Dans le Rétro de
Dans le Rétro de - Daniel Mangeas : Marcel Dussault et Coppi-Bartali Photo : @Cyclismactu / CyclismActu.net

Dans le Rétro de - Daniel Mangeas : Marcel Dussault et Coppi-Bartali

En cette fin du mois de juin et tout au long de ce mois de juillet, il règne - crise sanitaire oblige - une atmosphère bizarre. Une impression de vide absolu. Habituellement, l'effervescence en France est palpable, les vrais amateurs de cyclisme sont au bord des routes. L'édition 2020 du Tour de France aurait dû se dérouler du 27 juin au 19 juillet et a donc été décalée au 29 août. Alors pour tenter de combler ce vide, Cyclism'Actu décide de regarder "Dans le rétro de Daniel Mangeas" pour vous présenter durant ces trois semaines ce qui a marqué l'histoire de la Grande Boucle avec la complicité de Serge Lagetauteur du livre "Jours de Fête, La Grande Histoire du Tour de France". Pour cette quatrième chronique de la série "Tour de France - Dans le Rétro de Daniel Mangeas", souvenons-nous de ce qu'il s'est passé un 30 juin sur les routes du Tour de France... en 1949.

Vidéo - Tour de France - Dans le Rétro de Daniel Mangeas !

Pour cette troisième édition du Tour de France de l'après-seconde guerre mondiale, la lutte pour la victoire finale promet d'être somptueuse. Avec les deux derniers vainqueurs du Tour au départ de Paris, le Français Jean Robic et l'Italien Gino Bartali, ainsi que la présence de Fausto Coppi, récent triple vainqueur du Tour d'Italie, de Briek Schotte, deuxième derrière Bartali l'année précédente, et de Fiorenzo Magni, le vainqueur du Giro 1948, difficile de faire un pronostic sur l'issue finale de ce Tour de France... Mais c'est un jeune coureur français qui va tout d'abord marquer les esprits sur cette 36e édition de la Grande Boucle.

 

"L'avènement de Jacques Marinelli, la perruche"

Vainqueur de Paris-Bourges en 1948, Marcel Dussault, "un coureur qui vient du pays de George Sand, originaire de La Châtre", profite de l'étape inaugurale du Tour 1949 pour se faire un nom en l'emportant en solitaire à Reims et en s'emparant de fait du maillot jaune. Dépossédé de son bien dès le lendemain par le Belge Roger Lambrecht, Marcel Dussault ajouta par la suite à son palmarès deux nouvelles victoires d'étape sur le Tour de France, la première en 1950 à Pau et la seconde en 1954 à Rouen. Mais ce ne fut pas le seul tricolore à s'illustrer en 1949 puisque cette année "marqua l'avènement de Jacques Marinelli, que l'on appelait la perruche et qui a porté le maillot jaune pendant plusieurs journées."

 

Leader du Tour de France au soir de la quatrième étape arrivant à Rouen et remportée par Lucien Teisseire, celui qui fut le maire de Melun - de 1989 à 2002 - après sa carrière, porte la tunique de leader pendant six étapes et conservera une place sur le podium jusqu'au 24 juillet et l'arrivée à Paris. Un podium qu'il eut l'honneur de partager avec deux coureurs devenus des légendes du cyclisme et qui se sont livrés un duel passionnant durant ce Tour de France 1949, en l'occurrence Fausto Coppi et Gino Bartali.

 

Fausto Coppi proche de tout laisser tomber après cinq jours de course !

Aligné pour la première fois sur la plus grande course du monde, qu'il remportera avec brio, Fausto Coppi n'aurait pourtant pu ne jamais connaître ce grand bonheur. Ne souhaitant pas la présence de Gino Bartali à ses côtés sur la course, l'Italien, alors âgé de 29 ans, prend finalement bel et bien le départ grâce aux qualités de persuasion et de médiateur d'Alfredo Binda, le directeur de l'équipe italienne. Et c'est un début de course catastrophique qui attend de plus le natif de Castellania, victime d'une chute lors de la 5e étape amenant les coureurs à Saint-Malo alors qu'il était échappé.

 

Vexé d'avoir dû attendre de longues minutes avant d'être dépanné par son équipe, Fausto Coppi, qui voit dans cette épisode un signe de défiance de la part de sa direction sportive, décide de finir l'étape en roue libre et perd ainsi 13 minutes sur son rival Gino Bartali. Pire, il décide de quitter le Tour de France sur le champ ! Revenu quelques heures plus tard sur sa décision, il opte alors pour la meilleure des réponses, celle qui se donne sur la route. Brillant vainqueur du contre-la-montre disputé entre Les Sables d'Olonne et La Rochelle, lors duquel il repousse son rival Gino Bartali à plus de 4'30", il lui reprend encore près de 4 minutes vers Luchon et semble capable de surpasser son aîné dans les redoutables Alpes qui se profilent.

 

Fausto Coppi et Gino Bartali seuls au monde dans les Alpes

Et c'est dans ces dernières que le duel Coppi-Bartali va prendre toute sa dimension ! Respectivement neuvième et dixième du classement général avant la 16e étape entre Cannes et Briançon, les deux Italiens sont à distance respectable - 12'34" pour Bartali et 14'16" pour Coppi - de leur compatriote Fiorenzo Magni. Mais bien supérieurs à l'ensemble de leurs adversaires, Jean Robic compris, les deux idoles de l'Italie s'envolent dans les cols et trouvent même un terrain d'entente dans les rues de Briançon, Fausto Coppi laissant la victoire à Gino Bartali le jour de ses 35 ans, qui devient maillot jaune par la même occasion.

 

Malheureux en début de Tour de France, la chance va cependant finir par tourner pour Fausto Coppi, qui va profiter d'une crevaison puis d'une chute de Gino Bartali dans l'étape suivante - et alors que leux hommes s'étaient encore isolés dans les cols alpestres - pour s'imposer à Aoste avec près de 5 minutes d'avance sur son compatriote et rival. Maillot jaune pour la première fois de sa carrière, le campionissimo vient de gagner le Tour de France, le dernier contre-la-montre de 137 kilomètres entre Colmar et Nancy lui permettant d'exploiter ses immenses qualités de rouleur - il remportera l'étape avec sept minutes d'avance ! - et ainsi d'enfoncer le clou.

 

Gino Bartali et Fausto Coppi, deux monstres du cyclisme italien

Vainqueur donc du Tour de France dès sa première apparition sur l'épreuve et premier homme dans l'histoire du cyclisme à réaliser le doublé Giro-Tour, Fausto Coppi récidivera trois années plus tard. Mort en 1960 de la malaria, il aura gagné cinq Tour d'Italie (+ 22 étapes), deux Tours de France (+ 9 étapes), cinq Tours de Lombardie, trois Milan-San Remo, un Paris-Roubaix et un titre de champion du monde. Quant à Gino Bartali, surnommé Gino le pieux, il arrêta sa carrière en 1954 fort de deux Tours de France (+ 12 étapes), trois Tours d'Italie (+ 17 étapes), quatre Milan-San Remo et trois Tours de Lombardie. Il est décédé en 2000 à l'âge de 85 ans.

 

Classement du Tour de France 1949

1. Fausto Coppi (Italie)

2. Gino Bartali (Italie) à 10'55"

3. Jacques Marinelli (Île-de-France) à 25'13"

4. Jean Robic (Ouest/Nord) à 34'28"

5. Marcel Dupont (Adelaars) à 38'59"

6. Fiorenzo Magni (Cadetti) à 42'10"

7. Stan Ockers (Belgique) à 44'35"

8. Jean Goldschmit (Luxembourg) à 47'24"

9. Apo Lazaridès (France) à 52'28"

10. Pierre Cogan (Ouest/Nord) à 1h08'55"

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Publié le par Nicolas GAUTHIER

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