Bilan 2019  - Trek-Segafredo, une fin d'année exceptionnelle
Bilan 2019
Photo : Sirotti

Bilan 2019 - Trek-Segafredo, une fin d'année exceptionnelle

Quelle fin d’année ! Si la saison a été plutôt mitigée avec 11 victoires, près de deux fois moins qu'en 2018, la formation Trek-Segafredo a terminé 2019 en boulet de canon avec les succès de Mads Pedersen lors des Mondiaux puis Bauke Mollema sur le Tour de Lombardie. D’autres ont brillé à l’instar de Giulio Ciccone, très efficace de l’Italie à la France. Il est le chef de file des coureurs réguliers de l’effectif. Néanmoins, celui que l’on attendait, Richie Porte, n’a pas été au niveau pour sa première année dans l’écurie américaine. John Degenkolb, tête d’affiche de l’équipe pendant deux saisons a décidé de se lancer un nouveau défi chez la Lotto-Soudal. Un départ compensé par l’arrivée, entre autres, du vainqueur des trois Grands Tours Vincenzo Nibali et de jeunes recrues très prometteuses. 

Vidéo - Yorkshire 2019 - Mads Pedersen devient champion du monde !

Mads Pedersen, un arc-en-ciel tourné vers les Classiques 

En 2020, l’équipe Trek-Segafredo pourra se vanter d’avoir le champion du monde dans ses rangs. À 23 ans, le deuxième du Tour des Flandres l’année dernière a confirmé sa robustesse lors de la course en ligne des Mondiaux, en battant l’un des favoris : Matteo Trentin. Avant d’être sacré, il a enlevé sa première victoire de la saison sur le GP d’Isbergues (22 septembre), où il a levé les bras en solitaire. John Degenkolb a lui réglé le sprint du peloton. Une succès en costaud et une belle course du côté du collectif. Une semaine plus tard, Mads Pedersen arrive donc sur les Mondiaux en forme mais il n’est pas cité parmi les hommes capables de s’imposer. Pourtant, il fait partie des coureurs forts qui suivent l’attaque de Mathieu van der Poel à 32 kilomètres de l’arrivée. Au terme d’une épreuve aux conditions météorologiques dantesques, le rouleur crée la surprise et devient le premier Danois à revêtir le maillot arc-en-ciel.

Mads Pedersen sait que ses performances seront décortiquées mais il ne se met pas la pression pour autant : "Je ne peux pas me cacher dans le peloton si j'ai une mauvaise journée. J'espère pouvoir participer davantage aux arrivées. Je veux profiter de mon année de champion du monde. Je n'ai pas besoin de prouver qui je suis," a-t-il déclaré dans un entretien à CyclingNews une semaine après son avènement. Ses objectifs sont également clairs. Avec lucidité, le Danois avoue ne pas vouloir brûler d’étapes : "Je veux gagner un monument, une classique, mais cela ne doit pas nécessairement se faire l'année prochaine en tant que champion du monde, mais un peu plus tard."


Bauke Mollema récompensé

Aux côtés des jeunes coureurs de la formation, il y a Bauke Mollema. 16 Grands Tours à son actif. Il incarne la persévérance et de l’acharnement. Le Néerlandais suit les meilleurs depuis déjà de nombreuses années mais n’est que très peu remercier au compteur des victoires. Jusqu’alors son plus beau succès restait la 15e étape du Tour de France 2017, arrivant au Le Puy-en-Velay, et la Clasica San Sebastian 2016. Cette saison, il a privilégié le Tour d’Italie à la Grande Boucle où il avait pour leader Richie Porte. De l’autre côté des Alpes, il prend la cinquième place du général à un peu moins de six minutes de Richard Carapaz. Puis, à l’été, il débarque en France. Bauke Mollema prend notamment la quatrième place à Gap, une étape remportée par Matteo Trentin. Il se classe finalement 28e. Un peu loin mais émoussé par son aventure italienne. Quelques jours après la fin du Tour, il prend le départ de la Clasica San Sebastian. Le Néerlandais termine dans le groupe surpris par Remco Evenepoel. Le podium est difficile à atteindre pour lui. Il est battu au sprint par Greg Van AvermaetMarc Hirschi et Gorka Izagirre. Le coureur de la Trek-Segafredo signe encore un Top 5. À domicile, les Pays-Bas deviennent champions d'Europe du relais mixte. Un exploit réédité lors des Mondiaux dans le Yorkshire. 

Début octobre, il prend le départ des courses préparatoires au Tour de Lombardie et finit à chaque coup dans le Top 10. 7e de Milan-Turin, le Néerlandais est devancé par les favoris du dernier monument de la saison à savoir, Alejandro Valverde, Egan Bernal ou encore Michael Woods Pourtant, il ne va laisser personne lui voler son occasion de briller sur cette classique qu'il connaît bien (11 participations). Le leader de la Trek-Segafredo attaque dans l'ascension du Civiglio, à 18 kilomètres du but et parvient à maintenir son avance sur les Jakob Fuglsang et autres précédemment cités. Bauke Mollema a eu du mal à mesurer la grandeur de son succès : "Peut-être qu'ils m'ont sous-estimé, je n'étais pas l'un des grands prétendants au succès. Je me sentais bien ces derniers jours, et j'attendais le bon moment. C'était aujourd’hui," a-t-il déclaré à la fin de l’épreuve. Il signe ici la plus belle victoire de sa carrière et clôture en beauté sa saison européenne. Une semaine plus tard, il met réellement un terme à son année sur la Japan Cup qu’il enlève pour la deuxième fois. Une fin d’année d’exception.  

 

Giulio Ciccone, au top de l’Italie à la France 

Giulio Ciccone est un lieutenant de luxe, à la fois pour Bauke Mollema, mais aussi pour Richie Porte. L’Italien s’est fait connaître aux yeux du monde entier en 2016. Il dispute alors son premier Grand-Tour, le Giro d’Italia. Malade, il sera contraint à l’abandon, deux jours avant Turin. Le jeune homme de 21 ans (à l’époque) ne part pas les mains vides. Plus tôt dans la course, il s’est offert un beau cadeau, la 10e étape arrivant à Sestola. Après une victoire sur le Tour de l’Utah et le Giro dell’Appennino, il rejoint la formation Trek-Segafredo en 2019.  Dès février, il remporte une étape sur le Tour du Haut-Var, une course que Romain Bardet avait choisie pour faire sa rentrée. Giulio Ciccone a ensuite pris la troisième place de la quatrième étape de Paris-Nice, où il n’a pas pu suivre l’attaque de Magnus Cort Nielsen dans les derniers mètres, puis la 6e place au Col de Turini, grande attraction de l’épreuve. En mai, il s’aligne à 24 ans, le départ de son quatrième Giro. Il a pour rôle d’épauler Bauke Mollema mais jouera également sa carte personnelle. Au terme de plusieurs tentatives, il parvient à enlever sa deuxième étape son tour national. Lui qui avait déjà entamer sa remontée au classement général animera la fin du Giro et terminera 16e. Il endosse également la maglia azzura, l’équivalent du maillot du meilleur grimpeur sur le Tour de France. Une épreuve qu'il connaîtra en juillet.

Sur la Grande Boucle, l’Italien est là pour soutenir Richie Porte. Pourtant, c’est lui qui ne passera pas très loin de la victoire à la Planche des Belles Filles, battu dans les derniers mètres par Dylan Teuns. Le succès viendra la ligne d’arrivée franchie. Giulio Ciccone ne le sait pas encore mais il chipe, à six seconde près, le maillot jaune à Julian Alaphilippe. Il le portera deux journées avant que le Français ne reprenne possession de son bien à Saint-Etienne. Après ce rêve éveillé, l’Italien se re-concentre sur sa tâche, veiller sur Richie Porte. L’Australien, affaiblit, ratera le Top 10. En fin de saison, le natif de Chieti prend le départ des classiques italiennes où l’équipe brillera grâce à Bauke Mollema

 

Un Richie Porte en difficulté

La première année de Richie Porte chez Trek-Segafredo n’est pas à retenir.  Venu pour être l'un des leaders de l’écurie sur les Grands-Tours, il a joué de malchance sur la course française, son objectif de la saison. Michael Woods, Nairo Quintana et d’autres sont tombés avec lui sur la onzième étape du Tour de France. Une journée qui laissera beaucoup de traces. Il a commencé son année en Australie, sur le Tour Down Under où il remporte une étape prend la deuxième place du général derrière Daryl Impey. Respectivement 50e et 38e de l’UAE Tour et du Tour de Catalogne, il termine 5e du Tour de Californie puis 11e du Critérium du Dauphiné, dernière course de préparation avant l’épreuve juillettiste.

L’ancien coéquipier de Chris Froome a été en deçà de son niveau mais a quand même eu un beau coup d’éclat lors du contre-la-montre autour de Pau. Quelques jours auparavant, il avait perdu plus de 1'40" dans une bordure. Une deuxième semaine contrastée qui ne lui permettra pas de finir plus près que 11e à Paris. Au sommet de son art en 2017, Richie Porte avait violemment chuté dans la descente du Mont du Chat. C’est une image forte de ces dernières années, un moment qui a marqué un tournant dans sa carrière. Il rencontre depuis des difficultés lors des grands rendez-vous, où il est souvent dans les mauvais coups. En 2020, le grimpeur australien reprendra la compétition sur le Tour Down Under avant de disputer le Tour de France

 

Jasper Stuyven, la régularité 

Neuf, c’est le nombre de Top 10 réalisés par Jasper Stuyven sur le Tour de France. Le Belge s’est à la fois montré sur les sprints et sur les étapes pour baroudeurs, en témoigne sa cinquième place à Brioude. Encore mieux. Top 3 à Epernay, une étape remportée par Julian Alaphilippe. Ajouter à cela sa belle 48e place au classement général et sa 7e position à celui du maillot vert. Après le Tour, il a ensuite raté de peu le podium sur la Prudential RideLondon-Surrey Classic mais s’est vite rattrapé en enlevant le Tour d’Allemagne. Le rouleur-sprinteur a finalement pris part aux classiques de fin de saison et a grimpé sur le podium du GP de Wallonie et du Tour de l’Eurométropole. 


Les autres coureurs 

Très en vue sur le Giro, Pascal Ackermann a été battu par Edward Theuns, sur la Primus Classic, une belle victoire pour le Belge, sa seule de l’année. Il a également pris une deuxième place à Alicante, sur La Vuelta. Impossible d’évoquer la Trek-Segafredo sans parler du frenchy Julien Bernard. Plusieurs fois échappé sur le Tour de France, il a terminé 30e, son meilleur résultat sur un Grand-Tour. 

 À 24 ans, Niklas Eg est un coureur d’avenir. En contrat jusqu’en 2021, il a notamment terminé cinquième du Tour de l’Utah cette année, où il a signé deux Tops 3. Toms Skujins a remporté son premier titre de Champion de Lettonie sur route en 2019. Il a ensuite fini 11e de la Primus Classic, 21e des Mondiaux et surtout 3e des Trois vallées varésinesGianluca Brambilla a pris une belle troisième place sur la dernière étape du Tour de Pologne, une course de préparation à La Vuelta. En Espagne, l’Italien a terminé cinquième d’une étape remportée par Jakob Fuglsang. 

 

Vincenzo Nibali, tête de gondole du mercato

La rumeur était déjà dans les petits papiers depuis deux saisons. Elle a été rendue officielle dès le début du mois d’août. En 2020, l’équipe a renforcé son recrutement du côté des grimpeurs en accueillant l’un des coureurs les plus respectés du peloton, Vincenzo Nibali (en provenance de la Bahrain Merida). À 35 ans, l’Italien aura surtout à cœur de transmettre le métier aux jeunes de la formation. Le Sicilien , vainqueur des trois Grands-Tours, débarque avec son frère, Antonio. De son côté, Kenny Elissonde prêtera main forte aux leaders, mais pourrait également avoir carte blanche sur certaines courses. Après trois saisons au sein de l’effectif de la Team Ineos, il pourrait, à 28 ans, retrouver une seconde jeunesse. Dans ses années passées dans l’écurie de Marc Madiot, il avait notamment remporté la prestigieuse étape de l’Angliru sur le Tour d’Espagne 2013. 


De jeunes recrues...

L’équipe Trek-Segafredo a frappé fort avec l’arrivée de Quinn Simmons. L’Américain, âgé de 18 ans, a signé une année exceptionnelle chez les juniors. Il s’est imposé au moins une fois sur toutes les courses par étapes qu’il a disputées. Il a également remporté Gand-Wevelgem dans sa catégorie. Mais, en septembre, l’Américain est surtout devenu champion du monde sur route. Il a levé les bras en solitaire, de quoi ajouter de la saveur à son exploit. Le vainqueur du contre-la-montre des Mondiaux chez les juniors, Antonio Tiberi, rejoindra également l’effectif. 


Deux coureurs en provenance de la formation continentale d’Alberto Contador, Kometa Cycling Team ("réserve" de la Trek-Segafredo), font leurs arrivées. Michel Ries, 21 ans, a fini 7e du Tour de l’Avenir. Il a remporté une étape sur le Giro Ciclistico della Valle d’Aosta Mont Blanc. Le Luxembourgeois a une appétence pour les courses d’un jour. À l’inverse de Juan Pedro Lopez. L’Espagnol, âgé de 22 ans, grimpe. Il a lui aussi enlevé une étape sur l’épreuve italienne. Ils ont tous les deux signé pour deux ans. 

 
John Degenkolb s’en va...

John Degenkolb a, quant à lui, décidé de se lancer un nouveau défi. Figure de l’équipe depuis 2017, l’Allemand se tourne vers la Lotto-Soudal pour les deux prochaines saisons. Une équipe qui compte déjà sur des coureurs rapides, à l’image de Caleb Ewan. Il devrait donc principalement renforcer l’écurie pour les classiques. Michael Gogl rejoint NTT Pro Cycling (Team Dimension Data) et Fabio Felline l’équipe Astana. Contrôlé positif à l'EPO sur le Tour du Haut-Var au mois de février, Jarlinson Pantano a décidé de se retirer définitivement du cyclisme professionnel en juin. À 39 ans, Markel Irizar a quant à lui raccroché après la Classica San Sebastian, sa course de cœur. Peter Stetina se dirigera vers le VTT ultra-endurance et les courses sur gravier.

 

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Publié le par Caroline BARDOT

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