que quand on aurait un vaccin. Et si on ne le trouve pas le vaccin ? À un moment donné, il va bien falloir, en prenant toutes les précautions, que tout le monde reprenne. Je trouve que le sport a été maltraité. Mal traité et maltraité.

Il faut arrêter les bêtises. Il faut comprendre que cette économie du sport, elle fait travailler des salariés, des structures, elle donne du rêve aux enfants, de l'occupation aux personnes âgées, elle est la passion de beaucoup de gens... Tout ça a été oublié. Ce qui m'a le plus choqué, c'est pour les athlètes olympiques. Ils s'entraînent pour une compétition qui les met en lumière tous les quatre ans, et voir ces athlètes qui voyaient l'objectif s'éloigner, en se demandant si leur contrat de sponsoring allait être renouvelé ou si leur club allait survivre à tout ça... Ils n'ont été soutenus par personne ou presque, et le sport n'a pas été considéré comme une activité dont notre pays peut être fier. Nous avons une équipe de handball fantastique, des footballeurs champions du monde, des rugbymen qui remettent le nez à la fenêtre, des basketteurs médaillés mondiaux... Le sport est la cinquième roue du carrosse. Je suis déçu, mais pas surpris. Ne pas avoir de culture sportive en France, si on n'en était pas sûr avant, maintenant on en est sûr.

 

Sur l'unité dans le vélo par rapport à d'autres sports

On ne va pas se voiler la face. Les équipes, les directeurs sportifs, les cyclistes ont été bons, mais ASO et Christian Prudhomme ont géré cette situation, pour l'instant, de main de maître. Depuis le début de la crise, Christian Prudhomme est le boss du sport français. Il y a lui et Noël Le Graët, le président de la Fédération Française de Football. Qu'on soit d'accord avec eux ou pas, peu importe, mais ils ont été droits dans leurs bottes.

 

Sur Chris Froome

Apparemment, il n'est pas numéro un ni numéro deux chez Ineos, mais numéro trois. Évidemment, ça ne lui convient pas, et la situation semble bloquée. En tout cas, si Ineos est divisée au départ, ça peut arranger les autres. Après, pour Froome, qui revient de l'enfer après cette chute terrible, je trouve ça dommage. C'est un personnage décrié mais qui est toujours apparu bien meilleur mec que l'image qu'on en a. Il reste un candidat au titre avec bien sûr Bernal, nos Français et bien d'autres. Mais s'il veut quitter Ineos avant le Tour, ça peut être un problème pour eux.

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Publié le par François BONNEFOY

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