Dans le Rétro de
Dans le Rétro de - Mangeas : Roger Pingeon et le lieutenant Poulidor Photo : @Cyclismactu / CyclismActu.net

Dans le Rétro de - Mangeas : Roger Pingeon et le lieutenant Poulidor

En cette fin du mois de juin et tout au long de ce mois de juillet, il règne - crise sanitaire oblige - une atmosphère bizarre. Une impression de vide absolu. Habituellement, l'effervescence en France est palpable, les vrais amateurs de cyclisme sont au bord des routes. L'édition 2020 du Tour de France aurait dû se dérouler du 27 juin au 19 juillet et a donc été décalée au 29 août. Alors pour tenter de combler ce vide, Cyclism'Actu décide de regarder "Dans le rétro de Daniel Mangeas" pour vous présenter durant ces trois semaines ce qui a marqué l'histoire de la Grande Boucle avec la complicité de Serge Lagetauteur du livre "Jours de Fête, La Grande Histoire du Tour de France". Pour cette huitième chronique de la série "Tour de France - Dans le Rétro de Daniel Mangeas", souvenons-nous de ce qu'il s'est passé un 4 juillet sur les routes du Tour de France... en 1967.

Tour de France - Dans le Rétro de Daniel Mangeas !

 

Roger Pingeon "intouchable" sur ce Tour de France 1967

En ce milieu des années 1960, le Tour de France ne le sait pas encore mais il se trouve en pleine période de transition. Alors que le règne de Jacques Anquetil, vainqueur à cinq reprises entre 1957 et 1964, est terminé, la Grande Boucle va bientôt voir débarquer Eddy Merckx, qui va quasiment tout écraser sur son passage dans le début des années 1970. Et après les heures de gloire vécues par Felice Gimondi en 1965 et Lucien Aimar en 1966, c'est "l'échassier du Haut Bugey" qui va marquer de son empreinte le Tour de France 1967, à savoir Roger Pingeon.

Passé professionnel sur le tard, le futur vainqueur de cette 54e édition, "au talent énorme mais capable de flancher plus moralement que physiquement" selon Daniel Mangeas, va se montrer "intouchable" durant les trois semaines de course. Co-leader de l'équipe de France - le Tour avait été disputé par équipes nationales cette année-là - avec un Raymond Poulidor qui restait sur trois podiums consécutifs et le vainqueur sortant Lucien Aimar, Roger Pingeon met rapidement sa patte sur ce Tour de France en s'imposant lors du premier secteur de la cinquième étape disputé entre Roubaix et Jambes en Belgique.

 

La terrible défaillance de Raymond Poulidor dans les Vosges

 Vainqueur en solitaire d'une étape qui empruntait des secteurs pavés, Pinpin, nouveau maillot jaune, repousse Raymond Poulidor, Lucien Aimar, Felice Gimondi et Jan Janssen à plus de 6 minutes, et prend un avantage psychologique qui s'avérera décisif. Dépossédé deux jours plus tard à Strasbourg de sa tunique jaune par son coéquipier Raymond Riotte, il profite de l'étape du lendemain amenant les coureurs au Ballon d'Alsace pour la récupérer, et cette fois-ci définitivement. Surtout que Raymond Poulidor perd plus de 11 minutes lors de cette étape et perd ainsi toute chance de remporter enfin le Tour de France...

Hors course pour la victoire finale, Poupou va alors se mettre "au service" de Roger Pingeon, celui-ci pouvant disposer de plus  "d'une équipe conquérante" comme le précise Daniel Mangeas. En contrôle dans les Alpes derrière un duo Julio Jimenez - Felice Gimondi qui réalise une belle étape vers Briançon, Roger Pingeon sort de cette première moitié de course avec 4'02" d'avance sur le très surprenant Désiré Letort et 4'58" sur le grimpeur espagnol Julio Jimenez. Très en forme sur ce Tour 1967, ce dernier mène la vie dure à l'équipe de France dans l'étape de Carpentras, théâtre du drame vécu par le Britannique Tom Simpson, victime d'un malaise fatal dans l'ascension du Mont Ventoux (Cyclism'Actu y reviendra en longueur dans les prochains jours).

 

Le danger Julio Jimenez se rapproche pour Roger Pingeon !

Loin de l'agitation qui règne autour du champion britannique, les leaders du classement général se font la guerre dans les pentes surchauffées du Géant de Provence. Éparpillés dans l'ascension du Ventoux suite aux multiples accélérations de Julio Jimenez, ils finiront cependant par se regrouper dans la descente, le maillot jaune faisant ainsi plus que limiter la casse dans cette étape - remportée par Jan Janssen -  qui aurait pu s'avérer piégeuse. Mais il reste encore un massif montagneux à franchir avant d'arriver à Paris, les redoutables Pyrénées.

Et dès la première journée pyrénéenne entre Toulouse et Luchon, Julio Jimenez, petit grimpeur d'1,63 m extrêmement talentueux, tente sa chance afin de renverser un Tour de France qui semble à sa portée. Échappé avec un Raymond Poulidor qui défend la place de leader de son coéquipier Roger Pingeon, l'Espagnol - finalement débarrassé de Poulidor, victime d'une crevaison dans la descente du col de Menté - dynamite la course et met en difficulté le maillot jaune. Sauvant ce qu'il peut et profitant de l'aide de Désiré Letort et de Franco Balmamion, respectivement deuxième et quatrième du général avant cette étape, Roger Pingeon perd au final près de trois minutes sur Jimenez, qui se rapproche ainsi à 2'03" du Français à moins d'une semaine de l'arrivée du Tour de France 1967.

 

La résistance tout-terrain du maillot jaune

On se dit alors que Roger Pingeon va devoir faire preuve d'un courage absolu dans l'étape suivante qui mène les coureurs à Pau - par-delà le Tourmalet et l'Aubisque - s'il veut résister à un adversaire qui semble intouchable dès que la route s'élève. Mis en difficulté comme prévu sur les pentes du Tourmalet par Jimenez, qui passe au sommet avec 1'30 d'avance, Roger Pingeon montre alors ses grandes qualités de coursier dans la descente. Bien plus à l'aise dans l'exercice que son rival, l'échassier refait rapidement son retard et fait la jonction au bas de la descente. Il vient de faire le plus dur...

Surtout qu'il va pouvoir compter sur un Raymond Poulidor irréprochable dans son rôle d'équipier lors de l'étape du Puy-de-Dôme. De nouveau secoué par les attaques de Julio Jimenez, qui tente son va-tout dans cette 20e étape, Roger Pingeon peut compter sur le soutien sans faille de son équipier de luxe. Loin d'un Felice Gimondi distancé au classement général mais qui va aller chercher sa deuxième victoire d'étape sur ce Tour 1967, Pingeon et Jimenez se livrent un dernier duel en montagne, Pingeon ne concédant finalement que 24 secondes sur son dauphin. Le Tour de France 1967 est cette fois-ci bel et bien terminé !

 

Un autre Grand Tour dans l'escarcelle de Roger Pingeon en 1969

Bien supérieur à l'Espagnol dans l'exercice du contre-la-montre, le maillot jaune n'a rien à craindre dans l'étape chronométrée Versailles-Paris longue de 46 kilomètres. Il prendra même la troisième place d'une dernière étape remportée par son lieutenant Raymond Poulidor, récompensé de son dévouement. Vainqueur du Tour de France 1967 avec 3'40 d'avance sur Julio Jimenez et 7'23" sur l'Italien Franco Balmamion, Roger Pingeon succède ainsi à son compatriote Lucien Aimar au palmarès de la Grande Boucle. Vainqueur du Tour d'Espagne en 1969 devant Luis Ocana, Roger Pingeon montera également cette année-là sur le podium du Tour de France en prenant la deuxième place derrière le phénomène Eddy Merckx.

 

Classement général final du Tour de France 1967

1. Roger Pingeon (France A)

2. Julio Jimenez (Espagne A) à 3'40"

3. Franco Balmamion (Italie B) à 7'23"

4. Désiré Letort (France B) à 8'18"

5. Jan Janssen (Pays-Bas) à 9'47"

6. Lucien Aimar (France A) à 9'47"

7. Felice Gimondi (Italie A) à 10'14"

8. Jos Huysmans (Belgique A) à 16'45"

9. Raymond Poulidor (France A) à 18'18"

10. Fernando Manzaneque (Espagne B) à 19'22"

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Publié le par Nicolas GAUTHIER

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