Mondiaux - Cédric Vasseur : «Julian Alaphilippe sait se sublimer... »
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Photo : @Cyclismactu / CyclismActu.net

Mondiaux - Cédric Vasseur : «Julian Alaphilippe sait se sublimer... »

À quelques semaines de la fin de la saison 2021, Cédric Vasseur, le manager de la formation Cofidis, était ce lundi au micro de Cyclism'Actu pour faire un point sur l'année écoulée et le mercato de l'équipe nordiste. Très heureux d'enfin voir Elia Viviani au top de sa forme sous le maillot rouge et blanc, le double vainqueur d'étapes sur le Tour de France s'est notamment confié sur l'avenir du sprinteur italien, mais aussi sur son ambition de recruter un deuxième leader pour les courses par étapes afin d'enlever de la pression à Guillaume Martin. Enfin, Cédric Vasseur a également évoqué la course en ligne des Championnats du monde, qui se disputera dimanche en Belgique et lors de laquelle Julian Alaphilippe remettra son titre en jeu. Entretien.

Vidéo - Cédric Vasseur se livre sur ses envies pour la Team Cofidis

 

"Aujourd'hui, je pense qu'Elia Viviani est un grand champion"

Tout va mieux pour un certain Elia Viviani puisque depuis le mois d'août et les Jeux olympiques, il en est à 4 victoires sous le maillot de la Cofidis. Le sourire est de retour concernant Elia Viviani ?

Je crois que c'est vraiment la satisfaction de cette fin de saison. J'associe également Christophe Laporte, qui reste très victorieux au niveau de l'équipe. Mais c'est vrai qu'avec Elia, on a connu une saison 2020 difficile, avec la chute au Tour Down Under, le Covid, l'éloignement pendant 4 mois et des problèmes cardiaques en fin de saison dernière avec une petite intervention chirurgicale, ce qui a remis Elia sur la bonne voie. Et puis je pense que les Jeux Olympiques terminés, la médaille de bronze, ça l'a complétement libéré.

On a senti un Elia relâché, vraiment différent au niveau mental, beaucoup moins crispé et on le sent - j'étais avec lui encore samedi dernier à la veille d'Isbergues pour échanger - vraiment détendu. Il apaise l'équipe et il permet aussi à chacun de gagner en sérénité. Puis, surtout il répond présent physiquement parce que la semaine dernière il se permet le luxe d'aligner Ackermann et Gaviria. Et puis hier (dimanche), c'est quand même Tim Merlier, peut-être le coureur le plus rapide du moment. Donc quand on réussit à battre Ackmermann, Gavirira et Merlier en une semaine, je pense que c'est vraiment du lourd. On a l'habitude de dire "dis-moi qui tu bats, je te dirai qui tu es", aujourd'hui je pense qu'Elia Viviani est un grand champion. 

 

Ça serait quoi pour vous le déclic d'Elia Viviani ?

Moi, je ne pense pas qu'il y ait qu'un seul facteur qui explique qu'aujourd'hui Viviani met la balle au fond et gagne alors que l'année dernière, ça ne marchait pas. Je crois que c'est un ensemble de facteurs. On avait vraiment gardé cette ligne Sabatani lanceur et Consonni en amont, et on s'aperçoit finalement  que c'est plutôt Consonni le meilleur lanceur pour Elia et Elia de son propre aveu l'avoue. D'ailleurs hier (dimanche), c'est Simone Consonni qui le lance à 400 mètres et quand il s'écarte Elia est capable de faire son effort jusqu'à la ligne d'arrivée. Je pense que la redistribution des rôles dans le train Cofidis est, à mon avis, pour beaucoup.

Le fait d'être libéré aussi des JO parce que l'on connait l'attachement d'Elia Viviani pour les Jeux Olympiques et nous il faut bien avouer que l'on a vécu deux années olympiques parce que les JO de Tokyo devaient avoir lieu l'année dernière. Donc psychologiquement les athlètes sont préparés pour ça, finalement les JO ont été décalés à 2021. Et au final, on a hérité d'un coureur qui pendant deux ans a eu la tête tournée vers les Jeux Olympiques de Tokyo. Il a remporté une médaille de bronze, ça l'a libéré, il est en fin de contrat, il n'a toujours pas résigné l'année prochaine, c'est aussi une source de motivation il ne faut pas le nier.

 

"Elia Viviani savait pertinemment que Cofidis n'avait pas réellement une totale satisfaction"

Et puis, je pense que quand on passe d'une maison comme INEOS, Quick-Step à Cofidis, il y a forcément des changements et puis peut-être des automatismes à prendre. Chaque maison fonctionne de façon différente, on essaye de professionnaliser la nôtre au maximum chaque année et on continue notre croissance. Mais, Elia avait peut-être besoin d'un petit peu plus de temps pour s'habituer au mode de fonctionnement de Cofidis.

Petit problème cardiaque aussi en début d'année et on sait que quand on sprinte comme hier (dimanche), le coeur monte à 180, 190 voir 200 pour certains sprinteurs. Donc il faut que la mécanique fonctionne parfaitement. Je crois qu'aujourd'hui toutes les conditions sont réunies et surtout la volonté d'un grand champion. C'est à dire qu'Elia savait pertinemment que Cofidis n'avait pas réellement une totale satisfaction de ses performances et en grand professionnel qu'il est, il entend vraiment rendre à Cofidis ce que Cofidis lui a donné. Et aujourd'hui la meilleure façon de le faire c'est de gagner des courses, il l'a fait sur le Poitou, il l'a fait à Fourmies, il l'a fait à Isbergues et je suis persuadé qu'il va encore le faire d'ici la fin de saison.

 

"Les discussions ont repris depuis un certain temps avec Elia Viviani"

Dans ces conditions, Elia Viviani ne peut que rester en 2022 chez Cofidis ?

Ce n'est pas aussi binaire je dirais, ce n'est pas un bouton on/off. Je pense que toutes les équipes aimeraient avoir un coureur comme Elia Viviani en son sein. Pour être vraiment tout à fait transparent, les discussions ont repris depuis un certain temps avec Elia, avec son management, j'aurais des discussions encore cette semaine sur les Championnats du monde. On sait que c'est Giovanni Lombardi qui défend ses intérêts, j'ai eu une vraie discussion constructive avec lui, avec Thierry Vittu notre président vendredi dernier et je crois qu'aujourd'hui si on peut trouver un terrain d'entente avec Elia Viviani et bien je pense que les choses devraient avancer rapidement.

Maintenant, il y a d'autres équipes qui veulent aussi s'attacher les services d'Elia, donc on va essayer de se battre avec nos moyens. En tout cas, on a une équipe aujourd'hui qui offre à Elia de vraies conditions sportives favorables, c'est à dire un train avec Consonni et Davide Cimolai, qui est le lanceur d'Elia en équipe nationale. On a le programme de course qui est parfait. Je suis convaincu aujourd'hui que l'environnement dans lequel Elia aura le plus de possibilités sportives de s'exprimer dans les prochaines années c'est Cofidis.  

 

"Quand on a un Elia Viviani qui répond présent comme il l'a fait ses dernières semaines..."

Quand Elia dit à l'arrivée d'Isbergues "qu'il sent une équipe solide et construite autour de lui" avec l'arrivée en 2022 de Bryan Coquard, Cimolai et Benjamin Thomas, tous les feux sont au vert pour que Viviani restent chez Cofidis ? 

Tous les feux sont aux verts sauf l'accord contractuel (Rires), parce qu'il y a quand même un accord contractuel à trouver. Bryan Coquard on l'a aussi dans un autre optique. Bryan, évidemment on attend de lui qu'il retrouve son vrai niveau, qu'il gagne des courses. Je pense vraiment que Szymon Sajnok, Attilia Viviani, Simone Consonni et Davide Cimolai, ça par contre ça peut vraiment faire un socle très solide pour Elia. Quand on a un Elia Viviani qui répond présent comme il l'a fait ses dernières semaines, ce n'est que du bonheur. Il était radieux sur le podium d'Isbergues, le moral est au beau fixe.

Maintenant, il reste un accord à trouver ou pas parce que rien n'est fait. Mais notre volonté, et s'il y a possibilité de trouver un accord, on aimerait bien poursuivre l'aventure avec Elia Viviani. Il ne faut pas non plus oublier que la saison 2020 a été tronqué donc on n'a pas réellement eu deux ans avec Elia Viviani, on a fait un an et demi. Et les Jeux Olympiques de Paris sont en 2024 donc ça nous laisse un petit peu d'horizon devant nous. Maintenant, c'est Elia, c'est son agent, ce sont eux qui prendront la décision. En tout cas, nous on se positionnera très rapidement. 

 

"Besoin de recruter un coureur qui peut jouer les tous premiers rôles comme Guillaume Martin"

Quid de recrutement chez Cofidis pour la saison prochaine ? Est-ce qu'il y a des choses à venir, des grands noms pour épauler Guillaume Martin ? 

Je crois que Guillaume, il faut relever son excellente saison : meilleur français et top 10 sur le Tour de France, meilleur français et top 10 sur les routes de La Vuelta et on connait les conditions dans lesquelles il a terminé La Vuelta. Il a vraiment donné une leçon de courage à toute l'équipe Cofidis et à tous les cyclistes. On a vraiment besoin de recruter un coureur qui peut jouer les tous premiers rôles comme Guillaume. Parce qu'on ne veut pas non plus mettre trop de pression sur Guillaume, on a des ambitions, des envies de travailler avec lui sur le très long terme. Aujourd'hui on est 25 coureurs pour faire simple, notre volonté c'est de monter à 30 coureurs avec au moins un coureur capable d'atteindre le niveau de Guillaume Martin sur les courses par étapes. 

 

Vous pensez à qui ?

Les discussions sont en cours, j'espère qu'elles aboutiront d'ici quelques heures, peut-être même aujourd'hui (lundi). Il faut prendre le top 100 mondial, regarder qui est encore disponible et essayer de prendre des coureurs qui sont capables de tirer leur épingle du jeu dès que la route s'élève, dans des courses par étapes d'une semaine. 

 

Pas forcément de nationalité française alors pour épauler Guillaume ?

Non, pas de nationalité française. Les bons coureurs français sont déjà sous contrat. Puis, on respecte aussi, il faut que chaque équipe française y trouve son compte. 

"Il nous faut un profil à la Miguel Angel Lopez"

Un Miguel Angel Lopez, ça ne vous plairait pas par exemple, ce genre de coureur ?

Il nous faut un profil à la Miguel Angel Lopez, alors ça peut être lui ou pas, je sais qu'il est en discussion avec d'autres équipes. Il doit peut-être même être en mesure d'annoncer, mais c'est un profil à Lopez qu'il nous faut clairement. Et puis après compléter l'effectif. Moi, je reste persuadé que les coureurs qui font notre effectif 2021 et qui pour l'instant n'ont pas re-signé, s'ils font une belle fin de saison, on va leur tendre la main comme j'aime le faire. On l'avait fait avec Cyril Lemoine, il y a quelques années. Je pense que quand un coureur s'investit pour l'équipe, la moindre des choses c'est de lui rendre la pareille. Donc on veut se garder une ou deux places pour ces coureurs là et le compte sera vite atteint parce que l'UCI nous limite à 30 coureurs. On est 25 et ça devrait vite évoluer.

 

"Cofidis sera toujours une maison d'accueil pour Christophe Laporte"

Un petit mot sur Christophe Laporte, qui a rendu de bons et loyaux services à l'équipe Cofidis, vous l'avez laissé partir ? 

Non, on s'est battu pour que Christophe reste et franchement avec Christophe, avec Elia, moi je suis vraiment satisfait dont la façon de la collaboration se passe. Christophe a été vraiment très professionnel, durant les classiques du printemps on a discuté, on a eu pas mal de réunions avec Thierry Vittu, avec son agent. On s'est vraiment battu pour que Christophe poursuivre l'aventure chez Cofidis. Maintenant, ça fait 8 ans qu'il est chez nous, on sait très bien que les carrières sont courtes et moi je comprends aussi son envie de changement, je comprends qu'il ait envie de découvrir autre chose.

Mais, avec Christophe on l'a encore vu à la Wallonie cette semaine, hier (dimanche) au Grand Prix de Francfort il s'est battu, il essaye vraiment de montrer le maillot Cofidis.  Évidemment on regrette son départ, on le respecte et rien ne dit qu'un jour que Christophe ne reviendra pas chez Cofidis. Je pense que de temps en temps un parcours est fait de découvertes. Christophe a besoin de découvrir des méthodes de travail différentes à l'étranger, mais il sait très bien que Cofidis sera toujours une maison d'accueil pour lui. 

 

S'il y avait un petit hic, ce serait le fait de ne pas avoir gagné de grandes classiques, une étape sur le Tour de France et sur le Tour d'Espagne ? 

 Je pense que l'équipe continue sa progression. Il faut vraiment être contient de là où l'on vient, du niveau du cyclisme aujourd'hui. Moi, je suis vraiment épaté quand je vois le niveau du cyclisme aujourd'hui je trouve qu'on est vraiment à un maximum très élevé. Donc, il faut reconnaissant du travail et de l'investissement de chacun. On a essayé, Christophe a perdu face à un Mohoric et depuis Mohoric il a enchainé les belles performances, je parle du Tour de France.

Jesus Herrada a échoué aussi face à un Romain Bardet et on connait les qualités de Romain Bardet. On est toujours là juste derrière, il nous manque un petit coup de pouce du destin, mais ce que je retiens c'est la nouvelle dimension que prend l'équipe Cofidis tant sur le plan sportif que structurel et organisationnel parce qu'on continue de développer les structures. On a fait beaucoup ses dernières années, on continue et logiquement cette classique, cette victoire d'étape sur les routes du Tour, j'espère qu'elle va arriver en 2022. En tout cas on a vraiment hâte de connaître le parcours du Tour de France 2022, qui sera dévoilé prochainement. Et on va préparer cet objectif avec beaucoup d'attention parce que notre envie de gagner elle augmente chaque année. 

 

Est ce qu'il y a une chance que Julian Alaphilippe garde son maillot de champion du monde ? 

Ça risque d'être compliqué, mais on connaît le talent de Julian et je pense qu'il est capable de sortir un numéro exceptionnel. Il n'y a qu'à se souvenir de la 1ère étape du Tour de France, où il a "miné" tout le monde. Il est vraiment capable sur une journée de se sublimer, et c'est ce qui fait la différence entre les très grands et les bons coureurs. Il y a aussi une bonne équipe de France, avec notamment Benoît Cosnefroy, qui peut être un trouble-fête. Toute l'attention va être focalisée sur Wout Van Aert, sur Mathieu van der Poel, mais attention à Marc Hirschi, que l'on voit en phase très ascendante. Sincèrement, je pense qu'on a une douzaine de vainqueurs potentiels sur ces Championnats du monde.

 

On va voir comment la Belgique va courir car on connaît le tempérament d'Evenepoel. Il dit qu'il va courir pour Van Aert, mais s'il attaque à 60 kilomètres de l'arrivée, il peut aussi semer la zizanie. Je pense aussi qu'après s'être fait battre par Ganna dimanche, Van Aert peut aussi commencer à avoir un peu de doutes dans son esprit. C'est toujours difficile d'être maître sur ses terres et il y aura une forte pression sur les épaules de la Belgique, ce qui pourrait profiter à Julian (Alaphilippe) ou à Christophe Laporte, qui est très motivé et bien. Évidemment, s'il arrive avec Wout Van Aert ou Mathieu van der Poel, ça peut être compliqué, mais s'il arrive à se faufiler dans un coup, il pourrait tirer son épingle du jeu.

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Publié le par Theo CHEVALIER

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