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ITW - Cyril Saugrain : 'Armstrong bankable... une erreur des médias !' Photo : RTBF

ITW - Cyril Saugrain : "Armstrong bankable... une erreur des médias !"

Vainqueur d'une étape du Tour de France 1996 au Lac de Madine, Cyril Saugrain a été coureur professionnel de 1995 à 2003. Passé par les formations Aubervilliers 93, Cofidis, La Française des Jeux et BigMat-Auber93, le natif de Livry-Gargan (Seine-Saint-Denis) s'est reconverti avec succès dans les médias depuis 2012. Travaillant pour la RTBF depuis 2013, il en est depuis devenu le consultant phare et commente les plus grandes courses cycliste du monde pour la chaîne de télévision belge. Expert ès cyclisme, Cyril Saugrain est revenu pour Cyclism'Actu sur les sujets brûlants du moment.

Cyril Saugrain : "J'ai du mal à croire au départ de Froome"

 

"Les coureurs vont devoir se gérer totalement différemment"

Cyril, un nouveau calendrier UCI , les coureurs de retour à l’entraînement… Les choses semblent aller dans le bon sens actuellement pour une reprise en août prochain ?

C’est sûr qu’à partir du moment où on a un calendrier, ça sent la reprise. Une projection est envisageable pour les coureurs et pour les médias, qui se disent qu’il va se passer des choses. Malgré tout, on reste suspendu à une récidive de quelque chose que l’on ne maîtrise pas pour le moment, en l’occurrence le Covid-19. Les dates vont tout de même permettre aux coureurs d’envisager une préparation, de recaler les objectifs et les phases d’entraînement.

 

Et globalement, quel est votre avis sur ce calendrier ?

En tant que consultant de la RTBF et fan de vélo, je me dis qu’il va se passer des choses et que des grandes courses vont avoir lieu. Ce qui est sûr, c’est que la tâche n’a pas été évidente et que ce calendrier fait des heureux, des moins heureux et des malheureux. Mais je me réjouis de voir que des courses vont avoir lieu et que des choses assez particulières pourraient se passer, dans le sens où certaines épreuves vont avoir lieu à des dates inédites et avec des coureurs peut-être différents à certains moments. Jean-Baptiste Quiclet (responsable du pôle performance chez AG2R La Mondiale, ndlr) avait déclaré que cette saison allait ressembler à la saison de biathlon en termes de gestion et de préparation, c’est-à-dire une saison très courte et avec des grands rendez-vous tous les week-ends. Il va falloir que les coureurs gèrent leur état de forme et se gèrent totalement différemment. Ça devrait être intéressant en tout cas.

 

"Le vainqueur du Tour sera celui qui aura su le mieux gérer ces jours sans"

Au vu du déroulement de la saison et de la préparation perturbée des coureurs, une épreuve comme le Tour de France pourrait-elle être marquée par de grosses surprises ?

Il peut toujours y avoir des surprises sur un Tour de France. Mais personnellement, je ne pense pas que cela engendrera des surprises. Les hommes qui ont fait du Tour leur objectif seront au rendez-vous. Ils aborderont le Tour de France avec un état de préparation qui sera bon, seront en bonne forme et auront bien travaillé en amont. Là où cela pourrait pêcher pour certains, c’est au niveau du volume. Ils n’auront pas les grandes classiques et les longues sorties de préparation dans les jambes, n’auront pas appréhender ces charges de travail et n’auront pas emmagasiné le volume qu’ils sont censés emmagasiner lors de la première partie de la saison.

Ce manque pourrait engendrer des défaillances que l’on a moins l’habitude de voir aujourd’hui. La gestion de l’effort va être importante. Celui qui gagnera le Tour cette année sera celui qui aura su le mieux gérer ces jours sans car je pense qu’il devrait y en avoir. Ça reste une possibilité. Surtout que le début de Tour de France, qui peut permettre en temps normal à certains coureurs de peaufiner leur état de forme, sera plus difficile, avec une étape de montagne dès le deuxième jour et sur laquelle il ne faudra pas perdre trois minutes.

 

"INEOS a peut-être plus d’intérêt à avancer avec Egan Bernal"

Chris Froome et son possible départ du Team INEOS a fait la une des médias spécialisés cette semaine. Quel est votre avis sur le sujet ?

Ce qui est sûr, c’est que cette équipe a toujours été très forte en communication. Donc ça peut être un moyen de faire parler et de remettre tout le monde dans l’actualité. Après, il faut se dire que le Team INEOS devrait arriver avec les trois derniers vainqueurs du Tour de France, à savoir Chris Froome, Geraint Thomas et Egan Bernal. La pépite montante reste tout de même Egan Bernal et je miserai plus sur lui que sur un Geraint Thomas au vu du profil du Tour. Quel est le positionnement de Chris Froome dans tout ça ? C’est compliqué pour lui de retrouver sa place de leader incontesté qu’il était par le passé. Personne ne sait dans quel état il se trouve. Est-ce qu’il aura retrouvé 100% de ses qualités ou est-ce qu’on aura affaire à un coureur relativement affaibli ?

J’imagine qu’il a travaillé mais difficile de dire dans quel état de forme il sera. L’équipe INEOS a donc peut-être plus d’intérêt à avancer avec Bernal et se dire que si Froome doit partir, il partira. Elle peut se dire qu’elle n’a pas envie d’avoir dans son équipe un coureur qui va lui mettre des bâtons dans les roues et ainsi ne pas l’emmener sur le Tour. Mais j’ai du mal à croire que le changement puisse se faire avant le Tour, tant contractuellement – même si tout est possible avec de bons avocats - que sportivement. Il lui faudra une équipe autour de lui parce que c’est un coureur qui a besoin d’une équipe pour tenir la baraque en attendant que lui assomme le Tour à des moments bien précis. Donc selon moi, tout cela fait plutôt partie de la polémique d’avant-Tour.

 

"On ne fait pas arriver Chris Froome comme cela du jour au lendemain"

Et si on part du principe que Chris Froome va partir, y a-t-il une équipe qui vous vient spontanément à l’esprit ? Nos lecteurs ont majoritairement répondu Cofidis à notre sondage.

Pour parler de Cofidis, ça a toujours été une équipe à la recherche d’un gros leader pour le Tour. Et ça a aussi été une équipe qui a souvent été malchanceuse lorsqu’elle s’est présentée avec un leader sur le Tour, et notamment en 1997 quand Tony Rominger s’était cassé la clavicule dès la troisième étape. Après, Froome, ça pourrait être un bon coup. Mais personnellement, je trouve que ça compliquerait la vie d’un Guillaume Martin, qui n’est certes pas un vainqueur potentiel du Tour mais qui est venu chez Cofidis pour être leader.

Il faudrait donc que ce soit bien digéré par Guillaume Martin et bien présenté par l’équipe en expliquant le pourquoi du comment. On ne fait pas arriver Chris Froome comme cela du jour au lendemain, ou alors c’est que vous n’avez aucun leader à présenter. Si j’étais manager d’équipe et que j’avais un leader à présenter sur la course, je n’essayerai pas de prendre Chris Froome parce que ça pourrait devenir compliqué. Il serait plutôt destiné à une équipe fébrile et qui expliquerait à son sponsor qu’il y a moyen de récupérer un leader et de jouer la victoire sur le Tour. Mais la question restera la même : qui pour accompagner Chris Froome ?

 

"J'admire Armstrong pour son mental mais pas pour le champion qu’il est devenu"

Sur un tout autre sujet, Lance Armstrong, que vous avez fréquenté chez Cofidis en 1997, "dira sa vérité" le 24 mai sur ESPN. Qu’est-ce que cela vous inspire ?

Comment peut-on croire un homme qui nous a dit pendant 25 ans qu’il disait la vérité ? C’est peut-être un complément de vérité qu’il va fournir. Honnêtement, j’ai toujours eu de l’admiration pour Lance Armstrong. Lors de la présentation de l’équipe Cofidis en 1997, il était arrivé la veille au soir alors qu’il venait de commencer ses séances de chimiothérapie. Et le lendemain matin, on devait faire deux heures, deux heures et demie de vélo. Il faisait 5-6 degrés, il pleuvait et c’était pourtant l’un des premiers à être arrivé au bus. Il n’avait pas fait la totalité de la sortie avec nous mais il avait fait une bonne heure et demie de vélo. Et même si je n’ai jamais digéré la tricherie qui a été mise sur pied, je me dis quand même qu’il avait un mental d’acier.

Je l’admire pour ça mais pas pour le champion qu’il est devenu. J’ai donc beaucoup de mal à le croire quand il dit quelque chose. Je me suis fait une idée et elle restera la même. Je trouve que c’est nuire au cyclisme de dire des choses sur un cyclisme qui a plus de 20 ans. Qu’est-ce que ça va apporter aux jeunes de maintenant et au cyclisme ? Il y a tellement de belles choses à raconter sur des David Gaudu, des Valentin Madouas, des Tadej Pogacar, des Mathieu van der Poel… L’erreur vient aussi des médias qui lui donnent cette visibilité. Mais c’est la force de Lance Armstrong. Il est bankable et quand il a quelque chose à dire, tout le monde l’écoute.

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Publié le par Nicolas GAUTHIER

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