Tour de Suisse
Tour de Suisse - Et si Tony Martin l'emportait ? Photo : Jean-Claude FAUCHER

Tour de Suisse - Et si Tony Martin l'emportait ?

 

Tony Martin, maillot jaune du Tour de Suisse 2014

Et si Tony Martin remportait ce Tour de Suisse ? Nous lui avions demandé lundi ce qu’il en pensait, mais le triple Champion du Monde du chrono’ semblait perplexe et annonçait courir au jour le jour. Cependant au fur et à mesure des jours passés en jaune, on sent l’état d’esprit du coureur Omega Pharma – Quick Step évoluait et l’Allemand se mettre à rêver. Après tout, il y a peu de temps un ancien triple Champion du Monde du chrono’, Michael Rogers, s’est bien imposé au sommet du mythique Monte Zoncolan. Et même si le week-end s’annonce montagneux, on est loin des pentes de l’un des cols les plus durs dans le monde du cyclisme.

« Pour l’instant, tout s’est bien passé, et j’ai toujours le maillot jaune à la veille du chrono’ et du week-end final qui sera en montagne. Je ne connais pas encore le parcours de ce chrono’, je n’irai le repérer que demain matin, mais sur le profil, il me semble bien adapté à mes qualités, comme les deux dernières étapes je trouve. C’est un Tour de Suisse dont le parcours me plaît globalement. L’objectif ne sera pas de gagner le chrono’, mais de prendre le plus de temps possible sur mes adversaires au classement général. »

 

Un champion apprécié

 

Incontestablement, Tony Martin est un coureur apprécié de tout le peloton, reconnu pour sa gentillesse, son accessibilité, son fair-play et… sa gratitude. Alors qu’il porte le maillot jaune et qu’il se met à rêver de victoire finale, il n’hésite pas pour autant à se mettre à la planche pour jouer pleinement le jeu d’équipe. Quand Mark Cavendish l’emporte mardi, Tony Martin étirait le peloton quelques hectomètres plus tôt pour préparer le sprint du Champion de Grande Bretagne. Idem hier, mercredi, même si, à cause d’une chute, Cav’ n’a pas pu disputer sa chance. C’est encore vrai aujourd’hui, où on a vu l’Allemand renvoyer l’ascenseur à celui qui l’avait protégé juste avant Matteo Trentin. A deux kilomètres de l’arrivée, Tony Martin souffle à Trentin qu’il va lui emmener le sprint et fait un rythme d’enfer. Et tout a parfaitement fonctionné.

« J’ai voulu rendre service à mon équipe qui fait vraiment un superbe travail pour moi. Matteo m’a dit qu’il était toujours en possession de ses forces à l’arrivée, alors j’ai dit que j’allais l’emmener. Nous étions basés ici à Delémont hier soir avec l’équipe, alors j’étais allé repérer le dernier kilomètre ». Sacré état d’esprit !

 

Réaliste ?

 

Certains sont surpris des déclarations de Tony Martin sur ses rêves de maillot jaune dimanche soir à Saas-Fee. L’intéressé explique : « J’ai déjà démontré que j’étais multi-terrains. J’ai déjà gagné une étape de montagne sur le Tour de Suisse, c’était au sommet de Crans-Montana (ndlr : en 2009). J’ai aussi remporté Paris – Nice (ndlr : en 2011). Comme je l’ai dit c’est un parcours qui me semble bien adapté à mes qualités. Si j’arrive à prendre suffisamment d’avance sur le chrono’ de demain (vendredi), les montées de Verbier et de Saas-Fee devraient me convenir ». Sous-entendu, elles seraient suffisamment roulantes pour qu’aucun grimpeur ne parvienne à y faire des écarts substantiels… 

Certes, Tony Martin a gagné à Crans-Montana, mais ce n’était pas par le versant le plus dur. Pour illustration, cette année là, c’est Fabian Cancellara qui avait remporté le Tour de Suisse, Martin prenant la deuxième place finale. A plusieurs reprises, Tony Martin a pu limiter la casse en montagne, comme lors de l’arrivée d’une étape du Critérium du Dauphiné à La Toussuire en 2011, où il ne perdait que 1’ sur le vainqueur, Joaquin Rodriguez.

Mais la montée de Verbier, c’est quand même une montée sèche de 10 kilomètres à plus de 7%, avec des passages à plus de 9%. Quant à Saas-Fee qui clôturera l’épreuve et une journée montagneuse dimanche, c’est 21 kilomètres d’une montée irrégulière à 5,3% mais avec plusieurs longs passages à prés de 10%. Face à Roman Kreuziger, Thibaut Pinot, Bauke Mollema, Alberto Rui Faria da Costa… pas sûr que ce soit si simple.

 

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Publié le par Antoine PLOUVIN