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ITW - Alexys Brunel : 'On n'est pas à plaindre, faut pas être égoïste' Photo : @Cyclismactu / CyclismActu.net

ITW - Alexys Brunel : "On n'est pas à plaindre, faut pas être égoïste"

Actuellement confiné chez lui dans le Nord de la France, Alexys Brunel a pris le temps de répondre aux questions de Cyclism'Actu. Le jeune coureur de la Groupama-FDJ, 21 ans seulement, pouvait difficilement rêver meilleur début chez les pros puisqu'il s'est imposé dès son deuxième jour de course sur l'Étoile de Bessèges en février dernier. Il est revenu sur ce premier succès puis a ensuite évoqué la situation actuelle et la fin de saison qui s'annonce incertaine à cause du coronavirus.

Alexys Brunel reste humble : "Parfois je vais galérer"

 

Alexys, c'est votre première année chez les pros, et vous avez gagner dès votre deuxième jour de course sur l'Étoile de Bessèges. Vous étiez surpris ?

Oui, un peu quand même. Je sais que j'ai travaillé pour ça, du coup c'était une belle récompense que ça marche tout de suite, mais j'étais vraiment surpris quand même. Sur le GP La Marseillaise, ma première course, je bascule tout près de la tête, mais j'étais quand même déçu. Heureusement, je ne me suis pas inquiété, j'ai réussi à rester mobilisé, et quelques jours après sur la première étape de Bessèges j'étais très bien. J'étais super à l'aise, j'avais de la force et j'ai réussi à courir intelligemment. Surtout chez les pros, tout se joue au millimètre maintenant, et pendant la course j'ai réussi à bien m'économiser et ça a souri. Mais j'étais étonné quand même, je ne vais pas dire que je m'y attendais, mais en même temps on bosse pour ça. Donc en fait, c'est pas qu'on s'y attend, mais on l'espère toujours. Et que ça arrive aussi vite, dès mon deuxième jour de course chez les pros, ça fait quelque chose. La première victoire, elle restera comme l'une des plus marquantes, je m'en souviendrais toujours.

 

Cette victoire vous a-t-elle fait réaliser que vous aviez le potentiel pour rivaliser avec les meilleurs ?

Forcément un petit peu. Quand on arrive chez les pros après avoir réussi chez les jeunes, on se demande si on va pouvoir gagner aussi chez les pros. Et je gagne dès mon deuxième jour, mais je garde la tête sur les épaules parce que je sais que ça ne va pas être comme ça tout le temps. Parfois je vais galérer, la preuve sur le Tour de l'Algarve où j'étais bien le premier jour mais où je suis tombé malade ensuite. Donc ça te remet en place aussi, tu vois que ce n'est parce que tu as gagné une fois que tu vas gagner tous les week-ends. Il faut rester humble. Les Van Avermaet, Küng, Pinot ou tous les autres grands champions, ils ne gagnent pas tous les week-ends non plus. On verra la suite...

 

La suite justement, ça devait être les Classiques, mais le coronavirus en a décidé autrement...

Je devais en faire certaines mais pas toutes, vu que c'est ma première année je n'ai pas encore la caisse, et même moi je ne me sentais pas de toutes les faire, c'est normal. Je préfère être raisonnable et avouer que je ne me sens pas prêt. Sur une, ça l'aurait fait, mais sur toutes, j'aurais brûlé du jus pour rien. Je serais peut-être aller jusqu'au 250e kilomètre mais en étant derrière. Ou alors j'aurais été dans un jour de grâce (rires). Je sais qu'il me manque encore un petit truc, mais ça se travaille.

 

Quelles Classiques correspondent le plus à vos qualités et quelles sont celles qui vous attirent le plus ?

Chez les jeunes, j'ai brillé sur Liège et aussi sur Roubaix donc c'est difficile à dire. L'avantage, c'est qu'avec mon poids, comme je suis grand mais pas si lourd que ça, je passe pas trop mal les bosses. Après, plus c'est raide, et plus c'est dur pour moi, mais avec mon profil je pense que je peux faire pas mal de choses. Déjà, ma première qualité, c'est de rouler, c'est pour ça que j'arrive à être présent sur des chronos difficiles.

Le Tour des Flandres, c'est vraiment la course qui m'attire, ou les Strade Bianche, c'est une épreuve que j'aurais dû faire cette année et que j'ai vraiment envie de découvrir. Sur le Baby Giro l'an passé, on a fait une étape qui ressemblait aux Strade Bianche et c'était magique dans les chemins de terre. J'ai besoin de m'amuser aussi, comme sur Paris-Tours espoirs l'an passé avec les chemins de vigne, c'est ce genre de choses qui m'attirent.

 

Vous étiez prévu sur un Grand Tour cette année ?

Normalement non. En plus, on ne sait pas si le Giro va être reprogrammé, le Tour c'est encore dans l'attente... Si on me met sur un Grand Tour, je ne vais pas cracher dessus, ce serait bien, mais c'est tôt quand même, il faut être raisonnable. Si on me dit d'aller faire un Grand Tour juste pour aller faire un Grand Tour, ça ne servirait pas à grand chose. Je préfère faire un Grand Tour quand je serai prêt et quand on me dira que je suis prêt plutôt que d'aller me cramer sur un Grand Tour maintenant. Je veux performer sur la durée, donc c'est important de bien réfléchir et de faire les bons choix.

 

Le fait de ne pas courir pendant plusieurs semaines avec le confinement peut-il freiner votre progression ?

Non pas vraiment. Au final c'est pour tout le monde pareil. Et on est en pleine crise sanitaire, il y a autre chose à penser que le vélo. La santé passe avant tout, il y a des priorités. Certes c'est une saison étrange, mais ça ne me dérange pas tant que ça. Forcément, le vélo, c'est ma passion donc j'ai envie de courir, et si demain on me dit qu'on peut faire une course... Donc c'est étrange comme sensation. En plus, les courses qu'il devrait y avoir en ce moment sont des courses que j'aime beaucoup, donc c'est forcément un peu frustrant, mais c'est comme ça, il y a des gens qui sont beaucoup plus à plaindre que nous. Il ne faut pas être égoïste, la priorité c'est de soigner tout le monde et de sortir de cette pandémie.

 

Vous ne craignez pas une saison blanche ?

Je pense que la saison reprendra. Ça dépendra aussi de la discipline que les gens vont se mettre pendant le confinement. Par contre, je ne pense pas qu'il faille trop retarder la fin de saison. Si elle se finit deux ou trois semaines plus tard, ça va, mais pas aller jusqu'à décembre par exemple. Ça poserait des problèmes pour la saison suivante. En revanche, on pourrait reprogrammer les Classiques en septembre ou octobre, de manière rapprochée. Les équipes seraient capables de gérer, il y a beaucoup de coureurs par équipe et on pourrait aller sur plusieurs fronts. J'aimerais aussi qu'on puisse courir les championnats, que ce soit France, Europe ou Monde, ça ferait bizarre de ne pas avoir ces maillots distinctifs l'année prochaine dans le peloton. Après, concernant les Grands Tours, c'est plus compliqué. Mais au final, on pourrait faire une saison plus ou moins complète seulement sur trois ou quatre mois, en courant tous les week-ends et en semaine. Certes, ça ferait beaucoup, mais on aura tellement peu couru que je pense que tout le monde serait motivé. On pourrait aussi réduire un peu la distance de certaines épreuves pour que les coureurs puissent un peu récupérer, et en plus les courses seraient peut-être plus intéressantes s'il y avait moins de distance, même si sur les Monuments la distance est importante. Les 300 kilomètres de Milan-San Remo, c'est mythique.

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Publié le par François BONNEFOY

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