Dans le Rétro de
Dans le Rétro de - Daniel Mangeas : «Et l'aventure Guimard commença» Photo : @DanielMangeas / @SergeLaget

Dans le Rétro de - Daniel Mangeas : «Et l'aventure Guimard commença»

En cette fin du mois de juin et tout au long de ce mois de juillet, il règne - crise sanitaire oblige - une atmosphère bizarre. Une impression de vide absolu. Habituellement, l'effervescence en France est palpable, les vrais amateurs de cyclisme sont au bord des routes. L'édition 2020 du Tour de France aurait dû se dérouler du 27 juin au 19 juillet et a donc été décalée au 29 août. Alors pour tenter de combler ce vide, Cyclism'Actu décide de regarder "Dans le rétro de Daniel Mangeas" pour vous présenter durant ces trois semaines ce qui a marqué l'histoire de la Grande Boucle avec la complicité de Serge Laget, auteur du livre "Jours de Fête, La Grande Histoire du Tour de France". Pour cette première chronique de la série "Tour de France - Dans le Rétro de Daniel Mangeas", souvenons-nous de ce qu'il s'est passé un 27 juin sur les routes du Tour de France... en 1970.

Tour de France - Dans le Rétro de Daniel Mangeas !


Eddy Merckx ultra-favori de l’édition 1970

"27 juin 1970, c’est le départ de Limoges. Le Tour de France a planté son chapiteau dans la capitale du Limousin. Et bien entendu, tout le public n’a d’yeux que pour Raymond Poulidor, espérant que celui-ci gagne enfin le Tour de France." C’est par ces mots que Daniel Mangeas ouvre la rétro de ce Tour de France 1970. Monté sur le podium de la Grande Boucle à cinq reprises et vainqueur du Tour d’Espagne en 1964, Raymond Poulidor, l’idole des foules, longtemps incertain en raison d’un zona, ne pouvait manquer ce Grand Départ disputé dans sa région. Mais c’est un autre coureur qui apparaît comme le grandissime favori de cette 57e édition de la Grande Boucle, Eddy Merckx.

 

Écrasant vainqueur de l’épreuve en 1969 – il avait remporté six victoires d’étapes et devancé son dauphin Roger Pingeon de près de 18 minutes ! – le Belge, âgé alors de 25 ans, arrive sur le Tour de France pour se succéder à lui-même. Étincelant lors de la première partie de la saison, il arrive sur ce Tour plein de confiance et auréolé de victoires sur Paris-Nice, Gand-Wevelgem, Paris-Roubaix, La Flèche Wallonne et le Tour d’Italie. Et la concurrence va très rapidement comprendre que la tâche sera extrêmement difficile face au natif de Meensel-Kiezegem, qui s’impose d’entrée de jeu lors du prologue disputé dans les rues de Limoges.

 

Limoges – La Rochelle 1970, "le véritable début de la carrière dans le Tour de Cyrille Guimard"

Mais avant de revenir sur les multiples exploits de celui qui sera affublé cette année-là du surnom de Cannibale, c’est un jeune Français qui crève l’écran en tout début d’épreuve. Disputant le Tour de France pour la première fois de sa carrière, Cyrille Guimard, "un jeune sprinteur de 23 ans plein de promesses", s’impose dès sa première étape en ligne disputée sur la plus grande course du monde. "Faisant fi de tous les meilleurs sprinteurs de l’époque, Walter Godefroot et autres", le coureur originaire de la région nantaise s’impose devant Jan Janssen et Eddy Merckx. "C’est le véritable début de la carrière dans le Tour de France de Cyrille Guimard…"

 

Multipliant les places d’honneur mais n’arrivant pas à décrocher un autre succès sur ce Tour 1970, il se rattrapera largement les années suivantes en levant les bras à six autres reprises (quatre fois en 1972, une fois en 1973 et une dernière fois en 1974). Maillot jaune pendant une semaine en 1972 – il ne cédera son paletot que dans les Pyrénées – et également porteur du maillot vert cette année-là avant d’être cruellement contraint à l’abandon à trois jours de l’arrivée à Paris, celui qui marquera l’histoire du Tour de France par la suite en tant que directeur sportif est donc l’une des grandes découvertes de ce Tour 1970.

 

Merckx égale le record de victoires d’étapes sur un Tour de France !

Mais c’est bien l’intouchable Eddy Merckx qui survole cette 57e édition du Tour de France. Dépossédé de son maillot jaune par son équipier Italo Zilioli lors de la deuxième étape amenant les coureurs à Angers, le coureur de l’équipe Faema-Faemino reprend son bien quatre jours plus tard à Valenciennes, bien qu’il ne lâchera plus… C’est alors que commence véritablement le show Eddy Merckx. Vainqueur d’étape à Forest devant un jeune coureur qui inscrira lui aussi quelques années plus tard son nom au palmarès de la Grande Boucle, Lucien Van Impe, le Cannibale dévore ensuite tout sur son passage.

Victorieux à deux reprises à Divonne-les-Bains, il domine ensuite la concurrence dans montagne, s’offrant des succès à Grenoble et au sommet du devenu tristement célèbre Mont Ventoux, une ascension marquée par la mort trois ans plus tôt du Britannique Tom Simpson et que le Belge achèvera totalement épuisé. Également vainqueur des deux derniers contre-la-montre de ce Tour 1970 du côté de Bordeaux et de Paris, Eddy Merckx sort de la course avec huit victoires d’étapes dans la poche – un record qu’il égalera quatre ans plus tard et qu’il partage avec Charles Pélissier (1930) et Freddy Maertens (1976) – ainsi que le classement de la montagne, le classement du combiné et le prix de la combativité.

 

Ocana, Thévenet, Zoetemelk : Une nouvelle génération montre les dents…

Derrière, ses adversaires n’ont pu récupérer que les miettes… Alors que Jan Janssen, Lucien Aimar et Roger Pingeon, respectivement vainqueur du Tour en 1965, 1966 et 1967, n’ont pas existé, une jeunesse dorée donne cependant de l’espoir à ceux qui veulent croire qu’Eddy Merckx ne dominera pas autant la course lors des éditions suivantes. C’est ainsi que les victoires d’étape de l’Espagnol Luis Ocana à Saint-Gaudens et du Français Bernard Thévenet à La Mongie annoncent des lendemains prometteurs, tout comme la deuxième place finale de Joop Zoetemelk, ce dernier montant alors pour la première fois sur le podium du Tour de France. Et Raymond Poulidor dans tout ça ?

Toujours placé en second rideau sur un Tour de France qu’il entama en étant loin de sa meilleure forme, Poupou ne fait pas mieux que septième d’étape sur cette édition 1970 et termine septième de l’épreuve à plus de 20 minutes du vainqueur. Soit bien loin d’un Eddy Merckx qui marquera encore un peu plus l’histoire du Tour de France les années suivantes…

 

Classement général Tour de France 1970

1. Eddy Merckx (BEL, Faema-Faemino)

2. Joop Zoetemelk (NED, Flandria Mars)     + 12’41’’

3. Gösta Petterson (SUE, Ferretti)     + 15’54’’

4. Martin Van Den Bossche (BEL, Molteni)     + 18’53’’

5. Rini Wagtmans (NED, Willem II-Gazelle)     + 19’54’’

6. Lucien Van Impe (BEL, Sonolor-Lejeune)     + 20’34’’

7. Raymond Poulidor (FRA, Fagor-Mercier-Hutchinson)     + 20’34’’

8. Antoon Houbrechts (BEL, Salvarani)     + 21’34’’

9. Francisco Galdos (ESP, Kas-Kaskol)     + 21’45’’

10. Georges Pintens (BEL, Dr Mann-Grundig)     + 23’23’’

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Publié le par Cyclism'Actu

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