ITW - Christophe Laporte : «Je vais devoir prouver des choses»
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Photo : @Cyclismactu / CyclismActu.net

ITW - Christophe Laporte : «Je vais devoir prouver des choses»

Il y a quelques semaines, entre Paris-Roubaix et Paris-Tours, Christophe Laporte était au micro de Cyclism'Actu pour faire un point sur son départ du côté du Team Jumbo-Visma et sur cette envie qu'il avait de courir un jour au sein d'une équipe étrangère. Conscient de ses progrès cette saison, le tricolore entend bien encore franchir un cap aux côtés de coureurs de renom tels que Wout Van Aert ou encore Primoz Roglic. Le vainqueur du Grand Prix de Wallonie 2021 avait également dressé un bilan de ses huit belles années passées chez Cofidis, dont il a porté une dernière fois le maillot le 10 octobre dernier lors de Paris-Tours. En cette fin du mois de novembre, Cyclism'Actu vous propose de redécouvrir cet entretien avec l'un des meilleurs coureurs français du moment.

Vidéo - Le Mag - La der de Christophe Laporte avec Cofidis !

 

"Je n'avais pas spécialement en tête Jumbo-Visma"

Vous allez quitter cette famille Cofidis qui vous a fait grandir, quel est votre ressenti par rapport à tout ça ?

L'émotion j'ai du mal à l'avoir encore, comme je l'ai dit je ne m'en rends pas trop compte, même si je commence à voir le changement et à avoir de plus en plus de contacts avec Jumbo-Visma pour préparer la saison à venir. Cela va être forcément beaucoup d'émotions, c'est eux qui m'ont permis de passer professionnel, ils m'ont fait grandir, j'ai tout appris aux côtés de Cofidis. Huit ans c'est quand même beaucoup, dans une carrière c'est énorme, dans une vie c'est beaucoup. C'est devenu un peu une seconde famille, j'ai passé beaucoup de temps avec eux, les assistants, les mécanos, les coureurs, le staff. Il y a beaucoup de staff qui est là depuis que je suis arrivé, ils m'ont vu progresser et grandir donc ça va être beaucoup d'émotions et ce qui est sûr c'est que je les remercie grandement pour ses huit belles années.

 

Jumbo-Visma, c'était un choix que vous aviez en tête depuis longtemps ou c'est arrivé par hasard ?

Je n'avais pas spécialement en tête Jumbo-Visma ou une autre équipe en particulier, je m'étais toujours dit dans ma tête que j'irais à l'étranger pour voir ce que ça fait, les mentalités, les façons de courir. Je suppose que c'est quelque chose de différent par rapport à la France. J'ai eu cette opportunité, j'en ai eu d'autres aussi, mais j'ai retenu Jumbo-Visma parce que je pense que c'est l'une des meilleures équipes du monde, ils savent préparer les grands coureurs. Je pense que j'ai gagné pas mal de courses avec Cofidis, il m'a toujours manqué un petit truc pour gagner une course World Tour ou autre, j'ai fait beaucoup de fois deuxième, je suis passé tout près et j'espère qu'ils vont m'aider à passer ce petit palier qui va me permettre de gagner des grandes courses.

 

"Wout van Aert ne peut pas suivre tous les mouvements"

Courir avec un Wout van Aert, un Primoz Roglic, un Dylan Groenewegen pour ne citer qu'eux, ça vous excite ?

C'est particulier, chez Cofidis on prend le départ de chaque course en ayant envie de faire le meilleur possible. Quand on prend le départ du Tour de France, on est honnête avec nous même, on sait que ça va être compliqué de gagner le Tour. Là chez Jumbo-Visma au départ de beaucoup de courses, ils sont là pour gagner, ils ont les coureurs pour ça avec Primoz Roglic, qui peut gagner un Grand Tour comme il a fait au Tour d'Espagne, Wout van Aert pour les classiques, c'est une équipe avec des coureurs de renom. Même si je vais beaucoup courir pour le collectif, ça serait quelque chose de fantastique si on peut gagner un Tour des Flandres avec Wout van Aert ou un Paris-Roubaix, ça serait beau de participer à ça. J'espère aussi que j'aurais des opportunités pour m'exprimer, mais je n'en doute pas.  

 

Quand vous dites je vais aussi chez Jumbo-Visma pour Wout van Aert, c'est quoi l'idée derrière ? 

Je n'ai pas dit ça comme ça, je ne pense pas, mais c'est sûr que je vais beaucoup courir avec lui, c'est un coureur de classique flandrienne donc on va beaucoup courir ensemble et bien-sûr ça sera le leader numéro un de l'équipe sur ces courses-là. Après, ce sont des courses ouvertes, comme on voit chez Deceuninck ils ont beaucoup de leaders qui peuvent gagner la course. Il faut être capable de suivre les mouvements, Wout van Aert ne peut pas suivre tous les mouvements, on l'a vu l'année dernière. Je pense que c'est ce que Jumbo recherchait, se renforcer dans le final des classiques pour ne pas avoir un seul homme qui doit courir derrière tout le monde. C'est pour cela je pense qu'ils m'ont recruté. 

 

"J'espère encore progresser"

On vous suit depuis des années Christophe, on vous a vu évoluer, comment trouver sa place dans une équipe où il y a autant de fortes individualités ?

Je pense que ça doit se faire tout seul. Je suis arrivé chez les professionnels pas en tant que gagneur particulier, j'ai progressé d'année en année en me faisant ma place. Je pense que ça va être la même chose là-bas. Je vais devoir prouver des choses, c'est aussi pour cela que je veux changer d'équipe. On a toujours des choses à prouver en tant que coureur cycliste et quand on change d'équipe encore plus. J'aurais envie de bien faire et de courir pour l'équipe pour aller chercher de belles choses. 

 

Vous avez déjà une idée de ce qui vous attend ou pas du tout ?

On n'a pas parlé de calendrier pour l'instant, on parle essentiellement des stages. J'ai dit qu'on a déjà eu des contacts parce qu'on a vu des choses pour les tenues et tout ça pour l'année prochaine. Pour les courses, bien-sûr je ferais les classiques, c'est je pense pour cela qu'ils m'ont engagé. Et après pour la suite je n'ai pas encore les détails. 

 

Vous sentiez que c'était le bon moment d'aller voir ailleurs ? 

Je pense que c'est le bon moment. J'arrive un peu à maturité, je sais que maintenant les années qui vont arriver sont des années très importantes, je m'en suis rendu compte. On arrive, on est jeune, on nous dit qu'il y a le temps et on passe d'un coup à il n'y a plus le temps donc il faut y aller. J'ai 28 ans, je vais avoir 29 ans au mois de décembre, on sait que de 28 à 32 ans ce sont de belles années. J'arrive dans ces belles années, je me sens de mieux en mieux, j'ai eu une bonne année physique et je me sentais bien aussi mentalement. J'espère encore progresser, il faut que je profite de ça et j'ai envie d'avoir les meilleures conditions pour en profiter, la meilleure préparation, le meilleur matériel, me sentir bien et faire du vélo comme je l'aime. 

 

"Je me suis un peu remis en question"

Aujourd'hui, c'est quoi la force de Christophe Laporte ?

Le changement qu'il y a eu cet hiver. J'ai passé une année 2020 un peu compliqué, je me suis cassé le poignet en Argentine, il y a eu la Covid, je n'ai pas gagné en 2020 et je n'ai pas eu une super année. Je me suis un peu remis en question, comme je le fais chaque année l'hiver et je me suis rendu compte que j'arrivais dans les années importantes, c'est maintenant que je vais construire mon palmarès, ce sont les années dont je vais rappeler plus tard quand j'arrêterais ma carrière. J'ai envie d'être fier de ce que j'ai fait, de ne pas avoir de regret, d'avoir donné le maximum, d'avoir tout fait pour être le meilleur possible pour ne pas avoir de regret plus tard quand j'arrêterais. Pour que mes proches soient fiers de moi aussi, de l'image et des résultats que j'ai eus. Je sais que ça va se construire maintenant c'est pour ça que j'ai des bons résultats.

Chez Cofidis j'avais une place à part entière en tant que leader, j'étais protégé sur toutes les courses que je voulais. Je pouvais les faire avec des coureurs pour m'aider, mais je sentais qu'il me manquait quelque chose pour arriver au meilleur niveau. Je pense que j'ai encore une marge de progression et j'espère passer cette marge dans les années à venir. 

 

Comment vous résumeriez les huit ans chez Cofidis ?

Pour moi, c'est huit belles années de ma carrière, j'ai rencontré de très belles personnes qui m'ont appris à devenir un cycliste professionnel, à gagner des courses. Je n'en retiens que du bon, il y a du bon et du mauvais bien-sûr, tout n'est pas parfait, mais je n'en retiens que du positif de ces huit années. Je les remercie pour l'opportunité qu'ils m'ont faite de passer professionnel et de gravier les échelons jusqu'à devenir leader sur pas mal de courses et pouvoir gagner des courses mais aussi pour toute l'expérience qu'ils m'ont apportée.

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Publié le par Theo CHEVALIER

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