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ITW - Mangeas 'ne se fait pas de souci pour Thibaut Pinot' Photo : @Cyclismactu / CyclismActu.net

ITW - Mangeas "ne se fait pas de souci pour Thibaut Pinot"

Quelques semaines après la fin de la saison européenne, Cyclism’Actu a eu l’occasion de s’entretenir avec l’un de ses chroniqueurs, Daniel Mangeas. La saison 2019, Julian Alaphilippe, Thibaut Pinot, le Tour de France 2020, Chris Froome… : voici les principaux sujets qui ont été longuement évoqués avec l’ancienne "voix" emblématique de la Grande Boucle et qui donnent déjà envie d’être au début de la saison 2020.

Julian Alaphilippe lors de la présentation du Tour 2020

 

Daniel, qu’avez-vous pensé globalement de la saison 2019 vécue par le cyclisme français ?

Cette saison a été très belle et intense. Julian Alaphilippe a très bien manœuvré dès le début de la saison, notamment sur les Strade Bianche et Milan-San Remo, et on a donc très vite senti que la roue tournait dans le bon sens dès le départ et que le cyclisme français allait être performant en 2019. Et puis, il y a eu ce Tour de France qui a assurément scotché les spectateurs et téléspectateurs français. Il y a eu Julian Alaphilippe, il y a eu Thibaut Pinot, il y a eu aussi ce côté dramatique avec Romain Bardet, qui a réussi finalement à sauver son Tour en allant chercher le maillot à pois. Il y a vraiment eu tous les ingrédients d’un grand Tour de France, avec du bonheur avec Julian Alaphilippe mais aussi de la tristesse avec le départ de Thibaut Pinot. Tous les sentiments que l’on retrouve dans la vie ont en fait été ressentis durant cette Grande Boucle. C’était une formidable aventure sportive et humaine. Je mets d’ailleurs l'édition 2019 dans la même lignée que les Tours 1964 – avec le duel entre Jacques Anquetil et Raymond Poulidor – et 1989 – les 8 secondes entre Greg Lemond et Laurent Fignon. Je pense même que le Tour 2019 a généré un nouveau public.

 

"David Gaudu peut soutenir la comparaison avec Bernal, Pogacar..."

Et toujours concernant cette saison 2019, on a vu une jeune génération éclore, avec notamment Wout Van Aert, Mathieu van der Poel, Tadej Pogacar, Remco Evenepoel ou encore Egan Bernal. Comment Daniel Mangeas perçoit cette jeune génération ?

C’est une génération impatiente. C’est vrai que la génération des 27-30 ans a intérêt à mettre au fond le plus rapidement possible parce qu’il y a cette génération de coureurs étrangers mais aussi chez nous un David Gaudu qui peut totalement soutenir la comparaison avec ceux que l’on vient de citer. Il a les qualités pour le faire en tout cas. Tout comme des garçons comme Pierre Latour et Guillaume Martin, qui sont un tout petit peu plus âgés mais qui vont très vite figurer dans le top 10 du Tour de France. Je pense également à Warren Barguil, qui est monté en puissance tout au long de l’année.

Julian Alaphilippe a été exceptionnel tout au long de la saison 2019. Pensez-vous qu'il puisse tout gagner dans sa carrière, et notamment un Grand Tour ou une Classique comme le Tour des Flandres, qu’il souhaite visiblement rapidement découvrir ?

Julian Alaphilippe est un coureur conquérant. Et dès lors que l’on est conquérant, on a toujours ce petit truc en plus qui fait la différence par rapport à un coureur qui va être beaucoup plus dans le calcul. Et si je regarde le Tour 2020, il est difficile et il y a surtout beaucoup de moyenne montagne et ça peut parfaitement lui correspondre. Après, Julian a raison de ne pas vouloir se focaliser uniquement sur le Tour. C’est un coureur qui peut gagner un peu partout, et il a surtout un caractère qu’il ne doit pas changer. Il aime prendre et donner du plaisir, donc il ne faut pas qu’il aille à l’encontre de cela. Il doit continuer à courir avec ce tempérament et viser les objectifs qu’il a envie d’atteindre.

 

"Ce serait bête pour Pinot de ne pas obtenir un jour la victoire sur le Tour"

Et maintenant, concernant Thibaut Pinot, le héros malheureux du Tour de France 2019, estimez-vous qu’il est capable de se remettre de sa terrible désillusion et de revenir encore plus fort ?

Je crois vraiment que oui, il va revenir. Il va être en en manque du cyclisme lorsqu’il va faire son retour à la compétition, et quand on est en manque, et bien on a envie de croquer à pleines dents dans ce que l’on aime faire. Donc je ne me fais pas de soucis pour lui. Il est passé tellement près de la victoire que ce serait trop bête de ne pas l’obtenir un jour. Ce serait une sorte de symphonie inachevée, donc il va rebondir. Surtout que le décor du Tour 2020 doit vraiment lui plaire et qu’il aura certainement envie d’y détenir le rôle principal.

Un coureur français a en revanche été en difficulté en 2019, il s’agit de Romain Bardet. Il a récemment évoqué le fait de sortir de sa routine et de découvrir d’autres épreuves. Pensez-vous qu’il est capable d’évoluer ainsi à ce stade de sa carrière ?

C’est difficile de changer d’orientation quand on est axé depuis plusieurs années sur une seule course, le Tour de France. Mais il peut gagner ailleurs, c’est sûr, et je pense d’ailleurs que les classiques ardennaises sont faites pour lui. Il a raison de lorgner d’autres courses, ça ne peut que lui enlever de la pression avant le Tour de France. Jusqu’à cette année, il ne pensait qu’à ça, il se focalisait à 150 % sur cet objectif et peut-être que de n’y penser qu’à 100 %, ça lui permettra d’avoir une approche de la Grande Boucle un peu plus sereine et moins stressante.

"Le Tour 2020 n'autorisera aucune faiblesse"

Sur le parcours du Tour de France 2020 en lui-même, quel est votre ressenti ? N’y a-t-il pas un manque d’équilibre au niveau de ce tracé avec seulement ce contre-la-montre de 36 kilomètres, qui se terminera en outre au sommet de la Planche des Belles Filles ?

Il est indéniable que c’est un parcours difficile. Personnellement, je regrette que les contre-la-montre soient réduits à la portion congrue sur le Tour, mais je ne le trouve pas déséquilibré pour autant. Ce qui est sûr, c’est qu’il ne faudra pas avoir une journée sans et que ce Tour est très compact. Les sprinteurs n’auront pas intérêt à se rater deux fois parce que ce sera fini après pour eux. C’est donc un Tour très très exigeant et ouvert à toutes les incertitudes. Il pourra basculer tous les jours et il pourrait bien ressembler au Tour 1989, dans lequel il y avait eu une bagarre de tous les jours. Le Tour 2020 n’autorisera aucune faiblesse.

Ce Tour de France 2020 devrait également nous permettre de revoir Chris Froome à l’œuvre, qui semble vraiment obsédé par le fait de remporter un cinquième Tour et de rejoindre dans l’histoire Anquetil, Merckx, Hinault et Indurain. Est-il tout simplement capable de le faire selon vous, alors qu’il va avoir 35 ans et qu’il va revenir d’une terrible blessure ?

Chris Froome est capable de revenir à un très bon niveau, mais de là à gagner le Tour de France… Il prend un an de plus et c’est à son désavantage, alors que la jeune génération prend un an de plus mais c’est à son avantage. Donc, à un moment donné, le balancier va changer de côté. Je peux me tromper mais je le vois bien faire un podium, mais gagner semble compliqué. Mais je souhaite pour lui me tromper.

Pour conclure, un mot sur cette saison 2020 particulière avec les Jeux olympiques qui arrivent juste après le Tour de France. Ça rend les choses plus compliquées pour les coureurs, non, notamment au niveau de leur approche de cet évènement ?

Je ne suis pas coureur, mais je pense que le champion olympique sortira du Tour de France. Il y aura tout de même quelques jours de récupération, donc je pense que le coureur qui aura performé sur le Tour aura de très grandes chances de jouer les premiers rôles à Tokyo.

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Publié le par Nicolas GAUTHIER

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