Interview
Interview - Jimmy Turgis : 'L'équipe n'a pas été épargnée' Photo : @VitalConcept_BB

Interview - Jimmy Turgis : "L'équipe n'a pas été épargnée"

En quête de sensations, Jimmy Turgis a choisi de se rendre dans les Alpes pour préparer les Championnats de France de La Haye-Fouassière (27-30 juin). Au menu : des cols comme le Galibier, le Mollard, les lacets de Montvernier ou encore le Glandon. Le Francilien n'a plus couru depuis le 15 mai et sa chute sur les 4 Jours de Dunkerque. S'étant fracturé la clavicule, le pensionnaire de Vital Concept - B&B Hôtels a été coupé dans son élan. Il aborde son retour à la compétition avec un point d'interrogation quant à son état de forme, mais avec la ferme détermination de tout donner pour que le maillot bleu-blanc-rouge revienne chez les Men in Glaz. Son entraînement dans le massif alpin, ses attentes pour ces Championnats de France, ses premiers mois au sein de sa nouvelle équipe : l'aîné de la fratrie Turgis se livre pour Cyclism'Actu.

Anthony Turgis à l'issue des 4 Jours de Dunkerque

Jimmy, comment vous sentez-vous physiquement aujourd'hui ?

Je suis tombé le 15 mai, je me suis fait opérer le 24 mai et j'ai repris l'entraînement sur route le 8 juin. Ça m'a fait un mois de mai quasiment sans vélo puisque j'avais fait ma coupure après Liège. Je suis vraiment en phase de reprise. La clavicule va mieux. Maintenant, c'est juste la condition physique que j'essaye d'améliorer petit à petit pour revenir compétitif avec l'équipe.

 

C'est pour cette raison que vous avez choisi d'aller dans les Alpes ?

À la maison, j'avais repris un peu le foncier et je voulais travailler un peu différemment, donc je suis venu à la montagne pour faire des sorties un peu plus dures et un peu plus plaisantes au niveau du paysage. Je suis arrivé lundi 17 et je repars jeudi matin.

 

Cela fait six mois que vous êtes dans votre nouvelle équipe. Vous vous êtes bien intégré chez Vital Concept - B&B Hôtels ?

Oui, tout à fait. Je savais que Jérôme Pineau avait l'esprit d'une équipe très famille, d'un groupe très soudé. Mon intégration s'est faite assez naturellement. Je connaissais déjà un certain nombre de coureurs donc je me suis bien intégré, je me sens très bien dans cette équipe.

 

Votre équipe est assez malchanceuse avec les blessures depuis le début de l'année. Que se dit-on dans ces moments-là pour réussir à repartir de l'avant ? 

C'est sûr que l'équipe n'a pas été épargnée par les pépins de santé, que ce soit Pierre Rolland, Arthur Vichot, ou d'autres. Nos leaders ont été concernés donc c'était un peu compliqué pour le reste de l'équipe. Mais le sportif de haut niveau essaye toujours de rebondir. Malheureusement, les chutes et les pépins de santé font partie de la vie de sportif. On essaye de se trouver des objectifs à moyen ou long terme pour se relancer, et on continue à faire au mieux pour être le plus performant possible à notre retour.

 

Dans quel état d'esprit êtes-vous avant de retrouver le peloton aux Championnats de France ?

Je suis motivé, ça va faire un bout de temps que je n'ai pas couru. J'ai hâte de retrouver le groupe, on est sur une bonne dynamique, on a remporté plusieurs victoires récemment donc ça motive aussi à garder le moral et à s'entraîner pour revenir plus fort et aider les copains. Je n'ai pas reconnu le parcours mais je le connais puisque c'est le même circuit de la Classic Loire-Atlantique, une course que j'ai déjà disputée. Il est exigeant, avec pas mal de petites bosses. Il y a aussi une partie exposée au vent et des routes étroites, donc c'est un parcours très complet et très physique. Il ne va pas falloir le prendre à la légère. Je sais que je vais être en manque de rythme. Face à des coureurs qui ont fait le Dauphiné ou le Giro, je ne pense pas être le plus fort au départ, mais on essayera de bien faire et de faire briller les couleurs de Vital Concept - B&B Hôtels.

 

Ce sera tout pour Bryan Coquard dans votre équipe ?

Je ne sais pas, ce sera l'une de nos cartes en tout cas. D'autres coureurs peuvent être en forme, le parcours est exigeant donc je ne sais pas si Bryan pourra passer. On verra les consignes des directeurs sportifs. C'est un championnat donc on courra au mieux pour faire la meilleure performance possible.

 

Quelle sera la suite du programme pour vous ?

Le mois de juillet sera assez light, sûrement avec une petite coupure au début du mois, comme le reste de l'équipe. Ensuite, on a un stage du 14 au 24 juillet, où on travaillera avant de reprendre les courses fin juillet.

 

Votre équipe n'a pas été invitée pour le Tour de France. A titre collectif et personnel, ça vous démange de découvrir cette course ? 

Oui, c'est sûr. Le Tour de France est la course qui fait rêver tous les cyclistes, et j'en fais partie. J'aimerais bien prendre le départ de cette course un jour, mais ce ne sera pas pour cette année. L'équipe n'a pas été retenue donc on continue à aller de l'avant, on va essayer de performer sur les courses à venir. J'aurais quand même un oeil particulier sur le Tour puisque mon frère Anthony y sera, donc je vivrai le Tour à travers ses yeux.

 

Si vous deviez faire un pronostic, qui serait le gagnant de ce Tour de France ?

Je verrais bien Geraint Thomas. Bernal est très bon depuis le début de la saison, c'est un jeune coureur très talentueux, qui a un gros moteur. On l'a vu sur le Tour de Suisse. Je pense que Geraint Thomas est encore un peu meilleur en contre-la-montre. S'il arrive à bien se remettre de sa chute, je pense que Thomas peut être un prétendant à la victoire.

 

Un mot sur votre frère Anthony : il vous surprend cette saison ?

Oui et non. Je connais ses capacités et son potentiel. Là, il arrive à l'exprimer pleinement, il retrouve le vélo qui le caractérise, un vélo d'attaque. Je suis étonné car il a fait de très grosses performances, je n'aurais pas pu dire en début d'année qu'il aurait terminé deuxième d'une course WorldTour comme il l'a fait sur A travers les Flandres. D'un autre côté, je ne suis pas surpris car je sais que c'est un très gros moteur.

 

De son côté, Tanguy est en train d'apprendre le métier de directeur sportif. C'est un rôle dans lequel vous le voyez évoluer à l'avenir ?

Oui, c'est vrai que Tanguy essaye un peu de toucher à différentes facettes du vélo. Il se familiarise avec le métier de directeur sportif, il a aussi pris quelques coureurs à l'entraînement à côté. Il y a pas mal de choses qui l'intéressent donc il essaye de voir ce qui lui correspond le plus. Directeur sportif, ça a l'air de lui plaire. Entraîneur aussi. Pour l'instant, je pense qu'il n'est pas vraiment fixé sur son avenir, mais il essaye de toucher un peu à tout.

 

Vous sentez qu'il a définitivement accepté le fait qu'il ne puisse plus courir ?

Je pense qu'il arrive petit à petit à l'accepter. Il a une maladie assez grave, il s'est rendu compte que le vélo était vraiment terminé. Il n'a pas juste arrêté le vélo sur un malaise cardiaque, c'est un mal plus profond. Il essaye petit à petit de faire une croix dessus. Ce n'est pas évident car c'était son avenir. Il avait 19 ans, ce n'est pas facile à vivre mais il essaye petit à petit, en touchant à autre chose, de passer à autre chose.

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Publié le par Quentin BALLUE

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