Tour de Suisse
Tour de Suisse - Esteban Chaves : un espoir miraculé Photo : Jean-Claude FAUCHER

Tour de Suisse - Esteban Chaves : un espoir miraculé

 

Johan Esteban Chaves gagne l'étape 8 du Tour de Suisse

Encore un Colombien ! Ça faisait longtemps… Encore un Orica - GreenEDGE aussi. C’est la quatorzième victoire de l’équipe Australienne en moins de deux mois, c’est à dire depuis celle de Simon Gerrans à Liège – Bastogne – Liège, qui ouvra une incroyable série, à laquelle il faut notamment ajouter le maillot rose du Giro pendant les sept premières étapes. Mais attention, il ne s’agit pas d’une victoire parmi d’autres aujourd’hui. Avec Johan Esteban Chaves Rubio, l’équipe de Neil Stephens tient peut-être une pépite naissante. Car ce jeune coureur de 24 ans est un ancien vainqueur du Tour de l’Avenir (en 2011)… comme un certain Nairo Quintana l’année précédente. Souriant, accessible, très sympathique et parlant parfaitement l’Italien, il s’en ait fallu de peu qu’on le retrouve dans le peloton professionnel cette année.

 

Un miraculé

 

« L’an passé, je n’ai couru que quatre jours de course. Ensuite, je suis tombé très lourdement lors du Trofeo Laigueglia (ndlr : en février) ». En effet, il heurte un panneau de signalisation à l’occasion d’une chute collective et le bilan est très lourd. Il en a les larmes aux yeux quand il en parle et on le comprend. Il en ressort avec de nombreuses fractures dont plusieurs au crâne. A la même époque l’an passé, en juin, il sortait tout juste d’une énième opération, du cou cette fois-ci, visant à rétablir la mobilité de son bras droit. Voilà qui fait froid dans le dos. « Ça m’a demandé beaucoup de temps pour récupérer, et même en démarrant cette saison, je n’étais pas encore totalement rétabli ».

Par chance, il avait été repéré par Neil Stephens sur le Tour de l’Avenir qui dirigeait la sélection Australienne. L’année d’après, en 2012 donc, il remporte avec son équipe Colombia, une étape du Tour de Burgos, où Neil Stephens dirigeait l’équipe Orica. Ces liens privilégiés permettent à Chaves d’obtenir une place dans l’équipe Australienne, en recherche de coureurs pour courses de trois semaines. Il obtient sa place dès le mois de septembre 2013. Un soulagement pour ce coureur qui était encore convalescent.

 

La révélation

 

Peu après la victoire de son jeune coéquipier Britannique Adam Yates sur le Tour de Turquie, Johan Estaban Chaves remporte une étape de montagne sur le Tour de Californie, où Yates prend la cinquième place finale. Les frères Simon et Adam Yates et Chaves, c’est la génération de demain pour Orica. L’équipe Australienne n’a jamais eu de leader pour les courses de trois semaines. 

Mais en attendant, Chaves fait ses preuves avec cette victoire sur le Tour de Suisse. « Ce n’était pas une montée trop raide. J’ai bien digéré les plus de 200 kilomètres dans la plaine, qui se sont roulés assez vite. La chaleur m’a avantagé, ce sont des conditions que j’aime bien sur une montée qui me convenait bien. C’est bien sûr la victoire la plus importante de ma jeune carrière. Sur le Tour de Californie j’ai gagné en conclusion d’une échappée. Ici, d’une part on est dans une épreuve World Tour, d’autre part une épreuve où plusieurs leaders du prochain Tour de France sont là. Et puis surtout, j’ai été cherché cette victoire en partant du groupe des favoris. »

Il a bien raison ! Gagner à Verbier sur le Tour de Suisse signifie déjà beaucoup. Il ne disputera bien sûr pas encore le Tour de France mais ira découvrir la Vuelta au mois d’août. Une épreuve bien adaptée à ses caractéristiques ? Il s’affirme comme un grimpeur, mais avoue lui même que ce qui lui a bien convenu dans la montée de Verbier est l’absence de forts pourcentages. A voir donc…

 

Un premier produit Colombia

 

Lors d’une interview accordée en début d’année, à Laigueglia justement, Leonardo Duque affirmait que le cyclisme était la plus grosse source de succès internationaux en Colombie. En 2012, l’équipe Colombia se crée en Europe, basée à Brescia et dirigée par Claudio Corti. Dès cette première année d’existence, Chaves est recruté et vient s’installer en Europe, à Bergame, où il apprend l’Italien. 

« Je viens de Bogota. Mon père est un grand fan de vélo et il regardait toujours le cyclisme et surtout le Tour de France à la TV. J’ai été piqué par le virus et j’ai commencé le vélo à 12 ans. Mon rêve, c’est de gagner le Tour de France. »

Si ce n’est pas le premier âge d’or du cyclisme Colombien, ses structures actuelles en ont fait, en un rien de temps, une des principales nations du cyclisme actuel… Et ce n’est peut-être que le début.

 

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Publié le par Antoine PLOUVIN