Tour d'Espagne
Tour d'Espagne - A Nîmes : 'Le vélo, c'est pas la garderie' Photo : @NimesCyclisme

Tour d'Espagne - A Nîmes : "Le vélo, c'est pas la garderie"

Le coup d'envoi du grand départ de la Vuelta va se donner à Nîmes. Curieux ? A priori, le Gard n'est pas une grande région de vélo, même si nombreux sont les promeneurs du dimanche à silloner les routes, où il fait très souvent très beau. Avec ses 170 licenciés, Nîmes Cyclisme est l'un des gros clubs de la région, né de la fusion entre le Sprinter vélo-club nîmois, et l'Amical vélo-club nîmois, fondé en 1923. Le club accueille tout  le monde : des anciens qui cherchent à rouler en groupe, jusqu'aux compétiteurs, en passant par les petites bouts à qui on vient d'enlever les petites roues, tout le monde est le bienvenu. Le club a de grands projets : faire naître une équipe pour concourir en division Nationale, faire croître la pratique du vélo chez les femmes (elles sont trois licenciées), mais a aussi les mains dans le cambouis, puisque les obstacles sont nombreux : il faut, par exemple, trouver les moyens de fidéliser des enfants peu attirés par un sport dur, mobiliser les bénévoles, ou encore trouver les fonds nécessaires à la bonne marche du club. Rencontre avec Jérôme Pieyre, responsable des Jeunes, et Yann Leuqueux, son directeur sportif.

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"Le cyclisme, c'est dur, c'est pas de la garderie !"

Monter une équipe de Nationale 3 est le grand objectif de Nîmes Cyclisme depuis la fusion des deux entités. Mais, explique Yann Leuqueux, elle ne peut se faire qu'une fois bien établie la structure du club, et sans que le budget alloué  à cette future équipe ne vienne empiéter sur celui qui vient pour le bon fonctionnement du club, qui veut d'abord et avant tout promouvoir le cyclisme pour tous. Il y a d'abord et avant tout une école de cyclisme à faire tourner, même si peu nombreux sont les enfants qui continuent et qui se mettent à la compétition. "On les prend dès 6 ans, parfois, c'est limite si on ne leur retire pas les petites roues , s'amuse Jérôme Pieyre. On leur fait faire des jeux d'agilité, on leur apprend le code de la route. C'est difficile de les fidéliser, mais le but est que, même si nous ne les avons qu'un an, ils soient capables de maîtriser leur vélo, éviter les obstacles, qu'ils soient conscients des dangers, et qu'ils puissent aller à l'école en toute sécurité, par exemple." Les enfants ont du mal à rester au vélo. Peu ludique, chronophage, le sport souffre de la concurrence des autres activités. A Nîmes, dans cette ville située presqu'à mi-chemin entre la Mosson et le Vélodrome, le cœur des plus jeunes bat souvent d'abord pour le football. "On a des mordus qui continuent, expliquent les deux dirigeants. Mais, en général, ce sont des enfants dont la famille a déjà compté des coureurs. Le vélo demande énormément de temps aux parents. Pour la moindre sortie il faut au moins un adulte devant, un autre derrière, un autre avec une voiture. Pour une douzaine d'enfants, dans les 10-12 ans, on essaye d'être deux trois parents, pour rouler avec nous et un véhicule, soit une voiture du club, soit une voiture personnelle afin de rouler avec le maximum de sécurité. Nous faisons appel aux parents. Et puis, quand on donne des horaires, ce sont des horaires théoriques, et les parents ne comprennent pas toujours. Ils ont du mal aussi à entendre qu'on roule par tous les temps : Mistral, pluie... Quand l'enfant revient fatigué, souvent, ils ne le réinscrivent plus après." Le vélo, sport d'endurance, dégoûte parfois vite les jeunes : "Le vélo, c'est pas la garderie. En plus, celui qui n'a pas envie de s'entraîner, il plombe tout le groupe. Quand on part pour une cinquantaine de bornes à vélo, il faut bien le ramener, donc on doit s'adapter à lui. C'est le copain qui en pâtit. Certains ne sont pas faits pour ça, car c'est un sport qui est vraiment dur. Pourtant, quand on monte au Ventoux, les premières fois, et qu'on arrive au bout, tout en haut, c'est tout juste si on ne pleure pas de joie."

 

50 000 euros pour monter une équipe de Nationale 3

Pour grandir, s'améliorer, et attirer les meilleurs coureurs, éviter la fuite des meilleurs jeunes -comme Robin Meyer, parti en PACA puis à AG2R Chambéry-, il faut d'abord et avant tout avoir une structure solide, explique le directeur sportif  : "La difficulté des clubs, c'est d'avoir des bénévoles, et des bénévoles formés. Là, pour l'école de cyclisme, ils sont deux. Il faudrait doubler le nombre de bénévoles. Heureusement que les parents jouent le jeu et les aident, pour rouler en sécurité. Quand nous aurons des équipes de jeunes, de cadets, de Juniors et que ce soit bien structuré, bien encadré, bien carré on pourra passer à la vitesse supérieure." Passer à la vitesse supérieure ce serait trouver un local, investir dans un mini-bus : "C'est bête, mais quand on me demande le vélo de chrono, parfois, je mets deux jours à le récupérer, puisque nous n'avons pas de local". Le club, pourtant, met les moyens pour aider ses  jeunes coureurs à faire les parfois longs déplacements d'une ville à l'autre, d'un département à un autre. L'achat d'un bon vélo, les chambres d'hôtel... tout est onéreux. Et un peu de visibilité ne ferait pas de mal : "Nous sommes des panneaux publicitaires à ciel ouvert, mais les sponsors sont tout de même durs à trouver." Pour ce qui est des véhicules, c'est Skoda Nîmes qui donne un coup de main. Avoir une équipe en DN 3 aiderait à avoir cette visibilité. "Il nous faudrait 50000 euros pour monter une équipe, faire venir des coureurs, les rémunérer. C'est comme au foot. Le coureur qui vient chez nous il va négocier quelque chose : les tenues, des primes de course, un vélo..  Mais cela ne doit pas empiéter sur le budget du club". Et de conclure : "Tant qu'on sera une dizaine de passionnés, on tiendra bon. On le fera ce projet, à court ou moyen terme".

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Publié le par Clémence LACOUR


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