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ITW - Cédric Vasseur : 'On en veut plus, Bouhanni le premier' Photo : @TeamCOFIDIS

ITW - Cédric Vasseur : "On en veut plus, Bouhanni le premier"

La saison 2018 de l'équipe Cofidis a beau avoir été une réussite, Cédric Vasseur ne compte pas se reposer sur ses lauriers. Ses coureurs ont remporté 21 victoires l'an dernier, du jamais vu pour la formation nordiste depuis les 23 succès de l'année 2010. Cependant, l'ancien porteur du maillot jaune du Tour de France nourrit des ambitions encore plus élevées. Il a ainsi recruté de manière à voir son équipe passer un cap supplémentaire, notamment en montagne avec les arrivées de Darwin Atapuma et Jesper Hansen. A quelques jours du retour à la compétition de ses hommes, Cédric Vasseur a accordé un entretien à Cyclism'Actu. Ses attentes à l'égard de Nacer Bouhanni et Christophe Laporte, son ambition de WorldTour, son recrutement : tour d'horizon complet avec le manager de la formation Cofidis.

Tour de France - Cédric Vasseur : "Une nouvelle dynamique"

 

Cédric, quelle est la plus grande satisfaction de votre première saison à la tête de Cofidis ?

La plus belle satisfaction est d'avoir relancé un groupe dans une spirale de victoire et d'avoir ouvert ce chemin de la victoire à des coureurs qui n'avaient jamais gagné au préalable chez les professionnels. Je pense à Hugo Hofstetter, Dorian Godon, Nicolas Edet... On a vraiment remodelé un groupe, avec la victoire pour élément central. Au-delà de toutes les victoires individuelles et des belles performances qui n'ont pas forcément débouché sur des victoires, c'est vraiment le fait d'avoir inculqué cette spirale de la victoire qui est satisfaisant. Aujourd'hui, on court pour gagner.

 

D'un point de vue personnel, avez-vous été surpris par certains aspects du rôle de manager général ?

Je n'ai pas vraiment été surpris. Je suis dans le cyclisme depuis 1994, j'ai évolué à plusieurs niveaux. Même si on est toujours interpellé par certaines situations de temps en temps, puisque chaque année a son lot de situations insolites, honnêtement, je m'attendais vraiment à ce qui s'est passé en 2018. Je m'attendais à vivre des moments forts, et aussi à devoir gérer des situations un peu plus compliquées. Après, la somme de travail est relativement importante et c'est la raison pour laquelle il est primordial de s'appuyer sur une équipe performante, que ce soit au niveau des coureurs ou du staff. Je reprends toujours une phrase qui me plaît : seul on va toujours plus vite, mais c'est ensemble qu'on va plus loin.

 

Quelles sont vos ambitions pour 2019 ? Atteindre le cap des 25 victoires ?

Ce serait formidable. Augmenter le nombre de succès serait déjà une satisfaction. Je ne veux pas qu'on s'arrête uniquement aux chiffres, on n'est pas là uniquement pour compter les victoires. Quand on est dans un contexte comme le nôtre, je pense qu'il y a un quota à atteindre autour de 20 victoires. En dessous, on peut estimer qu'on a plus souvent échoué que reçu de satisfactions. Après, pour basculer de 21 à 25 ou 26, il n'y a pas de grande différence. Mon objectif, dans les années à venir, c'est de battre le record de victoires chez Cofidis, donc d'essayer de flirter avec les 25.

 

Beaucoup d'équipes du niveau Continental Pro visent le World Tour pour 2020. Comment voyez-vous les choses pour Cofidis ?

Quel que soit le milieu où on évolue, il n'y a jamais de place pour tout le monde. Aujourd'hui, on est dans une démarche de performance. Cofidis a déjà évolué au niveau WorldTour par le passé. Avec notre effectif aujourd'hui, les résultats obtenus en 2018 et les perspectives futures, puisqu'on a vu au mois de mai que notre partenaire a prolongé son aventure dans le cyclisme jusqu'en 2022, je crois que c'est vraiment dans la logique des choses. Ce n'est pas un dépôt de dossier pour faire bonne figure, c'est vraiment pour accéder au WorldTour. Maintenant, on va se battre sportivement, ce sera l'objectif des coureurs en 2019, et nous allons constituer le meilleur dossier possible pour faire en sorte qu'il soit accepté et qu'on fasse partie des équipes WorldTour à partir de 2020.

 

C'est aussi un objectif pour vous de terminer parmi les deux meilleures équipes continentales professionnelles, pour accéder directement aux plus grandes courses en 2020 ?

Absolument. Ne pas terminer dans les deux premières équipes serait un échec. Quand on voit l'investissement de Cofidis, qui est relativement important, quand on voit l'effectif de notre équipe, qui est proche d'un niveau WorldTour, ne pas être capable de terminer la saison 2019 dans les premières places serait un échec.

 

L'an passé, vous aviez couru Paris-Nice avec Nacer Bouhanni et Christophe Laporte. Comment allez-vous vous organiser cette saison ? 

C'est un peu prématuré pour répondre car nous sommes toujours dans l'attente des wild cards de RCS, notamment pour Tirreno-Adriatico. On a décidé de miser sur Christophe Laporte sur Paris-Nice. On va aussi jouer le général, avec Jesper Hansen. Il faudra donc une équipe capable de le protéger et également de propulser Christophe Laporte sur les deux ou trois sprints qui risquent d'avoir lieu sur Paris-Nice.

 

Christophe Laporte a montré l'an passé qu'il pouvait briller sur les pavés. Il sera votre leader pour les Flandriennes ?

Oui, absolument. Je crois que Christophe est à un moment crucial de sa carrière. On l'a vu vraiment éclore en 2018, il est passé d'un statut de lanceur à celui de leader. C'était nouveau pour lui, pas forcément facile à gérer psychologiquement, mais on a vu qu'il arrivait à maturité physique. Il continue sa progression. Son objectif en 2019 sera de poursuivre encore cette ascension. On l'a vu terminer quatrième de Gand-Wevelgem derrière des monstres comme Peter Sagan, on l'a vu presque remporter une étape du Tour de France à Pau. La saison 2018 a été riche en enseignements pour lui. Aujourd'hui, il sait qu'il peut briller au plus haut niveau. Le challenge pour nous est de le faire encore progresser et de le voir parmi les grands sur les grands rendez-vous, et donc sur les Classiques.

 

Nacer Bouhanni a connu des hauts et des bas en 2018. Comment le sentez-vous pour 2019 ?

Je le sens bien. La saison 2018 n'a pas été exceptionnelle, mais on ne peut pas non plus dire qu'elle a été ratée car Nacer a remporté une étape sur la Vuelta. Il a montré certaines choses et évidemment, on en veut toujours plus, lui le premier. A mon avis, on est dans un état d'esprit complètement différent en abordant la saison 2019. On a appris à se connaître en 2018, à fonctionner ensemble, je pense qu'une confiance réciproque s'est instaurée. Aujourd'hui, Nacer a bien compris que j'étais là pour l'aider lui et les autres à remporter des courses, et pas pour mettre des bâtons dans les roues. On a travaillé sur un programme qui lui convient, on a acté le fait que Nacer est un coureur qui a du mal quand les conditions météos sont difficiles, donc il va débuter sa saison à Valence et enchaîner à Oman, où on devrait avoir de bonnes conditions. Je pense qu'il aborde la saison avec un état d'esprit revanchard et l'envie de gagner. J'espère que ça va se traduire rapidement par une victoire.

 

Milan-San Remo et le Tour de France seront les deux grands objectifs de Nacer Bouhanni cette saison ?

Le Tour de France reste l'objectif de n'importe quel coureur quand on veut briller au plus haut niveau. C'est l'objectif de Nacer, de Christophe, de Jesus. On a la chance d'avoir deux coureurs de très haut niveau qui peuvent espérer briller à la fois sur un Monument comme Milan-San Remo et sur les routes du Tour de France. On attend depuis tellement longtemps une victoire de Cofidis sur le Tour que notre objectif sera aussi de construire un groupe capable d'aller chercher cette victoire. Il va falloir essayer de construire un groupe uni et si on peut avoir à la fois Christophe Laporte et Nacer Bouhanni dans ce groupe, ce sera vraiment une force pour nous.

 

Neuf coureurs ont rejoint l'équipe à l'intersaison. Comment avez-vous mené votre réflexion sur ce recrutement ? 

Je suis très content du recrutement car l'idée était de renforcer l'équipe dans des domaines où on était perfectible. Il s'est avéré l'an dernier sur les routes du Tour qu'on n'avait pas de vrais lanceurs, de coureurs capables d'amener nos sprinteurs dans les meilleures dispositions jusqu'à 500 mètres de l'arrivée. On a donc recruté Zico Waeytens et Filippo Fortin, qui savent manoeuvrer à la perfection. Ca apporte vraiment un plus à l'équipe. On s'est aussi aperçu que nous n'avions pas de coureur capable de briller avec les vrais grimpeurs. Nous en aurons deux, essentiellement avec Atapuma, mais aussi Jesper Hansen. Il a beaucoup travaillé pour Fuglsang chez Astana et il va retrouver une vraie liberté chez nous. Je crois que le trio formé par Jesus Herrada, Jesper Hansen et Atapuma peut vraiment être un trio gagnant dès que la route s'élève. Enfin, il fallait qu'on se renforce au niveau du contre-la-montre, avec des coureurs qui aiment cet exercice et qui ont des références, comme c'est le cas de Marco Mathis. On a renforcé un peu tous les domaines, avec également Natnael Berhane, qui peut jouer sur plusieurs tableaux, Pierre-Luc Périchon, qui peut travailler mais aussi gagner, et des jeunes comme Victor Lafay et Emmanuel Morin. C'est important de miser sur la jeunesse.

 

Selon La Voix du Nord, vous avez sondé Mikel Landa et Marc Soler cet hiver. Ils font partie des coureurs qui vous intéressent ?

Dès qu'un coureur est talentueux, il nous intéresse. Quand on cherche à renforcer une équipe, tout naturellement, on observe ce qui se passe, on observe le comportement des uns et des autres. Aujourd'hui, tous les coureurs qui apportent un plus aux structures pour lesquelles ils travaillent peuvent nous intéresser. Il faut en permanence être à l'affût, essayer de multiplier les contacts. Cela ne débouche pas forcément immédiatement, mais il faut toujours anticiper ce qui pourrait se passer. On m'a demandé de travailler sur un effectif de niveau World Tour et je pense que pour le faire de façon efficace, il faut forcément aller voir ce qui se fait dans les formations World Tour. Il est clair que les noms cités brillent sur le World Tour, mais ce ne sont pas les seuls. Il y a plein de coureurs qui peuvent être intéressants. Sur 20 ou 30 contacts qu'on prend, il y en a peut-être un qui va déboucher sur un contrat. Mais il faut multiplier ces contacts, c'est important.

 

L'une des très bonnes nouvelles de l'année passée a été la prolongation du sponsoring de Cofidis jusqu'en 2022. C'est presque un luxe dans le cyclisme actuel...

Oui, c'est un luxe car ça permet de travailler dans une certaine sérénité. Quand on présente un projet aux agents de coureurs ou aux coureurs, il n'est pas vu de la même façon quand on sait qu'un sponsor est en attente permanente de renouvellement de contrat ou quand un sponsor a une visibilité de trois ans. Pour nous, c'est important. Ça doit vraiment être un plus pour l'équipe afin de travailler de façon sereine. Ça change beaucoup de choses. Oui, c'est vraiment un luxe d'avoir un partenaire comme Cofidis, présent depuis 1997 et qui n'a pas l'intention de se retirer du vélo.

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Publié le par Quentin BALLUE

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