Tour d'Espagne
Le bilan à mi-parcours
posté par Alexandre Mignot, Pierre-Marie Tricaud & Renaud Breban le 08/09/2010 à 21h50

Aucun sprinteur dominateur
Lors de cette première semaine de cours, on a assisté à 4 sprints, dont 3 avec l'intégralité des sprinteurs. A la surprise générale, c'est tout d'abord Yauheni Hutarovich qui a remporté la 2ème étape. Le biélorusse de la FDJ, dont Oscar Freire avouait "ignorer le nom", a devancé dans l'ordre Cavendish, Farrar et Petacchi! Une victoire d'entrée pour l'équipe française donc, qui peut alors envisager sereinement la suite de la course. Lors de la 5ème étape, Hutarovich ne peut récidiver et doit se contenter d'une 12ème place anecdotique. On attendait enfin Cavendish, mais c'est Tyler Farrar qui vient remporter le sprint, devant Koldo Fernandez. De ce sprint, on retiendra la bonne place d'honneur de Sébastien Chavanel, qui a terminé 6ème. Le lendemain,c 'est aussi un sprint qui règle le sort de l'étape, mais un sprint amputé des sprinteurs les plus rapides du peloton, mais qui récompense les hommes forts. A ce jeu-là, c'est Hushovd qui domine Bennati et Bole. Dumoulin, quant à lui, termine 9ème de cette étape.
Enfin, le dernier sprint ayant eu lieu sur la Vuelta a récompensé un vétéran du sprint, qui fêtait sa 20ème victoire d'étape sur la Vuelta, Alessandro Petacchi. Avant de quitter la course, alors qu'il est actuellement dans la tourmente en Italie, "Ale-Jet" domine Cavendish et Haedo. Hinault termine quant à lui 8ème de ce sprint, alors que le britannique court toujours après un premier succès individuel, bien qu'il ait remporté le contre-la-montre par équipes au sein de l'équipe HTC-Columbia. Le prochain sprint pourrait avoir lieu demain, lors de l'étape qui arrive à Lleida, au terme de 172,5 kms.
Moncoutié déjà en route pour le maillot à pois
On le savait avant l'épreuve, le coureur de l'équipe Cofidis visait un troisième maillot à pois d'affilée. Et à mi-course, le maillot à pois est effectivement sur les épaules du coureur français. Brillant vainqueur de l'étape de Xorret del Cati samedi, lors de laquelle il aura distancé ses compagnons d'échappée les uns après les autres, il repasse à l'offensive le lendemain, toujours dans sa quête de maillot à pois. Cette fois-ci, "payant les efforts de la veille" comme il l'a confié, il ne peut contester la victoire à David Lopez Garcia , mais reprend tout de même le maillot à pois à Serafin Martinez, porteur jusqu'alors de ce maillot du meilleur grimpeur. Il avait pour ambition de remporter l'étape d'aujourd'hui, mais, sans passer à l'offensive, il obtient une belle 7ème place, terminant dans la roue de F.Schleck. Grâce à ces points encore pris aujourd'hui, il conforte son maillot à pois, et semble bien parti pour l'emmener jusqu'à Madrid.
Les baroudeurs quelques fois à l'honneur
Pendant plus d'une semaine, le peloton n'a laissé aucune chance aux échappées. Les baroudeurs ont rongé leur frein durant huit jours avant de pouvoir s'exprimer pleinement. David Moncoutié fut en quelque sorte le premier d'entre eux, comme dit précédemment. Et c'est dans son sillage que les deux étapes qui suivirent furent remportés par des fuyards partis sur le tôt. Lors de la neuvième étape, le parcours accidenté qui faisait face aux coureurs était le type-même de tracé qu'un baroudeur était susceptible d'exploiter au mieux. Et ce fut le cas à la perfection. Les 14 coureurs ayant pris l'échappée du jour l'avait bien compris. On retrouvait parmi dans celle-ci les français Péraud et Moncoutié, Roman Kreuziger et le futur vainqueur de l'étape David Lopez Garcia. Kilomètre après kilomètre, la sélection s'opéra dans le groupe d'échappée et au moment opportun l'espagnol de la Caisse d'Epargne mit le feu au poudre. On ne le revit plus. Qui plus est, cette échappée avait permis à "Jicé", Jean Christophe-Péraud, de se replacer au cinquième rang du classement général après avoir frôlé la possibilité de porter le maillot rouge. Puis ce fut, l'étape de repos, qui fit du bien à tous les organismes après une semaine plutôt agitée. Le lendemain, il était quasi-certain de revoir une échappée aller au bout car l'étape ne convenait ni aux grimpeurs, ni au sprinteurs et personne ne prit la responsabilité de la course au plus grand bonheur des échappés matinaux. Après que le groupe de tête ait un peu "implosé" dans la seule difficulté du jour, située à 30 kilomètre du but, les fuyards se regroupèrent finalement. Pas pour longtemps, car c'est dans la descente suivant l'ascension qu'Imanol Erviti porta son estocade. En grand rouleur il allait ensuite tenir en respect tout ses poursuivants et le peloton pour s'imposer en solitaire à Vilanova.
A la mi-Vuelta donc, seuls trois coureurs ont échappés aux griffes du peloton mais celui-ci ne tardera pas, bientôt, à ressentir la lassitude et les audacieux auront bien évidemment une carte à jouer.
Où en sont les favoris ?
Ils étaient attendus au tournant dès cette première semaine ibérique. Certains ont presque déjà perdus tout espoir de victoire finale tandis que d'autres surprennent et s'étonnent eux-même de jour en jour. Petit récapitulatif des coureurs annoncés favoris de cette Vuelta :
Igor Anton : Le basque est celui qui a nettement fait la plus grosse impression à mi-parcours. Arrivé frais sur l'épreuve ibérique, sans Tour de France dans les jambes, sa préparation avait été axé sur ce seul et unique objectif et cela semble porter ses fruits. Il faut dire aussi, qu'à contrario de Denis Menchov, la première semaine de la Vuelta lui convenait parfaitement. Ce gabarit frêle était particulièrement bien taillé pour grimper les "Murs" proposés il y a quelques jours. Et si sur le papier, cela tournait à son avantage, il fallait encore le prouver sur la route. "Fuji" comme on le surnomme n'a pas déçu. Déjà aérien, et c'est le moins que l'on puisse dire à Valdepenas de Jaen lors de la troisième étape, il ne s'est ensuite jamais fait déborder par le virevoltant Joaquin Rodriguez et finalement c'est ce Mercredi-même qu'il a frappé le plus fort les esprits. Si on l'a cru dans le rouge pendant la première partie de l'ascension, le coureur basque ne s'était en fait pas affoler s'était volontairement fait décrocher pour continuer à son rythme. Ce qui fut finalement la meilleure solution. Remontant un à un ses adversaires, il allait s'imposer pour la seconde fois du Tour d'Espagne. Qu'on ne dise pas que ses rivaux n'étaient pas prévenus, en début d'année, il s'était adjugé le scalp de Contador. Rien que ça ...
Vincenzo Nibali : Le jeune italien de 25 qui sort d'un Giro 2010 très réussi avec une belle 3ème place, s'est préparé en ayant quelques objectifs sur le Tour d'Espagne comme celui très ambitieux de la victoire finale. Sur le Giro il s'est totalement dévoué pour son leader Ivan Basso, vainqueur final. Il a eu carte blanche en montagne et a même gagné une étape de haute montagne. Dès le départ de cette compétition, lui et son équipe ont mis la pression sur les autres favoris en réalisant un magnifique contre la monde dans les rues de Séville. Ils prennent la seconde place à 10 secondes des HTC Columbia. Lors de la première étape de montagne qui s'est disputé en début de semaine dernière, Nibali a réussi à suivre les meilleurs et se détacher du peloton pour jouer la victoire mais le belge Philipe Gilbert était trop fort. Les jours suivants, l'équipe italienne dirigé par Roberto Amadio avait comme consigne de le protéger pour pas qu'il perde du temps, ce fût un succès. Même que le sprinteur italien Bennati a réussi à faire une belle deuxième place lors de l'étape qui arrivait à Murcie. Ce weekend a eu lieu le premier grand rendez vous de cette compétition avec la 8ème étape. Quelques minutes après l'arrivée du vainqueur David Moncoutié qui avait pris l'échappé matinale, les meilleurs grimpeurs se sont battu et on peut dire que le natif de Sicile a réussi un premier grand coup en se détachant avec Joaquim Rodriguez et Igor Anton et donc de prendre de précieuse seconde sur les coureurs comme Carlos Sastre ou Denis Menchov. Le lendemain, ce dimanche, le co-équipier et jeune coureur Roman Kreuziger a pris la seconde place de la deuxième étape de montagne du weekend, du côté de Nibali rien à signaler, il est resté au chaud avec les meilleurs grimpeurs du peloton, même si les espagnols sont très remuant il a réussi à garder son calme et n'a pas perdu de temps. Aujourd'hui, après une belle étape tracé dans les Pyrénnées, les espagnols se sont montré avec notamment un flamboyant Igor Anton. Vincenzo Nibali a perdu quelques secondes mais a pu garder contact et prends ce soir la seconde place du classement du maillot rouge pointant à 45 secondes du coureur d'Euskaltel mais il faut souligner qu'il est suremment meilleur rouleur donc reste un grand favoris pour cette Vuelta. Réponse dans les jours à venir.
Joaquin Rodriguez : L'explosif espagnol sortait de son premier Tour de France. Un baptème somme-toute très réussi puisqu'il y prit la huitième place. Alors après une trêve d'un petit mois, le coureur de la Katusha s'est replongé dans la compétition à l'occasion de son Tour national. D'entrée, il a affiché ses ambitions : au moins le podium s'il tenait "la distance". On sentait chez lui la peur du contre-coup du Tour. En première semaine en tout cas, on n'a pas senti chez lui de lassitude, bien au contraire. Remuant comme jamais, il n'a cessé d'attaquer. S'il n'a jamais su faire la différence, c'est qu'il était attendu. La meilleure place était à celui qui pouvait se caler dans la roue de Purito. Ce constat fait, Rodriguez ne disposait pas d'une marge de manoeuvre suffisante pour créer des écarts sur un Anton impérial et sur un Nibali appliqué. Pour endosser le maillot rouge, il dû même se résoudre à prendre des bonifications lors d'un sprint intermédiaire. Malheureusement pour lui, son euphorie pour le maillot rouge aura été bref. Un jour seulement après l'avoir arraché à Anton, ce dernier a clarifié les choses aujourd'hui, à Andorre. Pourtant Purito avait fais de cette étape, un palier important dans la quête de la victoire finale. Mais le rythme imprimé par Mosquera lui fut fatal. Contrairement à Anton, il a préféré se mettre dans le rouge et tenter le tout pour le tout. Ce n'était ici pas la bonne décision et par la suite, Rodriguez a tout simplement explosé. Il ne termine certes qu'à une minute d'Anton et n'est qu'à 1'17 au général mais peut-être que la coureur de la Katusha a montré ses limites aujourd'hui. Ou sinon, espérons pour lui que ce n'était qu'un jour sans.
Ezequiel Mosquera : Le coureur de l'équipe Xacobeo Galicia qui a chaque année l'objectif de bien figurer sur le Tour d'Espagne est entrain une fois encore d'y parvenir. Après sa 4ème place de 2008 et ses 5ème place de 2007 et 2009, il se positionne en effet pour se battre même pour le podium. Malgré un contre la montre moyen, il a réussi à exploiter ses qualités en montagne pour rattraper son retard. Ce soir il est à 1'29" du leader espagnol Igor Anton. Lors de l'étape de montagne de ce mercredi, il s'est montré à l'offensive en attaquant dans la dernière ascension avec Vincenzo Nibali et Joaquim Rodriguez. Malgré sa deuxième place derrière Anton à l'arrivée, il a fait un petit bon dans le classement du maillot rouge. Ses point faible ? Peut-être son équipe même si David Garcia de Pena fait un bon Tour et ses faiblesses en contre-la-montre. Son point fort ? Il baisse jamais les bras et sera sûrement à l'attaque dans les prochains cols. Avec ses 35 ans, il fait l'une de ses dernières Vuelta en allant pourquoi pas enfin décrocher le podium tant désiré.
Frank Schleck : L'épisode Tour de France ayant tourné court pour lui, il avait pris la décision de finalement tout miser sur ce Tour d'Espagne. Mais s'en est-il réellement donné les moyens ? Huit semaines sans compétition, même lui admet que cela n'a surement pas arrangé ses affaires. Alors, bien que pas au bord de l'explosion pour autant, le luxembourgeois a vécu une semaine difficile jusqu'à la journée de repos. Il a semblé manqué cruellement de fraîcheur lorsque se dressaient les terribles pentes du début de Vuelta. Qui plus est, il n'a pas été aidé par la méforme plus qu'évidente de son frère, qui d'ailleurs quitta prématurément les routes ibériques hier après un incident dont il n'est plus nécessaire de raconter les faits. En bref, c'était alors seul qu'il devait faire la décision. Et en fin de compte, le Luxembourgeois ne s'en tire pas trop mal après la première arrivée en haut altitude. Arrivé avec 23 secondes de retard sur le vainqueur du jour, il a bien limité les dégâts et en profite pour rentrer dans le top 10. Bien sûr son objectif à lui est beaucoup plus élevé mais désormais il faut être réaliste, un podium ne serait déjà vraiment, pas si mal...
Carlos Sastre : Le vainqueur du Tour de France 2008 s'est positionné sur la Vuelta en essayant de faire une belle course après un Giro moyen (8ème) et une Grande Boucle décevante (20ème seulement). Le fait d'accumuler 3 Grands Tours dans une seule saison est peut-être préjudiciable pour lui, nous le saurons en fin de Vuelta. Lors de la 1ère étape, la Cervelo Test Team a fait un petit exploit avec une 3ème place à 13 secondes de l'équipe américain HTC. Mais dès l'étape remporté par Philippe Gilbert, il perd déjà 10 secondes sur les meilleurs mais ce n'est pas très significatif et il pouvait se rattraper très rapidement avec les étapes de montagnes qui suivent. Avec l'aide précieuse de Xavier Tondo, il garde contact avec les favoris lors de l'étape qui mena le peloton à Xorret de Catí. Encore aujourd'hui il perd une vingtaine de seconde sur son co-équipier. Déjà, la on a eu une impression que Tondo a pris la place de leader. Peut-être que Carlos Sastre a déjà la tête pour la saison 2011 où il sera avec dans une nouvelle team, la Team Geox. Mais ne perdons pas de vu que c'est toujours un très grand coureur quand la route s'élève et il sera un équipier de luxe pour Tondo dans le but de gagner le premier maillot rouge de cette Vuelta 2010 !
Denis Menchov : Sorti d'un excellent Tour de France, son meilleur, le Russe de la Rabobank arrivait dans la peau d'un favori désigné pour la victoire finale. Ses capacités, complètes, lui donnaient d'avance un avantage par rapport à ses rivaux espagnols, pas vraiment à l'aise dans les épreuves chronométriques. Mais tout n'a pas fonctionné comme voulu pour le troisième de la Grande Boucle. Tour d'abord car cette terrible première semaine lui aura été presque fatale. Car si ses adversaires ibériques disposaient bien d'un atout, c'était celui de l'explosivité. Et ça, Menchov n'en ai pas fourni et quand l'on sait le nombre d'arrivée lors de cette première moitié d'épreuve qui se ont été jugées après de rudes et courtes montées, on comprend mieux la situation du Russe. Pourtant, tout les espoirs étaient encore permis ce matin avant la montée vers Andorre, Menchov a même fait rouler ses équipiers toute la journée. Cela n'aura pas réussi à cacher ses défaillances. Lorsque la bataille entre favoris a commencé, il a immédiatement et irrémédiablement lâché prise. Aujourd'hui, il pointe à la 28ème place, à près de 9 minutes d'Anton. Et là, le chrono ne pourra plus le sauver...
Et aussi : L'équipe Caisse d'Epargne a été très présente durant cette première partie de Vuelta. Avec en ses rangs, Arroyo, Bruseghin, Plaza, Sanchez et Uran, elle avait de quoi briller. La première semaine fut brillante, ces cinq coureurs se classant parmi les 20 premiers mais ce mardi à Andorre ce fut nettement plus rude. Seuls Bruseghin et Uran ont tenu le coup et c'est peut-être bien le Colombien qui aura sa carte à jouer dans les jours à venir. En vue également, le jeune duo de la Columbia : Velits-Van Garderen. Ces deux-là ont fait forte impression dès les premiers jours car, il remportaient le contre-la-montre par équipes. Puis dans les rudes montées qui suivirent, il ne perdirent pas pied. Ils commencent par contre, il est vrai, à accuser le coup et si les longues ascensions semblent moins convenir à Velits (11ème), Van Garderen (15ème) lui ne dispute que sa première course de trois semaines et commence à en ressentir les effets. Nicolas Roche s'est lui, plutôt fait discret mais il est plus que jamais en course pour un top 10 puisqu'il pointe neuvième. Enfin, l'espoir français pour un top 10 du côté de l'Espagne, Jean-Christophe Péraud est passé par tous les états. D'abord bien en jambes et aux portes du top 15, il a ensuite pris l'eau dans le Xorret del Cati avant de s'échapper et de se relancer pour le classement général le lendemain. Il abordait l'ascension d'Andorre aujourd'hui en cinquième position mais il a vite lâché prise. Désormais 17ème, il lui sera difficile de retrouver le top 10.
photo : unipublic
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il faut au minimum 1minutes 30 a rodriguez et anton pour ne pas perdre le maillot rouge au profit de nibali car le requin de Messine est un fameux rouleur et jusqu'à présent il a montrer qu'il étais dans les plus fort dans la bosse
B@CCHUS le 09/09/2010 à 00h12