Bilan 2019
Bilan 2019 - Tadej Pogacar sublime UAE Team Emirates Photo : Sirotti

Bilan 2019 - Tadej Pogacar sublime UAE Team Emirates

Avec 29 victoires dont 11 en World Tour, UAE Team Emirates a réalisé sa meilleure saison depuis que les Emirats ont repris la Lampre en 2017. L'équipe est quatrième au classement mondial grâce à une bonne régularité sur tous les fronts : courses à étapes et classiques. Toutefois, ses résultats flatteurs cachent plusieurs ratés assez remarquables. UAE Team Emirates laisse souvent penser qu'une surabondance de stars ne fait pas forcément une grande équipe. Collectivement, elle ne fait pas peur à grand monde et ses leaders ont souvent dû se débrouiller seuls dans les finals de course. Cela explique les multiples places d'honneur - qui sont de belles performances en soi - mais aussi un nombre paradoxalement faible de victoires prestigieuses. La réussite de l'année 2019 doit ainsi beaucoup au talent d'un jeune homme de 20 ans : Tadej Pogacar.

Tadej Pogacar 3e du Tour d'Espagne

L'éclosion de Tadej Pogacar

Ceux qui suivent les catégories juniors connaissaient déjà son nom et savent qu'on ne gagne pas le Tour de l'Avenir par hasard. Tadej Pogacar a immédiatement performé pour sa première année chez les professionnels. Dès février, il bat Wout Poels et Enric Mas sur l'arrivée au sommet du Tour de l'Algarve avant de remporter le classement général. Le World Tour ne lui fait pas peur : il se classe 6e au Tour du Pays Basque en soutien de Dan Martin puis enlève le Tour de Californie où son style d'escaladeur patient a raison du fougueux Sergio Higuita au Mont Baldy. Après un titre national sur le contre-la-montre (sans Roglic), le jeune Slovène s'aligne sur son premier Grand Tour : le Tour d'Espagne. Il n'est que simple équipier de Fabio Aru au départ mais il surpasse rapidement son leader lors de l'étape reine andorrane qu'il remporte sous l'orage en corrigeant les Movistar. Son équipe étant un peu faible, il noue une alliance tacite avec son compatriote Roglic qui le laisse gagner à Los Machucos. Après un joli duel pour le maillot blanc face à Miguel Angel Lopez, il contre le Colombien lors de la dernière étape de montagne qu'il remporte, raflant en prime le classement des jeunes et la troisième marche du podium. Ce bilan est exceptionnel pour une première saison. Pogacar avoue rêver au Tour de France, la seule course qu'il connaissait étant enfant. On imagine déjà des duels face à Egan Bernal qui pourraient marquer la décennie à venir.

Kristoff et Ulissi : les valeurs sûres

Alexander Kristoff déçoit rarement et il a encore démontré qu'il restait l'un des meilleurs sprinteurs du monde lorsque la course est dure. Le Norvégien a réalisé sa meilleure campagne flandrienne depuis 2015 avec une équipe pourtant peu armée pour les classiques pavées. Il a remporté un Gand-Wevelgem très exigeant marqué par les bordures (peut-être la plus grosse victoire d'UAE Team Emirates en 2019) et pris la 3e place du Tour des Flandres. Au total, il comptabilise sept victoires réparties sur toute l'année, dont le classement général du Tour de Norvège, ainsi qu'une bonne régularité sur les classiques qui a rapporté beaucoup de points UCI.

Dans un registre différent, l'autre pilier de l'équipe a été Diego Ulissi. Pas de succès en World Tour pour le puncheur italien mais plusieurs podiums significatifs : 3e de la Flèche Wallonne, 2e à Montréal et 3e du Tour de Pologne. Sans faire de bruit, il termine la saison avec trois victoires, toutes obtenues en juin sur le Grand Prix de Lugano et le Tour de Slovénie. On note également son succès avec la sélection italienne sur le Test Event Tokyo 2020. Cela ne garantit pas un succès aux prochains Jeux olympiques mais indique que le parcours est à sa convenance. Ses adversaires devront s'en méfier.

Régularité sur les courses à étapes

L'effectif d'UAE était bien fourni pour performer sur les courses à étapes. Si Pogacar a été le seul à y connaître le succès, les autres leaders de l'équipe ont lutté pour le classement général avec dix tops 10 en World Tour et pas moins de cinq podiums dont quatre obtenus au début du printemps : Tour de Californie (Pogacar 1er), Tour de Romandie (Costa 2e), Tour de Turquie (Conti 2e), Tour du Pays Basque (Martin 2e). On relève aussi leur très bon Tour d'Italie Valerio Conti et Jan Polanc ont défendu le maillot rose pendant huit jours avec des moyens limités. Une véritable cohésion d'équipe avait été ressentie même si le rêve s'était éteint à Courmayeur pour Polanc qui a terminé ce Giro à une modeste 14e place.

Des difficultés mais de l'espoir pour Gaviria et les sprinteurs

La recrue phare de 2019 était Fernando Gaviria, auréolé de ses succès chez Quick-Step. Le Colombien a été loin de ses standards habituels : six victoires dont quatre en World Tour. On retient surtout son gros passage à vide entre mars et octobre où il n'a rien gagné si l'on excepte une étape obtenue par déclassement sur le Giro que lui-même préfère oublier. Après s'être essayé sur les classiques pavées (2e à La Panne), il a été dominé dans les sprints au Tour d'Italie, qu'il abandonne à cause d'une blessure au genou, puis a été transparent sur la Vuelta, à tel point qu'on a oublié qu'il était au départ (et même à l'arrivée à Madrid). Il n'a jamais vraiment trouvé des automatismes avec ses lanceurs et s'est logiquement incliné face à des rivaux mieux organisés. Toutefois, Gaviria n'a pas perdu sa redoutable pointe de vitesse et il garde sa place dans le concert des sprinteurs. Il finit la saison sur une bonne note avec deux victoires au Guangxi : de bon augure avant 2020 où il retrouvera son poisson-pilote Max Richeze.

Son jeune collègue belge Jasper Philipsen a effectué une première année encourageante, avec une seule victoire et pas moins de seize tops 5. Quant aux lanceurs de Gaviria, Juan Sebastian Molano comptabilise un succès et mais Simone Consonni n'a pas levé les bras malgré quinze tops 5. L'Italien rejoindra l'équipe Cofidis l'année prochaine. Au final, le sprint a rapporté 15 bouquets à l'équipe ainsi qu'une floppée de places d'honneur dont l'énumération serait longue et fastidieuse : pas si mal pour un bilan souvent jugé catastrophique.

Le point noir : un Tour de France raté

Une deuxième place d'Alexander Kristoff à Nancy et deux coureurs dans le top 20 du général : voilà les résultats d'UAE Team Emirates sur le Tour de France. L'équipe a été transparente dans tous les domaines. Invisible mais surprenant 9e du général avant le chrono de Pau, Dan Martin s'est écroulé dans les Pyrénées, on ne l'a presque plus vu ensuite. La hiérarchie des sprinteurs n'a jamais été claire entre Kristoff et Philipsen, lequel a damé le pion plusieurs fois à son leader avant d'être préservé par l'équipe qui l'a fait abandonner avant la montagne pour "contrôler son état de fatigue", ce qui pose la question de sa sélection en premier lieu. Kristoff n'a d'ailleurs pas mieux performé après le départ du jeune Belge. Rui Costa a tenté plusieurs échappées mais n'a jamais été en position de gagner. Même lorsque l'équipe avait réussi la prouesse de placer quatre coureurs dans la bonne échappée vers Gap, aucun n'a fini dans le top 10. L'unique satisfaction a été la 14e place encourageante d'un Fabio Aru de retour de blessure qui y voyait un bon signe avant le Tour d'Espagne. Ce fiasco pose de sérieuses questions sur le niveau réel de l'équipe et relativise grandement leur réussite de cette saison 2019.

Les déceptions : Martin, Aru, Henao, Costa

Plusieurs cadres de l'équipe n'ont pas été à la hauteur. Dan Martin et Rui Costa ont chacun obtenus quelques résultats honorables : trois tops 10 au général de courses à étapes World Tour pour Martin plus une performance solide en Catalogne où une chute lui a coûté un bon classement ; Costa a été à la hauteur sur Tirreno-Adriatico (10e), en Romandie (2e) et aux Mondiaux (10e). Mais une année sans victoire est insuffisante pour des coureurs au palmarès si riche. L'offensif Dan Martin semblait anesthésié et incapable de peser sur les courses. Il a reconnu être brusquement "sans forces" au Tour de France. Certaines rumeurs ont pointé l'alimentation proposée pour UAE mais l'Irlandais n'a jamais confirmé cela, tout en laissant entendre que le problème était sûrement lié à sa préparation. Il quitte d'ailleurs les Emirats pour rejoindre Israël Cycling Academy en 2020.

L'ancien vainqueur de Paris-Nice Sergio Henao a également souffert cette saison où il n'a effectué aucune performane marquante. Il s'est converti en équipier pour Pogacar et Ulissi avec une efficacité moindre qu'à sa grande époque chez Sky. La situation est différente pour Fabio Aru qui traînait depuis deux ans une douleur de l'artère iliaque. Opéré avec succès, il a fait illusion pendant une semaine sur le Tour d'Espagne avant d'abandonner à cause d'une blessure musculaire. Souhaitons à l'Italien que sa carrière ne soit pas remise en cause par ces problèmes physiques.

Miser sur la jeunesse : Bjerg, McNulty, Ardila arrivent

Au travers des exemples de Tadej Pogacar, Jasper Philipsen mais aussi d'Alexandr Riabushenko, vainqueur de la Coppa Agostoni, les jeunes coureurs se sont bien comportés chez UAE Team Emirates. L'équipe a choisi de continuer de valoriser cet aspect en offrant des premiers contrats World Tour à quatre futurs talents : le triple champion du monde espoir du contre-la-montre Mikkel Bjerg, son meilleur rival Brandon McNulty, Alessandro Covi qui avait été stagiaire dans l'équipe en 2018 ainsi que le vainqueur du Giro Ciclistico d'Italia 2019 : Andres Avila, un grimpeur colombien dont on reparlera.

Pour compenser le départ de Dan Martin, l'équipe a recruté deux coureurs expérimentés : David De La Cruz qui sort d'une triste saison chez Ineos, et le champion d'Italie Davide Formolo (2e de Liège-Bastogne-Liège), lequel devrait avoir carte blanche sur les classiques ardennaises. Si l'on ajoute la venue de Joe Dombrowski (12e du Giro), on note que l'écurie des Emirats s'est considérablement renforcée en montagne et semble décidée à soutenir Pogacar.

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Publié le par François D'Hubert

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