Tour d'Italie
Tour d'Italie - Movistar au top, Yates déçoit : le bilan du Giro Photo : Sirotti

Tour d'Italie - Movistar au top, Yates déçoit : le bilan du Giro

Le Tour d'Italie s'est achevé ce dimanche avec le triomphe de Richard Carapaz (Movistar), premier Equatorien à inscrire son nom au palmarès d'un Grand Tour. Les trois semaines écoulées ont été riches en émotions, ainsi qu'en enseignements. Certains ont surpris positivement, se révélant aux yeux de tous sur une épreuve de ce calibre, à l'image de Pavel Sivakov (Team INEOS). D'autres ont manqué leur rendez-vous. C'est le cas de Simon Yates (Mitchelton-Scott), qui repart la tête basse, sans le maillot rose qu'il convoitait. Retour sur ce Giro avec les tops et les flops de cette 102e édition.

Richard Carapaz : "C'est mon plus grand triomphe"

 

La Movistar enfin au rendez-vous

Même privée de son champion du monde Alejandro Valverde, la formation Movistar s'est imposée comme l'écurie la plus forte du Tour d'Italie. Une grosse cylindrée emmenée par Mikel Landa, 3e en 2015, et Richard Carapaz, 4e l'an passé. Deux hommes qui ont dominé la concurrence dès que la route s'est élevée. L'Equatorien est entré dans l'histoire par la grande porte en ramenant le maillot rose jusqu'à Vérone, sans jamais véritablement trembler dans la dernière ligne droite. L'Espagnol termine pour sa part quatrième, à 8 petites secondes du podium. Décevante ces dernières saisons, la Movistar renoue enfin avec la victoire sur un Grand Tour, près de trois ans après le sacre de Nairo Quintana sur la Vuelta. Comme un symbole, l'écurie espagnole termine ce Giro en tête du classement par équipes, nettement devant Astana et Bahrain-Merida. Exemplaires pendant la course et précieux pour leurs leaders, Andrey Amador, Hector Carretero, Lluis Mas, Antonio Pedrero, José Joaquin Rojas et Jasha Sütterlin peuvent être fiers du travail accompli.

 

Primoz Roglic dans la cour des grands

Primoz Roglic marcherait-il dans les pas de Tom Dumoulin ? L'avenir nous le dira. Une chose est sûre : le Slovène s'est montré à la hauteur lors de ce Tour d'Italie. Vainqueur des deux premiers contre-la-montre, Roglic a pleinement tiré profit du parcours pour creuser l'écart avec ses rivaux en début de Giro. La suite s'est avérée plus compliquée, mais l'ancien sauteur à ski a tenu la barre. S'il a parfois vacillé lors des étapes de montagne les plus exigeantes, le Slovène n'a jamais vraiment craqué, posant de bout au bout une menace constante sur ses adversaires avec la perspective de l'ultime contre-la-montre de Vérone. Handicapé par l'abandon prématuré de Laurens De Plus, le Slovène a très souvent dû se débrouiller seul. Malgré la faiblesse de son équipe Jumbo-Visma, il a tout de même réussi sa mission en terminant troisième. Son premier podium en Grand Tour. Certes, toutes les courses ne comporteront pas autant de kilomètres de contre-la-montre. Mais Roglic a eu le mérite d'être présent tout au long des trois semaines écoulées, s'affirmant comme un coureur capable de se battre pour la gagne sur les plus grandes épreuves. Surtout s'il continue à progresser en montagne.

 

Les Italiens omniprésents

Le Tour d'Italie 2019 restera un excellent cru pour les Italiens. Les tifosi ont pu vibrer au rythme des nombreux exploits de leurs héros, qui achèvent cette édition avec un excellent bilan. Cesare Benedetti (BORA-Hansgrohe), Damiano Cima (Nippo Vini-Fantini), Fausto Masnada (Androni Giocattoli-Sidermec), Dario Cataldo (Astana) et Giulio Ciccone (Trek-Segafredo) ont tous levé les bras sur ce Giro. Porteur du maillot bleu du classement de la montagne de bout en bout, Ciccone, 24 ans, restera d'ailleurs l'un des grands acteurs de la course. Valerio Conti (UAE Team Emirates) a lui aussi brillé au cours des trois dernières semaines. Bien qu'il ait dû abandonner à quelques jours de l'arrivée à Vérone, le Romain aura eu le temps de s'illustrer en portant le maillot rose pendant six journées. Une grande première dans sa jeune carrière. Impossible de ne pas non plus parler ici de Vincenzo Nibali. Le leader de l'équipe Bahrain-Merida a fait tout son possible pour reconquérir le maillot rose, avec l'aide de ses compatriotes Domenico Pozzovivo et Damiano Caruso. En vain. Il termine toutefois deuxième, signant son sixième podium consécutif sur le Giro. Le Requin de Messine a beau avoir 34 ans, il conserve du mordant.

 

Pavel Sivakov et Pascal Ackermann à la hauteur de l'événement

S'il a dû se résoudre à laisser le maillot blanc à un Miguel Angel Lopez (Astana) logiquement supérieur en montagne, Pavel Sivakov a réalisé un Tour d'Italie de très bonne facture. Le Russe de 21 ans disputait son tout premier Giro, avec l'opportunité de jouer sa carte du fait du forfait d'Egan Bernal. Il n'a pas laissé passer sa chance. Très sérieux, Sivakov se classe neuvième du général et confirme toute l'étendue de son potentiel. La formation INEOS peut se frotter les mains : l'avenir est assuré.

Dans un registre diamétralement opposé, un autre néophyte a crevé l'écran : Pascal Ackermann. L'Allemand était certainement le sprinteur le plus fort de ce Giro. Vainqueur à Fucecchio et Terracina, placé dans le top 4 à sept reprises, le pensionnaire de l'équipe BORA-Hansgrohe a terminé avec le maillot cyclamen sur les épaules. Il a dû batailler jusqu'au bout avec Arnaud Démare (Groupama-FDJ), mais l'ultime étape de plaine à finalement tourné à l'avantage de l'Allemand, récompensé de son abnégation par ce maillot distinctif. Une magnifique manière d'achever ce Tour d'Italie pour la formation BORA-Hansgrohe, qui quitte la Corsa Rosa avec trois victoires d'étapes, le maillot cyclamen ainsi qu'une 6e place au général, obtenue par Rafal Majka.

 

Simon Yates fait un flop

"Si j'étais à la place de mes rivaux, j'aurais peur". Simon Yates avait clairement annoncé la couleur avant le départ du Giro. Victime d'une terrible défaillance l'an passé alors qu'il semblait en mesure de remporter l'épreuve, le leader de l'équipe Mitchelton-Scott revenait cette année sur le Tour d'Italie avec l'unique ambition de gagner. Le Britannique s'estimait en excellente condition, tous les voyants semblaient au vert. Mais il s'est avéré trop présomptueux. Si sa performance lors du contre-la-montre de Bologne - 2e derrière Primoz Roglic - paraissait d'abord confirmer ses dires, Yates est passé à côté lors du chrono de Saint-Marin. Le Britannique perd alors plus de 3 minutes par rapport à Roglic, laissant entrevoir de gros doutes quant à sa véritable condition. Yates se veut combatif, mais force est de constater qu'il n'est pas à la hauteur de ses rivaux. Des limites encore mises en évidence lors de la 13e étape et l'ascension vers le Lago Serru, où Yates se révèle incapable de tenir leur rythme des meilleurs. Malgré une deuxième place à Courmayeur et une troisième place à Côme, le Britannique n'est déjà plus dans la course au maillot rose à l'entame de la troisième semaine. Il termine huitième de ce Giro, 7'49" du vainqueur Richard Carapaz (Movistar). Yates n'était tout simplement pas dans le coup.

 

Deceuninck-Quick Step au ralenti

La formation belge, redoutable chasseuse de victoires, a été mise en échec sur le Giro. Elle disposait pourtant dans ses rangs du champion d'Italie Elia Viviani, brillant lors de l'édition précédente. Mais le sprinteur n'a pas réussi à trouver le chemin du succès. Il a d'ailleurs baissé pavillon et quitté la course prématurément, au soir de la 11e étape. Florian Sénéchal, Pieter Serry, Fabio Sabatini et Eros Capecchi ont eux aussi tenté d'aller chercher le bouquet tant désiré, sans plus de réussite.

Absent l'an passé, leur coéquipier Bob Jungels avait décidé de revenir sur le Giro, espérant renouer avec le succès de ses deux précédentes participations. Sixième en 2016, huitième en 2017, porteur du maillot rose et vainqueur du maillot blanc de meilleur jeune à chaque fois, le Luxembourgeois avait également remporté une étape à Bergame en 2017. Ce Giro version 2019 a toutefois davantage ressemblé à un chemin de croix pour Jungels. Celui-ci se classe finalement 33e, à plus d'une heure du top 10. Loin, très loin de ses attentes. Le rouleur luxembourgeois n'a pas non plus réussi à jouer la gagne lors des différents contre-la-montre du parcours : 13e à Bologne, 7e à Saint-Marin et 17e à Vérone. Une grosse déception pour le coureur de 26 ans, qui espérait confirmer ses bonnes dispositions sur la Corsa Rosa. 

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Publié le par Quentin BALLUE

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