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ITW - David Moncoutié : «Sans dopage, c'était compliqué à mon époque» Photo : @Cyclismactu / CyclismActu.net

ITW - David Moncoutié : «Sans dopage, c'était compliqué à mon époque»

Mercredi et jeudi, La Chaine L'Equipe rediffuse les deux succès de David Moncoutié sur le Tour de France, lors de l'édition 2004 à Figeac puis en 2005 à Digne-les-Bains le 14 juillet. L'occasion pour Cyclism'Actu de parler de ces deux belles victoires avec l'ancien grimpeur de la Cofidis, qui est désormais consultant pour Eurosport. David Moncoutié a également évoqué des sujets qui font l'actualité comme Lance Armstrong, Chris Froome et la saison à venir.

Moncoutié : "Forcément, ça rappelle de grands souvenirs"

 

David, qu'est-ce que ça vous fait de revoir ces images de votre victoire sur le Tour de France ?

Forcément ça rappelle de grands souvenirs. Ce sont des moments qui marquent dans une carrière, et même dans une vie. Gagner une étape du Tour, c'était un objectif dans ma carrière, et ce jour-là c'était comme une sorte d'aboutissement. Et les deux fois c'était spécial, puisque la première étape c'était dans mon département à Figeac et la deuxième un 14 juillet. C'était des grands moments d'émotion.

 

Votre victoire en 2004 arriva dans un contexte particulier avec l'affaire Cofidis, votre équipe, qui avait éclaté quelques mois auparavant...

C'est vrai qu'il y avait ce contexte également. l'affaire Cofidis nous avait frappé en début de saison. On avait arrêté de courir, il y avait eu plusieurs réunions, le sponsor avait hésité à repartir. Mais pour certains coureurs, dont moi, ils ont continué dans le cyclisme, et cette victoire c'était une manière de les remercier. En plus j'étais chez eux depuis mes débuts pros en 1997.

 

Après votre victoire en 2005, vous n'avez plus jamais vraiment brillé sur le Tour. En revanche, vous êtes devenu un spécialiste de la Vuelta avec quatre victoires d'étapes et quatres maillots de meilleur grimpeur en quatre ans...

Au début, quand on est coureur français, le Tour de France c'est la plus belle course. Après 2005, j'ai eu des Tour un peu plus difficiles, il y avait beaucoup d'attentes autour de moi et je me sentais plus à l'aise sur la Vuelta. C'était une course plus comme j'aimais, plus tranquille, sur des parcours qui me convenaient parfaitement. Donc sur la fin de ma carrière, je faisais souvent Tour et Vuelta, mais j'avais beaucoup plus de réussite en Espagne. Évidemment, si je dois donner une hiérarchie à mes victoires, celles sur le Tour ont plus de saveur, plus d'impact auprès du public. Vu que j'en ai gagné quatre sur la Vuelta, on me parle aussi de la Vuelta, mais les victoires sur le Tour, surtout celle le 14 juillet...

 

Pendant votre carrière, vous avez couru dans le même peloton que Lance Armstrong, qui fait la une en ce moment suite à la diffusion d'un documentaire où il dévoile "sa" vérité, qui n'est pas belle à entendre. Comment c'était pour vous, qui aviez la réputation d'être un coureur propre et exemplaire, de courir à ses côtés ?

Déjà, il y a eu plusieurs époques. Je suis passé pro en 1997, et entre 1997 et 1998, pour exister sur les plus grandes courses, c'était compliqué sans rien prendre. Après, il y a eu l'affaire Festina. Je me suis senti beaucoup plus à l'aise après parce que ça a quand même mis un gros coup de frein, surtout au niveau des équipes françaises. J'ai obtenu ma première victoire en 1999 et jusqu'en 2002, j'ai continué à progresser. En 2002, je fais même 13e du Tour de France. Donc je me disais qu'il y avait toujours moyen d'exister, et je pense qu'au niveau du dopage il y avait eu un petit coup de frein, mais au fur et à mesure des années, surtout à partir de 2003, je sentais que ça repartait comme avant. Donc j'ai changé d'objectifs dans ma carrière en décidant de me focaliser sur les étapes.

Pour tous ceux qui jouaient les premiers rôles à cette époque, et surtout le classement général sur les grandes courses, c'était compliqué sans dopage. Donc Armstrong faisait comme les autres. Heureusement, il y avait quelques coureurs, dont moi, qui faisaient sans, mais évidemment on ne pouvait pas rivaliser sur les très grandes courses comme les Grands Tours ou les grandes Classiques, où l'endurance, la fatigue rentraient plus en ligne de compte.

 

Justement, en parlant de ce Tour de France 2002... Vous terminez 13e derrière des coureurs qui ont presque tous été en lien avec le dopage. Est-ce que ça vous laisse des regrets en vous disant que, si le dopage n'existait pas, votre carrière aurait pu être différente ?

On m'en parle beaucoup de ce Tour 2002. C'est vrai que quand on voit ce classement... C'est l'année où j'ai vraiment joué le classement général du Tour, je m'accrochais tous les jours. J'ai quand même fini loin du premier, mais c'est sûr que sans dopage ça aurait été une course différente. Après, est-ce que j'avais le mental pour jouer un podium, ce n'est pas sûr non plus. Je n'ai pas forcément de regrets, j'ai mené ma carrière avec les circonstances de l'époque. Comme je disais, à un moment donné j'ai décidé de me focaliser sur les étapes et j'ai connu des très bons moments.

 

Mais comment faisiez-vous pour accepter tout ce qu'il se passait alors que vous étiez un coureur propre, pour continuer, et gagner ? Ça devait être très frustrant ?

Oui, mais comme je l'ai dit, on change d'objectifs. On se fixe des courses, des étapes, on mise sur une journée où la différence se fera moins. On change son fusil d'épaule, et il y avait aussi des courses où il y avait davantage moyen de rivaliser, notamment en début de saison. Mais dès qu'on approchait du Tour, et surtout pendant le Tour, dès qu'on approchait des grands objectifs de la saison, on sentait que le niveau montait d'un cran (rires).

 

Vous aimeriez être coureur pro aujourd'hui, où le dopage semble avoir bien reculé, où tout le monde semble avoir plus de chances de briller ?

Oui, c'est sûr. Déjà, quand je compare mes dernières années par rapport aux premières, je sentais que le peloton avait changé, que les discours avaient changé. Donc j'aurais préféré courir maintenant, mais déjà à la fin de ma carrière ça allait beaucoup mieux, même si j'étais un peu moins fort après mes deux chutes.

 

Cette année, la saison reprendra en août si tout va bien. À quoi vous attendez-vous, notamment sur le Tour de France ?

Ça peut changer des choses. Pour se mettre à niveau, il n'y aura pas de soucis, je pense même qu'il y aura des coureurs qui vont se sentir beaucoup mieux avec cette coupure forcée. Ça va être complètement différent au niveau de la préparation, les coureurs auront plus de jus, et ça compte sur un Tour de France qui dure trois semaines. Certains coureurs aussi sont mieux à certaines périodes de l'année, et en septembre il fera moins chaud qu'en juillet. Donc ça peut bouleverser pas mal de choses, on peut avoir quelques révélations. Bien sûr, on retrouvera les mêmes pour jouer les premiers rôles, mais certains vont plus se plaire sur un Tour en septembre.

 

Pensez-vous que Chris Froome, qui revient d'une très grave blessure et qui ne semble plus à l'aise chez INEOS aux côtés de Geraint Thomas et Egan Bernal, puisse jouer la gagne sur le Tour de France cette année ?

Ça reste très compliqué vu d'où il revient. Le Tour en septembre plutôt qu'en juillet, ça lui laisse deux mois de plus, c'est toujours ça de pris pour lui. Après, il n'aura pas eu l'occasion de faire des courses avant pour retrouver de la puissance, même si on sait que c'est un gros bosseur. C'est toujours important de faire des courses, de rouler dans le peloton. Ça peut être une surprise, Froome est un coureur très fort mentalement, mais je n'y crois pas trop cette année, il lui aurait peut-être fallu un peu plus de temps pour revenir. Je me souviens quand j'ai eu mes deux grosses chutes en 2006-2007, j'ai fait six mois de béquilles, et sur les premières courses en 2008 j'ai eu du mal, sur le Tour je suis passé à côté mais j'étais super sur la Vuelta ensuite. Donc est-ce que Froome aurait besoin d'un Grand Tour avant de faire le Tour ? On verra.

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Publié le par François BONNEFOY

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