ITW - Arnaud Démare «se voit forcément sur le Tour de France 2021»
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Photo : @Cyclismactu / CyclismActu.net

ITW - Arnaud Démare «se voit forcément sur le Tour de France 2021»

2020 a été l'année Arnaud Démare ! Coureur le plus prolifique de la saison avec 14 succès décrochés entre le 5 août et le 14 octobre - dont quatre étapes du Tour d'Italie, le Championnat de France et Milan-Turin - le Picard a explosé tous les compteurs. Vainqueur par ailleurs du maillot cyclamen sur le Giro, celui qui a également été vice-champion d'Europe à Plouay ne pouvait pas attendre plus de cette année 2020 si particulière. Rare dans les médias, le sprinteur de la Groupama-FDJ est revenu pour Cyclism'Actu sur ses exploits de l'année ainsi que ceux de sa garde rapprochée, avant de se projeter sur la saison prochaine, et notamment sur un Tour de France qu'il souhaite retrouver. Entretien.

Vidéo - Arnaud Démare : "Une année 2020 exceptionnelle"

 

"C'est une addition de plein de facteurs qui a fait que ça a été une super année"

Arnaud, ça fait un mois que votre saison est terminée. Avec le recul, comment la qualiferiez-vous ?

C'est une année exceptionnelle. Avec seulement trois mois de course, ça a été très intense et riche en émotions, même si on retient bien sûr ces mois sans courses et pleins d'interrogations. Mais je suis quelqu'un qui relativise et qui se dit qu'il faut faire avec quand on n'a pas le choix et que ça ne dépend pas de nous. Il fallait s'adapter. Personnellement, dès la reprise, je me suis dit qu'il fallait gagner le plus vite et le maximum possible au cas où la saison s'arrêterait rapidement. 

 

Vous aviez annoncé en début de saison vouloir vous recentrer sur vos qualités de sprinteur après une saison 2019 où vous étiez plutôt mécontents de vos résultats. L'année 2020 était donc très importante pour vous ?

2019 avait été une année moyenne. J'étais en-dessous de mes espérances. Je me suis donc vraiment reconcentré sur les sprints, avec un train qui était vraiment très performant. Après, je pense que mon évolution est dûe à de nombreux facteurs. Il y a d'abord eu une prise de conscience par rapport à ces trois mois seulement de compétitions. Il y a également eu un coup de boost lié au confinement, qui m'a permis de me reposer et de me régénérer après neuf saisons pleines et lors desquelles j'ai joué la gagne tous les week-ends. Ensuite, mon équipe a vraiment été solide autour de moi, auquel il faut ajouter la confiance qui s'est installée au fur et à mesure. C'est une addition de plein de facteurs qui a fait que ça a été une super année.

 

"Au Tour de Burgos, on sentait qu'on était au-dessus avec les gars"

La saison avait plutôt mal débuté pourtant avec ce confinement en marge de l'UAE Tour, celui en France, votre fracture du scaphoïde en mai dernier...

L'année a vraiment été bizarre. Le confinement à Abu Dhabi était vraiment stressant parce que les courses - Paris-Nice, Kuurne-Bruxelles-Kuurne, le Circuit Het Nieuwsblad - continuaient à se disputer en Europe alors qu'on était confinés de notre côté sans pouvoir faire de vélo. À ce moment-là, j'étais vraiment inquiet car je prenais du retard pour la suite de la saison. Une fois que je suis rentré, j'ai pu bien m'entraîner pendant une semaine avant qu'on se fasse tous confiner. Et ça m'a vraiment rassuré de savoir que tout le monde était à l'arrêt par rapport au retard que j'avais pris pendant mon premier confinement.

Je savais en plus qu'on n'allait pas recourir dès le mois de mai, donc on a vraiment pu avoir une longue vision afin de reprogrammer un entraînement proche d'une reprise hivernale. Cette idée-là m'a vraiment plu et m'a permis de souffler pendant le confinement. Ça ne servait à rien de bouffer du jus, on avait deux mois et demi devant nous pour être prêts début août. Ce qui m'a fait le plus stresser en fait, c'est le scaphoïde (il se l'était fracturé suite à une chute en VTT, ndlr). Je devais faire du foncier au moment où je me le suis cassé. Je ne savais pas combien de temps ça allait durer. Heureusement, ça a été assez vite puisque j'ai pu remonter sur le vélo au bout de deux semaines. Et j'ai vu pendant le stage avec l'équipe mi-juillet que c'était vite revenu et que ça allait bien.

 

Le fait de ne pas avoir gagné sur le Tour de Burgos pour votre course de reprise vous-a-t-il fait douter ?

Il y avait un gros niveau mais on sentait qu'on était au-dessus avec les gars. Même si on n'a pas gagné là-bas, on est sortis de cette course bien motivés, surtout que je ne m'étais pas fait battre à la pédale. C'était surtout dû à des circonstances de course. Lors de la deuxième étape, Fernando Gaviria prend le virage comme un kamikaze, mais si on avait fait un mano à mano, je me sentais de le battre. C'est pareil deux jours après quand Sam Bennett gagne. Il y a une chute au pied de la bosse, mais je reviens et je fais deuxième. Ce n'était pas physique, c'était juste des choses à ajuster.

 

"Le train de la Groupama-FDJ, le meilleur du monde ? Aujourd'hui c'est clair que oui"

Votre moisson de victoires a ensuite débuté à Milan-Turin. Un succès que l'on peut qualifier de déclic ?

Oui, totalement. Comme je le dis souvent, j'aime bien avoir de l'adversité. Ça donne encore plus de confiance quand il y a la réussite au bout. Et sur Milan-Turin, il y avait tout le monde (il avait devancé Caleb Ewan, Wout Van Aert et Peter Sagan, ndlr). Je n'ai pas gagné limite en plus ou en me disant que les autres étaient plus forts mais que j'avais eu de la chance. Ce jour-là, j'ai gagné parce que j'étais au-dessus et parce que l'équipe était au-dessus. Cette victoire m'a donné un gros élan de confiance et après ça, c'était parti.

 

Vous étiez fort mais votre équipe, comme vous le dites, était également très forte. Êtes-vous d'accord pour dire que vous et vos coéquipiers n'avez jamais été aussi forts que cette année ?

Oui, c'est clair. Les gars ont vu que j'étais bien et ça a créé une grosse émulation pour tout le monde. À chaque fois qu'on s'alignait sur une course, ils voulaient répondre présent dans le train. Quand un leader gagne, l'équipier se donne encore plus. Cette confiance n'a fait qu'augmenter au fil des courses.

 

De votre point de vue, estimez-vous que le train de la Groupama-FDJ est actuellement le meilleur du monde ?

Aujourd'hui, c'est clair que oui. Les autres le savent et nous regardent. Ça s'est vu sur Milan-Turin, le Tour d'Italie, mais aussi sur toutes les autres courses. On a toujours été présent collectivement dans le final et on a su s'adapter quand il le fallait ou en fonction du parcours. Sur les arrivées difficiles en Wallonie, on avait inversé et mis en fin de train les gars qui grimpaient le mieux comme Ignatas Konovalovas ou Kevin Geniets, alors que Ramon Sinkeldam et Jacopo Guarnieri avaient pour mission de nous placer au pied du talus. On a eu cette facilité à pouvoir changer les rôles quand il le fallait afin de performer.

 

"Les Championnats d'Europe ? Une déception mais sans plus"

Sur vos quatorze victoires obtenues en 2020, lesquelles retenez-vous le plus ?

J'ai vraiment aimé Milan-Turin, que ce soit par l'adversité ou l'engagement qu'il y avait dans le final de la course. Il y a aussi le classement général du Tour de Wallonie devant Philippe Gilbert et Greg Van Avermaet, le Championnat de France devant Julian Alaphilippe, les quatre étapes du Giro... Je les aime toutes en fait, elles sont toutes différentes.

 

La seule petite déception de la saison, ça aura finalement été les Championnats d'Europe. C'est un gros regret d'avoir fait deuxième derrière Giacomo Nizzolo ce jour-là ?

Ça a été une déception sur le coup, mais je venais juste d'être champion de France deux jours avant, donc je savais que j'allais porter le maillot bleu-blanc-rouge. C'était une déception mais sans plus.

 

"Jouer à la fois le général et les sprints sur le Tour, je pense que c'est jouable"

Vous avez décidé de vous concentrer sur les sprints massifs mais participerez-vous tout de même à des courses comme le Tour des Flandres en 2021 ?

Avec toutes les courses qui s'annulent, c'est compliqué aujourd'hui de se lancer dans un programme. Ça pourrait bien être l'inverse de cette année au niveau du calendrier. Les courses du printemps ont été mises cette saison en août et septembre, mais l'an prochain, il pourrait y avoir des trous dans le calendrier. Au lieu que ce soit très concentré comme en 2020, il y aura peut-être des périodes de deux ou trois semaines sans courir. Il y a encore beaucoup trop d'interrogations sur tout ce qui est lié au programme de courses.

 

Est-ce que la question de votre retour sur le Tour de France a déjà été abordée ou pas du tout ?

Oui, le fait qu'on voulait y être a été abordé. On va voir comment ça va se présenter, mais je me vois forcément sur le Tour l'année prochaine.

 

Et personnellement, pensez-vous que c'est possible de mener deux objectifs de front sur une course comme le Tour de France, à savoir vous pour les sprints et Thibaut Pinot ou David Gaudu pour le classement général ?

Si on regarde Alexander Kristoff et Tadej Pogacar (chez UAE-Team Emirates, ndlr) cette année, ça s'est réalisé. Pareil pour Wout Van Aert et Primoz Roglic chez Jumbo-Visma, même si j'ai besoin de plus de monde autour de moi que Van Aert. Je pense que c'est jouable. Il faut des circonstances de course et une réussite des deux côtés, mais ce n'est pas inenvisageable en tout cas.

 

 

"Le Vélo d'Or ne va rien changer à ma carrière, ni à ma vie"

Vous avez prolongé votre contrat jusqu'en 2023 avec la Groupama-FDJ. Vous voyez-vous passer toute votre carrière dans cette équipe ?

C'est la vie qui me le dira. Ce qui se passe aujourd'hui à la Groupama-FDJ me convient et me plaît. Après, je ne sais pas comment vont évoluer les choses, mais je suis en tout cas très content d'avoir resigné trois ans.

 

Vous n'êtes pas dans la liste des quinze nominés pour le Vélo d'Or mondial, contrairement à des sprinteurs comme Caleb Ewan ou Sam Bennett. C'est une information qui vous touche particulièrement ou cela vous passe-t-il au-dessus de la tête ?

Vous me l'apprenez en fait. Tous ces classements annexes font vivre le vélo pendant la trêve, donc ça fait toujours plaisir de voir son nom passer, mais c'est rare qu'un sprinteur soit récompensé donc je ne suis pas surpris. Ça ne va rien changer à ma carrière ni à ma vie, c'est juste un symbole.

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Publié le par Nicolas GAUTHIER

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