Dans le Rétro de
Dans le Rétro de - Mangeas : L'entrée dans l'Histoire de Louison Bobet Photo : Sirotti

Dans le Rétro de - Mangeas : L'entrée dans l'Histoire de Louison Bobet

En cette fin du mois de juin et tout au long de ce mois de juillet, il règne - crise sanitaire oblige - une atmosphère bizarre. Une impression de vide absolu. Habituellement, l'effervescence en France est palpable, les vrais amateurs de cyclisme sont au bord des routes. L'édition 2020 du Tour de France aurait dû se dérouler du 27 juin au 19 juillet et a donc été décalée au 29 août. Alors pour tenter de combler ce vide, Cyclism'Actu décide de regarder "Dans le rétro de Daniel Mangeas" pour vous présenter durant ces trois semaines ce qui a marqué l'histoire de la Grande Boucle avec la complicité de Serge Lagetauteur du livre "Jours de Fête, La Grande Histoire du Tour de France". Pour cette onzième chronique de la série "Tour de France - Dans le Rétro de Daniel Mangeas", souvenons-nous de ce qu'il s'est passé un 7 juillet sur les routes du Tour de France... en 1955.

Tour de France - Dans le Rétro de Daniel Mangeas !

 

Wim van Est et sa célèbre chute dans le ravin en 1951 !

En ce 7 juillet 1955, ce ne sont pas un... mais onze vainqueurs qui sont consacrés sur les routes du Tour de France. Séparée en deux secteurs, cette première étape de la 42e Grande Boucle voit tout d'abord la victoire de l'Espagnol Miguel Poblet à Dieppe, qui règle ses neuf compagnons d'échappée et s'empare ainsi du maillot jaune. Quelques heures plus tard, c'est un contre-la-montre par équipes qui est disputé dans les rues de Dieppe, et c'est l'équipe nationale des Pays-Bas qui se montre la plus rapide. Dans cette sélection, on y retrouve notamment Wim van Est, un coureur sur lequel a voulu s'attarder notre chroniqueur Daniel Mangeas.

"Wim van Est est un coureur qui a marqué l'histoire du Tour de France. Chacun des historiens du cyclisme se souvient de sa chute dans un ravin, où on est obligé de le remonter avec des cordages", explique Daniel Mangeas, qui fait ainsi référence à 13e étape du Tour 1951 disputée entre Dax et Tarbes. Maillot jaune depuis sa victoire la veille dans la cité des Landes, le Néerlandais avait fait une spectaculaire chute dans un ravin profond de 70 mètres alors qu'il descentait le col d'Aubisque ! Miraculeusement indemne, il ne put cependant, sur injonction du médecin, reprendre la route et abandonna donc le Tour de France avec le maillot jaune sur les épaules.

 

Louison Bobet en quête du triplé et "de son entrée dans l'histoire"

Mais en cette année 1955, "ce n'est pas la malchance qui va l'accompagner. Au contraire, il va savourer puisqu'il s'empare du maillot jaune à Thonon-les-Bains." Membre d'une échappée fleuve de laquelle sortira vainqueur "le modeste Jos Hinsen", Wim van Est enfile donc de nouveau la tunique jaune. Mais comme en 1951, il ne la conserve qu'une journée, cédant son bien dès le lendemain vers Briançon au Français Antonin Rolland. Vainqueur durant sa carrière de trois étapes sur le Tour de France, d'une étape du Tour d'Italie et surtout du Tour des Flandres en 1953, le natif de Fijnaart connaîtra une dernière fois le bonheur de porter le maillot de leader de la Grande Boucle trois ans plus tard, maillot qu'il conservera cette fois-ci durant deux étapes.

Mais outre Wim van Est, l'autre coureur de ce Tour de France 1955 que Daniel Mangeas souhaite mettre en exergue, c'est bien évidemment Louison Bobet et "son entrée dans l'histoire en étant le premier Français à gagner trois fois le Tour de France." Double tenant du titre, le Breton aborde ce Tour en tant que grand favori, fort notamment d'un Critérium du Dauphiné Libéré dominé de la tête et des épaules (trois victoires d'étapes, deux deuxième place et le gain du classement général). Ses adversaires désignés : le Suisse Ferdi Kubler, vainqueur du Tour en 1950 et dauphin de Bobet en 1954 ; le Belge Stan Ockers, deux fois deuxième en 1950 et 1952 ; le Français Jean Malléjac, dauphin de Louison Bobet en 1953 et cinquième en 1954. 

 

La régularité de Louison Bobet, les coups d'éclat de Charly Gaul

Mais aucun de ces trois hommes ne pourra menacer ne serait-ce qu'un peu le futur triple vainqueur de la Grande Boucle, le Suisse et le Français abandonnant en milieu d'épreuve et le Belge ne prenant que la huitième place du classement général. En réalité, seul un homme va rivaliser un minimum avec Louison Bobet dans la montagne, le Luxembourgeois Charly Gaul. Alors aux prémices de sa brillante carrière, celui que l'on surnommera plus tard l'Ange de la montagne - et qui remportera le Tour de France en 1958 - gagne une étape dans les Alpes à Briançon - avec près de 14 minutes d'avance sur Louison Bobet et les autres favoris - et une étape dans les Pyrénées à Saint-Gaudens.

Mais il ne peut rien contre la régularité, la polyvalence et l'expérience du trentenaire Bobet. Avec deux victoires d'étapes (Namur et Avignon), deux deuxième place dans des étapes de montagne (Saint-Gaudens et Pau) et une troisième place dans le contre-la-montre individuel de Tours, le natif de Saint-Méen-le-Grand, pourtant gêné par une blessure à la selle, n'aura jamais réellement tremblé. S'emparant lors de la 17e étape d'un maillot jaune longtemps porté par son coéquipier Antonin Rolland - qui surfait sur son avantage pris sur les favoris en début de Tour de France par la grâce d'une échappée au long cours - Louison Bobet l'emmène sereinement jusqu'à Paris et s'impose avec 4'53" d'avance sur le Belge Jean Brakart et 11'30" sur Charly Gaul.

 

Vainqueur donc en 1955 de son troisième et dernier Tour de France, Louison Bobet compte également à son magnifique palmarès onze victoires d'étapes, un titre de champion du monde, un Tour des Flandres, un Tour de Lombardie, un Milan-San Remo, un Paris-Roubaix, un Paris-Nice et un Critérium du Dauphiné Libéré.

Vous avez aimé cet article, partagez le ! 

Publié le par Nicolas GAUTHIER

Vos pronostics et vos paris cyclistes c'est ici

Ces pronostics sont donnés à titre indicatif. Vous ne saurez engager la responsabilité de l'auteur quant aux résultats des courses. Les cotes sont susceptibles de changer jusqu'au départ. «  Jouer comporte des risques : endettement, dépendance… Appelez le 09 74 75 13 13 (appel non surtaxé) »

Publicité



News

Transferts

Publicité

Sondage

Quel coureur va remporter Milan-San Remo le 8 août ?



















Publicité

Partenaires

Publicité