Dans le Rétro de
Dans le Rétro de - Mangeas : Jacky Durand, surprenant maillot jaune Photo : @DanielMangeas / @SergeLaget

Dans le Rétro de - Mangeas : Jacky Durand, surprenant maillot jaune

En cette fin du mois de juin et tout au long de ce mois de juillet, il règne - crise sanitaire oblige - une atmosphère bizarre. Une impression de vide absolu. Habituellement, l'effervescence en France est palpable, les vrais amateurs de cyclisme sont au bord des routes. L'édition 2020 du Tour de France aurait dû se dérouler du 27 juin au 19 juillet et a donc été décalée au 29 août. Alors pour tenter de combler ce vide, Cyclism'Actu décide de regarder "Dans le rétro de Daniel Mangeas" pour vous présenter durant ces trois semaines ce qui a marqué l'histoire de la Grande Boucle avec la complicité de Serge Lagetauteur du livre "Jours de Fête, La Grande Histoire du Tour de France". Pour cette quatrième chronique de la série "Tour de France - Dans le Rétro de Daniel Mangeas", souvenons-nous de ce qu'il s'est passé un 1er juillet sur les routes du Tour de France... en 1995.

Tour de France - Dans le Rétro de Daniel Mangeas !


"1995, nous sommes à Saint-Brieuc sur les terres de Bernard Hinault." Ce sont sont par ces mots que Daniel Mangeas débute sa rétrospective du 1er juillet. Il y a 25 ans, jour pour jour, Jacky Durand allait s'imposer sur le prologue de la Grande Boucle 1995 durant laquelle Miguel Indurain laissait pour la cinquième fois d'affilée son nom au palmarès de l'épreuve. Mais cette 82e édition a également été marquée par la chute mortelle du champion olympique Fabio Casartelli dans la descente du col du Portet-d'Aspet. Le Tour de France 1995 commençait donc à Saint-Brieuc dans les Côtes-d'Armor (Bretagne). Pour contenter les télévisions, surtout britanniques, mais aussi en raison des fortes chaleurs (au-delà des 30 degrés), le prologue de 7,3 kilomètres se disputait en nocturne. "Les premiers concurrents partent sur une route sèche. C'est le cas de Jacky Durand qui va s'installer en tête du classement général", raconte Daniel Mangeas.

Un choix qui s'avérait payant pour l'ancien coureur français, désormais consultant pour la chaîne Eurosport, puisque les conditions climatiques commençaient à évoluer lors de ce 1er juillet. Une pluie torrentielle s'abattait alors sur les routes de Bernard Hinault et faisait une victime principal : Chris Boardman. Le Britannique, spécialiste du cyclisme sur piste (champion olympique et du monde de la poursuite), s'était préparé toute la saison pour ce prologue où il voulait rééditer sa performance de l'année précédente (victoire sur le prologue un an auparavant avec la vitesse la plus élevée jamais enregistrée). Sur une route devenue détrompée, le pistard prenait tous les risques mais il chutait dans un virage. Chris Boardman se cassait le bras droit et la cheville gauche. 

 

"Le bonheur de Durand contraste avec la douleur de Boardman"

Le Tour de France était déjà terminé pour le Britannique alors qu'il venait à peine de commencer. "Le bonheur de Jacky Durand contrastait avec l'immense malheur et la douleur de Chris Boardman. De ce prologue, nous nous souviendrons de la prise du maillot jaune de Jacky Durand mais également des conditions météorologiques qui ont joué un rôle important sur le déroulement de cette épreuve", résume Daniel Mangeas. Finalement, Jacky Durand, ancien vainqueur du Tour des Flandres (1992), s'imposait pratiquement à la surprise générale tant les regards étaient tournés sur le résultat de Chris Boardman. Le natif de Laval possédait donc une belle avance sur ses adversaires au général puisque les autres coureurs ont préféré ne pas prendre de risques lors de ce prologue.

L'ancien champion de France pouvait alors profiter de son maillot jaune. D'autant que les prochaines étapes passaient dans son département. "Jacky Durand savoure le fait de porter le maillot jaune puisque le Tour de France, après un départ de Saint-Brieuc, met cap à l'est et Jacky sait qui va parcourir sa Mayenne natale avec cette tunique sur le dos", détaille Daniel Mangeas dans sa rétrospective. Jacky Durand a profité de ce maillot jaune durant deux étapes avant de le céder à un autre coureur français : Laurent Jalabert. Lanterne rouge en 1999, Durand a également décroché deux autres succès sur la Grande Boucle (1994 et 1998) en obtenant également à deux reprises le prix de la combativité (1998 et 1999).

 

La "manita" de Miguel Indurain

Mais hormis ce succès surprise de Jacky Durand sur le prologue de Saint-Brieuc, la 82e Grande Boucle était une nouvelle fois dominée par Miguel Indurain. Pour la cinquième fois d'affilée, l'Espagnol parvenait à remporter le Tour de France. Alors que durant la première semaine il se faisait discret, "Miguelon" profitait du contre-la-montre de 60 kilomètres et des deux premières étapes de montagne dans les Alpes pour tuer le suspense sur ce Tour. Malgré son avance, Miguel Indurain devait résister aux nombreuses attaques de la ONCE menée par Alex Zülle, Laurent Jalabert et Melchior Mauri dans la moyenne montagne avec notamment l'étape de Mende qui symbolisait l'offensive de cette formation.

Dans les Pyrénées, le "Roi Miguel" parvenait à résister aux attaques de ses concurrents pour garder son maillot jaune jusqu'à l'arrivée finale à Paris. L'ancien coureur de Banesto décrochait même une deuxième victoire lors du chrono au Lac de Vassivière. Miguel Indurain remportait ce Tour de France 1995 avec une avance confortable sur son dauphin (Alex Zülle finissait avec près de cinq minutes de retard). Avec cette victoire, la cinquième consécutive (1991, 1992, 1993, 1994 et 1995), l'Espagnol entrait dans le club des 5 avec Jacques Anquetil, Eddy Merckx et Bernard Hinault même si ce succès a été moins fêté que les autres en raison d'un accident tragique.

 

Une édition marquée par la mort de Casartelli

En effet, le Tour 1995 a été marqué par la mort de Fabio Casartelli. L'Italien, champion olympique lors des Jeux de Barcelone (1992) a chuté dans la descente du col du Portet-d'Aspet, le 18 juillet, lors de la 15e étape disputée entre Saint-Girons et Cauterets. L'ancien coureur ne portait pas de casque, en raison de la chaleur, lors de son accident. Il décédait à la suite de ses blessures. Fabio Casartelli est le quatrième coureur à mourir sur le Tour de France après Adolphe Helière (1910), Francisco Cepeda (1935) et Tom Simpson (1967). 

Le lendemain de cette tragédie, le peloton prenait le départ de l'étape après une minute de silence. Les coéquipiers de Fabio Casartelli franchissaient la ligne d'arrivée ensemble lors de cette étape en direction de Pau. Quelques jours plus tard, à Limoges, son jeune coéquipier Lance Armstrong s'imposait en levant les doigts au ciel pour rendre hommage à l'ancien champion olympique. Une stèle à sa mémoire est érigée à l'endroit du drame (col du Portet-d'Aspet).

 

Classement général du Tour de France 1995 :

1 - Miguel Indurain (ESP, Banesto) en 92 h 44 min 59 sec

2 - Alex Zülle (SUI, ONCE) + 4 min 35 sec

3 - Bjarne Riis (DAN, Gewiss-Ballan) + 6 min 47 sec

4 - Laurent Jalabert (FRA, ONCE) + 8 min 24 sec

5 - Ivan Gotti (ITA, Gewiss-Ballan) + 11 min 33 sec

6 - Melchor Mauri (ESP, ONCE) + 15 min 20 sec

7 - Fernando Escartin (ESP, Mapei-GB) + 15 min 45 sec

8 - Tony Rominger (SUI, Mapei-GB) + 16 min 46 sec

9 - Richard Virenque (FRA, Festina-Lotus) + 17 min 31 sec

10 - Hernan Buenahora (COL, Kelme-Surena) + 18 min 50 sec

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Publié le par François BONNEFOY

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