Interview
Interview - Clément Venturini : 'Il ne manque que la plus belle' Photo : Sirotti

Interview - Clément Venturini : "Il ne manque que la plus belle"

Au milieu des Romain Bardet, Tony Gallopin, Oliver Naesen et Pierre Latour, il est le sprinteur attitré de l'équipe AG2R La Mondiale. Clément Venturini, un nom bien connu des amoureux des labourés puisqu'il est double champion de France de cyclo-cross (2017 et 2018). Mais le natif de Villeurbanne commence également à faire sa place sur la route. Vainqueur d'étape sur la Route d'Occitanie l'an dernier, Venturini court toujours après son premier succès en 2019. Le sprinteur de 25 ans répond malgré tout présent puisqu'il est déjà entré 11 fois dans le top 10 depuis le mois de février. Parmi ses principaux faits d'armes : un podium sur la Route Adélie (3e) et une belle troisième place à Oman derrière Sonny Colbrelli (Bahrain-Merida) et Greg Van Avermaet (CCC). Ses résultats, ses ambitions, son avenir : le Rhodanien se confie dans un entretien avec Cyclism'Actu.

Le Mag Cyclism'Actu avec Clément Venturini !

 

Vous avez découvert l'Amstel Gold Race dimanche dernier, comment s'est passée cette course pour vous ?

Une course difficile, on a eu des conditions plutôt clémentes, voire assez chaudes, et j'ai subi dans les derniers kilomètres. J'ai été pris de crampes à 30 kilomètres de l'arrivée, donc je me suis retrouvé dans un deuxième groupe et je termine autour de la 40e place. Mais c'est une bonne découverte, c'est la première fois que je disputais cette course et j'ai découvert une très belle épreuve, où les hostilités se déclenchent assez tôt, donc une grosse course.

 

Finir 40e pour votre première participation, dans un groupe avec Valverde et Van Aert, vous y accordez de l'importance ?

Pas vraiment, je ne regarde pas avec qui je suis, je regarde plutôt la place. Je vois qu'il reste encore du travail à faire pour combler les écarts. J'ai pu voir ce qui me manquait pour essayer de performer, mais je pense que c'est une course qui peut me correspondre à l'avenir.

 

Jusqu'à présent vous avez beaucoup de places d'honneur, mais pas encore de victoire. Quel regard vous portez sur votre saison pour le moment ?

C'est assez bien résumé. J'aimerais que la victoire arrive. Peut-être je suis parfois un peu pressé, c'est un défaut mais ça peut être aussi une qualité... Les places sont présentes, il ne manque que la plus belle. Ces dernières semaines, ça a fonctionné au niveau collectif et je suis entièrement satisfait de participer à la victoire des copains. Ça portera ses fruits pour l'avenir.

 

Vous vous êtes bien comporté sur le Samyn pour votre première participation (18e), est-ce que les classiques du Nord font partie de vos objectifs à moyen terme ?

C'était une volonté de l'équipe de me tester sur les classiques pavées. J'ai accepté de découvrir ces courses, j'ai fait aussi Gand-Wevelgem et j'ai pu voir qu'il fallait avoir une grosse caisse pour peser dans le final. J'ai eu de la malchance à Gand, j'ai eu un problème de vélo au mauvais moment, ça m'a coûté de l'énergie et j'ai sauté dans le Kemmel alors que j'aurais pu être avec le groupe devant. Ça me laisse aussi entrevoir des performances possibles sur ces courses-là. Je ne sais pas trop où je me situe, je me cherche encore un peu. C'est important de découvrir un peu toutes les courses et au fur et à mesure j'arriverai à trouver celles qui me correspondent le mieux, même si je sais que mes qualités font que je suis avantagé sur les courses où le punch parle, où il y a du dénivelé et où je peux exprimer ma petite pointe de vitesse.

 

Quelles seront vos prochaines courses ?

Je ferai les 4 Jours de Dunkerque et le Tour de l'Ain en mai, puis le Tour de Suisse et les Championnats de France en juin.

 

Vous espérez faire aussi bien qu'en 2017 à Dunkerque, avec une victoire et le classement par points ?

C'est sûr que je reviens sur cette course avec de bons souvenirs. Ce sera ma course de reprise après une petite coupure mentale et physique mais je pense que je serai prêt, ça ne me fait pas peur de reprendre sur cette course. J'y vais motivé, le mois de mai est important pour moi. Entre Dunkerque et le Tour de l'Ain, j'espère être très performant, je vais tout faire pour.

 

Il y aura aussi la Vuelta en fin de saison ?

Oui, c'est le Grand Tour qui est prévu à mon programme, donc encore une découverte. J'ai fait le Tour d'Italie l'an dernier, cette fois ce sera la Vuelta. Encore une belle course ! Je ne sais pas trop comment je la préparerai mais l'objectif sera aussi de changer ma manière de courir. Sur la Vuelta, il n'y a pas tant que ça d'arrivées au sprint, donc aller dans les échappées, anticiper sur les étapes difficiles... Je pense que ça va être intéressant.

 

Cette année vous avez terminé 24e de Milan-San Remo. Vous avez le sentiment de vous rapprocher petit à petit des meilleurs sprinteurs ?

Je pense que je serai toujours un peu désavantagé sur des arrivées toutes plates mais quand les sprints sont usants, j'ai pu voir que j'ai progressé. Ma quatrième place à Tirreno me conforte dans ce registre. Il y a encore des petites mises au point à faire au niveau de la préparation, de l'approche des sprints, essayer de m'épargner des efforts qui ne pardonnent pas face aux grandes écuries. Quand on voit qu'ils sont encore cinq chez Quick-Step à un kilomètre de l'arrivée sur Tirreno, c'est difficile de jouer à côté d'eux. Mais je fais le maximum, et l'équipe aussi.

 

Le principal axe de progression se situe donc au niveau de l'approche du sprint, dans le placement et la gestion des efforts superflus ?

Être présent dans le final, c'est le signe qu'on est frais, qu'on est plus endurant. L'an dernier, je voyais que j'étais moins fort dans le final. Je sens que je progresse chaque année, de façon linéaire. Tout doucement, je me rapproche des meilleurs. Je travaille dans ce sens-là. Il m'en manque encore un petit peu pour jouer vraiment le top niveau mondial, mais je me suis tellement fait plaisir sur les niveaux Coupe de France que ça m'a vraiment conforté dans le sens où il y a de belles choses à faire.

 

Vous avez fait de bonnes places sur le Giro l'an passé, pour votre première course de trois semaines. Ça vous a conforté ?

Oui, c'est encourageant. Quand on travaille et qu'on voit qu'on en tire des bénéfices, c'est toujours plus facile d'en rajouter à l'entraînement ou au niveau des sacrifices. Donc c'est encourageant, ça montre qu'on est sur la bonne voie. J'ai mis de côté le cyclo-cross, où j'étais quand même dans les meilleurs mondiaux, donc l'idée est de faire partie des meilleurs sur la route, au moins dans mon registre, d'être le plus présent possible. Tout doucement ça porte ses fruits, j'espère que les bons résultats arriveront dans peu de temps. 

 

Ça fait maintenant un an et demi que vous êtes chez AG2R. Vous êtes épanoui dans cette équipe ?

C'est une équipe qui me fait confiance, ça fait plaisir de sentir que son patron croît en vous. C'est encourageant. Je me sens très bien, je me suis très vite senti épanoui ici. C'était l'équipe où je voulais être, donc je suis entièrement satisfait d'appartenir à cette équipe, aux côtés de grands leaders comme Romain Bardet, Oliver Naesen ou Tony Gallopin. On apprend et on progresse, c'est top.

 

Vous espérez prolonger ?

J'arrive en fin de contrat donc forcément, il va y avoir des discussions. Mais je me sens bien chez AG2R, donc je ne vois pas pourquoi il faudrait partir. Moi, mon principal objectif est de pédaler, donc mon agent s'occupe de ça.

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Publié le par Quentin BALLUE

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