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FFC - Michel Callot «veut la levée de la limite d'un km du domicile» Photo : @FFCyclisme / P. Pichon

FFC - Michel Callot «veut la levée de la limite d'un km du domicile»

En vigueur depuis le 28 octobre et l'annonce d'un nouveau confinement par le Président de la République, Emmanuel Macron, la règle du 1 km/1 heure dans le cadre des activités sportives individuelles en extérieur fait débat. Très concernée par cette restriction de déplacement, la Fédération Française de Cyclisme (FFC) a ainsi souhaité s'associer à une tribune signée par plusieurs autres fédérations - athlétisme, triathlon... - afin de demander "la levée de la limite d’un kilomètre du domicile pour le motif d’activité physique." Se souciant de la santé physique et mentale des pratiquants, les fédérations signataires "veulent limiter les contacts plutôt que les sorties." Retrouvez ci-dessous l'explication en vidéo du Président Michel Callot et la tribune diffusée ce mercredi par la FFC.

Vidéo - Michel Callot : "On espère être pris en compte dès décembre"

 

"Notre initiative est désormais posée de manière assez ferme"

"Nous avons été pas mal attaqués sur le fait de ne pas avoir pris des initiatives que certains auraient aimé plus "musclées" et plus précoces. Je crois que notre initiative a une petite chance d'aboutir si elle est solide. Ça se construit en amont avec des discussions avec les autorités, mais aussi dans la solidité avec des partenaires avec lesquels nous pouvons afficher une initiative de cette nature. Je pense qu'elle est désormais posée de manière assez ferme. Nous avons pu voir également du mouvement dans ce sens au sein de différents groupes de parlementaires juste avant, donc tout ça me semble aujourd'hui pouvoir être mieux entendu par le gouvernement, dans une période où on voit bien qu'il y a un questionnement et un certain nombre de questions à trancher par rapport à l'évolution à partir de début décembre du confinement tel qu'on le connaît actuellement. Je pense qu'il y a une vraie fenêtre de tir pour que ce sujet-là puisse être pris en compte dans cette révision des modalités du confinement", nous a confié Michel Callot mercredi soir.

 

Pour la santé de tous : limitons les contacts plutôt que les sorties !

Alors que le deuxième confinement pourrait durer plus longtemps que le premier, autorisons aux citoyens un accès responsable à l’activité physique individuelle en extérieur. L’usage du vélo, la marche et le running relèvent de questions de santé publique tant physique que mentale ! Personne ne peut contester la gravité de la crise sanitaire que nous traversons.

Il serait irresponsable d’appeler à la désobéissance civile ou à un allégement des restrictions pertinentes en termes de réduction des risques. Ainsi, la reprise de l’épidémie nous oblige collectivement à accepter des mesures drastiques pour stopper la propagation du virus, afin de limiter le nombre de victimes et éviter l’implosion de notre système de santé.

 

Les recommandations de l'OMS

Nos organisations sont néanmoins vigilantes à une prise en compte globale de la santé, ce qui comprend nécessairement l’accès à la pratique régulière d’une activité physique, indispensable pour la santé physique et mentale, et qui renforce le système immunitaire. Ainsi, nous tenons à rappeler que l’OMS recommande de continuer l’activité physique durant la pandémie.

En ménageant la possibilité d’une activité physique, le décret régissant les règles du second confinement reconnaît cette impérieuse nécessité, en reprenant la même formulation que lors du premier confinement : Déplacements brefs, dans la limite d’une heure quotidienne et dans un rayon maximal d’un kilomètre autour du domicile, liés à l’activité physique individuelle des personnes, à l’exclusion de toute pratique sportive collective et de toute proximité avec d’autres personnes.

 

"Des effets pervers"

Nous constatons néanmoins que cette formulation n’a pas fonctionné correctement lors du premier confinement: on estime en effet que les Français ont pris 2,5 kg de poids en moyenne, et les professionnels ont constaté une dégradation de la santé psychologique en lien direct avec l’enfermement. Il est désormais établi que la pratique individuelle en extérieur expose peu au virus. Ainsi, une pratique en extérieur présente bien moins de risques qu’en intérieur, et quand elle est individuelle, le risque de contamination devient quasi nul.

Ce qu’il faut éviter, ce sont les regroupements denses, a fortiori en intérieur. Nous comprenons la nécessité de limiter autant que possible les sorties, mais uniquement dans le but d’éviter les regroupements. Ainsi, la restriction de distance nous semble totalement contre-productive. En effet, elle entraîne de nombreux effets pervers :

 

- Le rayon d’un kilomètre rend la pratique peu attractive, voire désagréable, là où il faut au contraire l’encourager, en particulier pour les personnes atteintes de maladies chroniques.

- Par ailleurs, en zone dense, la limite d’un kilomètre favorise les regroupements dans les rares espaces verts. Une levée de la restriction permettrait aux citoyens mobiles de pratiquer ailleurs et ainsi laisser le bénéfice de ces espaces verts de proximité à celles et ceux qui sont moins mobiles

- Il est établi que l’accès à la nature participe à l’équilibre psychique des individus. Être en mesure de s’exposer à des grandes aires boisées ou enherbées n’est pas toujours possible dans un rayon d’un kilomètre.

- Les forces de l’ordre chargées du contrôle du confinement doivent appliquer des règles simples et incontestables. Les usagers du vélo et des autres modes actifs, particulièrement s’ils ont l’habitude d’être équipés de manière sportive pour se rendre à leur travail ou effectuer leurs courses essentielles pourraient être soupçonnés de mentir sur le motif de leur déplacement afin de s’affranchir de la limite d’un kilomètre.

Ainsi, lors du premier confinement, de nombreux marcheurs, coureurs à pied ou usagers du vélo ont été abusivement verbalisés à cause d’une mauvaise compréhension du décret par les forces de l’ordre (comme confirmé par l’ordonnance du Conseil d’Etat du 30 avril 2020 suite au référé-liberté de la FUB). En effet, les mobilités actives, - usage du vélo, marche et le running dans toutes ses formes - ont la particularité de permettre à la fois une activité physique de qualité et un déplacement efficace, sans risque de contamination.

Pour toutes ces raisons, nous demandons la levée de la limite d’un kilomètre du domicile pour le motif d’activité physique, comme dans les autres pays européens. Nous ne doutons pas que nos concitoyens, soucieux d’éviter la propagation du virus, sauront appliquer intelligemment cette règle et éviter tout regroupement, principal facteur de propagation du virus.

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Publié le par Nicolas GAUTHIER

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